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Aquaria (PC), exode en eaux profondes

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Temps de lecture :

3177 mots - 16 minutes

Note : Le classement de ce billet dans le fil de tags BlogChan est purement arbitraire, au vu des parutions de la blogosphère je suis encore incapable de dire si je dois simplement me limiter aux parutions japanim ou inclure aussi les loisirs vidéoludiques. Alors puisque le jeu le vaut bien, je prends le risque de me faire taper sur les doigts…

Date de sortie : 7 décembre 2007 (internet)
Genre : Action, Aventure, Shoot’em up, Mystère, Enigme, Drame
Nombre de joueurs : 1 joueur
Développeur : Bit Bolt

Dans un marché vidéoludique de plus en plus souvent régi par le succès commercial et la course aux progrès techniques, voir certains prendre le risque de renouer avec le jeu vidéo véritable devient un enchantement de tous les instants. C’était le cas avec Braid, à la fois parodie assumée et réflexion profonde qui nous proposait de jouer avec le temps pour résoudre des énigmes tordues tout en nous contant avec subtilité la naissance hésitante d’une des armes les plus dévastatrices jamais créée. World of Goo et Lost Winds avaient aussi apporté un bon moment de détente à des joueurs de tous poils, et prouvent largement que les puzzle games modernes en ont encore dans le ventre. Ces bijoux vidéoludiques rivalisant de simplicité se multiplient pour le grand bonheur des nostalgiques, qui y voient une renaissance discrète bien à l’abri des blockbusters HD confortablement installés sur les consoles next-gen du moment.

L’un de ces outsiders charmeurs s’appelle Aquaria, et nous plonge dans un monde océanique onirique où toute chose est liée par une intime poésie, essence sacrée du fragile équilibre qu’elle tisse au gré des flots. Ode à la perdition et à l’emphase des sentiments, l’aventure laisse difficilement indemne et éveille les sens, nous dévoilant un univers à fleur de peau où émotion et vie s’entremêlent dans une danse lyrique et symbiotique. Prêts à emboiter le pas aux côtés de la douce Naija ?

Aquaria

Aquaria Fanart by Tetine

AquariaAquaria

Les vastes environnements du jeu dégagent une telle poésie que l’exploration à elle seule réserve au joueur de grandes bouffées d’émotion, cristallisations de l’essence de l’océan qui content l’histoire d’un monde par leur simple magie et leur vie foisonnante.

Une danse enchanteresse que les connaisseurs ont eu le temps de parcourir jusqu’à la moindre goutte, puisque le jeu est disponible en téléchargement payant depuis décembre 2007, soit un peu plus de deux ans déjà, dieu ce que le temps passe vite. J’en parle maintenant parce je tiens à l’évoquer sur ce blog, le charme d’un jeu ne s’estompant pas au fil du temps, au contraire, il a plus tendance à mûrir comme un bon vin. Développé par deux personnes seulement, qui en ont profité pour fonder le studio indépendant Bit-Bolt, Aquaria pourrait presque être considéré comme une production amateur tant ses moyens sont limités, mais l’inspiration qui anime le jeu est telle qu’il est difficile de ne pas saluer l’entreprise. Sans aucune prétention, il a pourtant rapidement gagné le cœur d’une communauté de fans grandissante et dégage un charme unique qui laisse difficilement indifférents ceux qui s’ouvrent à l’expérience. Comme un trésor enfoui au fond de l’océan dans un coffre vieillissant, faisons basculer le bois craquant pour laisser l’eau se gorger de la lumière de ce petit bijoux vidéoludique en aucun cas irréprochable, mais furieusement attachant.

