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Gakuen Utopia Manabi Straight! (2007)

HR

Temps de lecture :

2121 mots - 11 minutes

Version française : Non licenciée
Studios : Ufotable
Genre : Train de vie, Humour, Contemplatif, Science Fiction
Nombre d’épisodes : 12 + 1 OAV
Diffusion : Premier épisode diffusé le 7 Janvier 2007, dernier le 25 Mars 2007

Au premier abord, on pourrait croire qu’on a encore affaire à une série relativement moyenne qui se sert d’un charadesign original pour se faire remarquer. Mais les faits sont là : Gakuen Utopia Manabi Straight! n’a absolument rien d’une série de moyen niveau : l’animation est impeccable, les couleurs chaudes et travaillées, les traits maîtrisés et les personnages cohérents et attachants. Même la réalisation musicale est de haut niveau : c’est assez rare de voir des compositions orchestrales dans une série de ce type. Mais qu’est-ce que je dis moi ? Il n’existe aucune série de ce type, Gakuen Utopia Manabi Straight! se détache définitivement de toutes les autres séries ! “Massugu Goooooooooo” !


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Manabi est le personnage emblématique de la série, sa détermination inébranlable et sa bonne humeur la poussent à aller constamment de l’avant en emportant tout son entourage dans sa lancée.


GakuenUtopia Manabi Straight! (がくえんゆーとぴあ まなびストレート), c’est avant tout une comédie tranche de vie : Manabi est un personnage plein d’énergie, qui débarque dans une école de filles et va décidément tout chambouler. Les situations drôles s’entassent, et le charadesign y est aussi pour quelque chose. Entre la furieuse Manabi qui laisse déborder son trop plein d’énergie, Mikan la grande timide (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un poring), Mei, personnage plus complexe à la personnalité tout aussi attachante, et toute une palette de personnages aux caractères bien établis et différents qui laissent présager un contenu largement suffisant pour remplir les épisode de la série (j’aime aussi l’ex-présidente du conseil des élèves, qui se marre allègrement en se tapant sur la cuisse), tous doublés par des seiyû reconnus : Kana Ueda, Yui Horie et Aya Hirano, ça vous dit quelque chose ? La série joue aussi à merveille avec le charadesign moe de ses personnages, leur caractère bien trempé et les bides les plus remarquables à une allure hallucinante, et s’impose comme la comédie tranche de vie la plus punch qu’il m’ait été donné de voir même si elle est bien différente d’un Lucky Star plus maîtrisé et plus élitiste (au niveau des personnages et du public visé avant tout).


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La mise en scène est particulièrement soignée dans la série et l’action ne manque pas pour mettre en avant ces personnages hauts en couleurs, une tendance plutôt étonnante mais très rafraîchissante pour une série tranche de vie.


Une comédie, mais pas uniquement. Le scénario en lui-même n’a absolument rien de drôle, et est représentatif d’un sérieux problème de la société actuelle : en 2035, le taux de natalité a baissé de manière grave, et l’école publique n’est plus ce qu’elle était. Les jeunes cherchent à trouver du travail le plus tôt possible au lieu de perdre un temps précieux avec des études trop longues, les établissements ferment leurs portes uns à uns à cause du manque d’élèves, et l’éducation elle-même est mise en péril. L’académie Shiritsu Seiou est une prestigieuse école pour filles, dont le nombre d’adhérents baisse sans cesse. Les élèves qui restent ont perdu le goût de l’école, et même celui de l’amitié et des relations entre camarades. La plupart d’entre eux ne viennent en cours que pour faire passer le temps, parce qu’ils ne savent pas quoi faire de leurs journées. Ils ont simplement perdu le goût de l’école et l’envie d’apprendre. Même le conseil des élèves est devenu désertique, et plus personne ne le rejoint.


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Notre joyeuse troupe d’adolescente va donner corps et âmes pour redonner vie à leur lycée, et ce ne sera pas une mince affaire, surtout lorsque l’administration même refuse d’y apporter son soutiens.


