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Tales of Legendia Soundtrack (3 CD)

HR

Temps de lecture :

3882 mots - 19 minutes

Note : les images qui agrémentent ce billet son tirées du jeu et de ses cinématiques animées.

Pourquoi des critiques d’OST ? Et pourquoi un jeu de mots nase pour le titre le la section qui les contiendra ? Avant tout, parce que j’en ai envie. Depuis les début du blog, dès sa première version très fourre-tout et indigeste qui remonte à 2005/2006 (je n’ai plus la date exacte en tête), j’ai toujours voulu parler de musique. Et en particulier de bande originales en tous genres, que je joue/regarde les œuvres qui y sont rattachées ou pas. Parce que très souvent, dans un jeu ou une série animée, lorsque de bons moments reviennent égayer notre mémoire, ils sont accompagnés des thèmes musicaux forts qui vont avec. La musique, et en particulier la musique instrumentale (sans paroles obsolètes qui viendraient violer les notes), est vite devenue une variable essentielle dans les choses auxquelles je joue et que je regarde, ça fait partie des choses qui marquent des moments à jamais dans mes souvenirs,  comme une réplique bien placée devient inoubliable dans un film.

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La musique cristallise l’émotion d’un instant, ou même l’ambiance générale d’une œuvre, et elle peut sans aucun doute être considérée comme un art à part entière lorsqu’elle s’en détache. C’est pour ces multiples raisons que je veux parler de ce qui alimente continuellement mes oreilles : parce que les musiques qui accompagnent ce qui se regarde valent autant que ça, parce qu’elles sont le langage originel de l’Homme, et comme toute œuvre visuelle c’est toujours un enchantement de faire de belles découvertes. Cette première critique d’OST sera dédiée à l’une des rares bandes originales de la série Tales of que j’ai été en mesure de vraiment apprécier : celle de Tales of Legendia, ses bonnes idées et son originalité. Une perle imparfaite desservie par un jeu perfectible qui mérite pourtant d’atteindre davantage d’oreilles mélomanes.

Game Cover

OST Cover
Voir sur Play-Asia

Source : Jeu Vidéo (Playstation 2)
Editeur : Avex Intertainment
Compositeur(s) : Masaru ‘Go’ Shiina
Répartition : 3 Disques, 44 pistes
Durée totale : 2 heures 13 min 14 sec
Date de première édition : 24/08/2005

Ø Disque 1

01. TAO -game version-
02. Melfes ~ Shining Blue
03. The Meeting Place Is the Fountain Plaza
04. Forest of No Return
05. A Cheerful Bandit
06. Sunlight Filtering Through the Trees Écouter
07. March
08. Spinning Thoughts, Bound Hands
09. The Legendary Sorceror
10. It’s Not A Bluff
11. To Deliver the Feelings
12. Ancient Ship Écouter
13. Tomorrow Will Surely Be Sunny
14. Enemy Attack Écouter
15. Beyond That Hill
16. Battle Artist
17. Seeking Victory
18. Sea of Rage
19. Between Memories and Hope
20. MY TALES

Ø Disque 2

01. A Firefly’s Light
02. Whisper of the Crystal Écouter
03. Advancing Towards 12 O’Clock
04. Chasing Shirly
05. Short Circuit  Écouter
06. Stella
07. Let’s Go!
08. Big Sister Honwaka
09. Land of Peace
10. Run in the Middle of the Storm
11. TAO -Melfes version-
12. The Bird Chirps, I Sing
13. Delkes Black Wings
14. Thank You
15. Looming Crisis
16. Guiding Star Écouter
17. A Flower’s Name
18. Funeral March
19. Let’s Talk
20. The Prayers Become Power
21. Hotarubi
22. TALES

Ø Disque 3

01. The Traveller’s Rest
02. An Important Day ~ The Strong Bond With Comrades

Les pistes que je considère dignes d’intérêt sont notées en gras
Arrangement : Go Shiina, Do As Infinity, Seiji Kameda
Artistes associés : Do As Infinty, Mayumi Sudō, Kanon

