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Kemono no Sōja Erin - Premier coup d'oeil

HR

Temps de lecture :

3033 mots - 15 minutes

Nombre d’épisodes vus pour l’aperçu : 9
Date de diffusion des épisodes : Du 10/01/09 au 07/03/09

Un premier coup d’oeil, mais après une dizaine d’épisodes quand même, faut dire qu’à la vitesse à laquelle va l’intrigue et au vu du nombre d’épisodes que comptera la série (une cinquantaine), c’est loin d’être de trop, c’est même probablement encore insuffisant pour bien la cerner. Mais ce sont des premières impressions, mon avis sur le sujet est donc loin d’être définitif. Après un premier twist, je me suis dit qu’il était enfin temps d’écrire un petit quelque chose sur cette série qui avance doucement, et qui ne manque pas de charme.


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En dépit du style simple de la série, les décors sont réussis et dégagent une impression vraiment particulière, la plupart des plans larges pourraient être tirés d’un livre d’illustrations pour enfants.


Kemono no Sōja Erin (獣の奏者エリン) nous conte l’histoire d’Erin, une jeune fille d’une dizaine d’années qui vit aux côtés de sa mère Soyon dans un village reculé du royaume du Grand Duc, chef militaire placé sous l’égide d’une reine puissante qui gouverne le pays et assure sa prospérité face aux nombreuses guerres de conquête territoriale qui font rage près des frontières. Mais le petit village d’Aka, bien ancré au coeur du royaume et à l’abri des assauts extérieurs, n’est pas un village comme les autres puisqu’il est chargé de l’élevage et de la soumission des Tōdas, des sortes de dragons des marécages qui sont le principal atout du Grand Duc sur les champs de bataille. Soyon est chargée de prendre soin de l’indubitable avantage tactique que sont ces créatures, et même si elle est originaire d’une mystérieuse tribu aux yeux verts rejetée par le peuple, elle est la seule à avoir le savoir nécessaire pour accomplir cette tâche, et le fait en échange du droit de rester vivre dans le village avec Erin, qu’elle élève seule depuis la mort de son mari. Cette dernière, curieuse et futée, fera tout pour apprendre le métier de sa mère et lui succéder dans la joie et la bonne humeur, sans vraiment comprendre les responsabilités qu’induisent une telle tâche. Elle se rendra compte petit à petit qu’il n’est pas si facile de dompter ces créatures sans être dévoré par la culpabilité, et que lorsqu’on dresse les bêtes de guerre du Grand Duc la faute n’est pas tolérée.


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La jeune Erin est le personnage central de la série : curieuse de tout et naïve, elle reste aux côtés de sa mère Soyon pour qu’elle lui apprenne son métier sans vraiment comprendre les responsabilités que cela induit.


Le moins qu’on puisse dire, c’est que la série prend son temps pour avancer, les amateurs d’action de d’intrigues nerveuses s’endormiront vite devant le spectacle qui leur est offert. D’ailleurs l’intrigue est encore inexistante, on se demande bien où la série va pouvoir nous emmener dans les prochains épisodes, si bien qu’on a du mal à voir venir le moindre changement. C’est l’épisode 7 qui marque le véritable début de l’histoire et qui apporte un début d’intrigue très mince, et le rythme n’en profitant pas vraiment pour accélérer, on ne peut pas dire que ce soit ce qui accrochera le spectateur. Non, à l’instar de Seirei no Moribito, c’est n’est pas par l’intrigue qu’on se laisse volontiers porter mais plutôt par l’allure paisible des épisodes. Kemono no Sōja Erin est un série reposante qu’il est bon de regarder lorsqu’on veut se poser pendant une bonne demi-heure et laisser reposer ses méninges. Enfin, pour un temps en tout cas, parce que la trame de la série a quand même tendance à s’enrichir au fil des épisodes avec cette histoire de peuplade exilée aux intentions floues (ce n’est pas pour rien qu’un épais brouillard envahit le paysage lorsqu’elle daigne signaler sa présence) et les objectifs tout aussi nuageux (et sans doute plus fourbes) de l’émissaire de la grande reine, qui sent le gentil méchant à des kilomètres et qui commence doucement à révéler son véritable visage. Avec le bouleversement de l’épisode 7, on se retrouve un peu perdu sans le quotidien auquel on s’était finalement habitué (Erin observant sa mère et apprenant les bases du travail de soigneur de tōdas), sans compter qu’avec le personnage de Soyon en moins la série se concentre sur celui d’Erin et prend le risque de faire basculer la balance du côté gentillet de l’histoire en perdant ses aspects plus matures.

