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Natsu no Arashi!, souviens-toi, la chaleur de l'été...

HR

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2807 mots - 14 minutes

En ce début d’hiver froid et pluvieux, il fait bon rester bien au chaud chez soi, une occasion en or de rattraper les retards abyssaux d’une watchlist MALéfique qui n’en finit pas de s’allonger, le tout en se remémorant la douceur toute relative d’un été un peu trop court. Et justement, c’est de souvenir que parle Natsu no Arashi!, mais pas celui de la chaleur torride des longues plages luisantes, plutôt celui des étés pleins d’émotions et de rencontres. Ces étés rares qui forment parfois le tournant d’une vie, ou nous offrent la torpeur d’une passion éphémère qu’on oubliera difficilement. Natsu no Arashi! parle de ces étés dont l’éclat baigne encore notre mémoire, ceux qui nous envahissent de nostalgie lorsqu’on se les remémore. Des étés de tempête qui ont bouleversé nos vies.

Natsu no Arashi!

Peu importe le nombre d’années qui s’écoulent, la chaleur de l’été est une chose qui ne change jamais. C’est pour cette raison qu’à chaque fois que cette saison se dessine, je me souviens… Mon treizième été, ma vie de garçon qui ne connaissait rien du monde qui l’entoure… Aujourd’hui encore, certaines choses n’ont jamais changé en moi.
Le Narrateur, prose récurrente dans la série.

Natsu no Arashi! (夏のあらし!, littéralement “La tempête d’été”) nous raconte, au travers du récit nostalgique d’un narrateur âgé qui se souvient de son enfance, l’été anodin d’un garçon de treize ans un peu geek et l’histoire d’une rencontre qui dépasse les frontières du temps et de la science. Forcé par un concours de circonstances à travailler dans un bar qui deviendra la scène principale des évènements de chaque épisode, Yasaka fait très vite la connaissance d’une jeune fille nommée Arashi, qui le subjugue par sa beauté… Avant qu’il découvre qu’elle a vécu il y a soixante ans de ça, en pleine période de guerre mondiale… et qu’elle peut se “connecter” avec une personne pour traverser le temps ! Cette rencontre marque le début d’un été inoubliable plein de rebondissements et de nouvelles rencontres… Qui est vraiment Arashi, que s’est-il produit il y a soixante ans, est-elle la seule à revenir à la vie tous les étés depuis cet instant ? Peut-elle utiliser ses pouvoirs à bon escient, et l’avenir a-t-il encore quelque chose à lui offrir ?

natsu no arashi

Le casting de personnages nous met face à des personnalités très variées, et le fait que chaque personnage soit le centre de l’attention à un moment donné et ait une caractéristique unique les rend tous vraiment attachants. Des éléments qui servent à merveille l’humour omniprésent de la série en les plongeant dans des quiproquos interminables et des situations plutôt délicates.

natsu no arashi

L’Ark est la scène de la plupart des évènements des épisodes de la série, il ne se passe pas un épisode sans qu’on y mette les pieds, et c’est aussi le lieu de rencontre de tous les personnages. Les décors sont pour le coup souvent les mêmes et les images souvent réutilisées, même si l’ambiance peut changer du tout au tour d’un épisode à un autre. L’Ark a aussi la particularité d’être bourré de secrets, et les réalisateurs s’amusent souvent à détruire une maquette du bâtiment d’une manière bien spéciale en fin d’épisode (raz de marée, implosion, transformation en mecha, et j’en passe).

Qu’on se le dise, le public de la série est clairement divisé en deux camps : ceux qui ont aimé Natsu no Arashi!, et qui en redemandent avec la seconde saison qui s’achève bientôt ; et ceux qui n’ont pas aimé la série. Vraiment pas. Il faut dire qu’elle prend le risque énorme de s’adresser à un public amateur d’accents retro, tant dans la réalisation technique de la série, tout droit sortie d’un autre temps, que dans l’histoire en elle-même, qui en plus de rendre hommage aux souvenirs d’été nous rappelle le contexte historique de guerre mondiale, avec tous les bombardements et les restrictions que ça induit pour le peuple japonais à cette époque. La série sent le retro à plein nez, c’est dans les personnages très simples et attachants, dans les décors coupés à grand coups de ciseaux et dans l’ambiance lumineuse, on sentirait presque l’odeur de poussière d’une vieille malle entreposée dans un grenier qu’on ouvrirait avec curiosité pour se replonger dans de vieux souvenirs.