Comme toute bande originale de la série Tales of, le premier CD commence avec un morceau de J-Pop joué par un artiste japonais plus que connu (ici, il s’agit du groupe Do As Infinity). Même si Tao se laisse écouter, rien de bien exceptionnel pour les oreilles, de la J-Pop vue et revue, bien faite mais qui ne bouscule pas les foules. On retrouvera le morceau entièrement orchestré dans le second disque, et force est de constater qu’il n’est pas bien plus séduisant, c’était même plus agréable en version chantée classique (faute à un manque de puissance évident, la musique étant un peu bateau sur les bords). Bref, avec ce premier morceau, c’est loin d’être la révélation même si l’émotion fait ses premiers pas. On se dit même qu’on a affaire à l’archétype de la bande originale Tales of : morceau de J-Pop décoratif en ouverture, puis une succession de musiques vides sans thème majeur pour venir bousculer tout ça. On oubliera  aussi rapidement Melfes ~ Shining Blue, déjà plus agréable à l’oreille mais tellement lent à démarrer qu’il en devient soporifique. La deuxième partie de la musique est déjà plus intéressante, l’orchestre faisant très honorablement son travail en dépit d’une composition très faiblarde. The Meeting Place is Fountain Plaza est déjà beaucoup plus animé et joyeux et commence à dévoiler les quelques originalités de la bande originale tout en restant très classique dans son fond. Pour un thème si léger, la richesse instrumentale est cependant impressionnante.

C’est avec Forest of No Return qu’on commence à s’intéresser vraiment à l’ensemble : en plus d’être peu commune pour un jeu de la série, la musique se montre très versatile dans la succession des instruments et la composition, la mettant déjà à l’écart des thèmes forestiers digérés qu’on nous pond d’habitude. On sent encore les bienfaits d’un orchestre varié et talentueux. Une impression qui se retrouve dans Sunlight Filtering Through the Trees, qu’on aurait pu prendre pour une musique joyeuse classique, mais qui se révèle être un thème doux très réussi soutenu par le piano et de nombreux accents dramatiques forts. On sentirais presque le bruissement des feuillages au gré du vent, et la douce chaleur d’un jour de printemps sur le point de s’achever. Je retrouve dans cette piste une mécanique musicale très proche de celle d’Hitoshi Sakimoto (la musique est notamment proche de certains morceaux de la bande originale de Valkyria Chronicles), il n’en faut pas plus pour que j’y adhère totalement, même si la composition est plus hasardeuse que celle de sir Sakimoto (une remarque qui semble concerner une grande partie du travail de Go Shiina). Un début d’album satisfaisant donc, mais loin de rester en mémoire et de provoquer de subites envies d’achat. Pourtant déjà, je trouve que les musiques de ce Tales of Legendia se démarquent de leurs confrères Tales of avec des thèmes orchestraux poussés et une instrumentalisation riche.

Game Cover

Comme les pistes qui le composent, ce début d’OST s’ouvre doucement mais va déjà plus loin que la plupart des bandes originales de la série, induisant à raison que le meilleur reste à venir. L’image d’un paysage paisible baigné dans la lumière du Soleil est ce qui résume le mieux l’émotion de ces premiers morceaux.

La première véritable surprise de cet album est d’abord un étonnement : les première secondes de March ne laissent en rien présager la tournure presque épique que prend au fur et à mesure la musique, avec l’arrivée soudaine des tambours et des chœurs, saupoudrés par une pointe de guitare électrique et portés de bout à bout par un orchestre très présent. Bien que répétitive, la musique se construit petit à petit et gagne en puissance, la composition est quand à elle peu avantagée mais donne sans mal à l’ensemble symphonique la puissance qu’il lui fallait pour décoller. Le côté épique résolument occidental est plus que surprenant quand on voit les débuts ponctués d’instruments asiatiques et de flûte de la musique. Encore une fois, avec un jeu de notes plus approfondi, la musique aurait pu dévoiler tout son potentiel, et Go Shiina compense ce manque par une richesse instrumentale impressionnante qui donne beaucoup de charme à la musique. Le morceau suivant est lui aussi peu commun et caractérisé par l’omniprésence de guitare électrique, sous la forme d’une ballade plus nerveuse qu’il y paraît. Le titre de la musique, Spinning Thoughs, Bound Hands, résume parfaitement le contenu de la musique : d’abord des accents calmes de guitare électrique signifiant l’impuissance, puis une arrivée soudaine du premier thème mélodique de la série, aussi court qu’intense. On le retrouvera dans plusieurs autres pistes de l’OST, comme dans la très courte mais très réussie A Flower’s Name ou reprise de manière plus orchestrale par Whisper of the Crystal. Je lui préfère d’ailleurs de loin cette seconde version plus classique, les symphonies orchestrales ayant toujours eu plus d’impact auprès de mes oreilles qu’un usage abusif de guitare électrique. Ce premier thème majeur, très court, est l’image même de la relation qui noue les deux personnages principaux du jeu, mêlant affection inconditionnelle et détermination face à la fatalité (un thème on ne peut plus courant dans la série Tales of, mais très agréablement mis en avant ici). Ces diverses pistes me rappellent de très près le travail de Noriyuki Iwadare sur la bande originale de Grandia, une bonne chose.