Un changement devait se produire, c’était prévisible et ça sert à merveille l’avancée de l’histoire, mais là c’est un bouleversement complet qui vient balayer presque toutes les bases de la série pour ne conserver que les rares morceaux d’intrigue principale et le personnage d’Erin. Pour ainsi dire, la série aurait presque pu commencer à cet endroit là, en nous offrant qui plus est un départ original et quelques question supplémentaires à résoudre tout au long de la série (qui est Erin ? Pourquoi et comment s’est-elle trouvé dans cette situation ? Quel est son véritable rôle ? Si on y réfléchit bien, cette dernière question est toujours d’actualité, si bien qu’on en viendrait à croire qu’elle n’a justement aucun rôle à jouer, si ce n’est nous divertir et nous offrir un point de vue hasardeux sur les évènements qui l’entourent). Une série qui donne donc encore aux sceptiques une raison de l’abandonner, mais qui pour ma part attise davantage ma curiosité sur les évènements qui vont suivre : qui a provoqué ce drame en empoisonnant les tōdas (sans doute l’envoyé du roi précédemment cité), pour quelles raisons (là c’est le grand mystère, peut-être une trahison politique ? Mais pas mal de choses laissent penser que le peuple Kiri a un rapport avec cette histoire…) ? Que va devenir Erin (une paysanne bronzée ou une future Jeanne d’Arc - même si je n’y crois pas trop), parce qu’on est quand même supposé la voir grandir jusqu’à l’âge adulte si la version animée suit les romans dont elle est l’adaptation. Romans écrits par Nahoko Uehashi d’ailleurs, c’est là que les quelques similarités avec Seirei no Moribito s’expliquent - mais la ressemblance s’arrête là, les deux séries n’étant clairement pas adressées au même public.


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Les métaphores sont légion dans la série, parfois évidentes lorsqu’elles sont présentées en parallèle aux évènements en cours, mais parfois aussi de manière bien plus subtile au travers des épisodes.


Techniquement, la série est aussi sujet de controverse. On oscille sans cesse entre réalisation de qualité et travail presque bâclé, certaines scènes étant particulièrement soignées et d’autres beaucoup plus communes, sans compter les multiples plans réutilisés qu’on retrouve dans les épisodes (une facilité qu’on doit sans doute au format long de la série). Mais si ça peut permettre à la série de garder une certaine régularité sur toute sa longueur, pourquoi pas, c’est tout un art de savoir doser correctement un budget. ça serait dommage de finir en queue de poisson et de s’arrêter à 26 épisodes par manque d’argent. Pour du Production I.G, on était cependant en droit de s’attendre à mieux (d’autant plus que le genre est loin de leur être familier). Un coup d’œil sur le staff nous permettra peut-être de savoir à quoi nous attendre : on trouve Takayuki Hamana aux manettes, qui a officié pour Library War ou Sister of Wellber, des séries assez moyennes, ou plus récemment pour les OAV Chocolate Underground, rien de très mémorable non plus malgré les bonnes idées. On retrouve aussi Jun’ichi Fujisaku, non sans un certain étonnement même si c’est un habitué des oeuvres estampillées Production I.G (Ghost in the Shell, Real Drive ou dans le domaine Clamp les films Tsubasa Reservoir Chronicle et xxxHolic), c’est déjà plus prometteur de ce côté là. Niveau animation on trouve en tête Nariyuki Takahashi qui a surtout oeuvré pour la série Detective Conan (rien d’étonnant de ce côté là par contre), avec un chara-design de Takayuki Goto, qui à quand à lui beaucoup travaillé sur des séries plus ou moins old-school (Orange Road, HunterXHunter) et a peu de séries récentes à son palmarès (il était quand même au poste de directeur de l’animation sur Seirei no Moribito). Un mélange à la fois peu surprenant (beaucoup d’afficionados de Production I.G) et très hétéroclyte, tous ces beaux gens ayant ttravaillé sur des séries aux genres divers et variés. Une particularité qui colle assez à Kemono no Sōja Erin, qui semble pour l’instant se complaire dans le mélange de genres pour plaire aux petits comme aux grands, ce qui donne un résultat parfois assez troublant, mais pas mauvais.