Aquaria est un jeu en deux dimensions en scrolling horizontal et vertical. La gravité ayant dans son infinie bonté allégé son fardeau sur les habitants de la mer, il est possible de se déplacer en nageant dans les quatre directions, en ajustant son sens de déplacement avec le curseur de la souris. Le joueur contrôle une jeune femme des mers façonnée par le temps et par son monde. A tel point qu’au début du jeu, la demoiselle s’ébat et profite d’un repos serein dans les eaux calmes d’une caverne sous-marine lumineuse, une situation dont elle jouit depuis longtemps si on en croit sa mémoire totalement atrophiée. Puis vint un jour l’appel de la curiosité, qui passait du simple questionnement à la douleur viscérale. Naija franchit donc la porte de son refuge et havre de sérénité pour sentir l’eau du vaste océan filer sur sa peau émeraude. Et là, c’est le flash, obscur mais puissant, une ombre aquatique qui semble l’inviter du fond de sa mémoire, une brutale révélation qui la tire hors de son sommeil spirituel. Illusion, alliée tout droit venu de son passé, lui indiquait-elle sa destinée ? Ainsi démarre l’odyssée de Naija, qui parcoure son monde en le redécouvrant, et en révélant peu à peu la douleur qui se terre au fond de sa mémoire, seul artefact d’une insupportable vérité. “Qui suis-je ?”, “D’où est-ce que je viens ?”, des questions qui animent subitement son esprit en perdition. Les réponses qu’elle espère et redoute à la fois si ardemment, peut-être les trouvera-t-elle en suivant son inconscient, comme animé par la force subtile qui englobe le monde marin, poésie subtile qui fait danser les vagues et s’enlacer les flots. Un besoin primordial qui se transforme paradoxalement en guillotine de l’âme, tant l’avancée est vaine et douloureuse. Pourtant, les eaux l’ont décidé, c’est maintenant que les choses trouveront leur sens. Et vous contrôlez celle qui est vouée à parachever cette quête souveraine.

AquariaAquaria

Les systèmes du jeu sont simples mais bigrement efficaces. Entre la collecte d’ingrédients, la recherche des animaux de compagnie, la collecte d’artefacts et la mise à jour des secrets enfouis du jeu, Naija a largement de quoi occuper son aventure.

Le gameplay repose sur des principes qui ont déjà fait leurs preuves, notamment sur des jeux comme Super Metroid ou les premiers Castlevania. Pendant que vous dirigez le personnage en maintenant le bouton gauche de la souris pour avancer, et en double cliquant pour faire une grane brasse et accélérer, de multiples formes sont au fil du jeu mises à la disposition du joueur pour lui offrir une diversité d’approches complémentaires des niveaux. En effet, sous sa forme première Naija peut entamer un chant, ce qui se traduit par l’apparition d’un cercle d’icônes autour du personnages et permet d’activer toutes sortes de techniques, et les dites transformations. Aussi utiles qu’indispensables, il sera nécessaire d’en faire bon usage tout au long de la progression pour découvrir tous les recoins des immenses tableaux librement explorables qui composent le jeu, et qui se débloquent au fil de l’avancée du joueur. Les donjons ne sont d’ailleurs pas en reste, tout comme les énigmes et les boss qui les parsèment et demanderont au joueur d’user de sa jugeote pour ne pas finir en sushi. Les environnements extérieurs gorgés de vie sont d’ailleurs tout aussi dangereux, et recèlent de créatures qui sauteront sur la première occasion pour ne faire de vous qu’une bouchée, ou vous arroser d’une salve de tirs d’énergie dévastateurs. La magie ne se passe donc pas d’une difficulté qui progresse largement au fil du jeu, de quoi donner des sueurs froides mémorables aux joueurs les plus courageux. Je ne me remémore pas le nombre de fois où je filais entre les projectiles, désespérément à la recherche d’un abri salvateur pour me permettre de mettre au point quelques plats régénérants bien trop rares. Des instants fatidiques où il m’arrivait de finir médusé dans la bouche d’une créature dissimulée sous la forme d’une pierre. Les boss imposants peuvent se montrer tout aussi coriaces, surtout lors des premières fois où on meurt à répétition en essayant de cerner le point faible de l’ennemi.

Aquaria artLa cuisine prend une place importante, voire même vitale dans cet ensemble puisqu’elle permet de mettre au point toutes sortes d’objets de récupération à partir d’ingrédient amassés directement dans l’environnement, dérobés aux poissons environnants ou tombés d’un ennemi défait. Et il est conseillé de ne pas en abuser, puisque ces derniers peuvent parfois se montrer très avares en ressources. Les allers-retours salvateurs seront nombreux et indispensables, foncer dans le tas se résumant la plupart du temps au suicide pur et simple même si la méthode pouvait s’avérer être efficace aux premiers clapotements de la dame. Les transformations ajoutent un côté Shoot’em up bienvenu, et permettent de se sortir de bien mauvais pas même si elles empêchent l’usage de toute technique de chant. Déplacer un rocher, faire éclore un bourgeon bourré d’ingrédients, les usages du chant sont multiples et donnent au joueur l’impression agréable de pouvoir directement agir sur la nature des choses, de ne faire qu’un avec cet ensemble captivant qui l’entoure d’un bout à l’autre de l’aventure. Il est aussi possible de recueillir de petits animaux au gré des explorations, qui se feront une joie de défendre Naija face à ses agresseurs au péril de leur vie.

