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Sasameki Koto - Premier coup d'œil

HR

Temps de lecture :

1981 mots - 10 minutes

Nombre d’épisodes vus pour l’aperçu : 6 (13 prévus)
Date de diffusion des épisodes : Du 07/10/09 au 11/11/09

Le yuri, clairement, c’est pas ma tasse de thé. Dans le meilleur de cas ça m’endort profondément (Aoi Hana, Kashimashi), dans le pire ça me donne envie de me défenestrer (Strawberry Panic!… pardon, mais à ce point là, c’est l’overdose…). Pourtant, grand masochiste que je suis, je me suis dit que ce Sasameki Koto pourrait être une expérience intéressante dans le domaine, que le charadesign charmant serait accompagné de tout autant de charme, et que ça suffirait à me faire suivre des épisodes sans trop m’endormir. Et à ma grande surprise, pas une seule seconde je n’ai senti la venue du sommeil après cette moitié de saison qui dévoile une série plutôt mouvementée. Sasameki Koto, ou la recette magique qui me fera aimer un genre qui m’indifférait totalement lorsqu’il justifiait une série entière ?

Sasameki Koto

Suite spirituelle d’Higurashi, remake d’Elfen Lied, nouveau culte de la Yangire ? Non, juste une leçon de cuisine qui tourne mal !

Sasameki KotoSasameki Koto

A mi-chemin entre le cliché du personnage moe maladroit et celui de la waifu par excellence, Ushio peut se montrer aussi amusante qu’irritante au fil des épisodes. Le stéréotype qu’elle incarne est tout de même équilibré et joue son rôle à merveille : Ushio alimente les épisodes en rebondissements au gré de ses amours éphémères.

Sasameki Koto (ささめきこと) part sur des bases on ne peut plus classiques dans le genre : l’histoire nous décrit le quotidien de Sumika Murasame, jeune fille intelligente et sportive adepte d’arts martiaux qu’elle pratique chez elle, son père étant le maître d’un dojo spécialisé dans le karate. Son amie d’enfance, Tout l’oppose à Ushio Kazama, son amie d’enfance naïve et on ne peu plus jolie. Cette dernière, qui ne cache pas son attirance pour les “jeunes filles mignonnes”, ne cesse de s’embarquer dans des amours platoniques pour toujours finir en larmes dans les bras de Sumika. Mais ce dont elle ne se doute pas, c’est que Sumika l’aime secrètement depuis toujours, quand bien même Ushio ne la voit que comme une amie fidèle, une fille un peu masculine qui n’est pas vraiment son genre.

On voit déjà les triangles amoureux se dessiner, les larmes couler à flots, et les personnages s’embourber dans des réflexions interminables et bancales au lieu de passer à l’acte. Pourtant, dès le second épisode, la série surprend en intégrant des éléments totalement imprévus dans son histoire : un garçon qui se déguise couramment en fille, un couple lesbien assumé qui joue le sadique avec les sentiments secrets de Sumika, un club de karate peuplé de clones de Ryu de Street Fighter, des costumes  pour filles plus qu’il n’en faut, tout un tas de développements humoristiques qu’on n’aurait jamais cru trouver dans cette Sasameki Koto qui s’annonçait au départ on ne peut plus terre à terre. Tant d’éléments qui risquent fort de décevoir les amateurs de séries réalistes en faisant souvent tomber la série dans le moe, les allusions douteuses et l’humour de plus en plus présent. Au fil des épisodes, la série commence à prendre des airs de shōnen avec un harem féminin grandissant et une Sumika de plus en plus masculine et grinçante.

Sasameki KotoSasameki Koto

Sumika est le centre de gravité de la série : partagée entre son amour pour Ushio et le soutiens qu’elle se doit de lui apporter au gré de ses platonismes, elle se retrouve souvent victime des évènements et joue sur son côté “je suis la seule à voir que la situation est embarrassante”. Observatrice résolument masculine, d’apparence calme mais très sensible aux poussées d’émotion, elle incarne aussi un stéréotype à l’opposé de celui de sa meilleure amie.