La petite Mikan y est tombé par un hasard infortuné, et cherche désespérément un nouveau président, mais cela semble être une cause perdue et elle se conffronte au manque de motivation patent des élèves… jusqu’au jour où Manabi pointe le bout de son nez ! Cette fille qui crie haut et fort « Massugu go !!!!!! » (« Foncer droit devant ! ») ramènera un peu de vie dans l’école de Siou, réapprenant à ses camarades des valeurs comme l’amitié, la justice ou la persévérance. Ce qui m’a accroché à Manabi Straight!, c’est que la série aborde facilement et avec humour des problèmes récurrents dans la vie d’un étudiant : problèmes relationnels réels, timidité, besoin de parler aux autres, différence entre camaraderie et amitié, ces cinq premiers épisodes contiennent dores et déjà énormément de choses et parlent de beaucoup de problèmes derrière cet humour et ce moe à outrance. C’est aussi pour ça qu’on peut dire que Gakuen Utopia Manabi Straight! est une série différente, qui cache plein de petites leçons pour mieux vivre derrière son côté comique décidément très doux. On se trouve aussi parfois face à des scènes délibérément plus sérieuses, et mises en scène de manière impeccable mais avec cette même simplicité qui berce le côté comique de la série (j’ai été vraiment impressionné par la scène où Manabi marche d’un pas assuré pour rejoindre l’estrade dans le premier épisode, même au niveau du son c’était parfait, les grincements des souliers sur le plancher lui donnaient un effet saisissant, sans parler de l’hymne chantée, un peu de beauté dans un univers drôlissime).

L’univers légèrement futuriste ajoute aussi un plus incontestable : comment ne pas frissonner en voyant Manabi chevaucher son hoverboard hallucinant tout droit sortir de Retour vers le Futur ?  Même les écrans holographiques sont légion à cette époque, tout est fait pour maintenir une cohérence soignée dans l’univers de ce futur proche. L’opening est d’ailleurs dans le même esprit : un générique peu commun, une musique assez calme et des plans très bien montés, aux couleurs plutôt sombres, avec nos filles qui répandent des tags de couleur un peu partout pour faire disparaître la grisaille. Même s’il est représentatif des intentions de la série, il en devient presque fade comparé à l’énergie incroyable dégagée dans les épisodes par notre belle équipe d’adolescentes, qui ont tout de même plus d’une quinzaine d’années malgré les apparences. Des personnages pas aussi clichés qu’ils pourraient le laisser croire.


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Mei Etô, incontestablement mon personnage préféré grâce à son caractère touchant et à sa maturité apparente, doublé par Aya Hirano qui plus est, la cerise sur le gâteau.


L’histoire de Mei m’a particulièrement touché, c’est à l’épisode 4 qu’on en apprend un peu plus sur elle : la demoiselle s’est refermée sur elle-même après une mauvaise expérience en tant que déléguée dans une école qui se foutait royalement de l’éducation de ses élèves, qui sombraient dans la moquerie et le mépris de tout. Depuis, Mei a perdu le sens de la communication, incapable d’accorder encore une fois sa confiance à des personnes quoi la réduiraient ensuite en miettes, préférant se cacher derrière une personnalité pas très franche avec elle-même. Mei se met parfois à hurler après celles qui lui montrent des signes d’affection de peur d’être trompée à nouveau. C’est une personnalité rarement abordée dans l’animation japonaise, mais un problème relationnel de plus en plus courant dans les écoles et lycées à notre époque. Une série drôle, mais aussi actuelle donc. peut-être bien plus représentative de l’avenir qu’on pourrait le croire.


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Le charadesign est très réussi mais la série a l’avantage de ne pas entièrement reposer dessus, les personnages en deviennent vite attachants, une telle maîtrise fait vraiment plaisir à voir, la série prouve que la réalisation peut rester excellente même si le style fait dans la simplicité.