Regarder Natsu no Arashi!, c’est comme feuilleter un vieil album de photos abîmées par le temps, tourner ses pages une à une en prenant le temps de replonger dans chaque photo, et en redécouvrant avec stupeur des souvenirs oubliés. Natsu no Arashi! parle du passé et des leçons qu’il nous apporte, nous obligeant à ne pas l’oublier. Et la série parle surtout du présent, et du fait qu’il faille profiter de chaque instant pour un jour pouvoir se retourner avec nostalgie et sentir qu’on a vécu, combler son existence de moments inoubliables pour ne pas réfléchir au temps qui passe et à la ruine constante qu’il apporte dans son sillage. Rendre hommage au passé, c’est vivre dans l’immédiat avec intensité et construire son avenir avec les actes de l’instant présent. Natsu no Arashi! est une ode au souvenir nostalgique, et à l’intensité du présent sans laquelle la mémoire ne pourrait exister.

natsu no arashi

Chaque début d’épisode est marqué par une scénette qui prend la forme d’une devinette à la mise en scène très particulière en rapport avec une des nombreuses œuvres auxquelles la série fait référence. Par la suite, la série parodie elle-même cette petite habitude et n’hésite pas à la tourner de nombreuses fois en dérision.

natsu no arashi

Le genre d’acrobatie que toute maid digne de ce nom devrait être capable d’exécuter…

Ce qui rebute les réfractaires à la série, c’est avant tout la lenteur de la progression de son intrigue. La série s’intéresse davantage aux multiples facettes des personnages qu’elle met en scène qu’à la progression d’une véritable intrigue relative à ces personnages venus d’un autre temps. Le véritable scénario de la première saison ne fait son apparition que dans les tous derniers épisodes, en prenant une portée dramatique et intense très étonnante. Le premier épisode nous plonge dans le vif du sujet avec une histoire farfelue de gourmandise égarée et de sauts dans le temps pour la retrouver, mettant par la même occasion en scène tous les protagonistes de la série sans les présenter pour mette en avant le potentiel humoristique mais très complexe de la série et des sauts dans le temps. Cet épisode étant chronologiquement l’avant-dernier, c’est au second épisode que l’histoire commence réellement. On nous présente Yasaka, jeune garçon adepte de sciences et d’explications tangibles, et le personnage d’Arashi (et son célèbre nombril) qui balaye toutes les explications rationnelles du personnage mais auquel il s’attache très vite pour sa jovialité et sa folie. Plus les épisodes passent, plus les personnages se rejoignent sur ce point et trouvent leur équilibre.

Les personnages de la série adoptent tous ce système de couple, c’est cet état qui leur permet de franchir les barrières du temps pour jouer au jeu de paradoxe temporel avec nos neurones. Ainsi, même si au départ les personnages sont indépendants les uns des autres, on verra très vite tout un tas de liens de développer entre eux, et autant de couples se former et se transformer en conséquence. L’intrigue est alimentée par les personnages eux-mêmes, leurs secrets, péchés mignons, ou les surprises qu’ils nous réservent. Chacun d’eux étant important au sein du groupe, les épisodes s’intéressent successivement à tout ce panel de protagonistes pour créer un véritable équilibre dans le groupe. Même les personnages qu’on ne voit qu’en arrière-plan (l’homme qui demande tout le temps du sel sans être servi, le militaire, ou au début de la première saison le couple mystérieux de la scénette de début d’épisode) gagnent une place dans l’intrigue au fil des épisodes, et on peut être sûr que ceux dont la série n’a pas encore parlé ne tarderont pas à s’imposer, que ce soit à la fin de la seconde saison ou plus tard. Natsu no Arashi!, c’est donc avant tout des personnages attachants qui se complètent au fil des épisodes et alimentent sans mal leur contenu… quitte à parfois donner au spectateur l’impression de tourner en rond.

natsu no arashi

Des spécialités gastronomiques… particulières.

natsu no arashi

Simples réminiscences du passé, Arashi et ses semblables sont condamnées à disparaître petit à petit, au fur et à mesure de la fin de l’été. Leur existence est maintenue par les liens qu’ils partagent, mais pour combien de temps ?