ArtworkPlus ça va, plus j’ai l’impression que les auteurs ont dérapé en construisant la série, s’écartant de l’idée de base des romances entre filles. D’ailleurs, à la différence d’autres séries qui délaissent complètement le sexe masculin, ici nous n’hésitons pas à apporter notre grain de sel entre les personnage. Voyez par vous-même : Ushio est amoureuse d’une jolie mannequin de couverture qui se révèle en fait être un garçon, et lui-même se révèle être amoureux de Sumika, qui l’ignore totalement, trop obsédée par son Ushio qui aussi le béguin pour la bibliothécaire avec qui elle travaille, qui est amoureuse d’un garçon qui vient souvent parce qu’il est amoureux d’Ushio, qui ne s’en rend absolument pas compte puisqu’elle ne voit que sa collègue, qui lui en veut d’être l’objet de la convoitise de celui qu’elle aime. Oui, Sasameki Koto joue le jeu du triangle amoureux très loin, au point qu’on finit par en avoir un sérieux mal au crâne. Ça ne m’étonnerait pas qu’un autre personnage se joigne à la fête pour compléter ce joli polygone amoureux (le frère aîné d’Ushio, la mystérieuse fille à lunette qui semble à la fois intéressée et outrée par ce remue-ménage ?). Et bien sûr, c’est sans compter les protagonistes qui ont déjà trouvé chaussure à leur pied, et ceux qui se contentent d’observer le spectacle, hagards, déçus ou soulagés de ne pas en faire partie. Un casting bourré de clichés qui donne pourtant des situations très agréables et drôles, loin des accents pompeux que prend habituellement ce genre d’histoire. Le premier épisode s’aventurait pourtant sur cette piste avant que les autres ne fassent partir la série dans la direction opposée, et c’est peut-être ce qui lui réussit le plus.

Les épisodes ont aussi pour l’instant la particularité de ne jamais faire évoluer les relations entre les personnages : on sait dès les deux premiers épisodes comment ce beau monde fonctionne, et pas une fois le schéma sera mis en branle dans la suite de la série. Les épisodes se contentent de mélanger les protagonistes pour nous les offrir sous un autre aspect à l’épisode suivants, n’hésitant pas à ajouter des pièces au jeu pour compliquer les choses. Sasameki Koto n’est donc pas enviable pour sa trame scénaristique, inexistante, mais joue à merveille avec une large palette de stéréotypes qu’il est bon de voir en action, et dans des situations de plus en plus invraisemblables et poussées, peu importe le sérieux que la série avait installé dans son premier épisode. Plus qu’elles n’évolues, les choses empires constamment, le temps n’est pas à la déclaration d’amour et on se demande si Sumika finira vraiment par faire son coming-out. Entre une Ushio aux limites du harcèlement sexuel et une Sumika qui frôle à longueur de temps la crise de nerfs, on est en droit de se demander si la série ne s’est pas perdue en chemin. Mais c’est peut-être ce qui la rend si sympathique à regarder à mon goût.

Sasameki KotoSasameki Koto

Ceci est un garçon.

La réalisation est quand à elle assez inégale : le premier épisode frôle le sans fautes mais la suite oscille entre une animation fluide aux couleurs chaudes et un rendu on ne peut plus basique et saccadé. Sans oublier que le SD devient de plus en plus envahissant, même dans des scènes qui ne prête absolument pas à l’humour, pour la simple envie de souligner le caractère mignon d’un personnage. Le charadesign reste en règle générale très agréable et soigné (j’aime assez le détail des lunettes coupées en vue de profil) même si le design des protagonistes est vraiment stéréotypé. On ne leur remettra ni la palme de l’originalité, ni celle de la profondeur psychologique, et le fait qu’ils fassent constamment penser à des personnages d’autres séries n’arrange rien (Sumika ressemble beaucoup à Fumi Manjōme d’Aoi Hana, même si le caractère des deux personnages est très différent). La série jouant convenablement avec les situations et l’humour ni trop envahissant ni trop en dessous de la ceinture, les épisodes restent très plaisants à regarder et laissent peu de place à l’ennui. Le doublage de Sumika ne cesse quand à lui de me surprendre, la voix très sage d’ Ayahi Takagaki se laissant peu à peu aller au fil des délires du personnage.