La progression n’est pas de tout repos et la découverte de la faune locale est une surprise de tous les instants, offrant à notre imagination un grand nombre d’animaux aussi adorables qu’effrayants, du plus petit crustacé à la créature massive, parfois pacifiques, souvent mortels. Des cristaux de sauvegardes bienvenus sont néanmoins disséminés aux quatre coins des mers, et la carte des lieux visités est consultable à tout moment pour éviter trop de frustration même s’il est courant de se retrouver sans moyens devant le nombre de chemins à emprunter. Les animaux s’avéreront être parfois très utiles, notamment pour parcourir de longues distances à dos de tortue luth séculaire, ou se contenteront d’assurer leur place dans la pyramide de prédation dont ils font partie, petites méduses et simples poissons bousculés par le joueur au gré de ses passages, mais indispensables à l’équilibre de ce grand système. Le détail a été poussé loin de manière à ce que le joueur ne soit pas face à une armée d’ennemis, mais côtoie et découvre un véritable écosystème doué d’une âme et d’une parole. Le scénario dans tout ça ? Un conte déchirant mis en lumière par la voix touchante de Naija, doublée par une Jenna Sharpe magistrale, qui sert surtout d’excuse à cette plongée en eaux profondes mais pourrait se révéler être plus subtil qu’il n’y paraît au premier abord.

AquariaAquaria

L’omniprésence d’environnements sous-marins ne rend pas pour autant le voyage monotone : le jeu nous offre une diversité de paysages étonnante, de la jungle luxuriante aux abysses sombres, et passant par les ruines sous-marines et d’innombrables cavernes aux décors inspirés et enchanteurs.

Aquaria artCette magie qui caractérise Aquaria, on la retrouve aussi évidemment dans le travail des décors, colorés et riches en détails, qui ne cessent de gâter les yeux tout en gardant une relative simplicité de construction. Crédibles et assemblés de manière indécelable, ils participent pleinement à l’onirisme des voyages aquatiques, toujours très soignés tout en nous donnant souvent l’impression de parcourir des illustrations vivantes. Découpés en différents niveaux, les plans défilent de manière différée pour nous impliciter les larges récifs en arrière-plan sous une forme floue lointaine. Avec les animaux qui parcourent les décors, les bulles qui y montent délicatement, et l’impression de profondeur et d’immensité qui s’en dégage, on s’y croirait, malgré le fait qu’on n’évolue que dans deux dimensions. Les sprites bénéficient du même traitement soigné, mais à l’inverse d’un Odin Sphere ou Muramasa où ils s’animent naturellement, on peut ici leur reprocher un côté statique et “marionnette”, surtout pour les plus grands d’entre eux. Même si le travail sur l’esthétique est irréprochable, l’animation est clairement moins fouillée, et ceux qui ont déjà goûté aux œuvres de Vanillaware trouveront cet Aquaria un peu immobile graphiquement parlant. Mais ce qui fait la force de l’univers du jeu, c’est qu’en dépit de ce travail d’animation perfectible la magie prend sans problème, et on se surprend à être embarqué dans ce monde sous-marin, à vouloir découvrir le moindre de ses aspects.

La musique participe amplement à ce phénomène d’empathie qui se dégage du jeu. De nombreux thèmes mémorables ponctuent l’aventure et les lieux visités, avec pour commencer l’écran titre qui nous offre un avant-goût du thème phare du jeu, plein de mélancolie et d’onirisme. Vivante, mouvante, changeante, à l’image de l’univers parcouru par le joueur, la bande originale du jeu est un enchantement perpétuel, dévoilant le charmes de l’océan ouvert avec une simple mélodie qui devient vite inoubliable ou une musique séquencielle riche qui dévoile le caractère luxuriant d’un écosystème sylvestre sous-marin. L’expérience et les souvenirs du jeu sont accompagnés de tout autant de thèmes musicaux phares qui accompagnent les joueurs, que ce soit pour engendrer la fascination ou pour signaler le danger imminent. Cousue sur une toile d’émotion dont le personnage de Naija est la pièce maîtresse, la musique l’englobe constamment et s’empare des décors pour nous les offrir sous leur plus beau jour, à l’image de l’impression qu’ils renvoient aux yeux émerveillés du personnage. Sortie récemment sous forme d’album complet, la bande originale vaut sans aucun doute autant l’investissement que le jeu, et reste l’un des plus beaux exemples de ce que l’honnêteté d’un processus de création musicale peut produire. Le thème phare de la bande originale, Fear the Dark, inédit à l’album, est une envolée lyrique de plus de huit minutes portée par la voix plus belle que jamais de Jenna Sharpe, ses paroles sont un témoignage poignant de la magie du jeu. A la fois sombre et lumineuse, la musique nous conte les émotions de Naija comme jamais, sorte de condensé de tous les ressentis de son aventure, une émotion communicative portée par une mélodie sublime (des extraits du morceau peuvent être écoutés sur le site du studio, je résiste tant bien que mal à vous mettre le morceau entier en écoute). La doubleuse de Naija a aussi interprété la musique de fin du jeu, tout aussi douce et mélancolique, et on retrouve tous les thèmes des lieux traversés sans exception. Juste indispensable, d’autant plus quand on voit l’illustration qui décore le boitier.