Pourtant, on est tout de même en droit d’avoir quelques regrets. Alors que les personnages semblaient pouvoir évoluer dans une trame scénaristique précise et au vu des diverses images qui les montraient dans une ville en ruine, explorant les reste de leur ancienne école inondée, la série se clos sans aller plus loin que le train de vie, et toutes les idées d’évolution qui nous viennent à l’esprit s’en trouvent sèchement tranchées. Gakuen Utopia Manabi Straight! avait un potentiel réel, le potentiel d’aller plus loin d’une simple comédie tranche de vie présentant le quotidien d’une bande d’adolescentes, d’exploiter un background cohérent et dévelloppé bien différent de ceux qu’on rencontre habituelle dans les comédies scolaires. Peut-être pouvait-t-on s’attendre à voir les personnages adultes se remémorer cette époque dans uen ville en ruines, peut-être avais-je le fol espoir que la série nous offre un retournement anthologique et nous expose les dangers omniprésents des tremblements de terre qui menance perpétuellement les grandes villes japonaise, thème récurrent dans les séries mais jamais réellement exploité (on voit la ville en ruines dans la saga ef par exemple, et même dans l’opening de la seconde saison de Minami-ke), et ce n’est pas l’OAV qui va corriger le problème même s’il conserve le ton enjoué de la série. Sur ce point là c’est malheureusement la déception qui est au rendez-vous, puisque même si c’est une comédie savoureuse elle n’aura pas eu l’audace de dépasser le genre tranche de vie, d’aller au bout des choses, ou même de se renouveler dans une seconde saison pour nous offrir ce qu’on ne pouvait qu’attendre impatiemment sans voir nos voeux exaucés, puisqu’elle en avait bel et bien le potentiel. Une désillusion cruelle, mais qui ne manque cependant pas de punch et de mordant !


Gakuen Utopia Manabi Straight! est donc une comédie tranche de vie fraîche et distrayante animée par des personnages édulcorés qui lui donnent un incontestable charme servie par un background bien plus recherché et maîtrisé qu’il n’en a l’air. Le design kawaï de la série cache une recherche peu commune et la qualité de la réalisation et des musiques est excellente (Ufotable oblige, même les character albums sont très bons), de quoi accrocher sans problème aux douze épisodes qu’elle compte, ce qui ne serait presque pas assez. En effet, en dépit de la joie de vivre et de la soif de détermination qu’elle dégage, la série aurait pu atteindre la véritable excellence si elle avait bénéficié d’un développement plus intéressant qui aurait pu dépasser le stade du tranche de vie : de multiples indices laissaient présager un changement dont se dégageait une certaine émotion, mais cette soudaine révélation n’a pas eu lieu, à mon grand dam. Comédie mouvementée et originale, Manabi Straight! reste une très bonne série humoristique qui bénéficie d’un travail exemplaire, une tendance que j’aimerais retrouver plus souvent.



Rien que pour vos petites oreilles, voilà quelques pistes de l’OST de la série (la première musique est tirée du character album de Mei Etô et donc chantée par Aya Hirano), vous remarquerez vite l’étonnante diversité du style musical, bien loin des mélodies préformatées et insipides qu’on nous pond habituellement pour la plupart des comédies train de vie. Certains thèmes plus sérieux sont même en total décalage avec le côté léger de la série et dégagent une émotion étonnante. Dans tous les cas, la qualité musicale est là et elle se ressent !




Rule de My Chisujo

Manabi Straight!

Todoka nu Negai

Dounaru, sei Seitoka

Akiramenai

Massugu Go!











Et pour finir, une petit vidéo bonus tirée d’un des DVD de la série. On y voit Manabi revenir dans les ruines inondées de son ancien lycée et se remémorer avec nostalgie des moments passés dans la série. Parce que c’est bien de ça que parle Manabi Straight! : du souvenir puissant des expériences et des liens de la jeunesse, et des promesses d’avenir qui s’estompent au fil du temps.