MangaSi on ne s’ennuie pas une seule seconde, c’est surtout grâce aux musiques qui servent à merveille l’ensemble de la série : lorsque les personnages ne parlent pas, c’est la musique qui prend le relais, pas une seule seconde le silence prend le temps de s’installer. Les épisodes sont réglés comme une horloge et chaque scène est mise en avant d’une manière bien particulière, que ce soit grâce aux compositions très soignées et agréables ou à la mise en scène qui ne manque pas de punch. Résultat : la demi-heure défile sans qu’on ait le temps de la sentir passer, l’absence de temps mort fait partie des qualités indéniables de la série, même si certains épisodes sont bien moins mouvementés que d’autres. Du coup, elle se passe aisément de scénario et c’est un plaisir de la voir jouer avec ses protagonistes et d’être porté par une mise en scène vraiment maîtrisée. Le plus difficile, c’est de prendre le courage de plonger dans la série en s’attendant au pire, une fois que c’est fait les épisodes passent comme une lettre à la poste. A certains moments, la série m’évoque même la fraîcheur d’un Lovely Complex. Différence, et pas des moindres : le charadesign de Masami Inomata est beaucoup moins expressif que l’est celui d’Hideaki Maniwa. Alors que même figés, les protagonistes de Lovely Complex dégageaient tout un tas d’émotions, ceux de Sasameki Koto ressemblent plus souvent à des statues du musée Grévin. Mais ne vous fiez pas au générique d’ouverture calme et subtil : sous ses airs gentillets Sasameki Koto ne fait pas dans la dentelle.

Sasameki KotoSasameki Koto

Sasameki Koto, la série qui a l’art de ne pas faire les choses comme tout le monde, pour le meilleur et pour le pire…

Artwork

Tio

L’avis de Tio :

Après un début on ne peut plus classique mais réalisé avec brio, la série délaisse peu à peu ses airs pompeux et semble laisser aller à des penchants qu’on ne soupçonnait pas. Résultat : même si la qualité visuelle est en baisse, le rythme maîtrisé des épisodes et les nombreuses idées tordues la rendent souvent surprenante, et bien au delà du jeu amoureux traditionnel qu’on trouve dans les séries dites yuri. Sans avoir la fraîcheur de Kimi ni Todoke ni le fond passionnant de Book of Bantorra, Sasameki Koto se montre étonnamment divertissante et osée au risque de perdre une grande partie de son public. La série moyenne mais pas désagréable par excellence, je suis curieux de voir ce que me réserve le reste des épisodes.


Gen'

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bahatingle bahatingle ·  22 novembre 2009, 13:01

Bon ben j’ai maté les deux premiers épisodes. Fort sympathique ma foi. Mais me manque juste un peu d’envie pour continuer.
Surtout que je suis en plein visionnage de Nogizaka Haruka no Himitsu :p

Gen' Gen' ·  22 novembre 2009, 14:42

J’avais écris une critique peu élogieuse de Nogizaka Haruka sur l’ancienne version du blog. Je sais pas, cette série m’indiffère profondément, je ne lui trouve rien de vraiment intéressant, tout nous est juste offert sur un plateau déjà digéré. Et puis bon, les personnages eux-mêmes m’énervent. Quand aux références, j’ai surtout l’impression qu’elles sont là pour combler le vide de la série. Vraiment pas une bonne pioche en ce qui me concerne ^^’

Mais c’est pas vraiment le même genre de Sasameki Koto, même si au fil des épisodes cette dernière commence à s’en approcher. C’est déjà plus agréable à regarder, et plus subtil de manière générale (pas de petites culottes toutes les deux minutes à l’écran, c’est déjà un bon début ^^’). Et puis Nogizaka Haruka a un design inspiré hentai qui me laisse assez perplexe…

bahatingle bahatingle ·  22 novembre 2009, 17:05

Je sais bien que c’est du pur fan-service accouplé à un déballage de références…Mais j’y peux rien, j’aime ça.

Gen' Gen' ·  22 novembre 2009, 23:44

Non mais y’a fan-service et fan-service aussi, je préfère le fan-service “intelligent”, pas à base de petites culottes et de poitrines bondissantes mais de jolies jambes, de silhouettes, ou de nombrils (comme dans Natsu no Arashi!). Exemple plus frappant : je trouve que Tenjo Tenge, c’est du tout bon niveau fan-service :3

Mais Nogizaka ça passe pas, c’est trop indélicat pour mon esprit innocent (ah ah…). Enfin, y’a pire, y’a Queen’s Blade, et là la série est un argument anti fan-service à elle toute seule :/

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