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The Book of Bantorra - Premier coup d'œil

HR

Temps de lecture :

2345 mots - 12 minutes

Nombre d’épisodes vus pour l’aperçu : 4 (13/26 prévus ?)
Date de diffusion des épisodes : Du 02/10/09 au 23/10/09

J’ai lu très peu de retours sur la série, mais je trouve pourtant qu’elle tend à devenir la plus captivante de la saison. Après quatre épisodes et l’impression qu’un premier arc vient de prendre fin avec tous les penchants épiques et déchirants que ça induit, je me suis dit qu’il était enfin temps d’écrire un billet pour parler de ce bien peu commun Book of Bantorra. Parce que la série, non contente de bouleverser mes attentes, s’amuse dans chacun de ses épisodes à faire passer mon compteur Geiger animé du silence abyssal au boléro tchernobylesque (je voyais dans les premières images un mélange de Library Wars et Queen’s Blade du plus mauvais goût, quelle erreur de jugement je n’ai pas faite là !)… Pourquoi, comment, et surtout peut-on regarder la série sans risquer l’eyecancer littéral (ou pire, la Pneumoniae Draconis) ? Quelques éléments de réponse (très subjectifs) ci-après.

Book of Bantorra

Parce que même malade, en sang, sans pouvoirs, face à un taré armé de la pire épée qui soit et tombée d’un train qui a déraillé à pleine vitesse à une centaine de mètres d’altitude, Hamyuts Meseta est plus GAR qu’aucun personnage masculin ne le sera jamais…

Book of BantorraBook of Bantorra

En plus des deux “factions” qu’oppose l’intrigue, la tension règne aussi entre certains protagonistes du même camp, laissant présager une évolution certaine de la situation au sein de la bibliothèque de Bantorra.

Novel Cover Comme le veut la tradition, commençons par une petite approche de l’intrigue de Tatakau Shisho (戦う司書) - The Book of Bantorra. Je ne vous cache pas qu’une partie de la surprise vient du fait que l’intrigue est à peine survolée dans le premier épisode, qui laisse plutôt place à une action insensée et des évènements incompréhensibles ne laissant qu’un goût médiocre dans la bouche du spectateur néophyte. Je spoile donc, mais pour le bien de la série, parce qu’elle vaut bien mieux que ce qu’elle laisse paraître au départ, le début tient plus du pot pourri de genres et de situations (magie, technologie contemporaine, fantasy, bombes humaines, scènes qui ne lésinent pas sur le gore et le malsain, flashbacks mystérieux et j’en passe) que de véritable introduction. La série, adaptée de romans du même nom, nous plonge donc dans un univers fictif dont la particularité la plus évidente est que la technologie moderne est entremêlée à un monde plus moyenâgeux : c’est ainsi que dès le premier épisode, ont nous met face à un navire militaire rempli de mages adeptes d’une sorte de secte religieuse que combat un groupe de libraires eux aussi dotés de pouvoirs magiques variés et responsables de la récolte de livres de pierre immortalisant la mémoire d’un individu lors de sa mort, dans des circonstances spéciales (oui, on frôle l’overdose). Ce qui nous amène à la seconde particularité importante de cet univers : tous ces volumes de pierre sont stockés dans l’enceinte armée et protégée d’une grande bibliothèque nommée Bantorra. Cet établissement abrite les libraires qui vouent leur vie à la protection des livres et éduque ceux qui leur succèderont, un libraire de Bantorra étant destiné à mourir au combat en accomplissant son devoir.