The Legendary Sorceror nous renvoie à la puissance épique de la septième piste, mais en la travaillant davantage avec des chœurs très présents et un chant dévoilant les accents mystiques de l’aventure. Intriguante, la musique atteint son paroxysme lorsqu’elle introduit un second thème mélodique majeur au bout d’une minute, plus puissant et épique que le précédent, idéal pour souligner l’intensité et le caractère décisif d’un combat. On retrouve aussi ce second thème plusieurs fois dans l’OST, notamment dans Guiding Star (qui reprend les grandes lignes de The Legendary Sorceror en lui donnant un ton plus sombre et plus intense) et Sea of Rage, une musique étonnamment calme qui reprend une grande partie des thèmes de combats dans des rythmes électroniques saupoudrés de violoncelle, sans doute synonyme d’affrontement final. Du côté des musiques de musiques de combat, j’aurai surtout retenu Enemy Attack, qui tient de l’excellence. La musique aborde son sujet d’une manière plutôt originale en mettant d’abord en avant de nombreux accords de piano, pour finalement laisser un orchestre symphonique s’installer peu à peu et faire grimper la musique dans un pic d’intensité impressionnant. A mon sens, cette musique seule écrase la majorité des autres thèmes de combat connus dans la série, qui lorsqu’ils étaient portés au sommet par la composition de Motoi Sakuraba manquaient cruellement de diversité instrumentale (oui Tales of Vesperia, c’est de toi que je parle…). Le thème de combat de ce Tales of Legendia, au contraire, joue sur la diversité des plans et nous offre une musique évolutive, vivante, puissante et très originale du fait des instruments qu’elle emploie pour signifier l’intensité de l’action. Sans doute l’une des musiques les plus importantes et mémorables de cette bande originale, on la retrouve aussi dans Sea of Rage dans une version plus électro pas désagréable et réorchestrée d’une manière saisissante dans Delkes Black Wings. Les autres pistes axées vers l’action comme Battle Artist, Seeking Victory et Run in the Middle of a Storm sont moins remarquables, mais ne manquent pas de tempo et de pics d’intensité, détails typiques des compositions de Go Shiina, qui a sans doute plus de talent lorsqu’il s’agit de compositions en hauteur que pour des thèmes plus sombres et lents, à l’inverse de Motoi Sakuraba qui excelle dans les thèmes au tempo très bas (il l’a amplement prouvé avec la bande originale de Valkyrie Profile par exemple). Au travers de ces pistes, l’orchestre a cédé place à l’intensité de la richesse et des chœurs, l’heure n’est plus à la contemplation mais au combat, à l’action décisive et irrévocable, ainsi qu’aux premiers grands bouleversements des sentiments.  Les tragédies se dessinent sans mal dans cette toile d’émotions bousculées et de confrontations des idéaux.

Game Cover

Cette seconde série de pistes donne à la bande originale toute sa force et son aspect dramatique avec de nombreux accents épiques et une richesse instrumentale plus prononcée qu’auparavant. Rythmes orientaux et occidentaux s’emmêlent dans une grande variété d’instruments et d’inspirations pour souligner la puissance des évènements de l’histoire, et les multiples retournements qui la ponctuent.

