Gen's Stream

Forêt Primordiale v.4.4

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

"

Kimi ni Todoke - Premier coup d'œil

HR

Temps de lecture :

1741 mots - 9 minutes

Nombre d’épisodes vus pour l’aperçu : 2 (12 prévus)
Date de diffusion des épisodes : 06/10/09, 13/10/09

La saison automnale a bien démarré, et elle prend tranquillement son rythme de croisière sans trop de passion pour venir affoler tout ça. Face à la faible concurrence du moment, ce sont sans doute les romances qui se font le plus remarquer, une aubaine pour des séries qui seraient passées inaperçues si elles étaient sorties un peu plus tôt, même les grands studios s’y mettent . C’est ainsi qu’en parallèle aux Kämpfer, Railgun et autres Nyan Koi! plutôt moyens on trouve une Sasameki Koto moins soporifique qu’elle semblait l’être et Production I.G aux manettes de Kimi ni Todoke, une romance “normale” (comprenez par là ni yuri ni yaoi, ça commence à devenir rare par les temps qui courent). Enfin, normale, pas tant que ça justement, puisque la série se dote d’emblée d’une bonne dose d’originalité…

Kimi ni Todeke

Je me ferais volontiers maudire par une si charmante Sadako…

Kimi ni TodekeKimi ni Todeke

Sawako a l’art de tirer des tronches de revenant… mais Kazehaya n’y voit que du feu !

Manga Cover

Kimi ni Todeke (君に届け, qui peut se traduire par “T’atteindre”) nous raconte l’histoire de Sawaka Kuronuma, lycéenne de 15 ans très timide et introvertie qui a bien du mal à communiquer avec ses camarades. Sa timidité maladive est mal interprétée et a créé toutes sortes de rumeurs dans son lycée, la ressemblance de son prénom et ses longs cheveux noirs lui valant le surnom de Sadako et effrayant tous ceux qui croisent son chemin, terrifiant même ceux à qui elle adresse la parole après un effort intérieur considérable. On dit d’elle qu’elle voit des fantômes et peut lancer des malédictions sur les gens, les évènements hasardeux prenant un malin plaisir à confirmer ces rumeurs. La pauvre Sawako est donc quelque peu désespérée en voyant ses multiples tentatives se solder par des frissons de terreur et la fuite de ses camarades, incapable d’extérioriser sa bonne volonté.

Mais dans sa réclusion forcée et malencontreuse, elle voue une admiration sans faille à un de ses camarades que tout oppose : Shōta Kazehaya semble attirer les gens et il est toujours entouré d’une aura de fraîcheur, son large sourire animant en un rien de temps la classe entière qui gravite autour de lui. Toujours souriant et aimable, il possède une bonne humeur contagieuse, à l’inverse de Sawako qui ne transmet que peur et effroi. Pourtant, dès leur première rencontre, chacun d’eux a été touché par la chaleur que dégageait l’autre, tous deux inconscients de leur propre positivité. Leur rencontre marque le début de l’ouverture de Sawako et de la construction de leur relation, en passant par l’apprentissage de l’amitié, de la communication et de l’honnêteté qui ont le pouvoir de briser les rumeurs et les malentendus. Un bon lot d’émotions  en perspectives donc, et pas uniquement relatives aux fleurs bleues de la romance.

Kimi ni TodekeKimi ni Todeke

Le charadesign garde le côté résolument shojo de Shīna Karuho dans le manga original, mais le travail de Yuka Shibata lui enlève la lourdeur habituelle du genre, rendant le design d’ensemble très fin, l’animation de Production I.G est elle aussi efficace et précise.

Côté réalisation, on pouvait s’attendre à du lourd avec Production I.G et le studio ne met en aucun cas en péril sa réputation. J’avais peur que la précision de l’animation et l’abus de CG rendent le tout un peu indigeste façon Sengoku Basara, mais l’ensemble est on ne peut plus frais et efficace. La simplicité du design des personnages et des décors, agrémentés de tons aquarelle, passe comme une lettre à la poste et on s’y retrouve sans problème. La réalisation est franchement difficilement critiquable, on peut simplement lui reprocher une simplicité volontaire pour peu qu’on n’adhère pas au style. Pourtant la fluidité de l’animation et la précision des traits  donnent beaucoup de puissance et de rythme à une série qui aurait pu finir en énième somnifère si elle avait été mal exploitée. Une qualité de construction et de mise en scène qui équilibre largement la simplicité apparente du design d’ensemble, qui fait preuve de beaucoup de maîtrise. Et quand je vois des noms comme Yusuke Takeda (True Tears, Higashi no Eden, Ghost in the Shell SAC), Yuka Shibata (Gurren Lagann), et Hiroshi Tanaka (Seirei no Moribito), c’est à peine étonnant, même si les ambitions de Kimi ni Todoke sont bien plus humbles que celles des séries précédemment citées. Côté doublages, Mamiko Noto s’en sort plutôt bien en jouant avec la voix maladroite ou effrayante de Sawako (faut dire qu’elle a un character curriculum assez impressionnant, de Rin dans Mnemosyne à Yakumo dans School Rumble), et Daisuke Namikawa nous offre une bonne prestation même si son rôle sollicite moins d’efforts vocaux (on l’a entre autres entendu dans le rôle de Kei Kurono dans Gantz ou Rock dans Black Lagoon). Le résultat est très agréable, et on imagine bien les seiyūs prendre du plaisir en faisant leur travail. L’un comme l’autre respirent l’honnêteté et les bons sentiments, c’est bien ce qu’on leur demande. Le synopsis évoque quand à lui les grandes lignes de Yamato Nadeshiko Shichi Henge, mais on est à mille lieues de la série, tant en terme de composition que d’ambiance, les deux séries ne partagent bien que la ressemblance de leurs héroïnes qui font toutes deux référence à The Ring.