AquariaAquaria

Les découvertes se succèdent au fil de l’exploration, et on se surprend vite à s’amuser avec l’environnement du jeu, filant dans l’eau en faisant plier une forêt d’algues ou usant et abusant des techniques de chant pour jouer avec les créatures qui peuplent les flots.

Aujourd’hui séparés sur des projets différents, notamment Marian pour Alec qui a entre-temps fondé Infinite Ammo (annoncé comme la suite spirituelle d’Aquaria) les deux auteurs du jeu ont réussi à réaliser, en partant d’une base inexistante, un jeu d’une rare beauté qui se passe des arguments massifs du marché du jeu vidéo moderne pour n’offrir aux joueurs que l’essence véritable de la création vidéoludique, ce qui lui fait prendre tout son sens : la transcription d’une émotion sans artifice, l’honnêteté d’une démarche dont on ressent à chaque seconde le travail d’inspiration et de spontanéité. Difficile d’en vouloir à Aquaria de ne pas être parfait tant ses défauts sont anecdotiques face à l’efficacité immédiate de la magie qui l’inonde de l’apparition de l’écran titre à la dernière seconde des crédits, et peut-être même bien au delà. Tout simplement un jeu marquant, et une démarche de création qui peut être qualifiée d’exemplaire. Tant de magie et d’émotion, j’en reprendrais bien tous les jours, peu importe les qualités graphiques et techniques quelconques d’un jeu. Ces détails obsessionnels ne servent qu’à combler le vide dont souffrent beaucoup de jeux, l’absence de magie justement, de cette émotion immédiate qui vous colle à la peau bien après avoir parcouru le jeu. Fluide, insaisissable, brillante, animée, et parfois dure et insécable, Aquaria nous renvoie constamment aux états naturels de l’eau, et les cristallise dans une émotion palpable et primordiale qui nous conte à l’unisson un équilibre qui nous dépasse.


Difficile de pointer du doigt les quelques faiblesses dont souffre Aquaria tant l’expérience est riche envers et contre tout. Rigidité de l’animation, design général un peu passé, gameplay mécanique, toutes ces remarques véridiques semblent bien injustes tant elles sont diffuses lorsqu’on plonge dans la peau de Naija. On retiendra surtout ses qualités indéniables, et par dessus tout sa magie, omniprésente et charnelle, à la fois intime et universelle, chanson douce qui résonne entre chaque parcelle de l’univers du jeu, donnant à la mer entière une unité consciente et sensée. Aquaria n’est pas un jeu, c’est un concert qui s’enrichit sans cesse sous vos yeux, une invitation profonde à la découverte de ce qui nous entoure, et à la redécouverte de soi. La subjectivité massive dans laquelle on est plongé rend justice à un jeu d’exception, modèle de nombreuses démarches qui incendient dans l’ombre le jeu vidéo moderne, et lui offre un retour aux sources et aux valeurs qui ont fait les bases des légendes d’aujourd’hui. Clairement, derrière son classicisme monumental et ses airs pompeux, Aquaria est une expérience, un expérience qui se joue plus qu’elle ne se conte. Le simple fait d’en parler la stigmatise avec des adjectifs enjoués qui se perdent en essayant de cerner le ressenti rare qu’on ne retrouve que dans les œuvres d’exception.


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NiKi NiKi ·  06 janvier 2010, 21:36

Pendant un moment, j’ai pensé que c’était un article sur AQUA et ARIA, j’avoue.

Thom Thom ·  07 janvier 2010, 09:33

Très bon article sur ce très bon jeu.

Une démo est disponible en download.

Personnellement ce côté poétique m’avait bien séduit. Ça m’avait un peu fait penser au passage sous l’eau de Heart Of Darkness!

bahatingle bahatingle ·  08 janvier 2010, 00:55

Aquaria…Bouleversant…Du grand Art avec un grand A. Merci encore aux développeurs.

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