C’est ainsi qu’on suit le groupe de principaux libraires de Bantorra, composé de personnages intéressants aux caractères variés (j’ai un faible pour Mirepoc, et la fougue de Volken me plaît bien), mais surtout de la leader de ces guerriers bibliothécaires dont l’Eglise veut la mort : la dénommée Hamyuts Meseta, femme d’âge mûr aussi autoritaire que laxiste, qui a la particularité d’avoir un nœud noir dans les cheveux, un lapin cousu sur sa chemise et… une poitrine opulente. Et là, je vous vois tout de suite venir : “oh non, encore une série qui met en avant les formes délirantes de ses personnages pour se vendre, c’est reparti pour un second Queen’s Blade (attention, lien vraiment NSFW) !”. Eh bien, non ! Enfin, pas tout à fait. Hamyuts Meseta est pour ainsi dire le seul personnage qui mette vraiment en avant son physique avantageux (avec Noloty, de manière moins évidente), et ça fait partie des traits particuliers du personnage : sa chemise débraillée renvoie à son caractère terriblement je-m’en-foutiste et moqueur, et fait partie de son charme. On peut aussi préciser qu’ils ne bondissent pas à outrance, et que les scènes d’action ne sont pas une excuse au déshabillage et à l’incontinence, The Book of Bantorra a bon nombre d’autres arguments bien plus intéressants à faire valoir. Je vous rassure donc tout de suite : ceci n’est pas une énième suite édulcorée d’Ikkitousen.

Book of BantorraBook of Bantorra

Le premier livre de pierre que l’on explore est celui de Shiron Byacornise, les visions de la belle lient étroitement passé et présent dans une romance intemporelle meurtrie par les drames de deux époques.

Les arguments de poids de la série se situent évidemment au niveau de son background et de son ambiance. Avec des scènes d’actions qui surenchérissent continuellement et qui en font des tonnes (vous saurez par exemple qu’Hamyuts Meseta n’a pas besoin de parachute pour sauter d’un avion), l’intrigue gagne rapidement en intensité et en profondeur et va bien plus loin que ce que laissait présager un premier épisode franchement bordélique. Ces premiers épisodes nous plongent dans l’histoire de Shiron Byacornise par l’intermédiaire des fragments de son volume pierreux. Tour à tour sainte d’une nation et sorcière impitoyable, elle est connue pour être responsable de la dissémination de la Pneumoniae Draconis, mal séculaire lié à la présence d’un dragon dans des temps lointains. Un détail qui me rappelle, en quittant l’univers de l’animation japonaise, la série de bandes dessinées La Geste des Chevaliers Dragons, où il était expliqué que les régions peuplées par un dragon étaient prises de ce même mal violent et hautement contagieux (il y est appelé le “Veil”).

Les deux œuvres s’inspirent des croyances médiévales qui tentaient d’expliquer les épidémies de fléaux comme la Peste par la présence de dragons néfastes qui auraient affecté de manière mortelle l’environnement qu’ils traversaient. Un phénomène qui n’avait rien à envier aux chasses aux sorcières et qui, cumulé aux œuvres tranchantes d’une Eglise plus corrompue ou fanatique que bénéfique, faisait décidément du Moyen Âge une époque où il ne faisait pas bon vivre. Plusieurs points que The Book of Bantorra exploite et met remarquablement bien en avant dans ce début de série, le côté plus moderne et industriel de la série lui permettant aussi d’explorer d’autres caractéristiques de ces époques marquantes (l’idée de l‘“homme-bombe” considéré comme le simple objet d’une cause est plus qu’évocatrice). Au delà de ces constatations historiques, c’est une vraie réflexion sur le rapport du Passé au Futur de nous offre la série en les mélangeant ouvertement sous couvert de livres de pierre et de personnages emblématiques comme la sublime Shiron Byacornise et son amant intemporel Colio Tonis, le maléfique Wizahk (une sorte de Kefka bourré d’hormones), et une Hamyuts Meseta qui incarne à elle seule les valeurs contestataires du Présent. Cette réflexion passe aussi par divers artefacts majeurs de l’univers fictif de Bantorra (Shlamuffen, Yor, Ylucklucu), qui sont non seulement détenteurs d’une riche histoire passée, mais possèdent aussi le pouvoir de tracer l’avenir (le rôle de Shlamuffen dans la romance entre Shiron et Colio est capital). On est loin des considérations en dessous de la ceinture, hein ?