Bref, à ce niveau là c’est irréprochable, et l’humour très présent mais pas envahissant (fan service inexistant, un simple humour visuel de situation efficace quoi qu’un peu répétitif à la longue) permet au spectateur de ne pas s’endormir devant le spectacle, pour ce qui est de ces premiers épisodes dignes d’OAV. Cumulé au fait que tous les épisodes semblent mûrir pour se terminer en une explosion de fraîcheur au début du générique de fin (la comparaison avec une fleur qui s’épanouit et éclos est toute trouvée), la série s’affiche comme une bonne surprise dans la médiocrité ambiante de la saison, un shōjo simple et sans prétention qui ne manque pourtant pas d’arguments pour s’imposer. Une bonne série à suivre en ces temps de disette et de fan-service à outrance donc, mais peut-être trop marginale pour vraiment marquer les esprits. Paradoxal, étant donné qu’elle présente une relation garçon-fille des plus simples et banales.

Manga Cover

Kimi ni TodekeKimi ni Todeke

Kazehaya arbore toujours un fier sourire, il occupera une place importante dans le groupe qui se formera peu à peu autour de Sawako, et dans l’ouverture de cette dernière.

Ce qu’on peut vraiment reprocher à ce début de série, c’est peut-être son abus de bons sentiments, et sa volonté poussée de ne pas vouloir creuser les choses en profondeur. Alors que la situation de Sawako se rapproche de formes de persécutions scolaires des plus indélicates et rappelle de manière lointaine le cruel LIFE de Keiko Suenobu, elle prête seulement à l’humour dans la série et le sujet n’est en aucun cas abordé sérieusement. On sent clairement que l’objectif n’est pas de dénoncer un malaise, mais plutôt de conter la manière dont le personnage va s’en sortir. Et les grands sourires de Kazehaya, qui donnent parfois envie de lui coller de grandes baffes, n’arrangent rien. C’est ce qui fait la réelle originalité de la série : à aucun moment on ne cède à l’empathie, le spectateur reste toujours détaché des évènements et n’est jamais poussé à considérer qu’ils sont graves, ou difficiles à vivre. Comme dirais l’autre : “Tout le monde il est beau, tout le monde il est content” (ou presque).

Mais c’est cette position légère et détachée assumée qui donne tant de fraîcheur à Kimi ni Todeke : elle ne se perd pas dans les lourdeurs et le pathos pour ce concentrer sur ce qu’il y a de meilleur dans nos personnages, au point d’éclipser totalement le reste. La romance entre nos deux personnages principaux impossiblement innocents n’est qu’un des thèmes abordés par la séries, mais les autres sont présentés d’une manière tout aussi légère et enjouée : tisser des liens amicaux, apprendre à aller vers les autres, à effacer une erreur d’interprétation, se découvrir soi-même au travers de ses proches, faire preuve d’un honnêteté inconditionnelle, tant de thèmes que la série aborde avec une grande naïveté, dévoilant des évidences qu’on perdrait vite de vue en fouillant davantage le sujet. Vous recherchez une série qui revendique, dénonce, fouille et a pour objectif de faire changer les mœurs ? Passez votre chemin. Vous cherchez un moment de détente qui égayera une fin de journée difficile avec plein de bons sentiments et d’optimisme ? Alors Kimi ni Todeke est faite pour vous.

Kimi ni TodekeKimi ni Todeke

Un optimisme ambiant nuancé : quelques trouble-fêtes se joindront manifestement à la partie pour freiner l’ouverture de nos deux protagonistes, une dualité bienvenue incarnée par le personnage d’Ume Kurumizawa (doublé par la grande Aya Hirano) qui viendra ajouter un peu de poivre à ce monde parfait.

Artwork

Tio

L’avis de Tio :

Je suivrai le reste de la série en espérant que la suite me réserve quelques surprises, les 12 épisodes laissent présager une évolution rapide de l’intrigue sans trop d’ennui. Caractérisée par sa réalisation impeccable et son positivisme ambiant, elle reste une très bonne pioche dans le lot de séries moyennes de cette saison. Et pour une fois, on délaisse tout penchant ecchi et moe en nous exposant une relation on ne peut plus terre à terre.


Gen'

Gen'

Abonnez-vous au Flux RSS pour suivre les prochains billets de cette catégorie.