Le gros point noir de la série, c’est indéniablement sa réalisation. L’absence de trame scénaristique clairement définie est déjà difficile à surmonter pour certains, avec une qualité si anecdotique la série se risque au suicide artistique. Loin du niveau de la plupart des séries récentes et de l’abus de CG devenu courant, Natsu no Arashi! mise sur une réalisation on ne peut plus basique, et dépassée. Shaft oblige, l’accent est porté sur l’originalité des angles de vue plus que sur leur pertinence. Le résultat est parfois assez étonnant, surtout au niveau du charadesign qui passe d’un extrême à un autre, alternant entre gros plans soignés et traits asymétriques dans les plans larges. Les décors sont souvent les mêmes, étant donné que la majorité de la série se passe au sein du même bâtiment on les retrouve d’un épisode à un autre, et le nombre de plan d’ensemble se compte sur les doigts d’une main : vue de la façade du bâtiment, vue de l’intérieur de profil, de dessus, et depuis la porte des appartements privés. Les jeux de lumière sont heureusement là pour apporter une touche de diversité à tout ça avec des découpages lumineux particuliers et des tons très contrastés (l’avant dernier épisode est pas exemple quasiment plongé dans le noir du début à la fin, et les couleurs des passages dans le passé sont très effacées). On peut aussi noter que certains plans particulier sont réalisés en prise de vue réelle, comme pour pousser l’aspect vieillot de la réalisation à son maximum.

Alors qu’avec Maria†Holic, Shaft avait réussi à réaliser un ensemble bourré de punch, ici on est confronté à l’inverse : ça bouge très peu, si ce n’est pour passer en gros plan ou pour nous mettre face à un autre plan alambiqué. L’animation est même souvent saccadée, de manière générale le tout manque de fluidité. Un style de mise en scène qui n’est pas sans rappeler d’anciens travaux du studio, comme Pani Poni Dash! ou Negima!?. Cette répétitivité rend pourtant très vite les décors mémorables, et au fil du temps on finirait presque par se sentir chez soi, remarquant le moindre changement dans la pièce (tabourets, clients réguliers du bar, objets décoratifs). Une manière comme une autre de jouer avec notre mémoire, ou une simple limite imposée par un budget peu élevé ? Un peu des deux sans doute. Entre les décors figés, les plans saugrenus et la découpe aléatoire d’un paysage qui défile, ce n’est pas par sa beauté que la réalisation captive, mais plutôt par son excentricité. On retrouve le Shaft du bon vieux temps, pour le meilleur et pour le pire. Avantage : l’intensité et les émotions transparaissent au niveau de l’image même, et l’immersion dans certaines scènes est du coup immédiate.

natsu no arashi

La série prend une dimension tragique étonnante à la fin de la première saison, dévoilant une facette dramatique loin de l’humour du reste de la série.

natsu no arashi

Natsu no Arashi! est le genre de série qui jongle avec humour et drame pour révéler l’étendue de son émotion. L’intensité des derniers épisodes est un vrai coup de vent qui donne tout son intérêt au reste de la série. Elle rend hommage au quotidien difficile de la population dans les années 40 secouées par les bombardements de la seconde guerre mondiale.

Les scènes fortes de la série sont marquées par une bande sonore vraiment réussie. Les thèmes au piano sont un délice dès les premières notes, et l’intensité des bombardements est parfaitement retranscrite par une musique qui manie à merveille l’art du crescendo. De ce côté là, la série est une véritable surprise, les musiques sont mémorables, travaillées, et participent pleinement à l’ambiance chaleureuse et nostalgique de la série. Grâce à elles, les scènes les plus clichées dégagent avec une facilité étonnante les sentiments qu’elles veulent nous porter, et on se surprend à apprécier une scène qu’on aurait habituellement trouvée kitshissime. Une indéniable réussite sur ce plan, même si les pistes sont peu nombreuses tendent vite à se répéter. L’utilisation de J-Pop et de morceaux des années 50 en fond d’ambiance à l’intérieur de l’Ark donne aussi un cachet supplémentaire à l’ambiance musicale de la série.