La série affiche quand même une patte graphique bien à elle, et ça fait partie de ce qui me plaît beaucoup chez elle : les décors crayonnés, colorés, les traits épais et l’architecture alambiquée pourrait faire penser qu’ils sont sortis tout droit d’un livre illustré pour enfants, même si parallèlement à ça les ambiances lumineuses sont maîtrisées et le tout s’intègre très bien. Même le design miyazakiste (comprenez simpliste : le style des personnages est très épuré et manque quelque peu de personnalité) des personnages rend très bien, les divers mouvement n’étant pas toujours bien animés mais toujours bien retranscrits. L’application est parfois réellement évidente pour les scènes les plus communes, et c’est quelque chose de très plaisant. Le tout dégage une ambiance simple et intimiste très particulière et difficilement comparable à d’autres séries du genre. Elle m’évoque parfois les scènes quotidiennes d’Utawarerumono, parfois la naïveté patente d’Haïdi dans les prairies des Alpes, le tout parfois baigné d’une émotion palpable. Un style épuré qui peut entre autres permettre à la réalisation de jouer au grand écart sans que ça se voit trop : la qualité du premier épisode contraste un peu avec celle d’autres épisodes plus anecdotiques et pas vraiment indispensables (après une dizaine d’épisodes, il est quand même encore très difficile de se sentir concerné par l’histoire), mais les fautes de parcours ne sautent pas aux yeux. Le style de la série la sert donc autant qu’il la déssert : il met en avant le côté léger et enfantin de la série, il faudra donc creuser un peu pour y déceler les aspects plus matures qui sont pourtant aussi bien présents.


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Soyon, la figure parentale, protège Erin, figure de l’innocence, de l’attaque d’un tōda qui pourrait être comparé à l’adolescence et aux craintes des parents lorsque leur enfant passe à l’âge adulte. Quand je vous dis que la série regorge de métaphores en tous genres !


Très rapidement, ça m’est apparu comme une évidence : la série peut clairement être divisée en deux facettes, chacune d’elles s’adressant à un public particulier. Au premier abord, nous avons tout ce qui est visible en surface : Erin, son jeune âge, sa joie de vivre, sa lucidité toute juvénile, sa curiosité, ses jeux, avec évidemment les couleurs et la simplicité des décors, l’absence totale de fil rouge au premier abord, la narration très sèche avec un petit côté moralisateur, bref, autant d’aspects qui adressent la série à un public jeune, voir très jeune, qui se retrouvera sans problème dans le personnage d’Erin et accrochera au côté très léger du travail graphique. Mais la série ne se limite pas à ça : parallèlement à ces aspects primaires, on trouve le personnage plus adulte, plus mature et plus torturé de Soyon : comme Erin, les plus jeunes ne percevront d’elle que l’amour d’une mère et ne comprendront pas ce qui se cache derrière son regard mélancolique et ses choix sévères. A côté du personnage de Soyon, c’est aussi le background général de la série qui est beaucoup plus subtil qu’on pourrait le croire : querelles politiques, assouvissement du village à une puissance supérieure, pression des traditions sur la vie quotidienne et l’acceptation difficile d’Erin et sa mère au sein du village (on peut résumer ça à une mise en évidence du racisme et de la xénophobie en général), tant d’aspects qui s’adressent à un public plus adulte et mature qui se retrouvera quand à lui sans problème dans le personnage de Soyon, dans ses responsabilités, ses problèmes et ses regrets. Une série qui pourrait donc en définitive s’adresser aux enfants comme à leurs parents, chacun y puiserait les aspects qu’il préfère et y trouverait une source de satisfaction : les enfants suivant l’exemple d’Erin et les parents s’attachant aux valeurs de Soyon. L’opening lui-même met parfaitement en avant cette dualité, avec la pomme comme élément central et symbole de la série (tiens tiens, je connais une autre série qui avait pour symbole la pomme : on croque la pomme à pleine dents pour profiter de la vie, mais la pomme est aussi le symbole du péché ; dans la série en question, Spice & Wolf, il était surtout question de son statut de bien commercial, la pomme est aussi une marchandise très répandue).


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La fin poignante de Soyon, son sacrifice pour sauver Erin et la persévérance de cette dernière entoureront la série d’une émotion étonnante, la plaçant bien loin du caractère enfantin qu’on lui attribue souvent.