Gemini Gemini ·  17 octobre 2009, 10:42

Bien dit : c'est finalement le côté classique de l'anime qui le rend si bon dans une saison d'Automne pourrie par le moe :cool:

Afloplouf Afloplouf ·  17 octobre 2009, 17:02

" Et les grands sourires de Kazehaya, qui donnent parfois envie de lui coller de grandes baffes, n'arrangent rien. "

Ensemble les mecs, formons la ligue de lutte contre ce personnage trop parfait.

Une histoire simple et classique, boudieu, ça faisait trop longtemps ! =p

bahatingle bahatingle ·  17 octobre 2009, 21:53

Le synopsis de départ me fait un peu penser au drama "Nobuta Wo Produce" si vous connaissez.

Gen' Gen' ·  17 octobre 2009, 23:11

Je vois un peu le genre de Nobuta Wo Produce (qui est un drama si je ne me trompe pas ?), mais ça m'a tout de suite l'air plus complexe et revendicateur que ce Kimi ni Todoke (les personnages sont vraiment plus simples, et leur but est plus l'extériorisation que la popularité, cette dernière est plutôt une conséquence parallèle involontaire). Pour le moment, ça vole vraiment pas très haut et c'est aussi ce qui rend ces premiers épisodes si agréables à regarder.

Par contre c'est clair que la série aurait tout à fait pu être adaptée en drama, le rapprochement se fait sans mal, d'autant plus que le genre s'y prête :)

le gritche le gritche ·  18 octobre 2009, 19:49

Dans Nobuta wo produce, les personnages ont du caractère: ça creuse forcément la différence avec cet anime, qui ressemble plus au long fleuve tranquille habituel.

angelle angelle ·  30 octobre 2009, 18:52

svp eske vous savez quand l'episode 05 de cettes serie a pparaitra svp ^^' j'vous en souplie dites le moi dan kel sites le regarder

Gen' Gen' ·  30 octobre 2009, 21:06

Là où tu as trouvé les épisodes 1 à 4, je dirais...

angalle angalle ·  31 octobre 2009, 10:48

:) oui mais j'ai trouver sur wat.tv et ya pas lepisode 05 si tu sais kelke chose dit le moi stp

Gen' Gen' ·  31 octobre 2009, 12:52

Alors je ne peux que te conseiller d'attendre.

En tout cas je ne donnerai pas d'adresse de téléchargement quelconque ici, la but de ce blog n'a jamais été de diffuser librement les séries dont je parle mais plutôt d'en parler, de les faire découvrir, de donner mes impressions dessus, la curiosité (ou le porte-monnaie) s'occupant du reste pour les visiteurs intéressés. C'est un blog, pas une plate-forme de téléchargement, et j'ai envie que ça reste dans l'état actuel des choses. Enfin, disons que les évolutions resteront ancrées au contenu rédactionnel du blog, c'est tout.

Je te souhaite bonne chance dans tes recherches en tout cas, c'est en s'intéressant aux séries les moins connues qu'on a le plus de chances de trouver sa perle rare animée :)

Edit : Après vérification, je constate que l'épisode 5 n'a même pas encore été diffusé au Japon. Lorsqu'on s'intéresse aux séries en cours, il faut aussi savoir être patient. Tu peux consulter les dates de diffusion à cette adresse si ça te tente.

angelle angelle ·  31 octobre 2009, 14:47

merci beaucoup pour ton conseils .
la prochaine fois je serai plus prudente :blasé:

hana hana ·  17 mars 2010, 22:42

c’est surtout niais ::wtf: mais je regarde car graphiquement j aime ! mais bon il ne marquara pas mon esprit c est jolie pour les petites filles de 10 ans apres shigo chara :rires:

en tout cas ils ont arrettes le manga a temps pour une fois car ca se transforme en triangle amoureux incipide faut croire que sadako à du succes :blasé:

au moins nabuta ca a le merite d etre tres tres drole et les perso super attachant et il y avait une certaine melancolie parfois les perso se cherchaient ils se demandaient qu est ce qui faisait dans ce monde…! alors qu ici les perso sont pas intelligents ni droles ils sont juste simplistes et niais!

Les commentaires sur ce blog utilisent l'affichage Gravatar, enregistrez votre mail en quelques clics pour lier automatiquement votre adresse mail à un avatar de votre choix sur tous les sites compatibles. Cliquez ici pour en savoir plus.



Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

Notice: Undefined index: c_question_hash in /var/www/gen/www.genstream.fr/all-blogs/plugins/accessibleCaptcha/class.dc.filter.accessible.captcha.php on line 55 Notice: Undefined index: c_answer in /var/www/gen/www.genstream.fr/all-blogs/plugins/accessibleCaptcha/class.dc.filter.accessible.captcha.php on line 61


Voir Également

Métamorphose - Introversion et phobie sociale dans les séries de l'été 2016

Read the English version of this post here: Breaking the barrier - Introverts and social anxiety in...

Lire la suite

Récap été 2015 - Rokka no Yuusha

六花の勇者vフレミー via Pixiv. En reprenant le titre exacte d’un ancien billet, j’ai fait la promesse de...

Lire la suite


top