L’auteur de Natsu no Arashi! a créé le manga original comme un hommage à ses souvenirs de jeunesse, idéalisés au passage par le souvenirs des sentiments intenses de l’époque. Un hommage au bouleversement de nombreuses vies que fut la seconde guerre mondiale, même si Jin Kobayashi ne l’a pas connue. Natsu no Arashi!, attendue comme la série qui succèderait School Rumble, reprend les idées principales de la série, mais leur auteur explore dans Natsu no Arashi! la nostalgie des souvenirs du passé plus que la diversité des relations amoureuses. Le tout avec un humour toujours omniprésent et un culte assumé de l’instant présent. La seconde est cependant désavantagée par une réalisation très inégale, à l’image du design très léger du manga. Au travers de ces séries édulcorée sous-estimées à tort, c’est le même message que leur auteur nous transmet, l’éternel dicton qu’on nous rabâche depuis l’Antiquité : Carpe Diem.


Malmenée par une réalisation en retard d’une décennie et un rythme qui ne tiendra pas éveillé tous les spectateurs, Natsu no Arashi! cache pourtant un bel hommage à ces souvenirs qui réchauffent le cœur. La série met en scène un panel de personnages aussi variés que contrastés pour alimenter à loisir l’humour et les accents dramatiques surprenants de ses épisodes. Le design particulier et les musiques très réussies donnent à la série une identité très forte nuancée par la quasi-absence de trame scénaristique. Avec deux saisons à son actif, elle ne répond qu’à une infime partie des question que l’on se pose à propos du pourquoi et du comment des évènements. Peut-être qu’elle nous réserve le meilleur pour la fin, ou tout simplement qu’il n’existe pas d’explication à ces phénomènes qui dépassent l’entendement. Toujours est-il que sous ses airs de ratage technique arrivé bien trop tard sur le marché de l’animation japonaise, Natsu no Arashi! est une agréable surprise du printemps 2009, une série sympathique si on prend le temps d’aller au delà d’une réalisation bancale et de son rythme poussif. Vous l’aurez deviné, je fais partie du camp de ceux qui apprécient la série. De ceux qui y voient le reflet chaleureux d’un souvenir d’été par temps d’hiver au delà de ses défauts évidents.


Gen'

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bahatingle bahatingle ·  04 décembre 2009, 22:07

Je ne savais pas que Kobayashi avait fait ce manga ? Et ben tu vois là, tu m’as fortement intrigué.

Gen' Gen' ·  05 décembre 2009, 02:28

Faut dire que Natsu no Arashi! sent le Kobayashi à plein nez, dans les personnages comme dans l’humour général. Mais c’est vraiment dommage que la réalisation ne soit pas aussi entraînante que celle de School Rumble, où on avait tout juste le temps de reprendre la respiration avant de recommencer à pouffer de rire bêtement. Natsu no Arashi! à côté, c’est un long cours de Yoga…

bahatingle bahatingle ·  06 décembre 2009, 00:58

J’ai regardé les trois premiers épisodes. Constat ? J’adore ! Merci pour cette découverte ! ;)

Gen' Gen' ·  06 décembre 2009, 01:50

Au plaisir Baha, à ton service ! :D

Inuki Inuki ·  19 décembre 2009, 22:55

Fini aujourd’hui même. Elle trainait dans ma Plan to watch et je l’avais oublié jusqu’à ce que t’en parles ;) . D’ailleurs ta liste c’est du costaud surtout qu’il y a pas mal de séries à suite.

Premier constat j’avais carrément zappé que le manga était de Kobayashi ^^’ . Déjà ça motive avant de se lancer dans l’anime vu que j’ai bien aimé School Rumble.
Donc l’alternance entre l’humour et le drame est bien maitrisé. Ca donne un vrai caractère à la série je trouve.
Les persos sont intéressants et tous drôles. Ma préférence va à Kaya qui démarre au 1/4 de tour et posséde une beauté glaciale superbe.
Pour la réalisation c’est du SHAFT donc rien de très surprenant.

Bref une série bien sympathique grâce à son scénario bien construit et sa galerie de persos. Je verras la suite l’année prochaine en tout cas :) .

Gen' Gen' ·  20 décembre 2009, 01:34

Kaya m’a aussi fait beaucoup rire avec des délires autour des sucreries, et encore, ça empire par la suite. L’exploration du caractère des personnages au travers de l’humour est quelque chose que j’apprécie toujours beaucoup !

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