Book of BantorraBook of Bantorra

L’ambiance sombre de la série se tisse autour des évènements marquants d’époques diverses, faisant d’un mélange à priori insipide un réel délice à même d’alimenter pleinement l’intrigue sur une durée conséquente.

Novel Cover Si l’ambiance de la série est aussi prenante, c’est aussi grâce à sa réalisation, qui est loin d’être irréprochable mais se montre tout à fait à la hauteur de l’histoire. Se montrant souvent assez inégale, parfois un peu passée de mode, même au sein d’une seule scène (le gros plans font souvent mal aux yeux), elle est cependant bien meilleure lors des scènes d’action, même si on peut noter l’usage un peu excessif des lignes de vitesse (qui se montrent parfois du meilleur effet, comme lorsque Colio débarque au milieu du duel Hamyuts/Cigal). On peut se dire que ça vient de la gestion d’un budget, et c’est pas plus mal, je préfère une série moche de temps en temps plutôt qu’une série moche pendant toute une moitié de saison… Le charadesign est aussi particulier puisque les personnages sont mémorables et cohérents dans leur style comme dans leur caractère, tout en restant inspirés d’époques diverses (le design d’ensemble me rappelle vaguement Pumpkin Scissors et Black Lagoon). La réalisation n’hésite d’ailleurs pas à faire dans la surenchère, un trait particulier omniprésent dans la série, et si ça donne quelques scènes un peu kitch (le barbu baraqué qui craque sa chemise avec ses muscles dans le premier épisode…), le résultat est souvent plus jouissif qu’exaspérant, à l’inverse d’une certaine Ga-Rei Zero qui en faisait des tonnes alors que ça n’était pas franchement nécessaire (l’ambiance en a pris un sacré coup pour ma part, mais c’est une autre histoire). L’originalité de l’univers rend l’usage du WTF plutôt agréable, le gore n’hésitant pas à s’y glisser dans des scènes assez dérangeantes et lourdes de sens. Côté violence, The Book of Bantorra ne fait clairement pas dans la dentelle. C’est bon de voir une série qui ne se retient pas, et qui n’a pas peur de faire dans la démesure, ça la rend rapidement très intense.

Niveau générique d’ouverture, c’est Ali Project qui s’y colle, et rien à faire je suis incapable de lier la profondeur scénaristique et musicale de Bantorra à cet opening disgracieux, à l’image des nombreuses redigestions du duo. Dès que je pense Ali Project, je pense Rozen Maiden, c’est pour moi l’une de leurs seules véritables réussites en terme de générique. Une fois l’opening peut attirant visuellement expédié, on a l’impression de passer du coq à l’âne avec une musique d’annonce de l’épisode d’un tout autre niveau. The Book of Bantorra méritait définitivement mieux. L’ending est par contre plus agréable sans non plus casser des briques. Avec le slideshow d’artworks, ça passe sans problème. Tout ça fait quand même un peu cheap/vieillot, dommage, ça ne sert encore une fois pas l’ambiance prenante de la série. On retrouve aussi parfois dans les épisodes cette mise en scène d’un autre temps, mais c’est plutôt bien dosé, et en aucun cas gênant pour l’histoire qui avance très vite. Les musiques qui agrémentent les épisodes sont tout à fait dans le ton par contre, à la fois sombres et séduisantes. Dans l’ensemble peu présentes, c’est surtout dans les scènes les plus importantes qu’elles se font remarquer (je crois que j’ai même entendu du Vivaldi, ou en tout cas ça y ressemblait beaucoup). Peut-être que la musique s’amuse aussi au jeu du mélange d’époques, j’en ai retenu bien trop peu pour me prononcer sur le sujet. Pour une série dont j’attendais le pire, c’est en tout cas une belle surprise que je suivrai avec plaisir.

Book of BantorraBook of Bantorra

J’ai du mal à cerner l’esthétique de l’opening, et le thème d’Ali Project n’aide pas. L’ending est plus agréable, mais reste bien peu mémorable. The Book of Bantorra méritait des génériques plus explicites.