A côté de ces multiples thèmes qui constituent l’essentiel de l’OST de Tales of Legendia, on trouve aussi les musiques des donjons que parcourent nos aventuriers. Et surprise, là aussi c’est la grande surprise, surtout grâce à la présence de deux pistes très originales et représentatives d’une grande recherche de la part de Go Shiina, ça tourne presque à l’expérimentation musicale. Ancient Ship et Short Circuit n’ont rien de bien attirant dans leurs premières secondes, mais elles ont toutes deux la particularité de surprendre complètement l’auditeur en se révélant être totalement différentes de ce à quoi on pouvait s’attendre. Ancient Ship commence par un rythme qui semble tout droit sorti d’un autre Tales of, avec tout ce que ça peut avoir de répétitif et d’insipide, l’art d’ôter toute ambiance à un environnement en se foutant royalement de la musique qu’on pourrait y entendre (le genre de thèmes qu’on trouve à profusion dans nombres d’autres Tales of, comme le tant adulé opus Symphonia, qui n’a de symphonie que le nom). Et puis, c’est comme si la musique retombait sur ses pieds, au bout d’une quinzaine de secondes elle change du tout au tout et nous révèle un penchant épique insoupçonné avec de nouveau l’arrivée de tambours, de chœurs et de voix de tenor. L’effet est pourtant très différent de March, puisque la musique est moins répétitive et bien plus recherchée instrumentalement parlant comme au niveau de la composition. On se surprend même à y découvrir des airs de grand opéra, sans doute la dernière chose à laquelle on pouvait s’attendre pour un morceau qui commençait d’une manière on ne peut plus classique et sans intérêt. Il se dégage quelque chose de très fort de cette musique, ça ne fait aucun doute et grâce à elle l’environnement qu’elle met en évidence gagne une identité à part entière, un sens.

C’est dans cette logique que Short Circuit intervient en redoublant d’inventivité, en modifiant continuellement les règles que le morceau pose grâce à des modifications de flux, des ralentissements, et j’en passe. Là aussi, les premières secondes tiennent de l’introduction la plus aléatoire qui soit, et l’arrivée subite des instruments à cordes et des voix est juste stupéfiante. C’est en jouant à synthétiser ces voix à outrance que la musique se forme de la manière la plus étrange qui soit, le résultat est pourtant étonnamment cohérent au vu des grandes libertés musicales du morceau. Un vrai régal en ce qui me concerne, c’est cette originalité évidente qui en fait aussi un des pistes les plus remarquables de la bande originale. Des morceaux inspirés, c’est le moins qu’on puisse dire, et pour le coup très communicatifs et efficaces, loin des thèmes pompeux et clichés que les RPG nous servent habituellement. Une telle inventivité, j’en reprendrais bien à chaque fois, j’ai du mal à y rattacher la moindre référence musicale. Hallucinant. Le souci lorsqu’on s’autorise de telles libertés, c’est qu’on prend le risque de perdre l’identité du reste de l’œuvre. Et c’est vrai qu’avec un niveau de composition si bas et une telle variété musicale, difficile de donner une image musicale précise à Tales of Legendia.

Game Cover

A défaut de s’intéresser aux émotions qui forment les briques de tout bon RPG, certains morceaux jouent avec une palette stupéfiante de genres musicaux et imposent leur fraîcheur auditive à des usages qui encouragent plutôt l’effet inverse dans de nombreux autres jeux.

Ne nous voilons pas la face, la bande originale possède aussi son lot de mauvais morceaux. Dans la famille des musiques prédigérées qui auraient mieux fait de n’avoir jamais été crées, je demande Stella, le comble du manque de saveur. D’autres morceaux, bien que portés par un travail orchestral appréciable, ne sortent pourtant pas du tout du lot du fait de leur absence totale de cohésion. Ainsi, on oubliera vite To Deliver the Feelings, Tomorrow Will Surely Be Sunny, Between Memories and Hope, Big Sister Honkawa ou Thank You, morceaux à l’instrumentalisation très honnête mais qui manquent cruellement de fond. A côté de ça, on trouve aussi des chansons très diverses à la qualité tout aussi varié : du thème My Tales qu’on croirait chanté par Elton John à A Firefly’s Light, une ballade J-Pop bien plus agréable et douce, et Hotarubi, une chanson chantée en anglais très passe partout. The Birds Chips, I Sing affichait aussi un rendu vocal intéressant en donnant l’impression d’un chant lointain, mais la musique rate le coche avec une composition bien trop aléatoire et des paroles pas forcément adaptées à la musique. On relèvera aussi quelques accents jazzy dans des pistes comme A Cheerful Bandit et Chasing Shirly, ainsi qu’un forte influence asiatique pour Land of Peace, ça reste dans tous les cas très anecdotique. Certains morceaux un peu plus intéressants mais peu approfondis sont aussi disséminés ça et là, comme Looming Crisis, Beyond that Hill et It’s Not a Bluff, là non plus rien de bien captivant en dépit de genres toujours aussi variés. Le jeu a décidément du mal à offrir des mélodies aussi attachantes que peuvent l’être celles d’un Grandia et d’un Ys. Faute à une composition superficielle et une instrumentalisation très (trop) riche. La portée dramatique de Funeral March est beaucoup plus saisissante, la musique me fait beaucoup penser aux thèmes orchestraux de Koichi Sugiyama pour l’OST occidentale de Dragon Quest VIII. Le tout reste cependant un régal pour les oreilles, un exemple étonnant d’une bande originale mêlant une émotion bien présente à une originalité de tous les instants.