Ce sont tous ces éléments qui font que je m’attendais à un développement beaucoup plus important de l’histoire dans la série, mais elle n’en est pas moins réussie, elle laisse juste une impression de travail inachevé, ce serait un plaisir de retrouver Manabi pour de nouvelles péripéties :)


Gen'

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Goon Goon ·  18 mars 2009, 15:17

ça m'intéresser beaucoup comme dessin animé.
connais-tu (surement) Yotsuba to! (よつばと!)
j'ai découvert ça il y a 2 semaines par le plus grand des hasards. Et je trouve qu'on voit bien les coutumes des japonais.

Sirius Sirius ·  18 mars 2009, 15:29

Faut que je reprenne cette série, j'ai arrêté à l'époque car je trouvais ça trop gamin. Mais depuis de l'eau a coulé sous les ponts et j'ai entre autres apprécié Ichigo Mashimaro. Le problème c'est que je sais plus où j'en suis resté ^^' Raaah tu m'embêtes là...

Gen' Gen' ·  18 mars 2009, 15:46

@ Goon > J'en ai entendu parler, c'est une série manga assez connue mais je ne m'y suis jamais mis.

Faut dire que j'ai tendance à privilégier les animés en général, je lis peu de mangas, et lorsque c'est le cas ce sont souvent des séries indépendantes ou des One-Shot, ou alors des gros ratages animés que je dois lire en manga si je veux les apprécier à leur juste valeur. De mon côté je trouve le genre de Yotsuba un peu simplet, mais c'est vrai qu'il met très bien en scène les coutumes japonaises :)

Une adaptation animée a été annoncée plusieurs fois d'ailleurs, si le projet aboutit je m'y pencherai sans doute, oh pauvre amateur de mouvement que je suis (affirmation totalement fausse, je lis beaucoup de bandes dessinées occidentales et de livres parallèlement aux mangas et animés :p).

Peut-être qu'Azumanga Daioh te plairait dans le genre vie quotidienne aussi :)

@ Sirius > Je trouve que c'est justement pas si gamin que ça en a l'air, enfin la réalisation est vraiment de qualité en tout cas, c'est pas comme les petites séries tout mignonnes bien niaises qui cassent pas trois pattes à un canard. Et puis y'a le background, un gamin n'y pigerait pas grand chose.

C'est un peu une série à double sens de lecture, comme Kemono no Souja Erin (d'ailleurs faut que j'écrive un billet sur celle-là après le choc de l'épisode 7 ::wtf: ).

kyouray kyouray ·  20 mars 2009, 00:43

Personnellement, je n'ai pas eu besoin que Manabi Straight aille plus loin que le genre tranche de vie, j'aurais trouvé ça trop décalé par rapport à l'ambiance de la série mais j'avoue qu'un développement sur la situation des étudiants et de la ville ne serait pas superflu, il faut peut-être aller voir du côté du manga.
Un chara-design très plaisant, une animation maîtrisée (le concert !), des personnages accrocheurs, rien à redire au niveau de la qualité de cette série qui est en plus très touchante. Bon article pour une série qui passe un peu inaperçue à cause de son design.

Gen' Gen' ·  21 mars 2009, 20:42

Je crois qu'à force de voir de la comédie tranche de vie juste drôle mais sans vrai fond je me suis un peu lassé du genre (Lucky Star c'est sympa, mais qu'est-ce que ça devient lourd à la longue...), même en m'essayant à de nouvelles sorties prometteuses qui se sont révélées être de grosses déceptions (on parlait de Hyakko comme de la série qui succèderait à Manabi Straight!, quelle erreur...).

Manabi Straight! a vraiment été une bourrasque d'air frais dans tout ça avec son émotion et son ambiance très particulière et touchante, c'est pour ça que quelque part j'y voyais autre chose que du tranche de vie, et que j'espérais le développement dont tu parles. Mais juste parce qu'elle m'a fait miroiter autre chose, et même en particulier pour ça, je la considère comme une très bonne série dont je garde d'excellents souvenirs.

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