Artwork

Tio

L’avis de Tio :

Alors que le premier épisode m’avait laissé une impression très mitigée, voir même carrément négative, la suite plus posée et construite m’a captivé de bout en bout. J’ai l’impression que l’épisode 4 met fin à une sorte d’arc introductif très efficace et j’ai hâte de voir ce que me réservera la suite des évènements. The Book of Bantorra ne fait pas dans la demi-mesure et obéit à un adage que j’approuve : tout ou rien. Le pari osé du mélange d’époque commence déjà à faire ses preuves alors qu’on ne pouvait voir ça que d’un mauvais œil. Le style reste quand à lui résolument cru et pompeux, mais pour une mystérieuse raison j’y adhère totalement. Avec Hamyuts Meseta, je viens de trouver mon personnage badass de la saison, le fait que ce soit une femme ne le rend que plus délicieux. Finalement, l’Automne 2009 m’aura réservé son lot de découvertes sympathiques.


Gen'

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Nautawi Nautawi ·  31 octobre 2009, 09:45

J'attendais un avis sur cette série pour savoir si je dois réellement m'y mettre avec la VOD de Kaze et ...
je crois que je vais vraiment le regarder.

Arca Arca ·  31 octobre 2009, 10:12

La narration me fait penser a Baccano..

Ca donne envie ^^

Gen' Gen' ·  31 octobre 2009, 12:45

Je le redis au cas où : ne vous fiez pas au premier épisode, il m'a presque donné la nausée alors que le reste était beaucoup plus sympa à regarder. Si la réalisation datée ne vous dérange pas, ça devrait passer sans problème ;)

kyouray kyouray ·  31 octobre 2009, 18:17

Bon article :)
Ali Project, ce n'est pas terrible oui pour Tatakau Shisho, ils ont au moins rajouté des images dans le 5ème épisode.
Sinon cette série est également un de mes coups de coeurs que j'attendais de pied ferme depuis l'annonce de l'anime (il faut dire que le chara-design original est à mes yeux génial) et le premier épisode ne m'a pas dégoûté au contraire, son problème est la quantité d'informations qu'il a donné et aussi le fait que ce soit confus. Et c'est dommage car la série a du potentiel avec son scénario et son univers riches.
La réalisation est correcte, c'est surtout la 3D qui pique les yeux mais les scénes d'action comme tu dis sont très bonnes, surtout celles de l'épisode 4. Enfin, la série se regarde juste pour Hamyuts Meseta <3
Les gens se plaignent de l'abus du moe cette saison mais ne s'attardent pas sur cette série, peut-être le fait que la licence soit acquise qui rebute les gens...

Gen' Gen' ·  01 novembre 2009, 16:45

Oui effectivement, le générique est déjà mieux avec cette remise en image, ça passe tout de suite beaucoup mieux. Et c'est clair que le charadesign original de Shigeki Maeshima est un régal pour les yeux.

En tout cas, elle fait sans aucun doute partie des séries de la saison qui sont en mesure de satisfaire ceux qui en ont marre du moe à outrance. Je pense que ce qui rebute au premier abord, c'est surtout le design de la version animée et le background un peu lourd. Et j'espère que la série fera bien 26 épisodes, même si à l'allure où vont les choses je commence à en douter ^^'

Leo Leo ·  07 novembre 2009, 19:02

Merci pour cette critique éclairée. J’ai vu que Total Manga diffusait les épisodes gratuitement et légalement, mais les premières minutes n’étaient pas suffisantes pour me motiver à lâcher 1€ par épisode. Là, je vais sauter le pas ! ^^

Arkan-Dey Arkan-Dey ·  04 décembre 2009, 00:07

Excellente critique !!
Bref pour tous ceux qui veulent voir cet anime en HD avec la traduction de Kaze, le tout gratuitement,
aller sur les fofo de ddl DownParadise et wawa-mania,
vous trouverez surement votre bonheur !!

Si vous voulez plus de renseignement contactez moi via mon Email ^^

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