Après une multitude de musiques à la qualité variée et un parcours plein de rebondissements, de surprises et de déceptions, le thème TALES vient conclure l’album d’une manière très appréciable avec une musique orchestrale presque cinématographique qui rend hommage à la série. Une manière de finir en beauté après toutes ces émotions, et d’ajouter un genre supplémentaire à la palette très disparate de l’OST. Le troisième CD est quand à lui réservé à deux pistes drama incompréhensibles pour les japanophobes, constituées de dialogues saupoudrés de petits thèmes musicaux. Marrant cinq secondes lorsqu’on ne comprend rien, mais on se demande ce que ça fait dans un OST (d’autant plus que des dramas CD spécialement dédiés à cet usage sont aussi parus). Tales of Legendia est donc un cas particulier dans la longue série Tales of, et la qualité non négligeable de sa bande originale peut faire des envieux en dépit de défauts évidents (répétitivité, composition moyenne, un peu fourre-tout). Go Shiina a eu carte blanche et il s’en est donné à cœur joie en l’absence de Motoi Sakuraba pour lui tenir la bride. Le résultat est une révélation autant qu’une déception, puisqu’il ne manquerait qu’un peu d’ordre à tout ça pour en faire une grande bande originale, et que cette dernière tranche déjà radicalement avec le reste de la série. L’honnêteté se ressent sans problème, et la majorité des musiques touchent leur cible, mieux, elles étonnent et flattent l’oreille avec leur multitudes d’instruments et de genres, au point qu’on a bien du mal à les rattacher au jeu dont elles sont tirées. On notera aussi le fait que la majorité des musiques soient répétées pour arriver à une durée de trois à quatre minutes, ce qui n’est pas forcément un détail plaisant mais n’empêche pas les musiques de pousser leur inspiration jusqu’au bout (à l’inverse de Romancing Saga Ministrel Song par exemple, qui a l’habitude navrante de s’arrêter alors que la musique commence à être agréable). La bande originale de Tales of Legendia reste pleine de bonnes idées et de fraîcheur, elle aborde les thèmes classiques du RPG japonais avec une touche d’originalité et d’inventivité agréable et souvent très touchante. Le genre de travail musical à part entière que j’aimerais retrouver plus souvent, et qui ressemble selon moi à ce que devrait être une véritable bande originale de jeu de rôle pour adolescents bourrés de bons sentiments et de détermination, loin de la niaiserie musicale à laquelle on a le plus souvent droit.

Game Cover

L’OST de Tales of Legendia, c’est finalement comme le sourire d’une jolie fille : c’est beau, charmeur, expressif, parfois même empreint d’une tristesse déchirante ou de chaleur, mais on a toujours envie d’en savoir plus, de découvrir la profondeur que cache ce sourire succinct, la beauté d’une voix ou la profondeur d’un regard. Ecouter la bande originale de Tales of Legendia, c’est croiser son âme sœur au détour d’une rue et ne jamais la revoir, vivre pour toujours dans l’idée de ce que ça aurait pu être. C’est douloureux, frustrant, mais terriblement beau.




Un bon moment en perspective

Points positifs :

- Une grande variété musicale
- Des musiques expressives et intenses
- Quelques pistes très originales

Points négatifs :

- Trop d’instruments et de genres…
- Une composition à la ramasse
- Peu de thèmes forts, trop répétitifs


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