La disparition inattendue du personnage de Soyon (elle était mise en avant dans le générique, je m’attendais donc plus à un exil qu’à une exécution pure et simple) met donc un peu à mal cette division même si un autre personnage adulte (plus bigarré) vient vite la remplacer : l’apiculteur, qui est surtout là pour remettre Erin d’aplomb et qui s’impose comme une figure paternelle et douce (la première fois qu’Erin le voit en ouvrant les yeux, elle imagine d’ailleurs voir un ours, l’image lui colle parfaitement). Alors que l’enfant se retrouvera toujours dans Erin, le parent n’a plus vraiment de repère et observe son enfant se remettre au travers d’Erin. Peut-être que la maturité subtile de la série devra se passer de représentation directe dorénavant, mais dans tous les cas la balance est déséquilibrée, un personnage ou un évènement quelconque risque donc de venir rétablir tout ça. Notons tout de même que Soyon n’a pas complètement disparu puisqu’on la retrouve dans les rêves et les souvenirs d’Erin. Les deux personnages ont d’une certaine manière fusionné : l’objectif est sans doute que l’enfant comme le parent se retrouvent tous deux dans le personnage principal d’Erin au final, puisque celle-ci grandira et gagnera sans aucun doute en maturité au fil de la série : l’enfant la verra alors comme un modèle alors que le parent la verra comme une figure nostalgique de ce qu’il était à son âge, ou de ce qu’il aurait voulu être. L’analogie avec les abeilles est d’ailleurs toute trouvée et la série l’explique très bien : une fois séparée de la reine, la moitié de l’essaim s’émancipera et en engendrera une nouvelle, l’adulte comme l’enfant trouveront donc dans cette nouvelle reine une représentation commune à laquelle ils seront attachés. C’est cette dualité constante, avec ses pics “adulte” et ses pics “enfant” qui m’a définitivement attaché à la série et qui me donne réellement envie de voir comment évoluera la situation (pour une fois, le caractère prévisible de la série est l’assurance d’une qualité régulière), en espérant que la balance ne cède ni d’un côté, ni de l’autre avant cette “fusion” des deux aspects de cette série qui, sans être exceptionnelle, est bien plus fouillée qu’elle pourrait le laisser croire au premier abord.

Fini l’époque où on collait ses enfants devant un écran pour qu’ils regardent leur dessin animé en paix, Kemono no Sōja Erin s’adresse aux enfants comme aux adultes et se déguste comme un divertissement familial. L’histoire doit couvrir toute la jeunesse d’Erin, il se pourrait donc même que les adolescents fassent aussi partie du public visé par la série, représentés par les tōdas furieux et incontrôlables qui ne cessent de céder sous l’autorité des hommes, comme l’adolescent se bat contre celle de ses parents !


Gen'

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Jacut Jacut ·  26 mars 2009, 10:09

Anime extrêmement sous-estimé en effet, je pense que le design "NHK" rebute pas mal de monde, mais bon ça reste du gros Prod IG adaptant une œuvre de Nahoko Uehashi avec un univers très détaillé et des personnages vraiment bons dans l'ensemble, donc en un mot : incontournable.

Corti Corti ·  28 mars 2009, 01:06

Mhhh... Tu m'as donné envie de voir la série. Comme d'habitude, je reste sceptique sur certaines extrapolations qu'on peut donner aux animes, mais le cadre général que tu fournis, me donne envie de tester la bête.

Par contre, c'est moi ou le chanteur de l'opening est le même que celui qui a pu faire un ending de naruto ?
Le rythme et le ton sont extrèmement semblables à mes yeux de sourds :p

Gen' Gen' ·  28 mars 2009, 12:44

Mes extrapolations sont effectivement très larges mais reposent sur des observations qui me semblent évidentes. Même si on est bien loin du chef d'œuvre, ça n'empêche pas la série d'être plus recherchée qu'on pourrait le croire. La division Erin/Soyon qui correspond aux publics jeune et adulte est bel et bien là, et elle est volontaire. Pour ce qui est de l'adolescence, là je veux bien moi-même suivre ton scepticisme étant donné que c'est de la pure extrapolation. Mais il y a toujours quelque chose à lire entre les lignes, même dans les animés : parfois ce sont les intentions de l'auteur qu'on y décèle, parfois de véritables réflexions qui sont loin d'être le fruit d'une extrapolation hasardeuse.

L'opening est de Sukima Switch, apparemment il n'a pas chanté d'ending pour Naruto. D'après ANN son seul autre générique est le second ending des OAV Tokyo Marble Chocolate :)

Nabi Nabi ·  22 avril 2009, 09:43

Pour ceux que ça intéresse, le roman de Nahoko UEHASHI à l'origine de l'animé va bientôt être publié en France par les éditions Milan sous le titre "La charmeuse de bêtes".
Plus d'infos sur http://www.milan-forum.com/manga/vi...

Gen' Gen' ·  22 avril 2009, 17:31

Moi ça m'intéresse beaucoup en tout cas, ça fera une chose de plus à lire de cet auteur avec les romans Seirei no Moribito (seuement trouvables en vo et traduction anglaise d'après ce que j'ai entendu...).

Merci pour l'information ;)

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