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Forêt Primordiale v.4.4

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Sora no Woto - Premier coup d'oeil

HR

Temps de lecture :

4833 mots - 24 minutes

Nombre d’épisodes vus pour l’aperçu : 5 (12 prévus)
Date de diffusion des épisodes : 04/01/10, 01/02/10

J’entends déjà les cliquetis furieux retentir sous des milliers de doigts cruels torturant tout autant de souris, et les pensées traverser l’espace-temps pour venir se coller sur mon écran taciturne : “Sora no Woto, encore !”, “Tiens, encore un qui a trouvé son marronnier éditorial, hé !”, “On n’avait pas déjà tout dit sur le sujet ?”, ou autres trolls gracieux du genre “Epic Fail, blogchanien !”. Eh bien moi, non, je n’ai pas encore eu l’occasion de parler de ce qui restera ancré dans la blogosphère otaque comme le Verdun de l’animation japonaise, et de dire pourquoi envers et contre tout, j’aime Sora no Woto. Pas au point d’ériger une statue cavalière à l’effigie de ses personnages, mais assez pour répéter le visionnage toutes les semaines sans me torturer les méninges au point de friser l’infarctus. Peut-être que ce dont a vraiment besoin Sora no Woto, c’est qu’on la traite comme une série comme les autres, quand bien même elle ne l’est pas tout à fait ?

Sora no Woto vs Gustav Klimt

La comparaison ne serait-elle pas déjà plus pertinente à ce niveau là ?

Histoire de me débarrasser d’office du fardeau qui occupe la majeure partie des autres critiques plus ou moins élogieuses qui ont parlé du sujet, expédions ensemble quelques phrases qu’on retrouve très souvent dans les parages lorsqu’on entend parler de Sora no Woto, et les principales remarques qui lui sont adressées. Si vous êtes l’auteur de l’une de ces observations hautement intellectuelles, n’hésitez pas à hurler votre mécontentement et à massacrer votre clavier pour me le faire savoir, tous les avis sont les bienvenus. Ne dit-on pas qu’en sacrifiant un peu de liberté au profit de la sécurité (ou de la crédibilité, dans notre cas), on finit par perdre les deux ? Et si ça ne vous intéresse pas (et que vous avez donc adopté la charte du Parti Gentil), vous pouvez toujours passer à la suite en pouffant d’un air hautain.

Témoignage n°1 : Bouh, Sora no Woto c’est tout repompé sur K-On !

Attention, on commence très fort. Souvent hurlée comme une divine révélation du grand Nostradamus, la remarque a pour effet d’automatiquement ranger Sora no Woto dans le même panier que K-On : une série tranche de vie qui met en scène une bande de lycéennes en nous contes les moultes péripéties du groupe de musique qu’elles forment, chaque caractère étant associé à un instrument (et même presque à une perception particulière de la musique). Les termes “Moe” et “Cancer” sont couramment employés dans les discussion évoquant la dite série, puisqu’au final, malgré un concept rafraîchissant et un groupe de protagonistes équilibré, il n’y a bien que les grands amateurs de tranche de vie qui y ont trouvé leur bonheur. K-On souffre d’un certain manque de contenu, d’une toile de fond qui unirait le tout et donnerait un véritable sens à la quête musicale des protagonistes. Vous voyez sans doute là où je veux en venir : Sora no Woto ressemble bien à K-On, et pour cause, comment lui reprocher ce parti pris puisqu’elle pourrait bien faire passer le dit concept au rang supérieur, et réellement exploiter son potentiel ? Dans un univers fictif tiraillé par la guerre, la musique n’est plus un simple divertissement, c’est aussi et avant tout un moyen de combattre les injustices d’un monde en ruine, de crier au monde que les esprits, eux, ne sont pas que ruines et batailles. Au delà du charadesign et d’un groupe de protagonistes qui rappelle ouvertement K-On (mais ça, on le sait quand même depuis les premières illustrations/informations), je vois cette dernière comme une source d’inspiration, un concept de base repris et amélioré par Sora no Woto, rendant la série digne de m’offrir ce que je n’ai jamais obtenu de K-On : une intrigue, un background étoffé, des éléments qui sont en mesure de transformer de simples stéréotypes en personnages attachants. Dès les premiers retours, on a allègrement mis en avant les points communs des deux séries sans prendre le temps de réfléchir à ce qui les différencie, trop occupés à hurler au déclin de l’animation japonaise ou à sa résurrection par le Moe. C’est pourtant bien ces divergences qui font tout l’intérêt de Sora no Woto.

Témoignage n°2 : Bouh, c’est quoi ces personnages stéréotypo-clichés à deux balles ? Sérieux ! Rio est un clone de Mio !

Oui, Sorami est une cruche qui joue de la trompette comme un éléphant, Noël est un frigo ambulant narcoleptique, Kureha est une loli tsundere comme pas permis, Rio une gueuleuse au grand cœur, et Filicia un clone à lunettes d’une certaine Alicia Florence (au point qu’on s’attend dès qu’elle fait une apparition à entendre son fameux “Ala ala ~”), les personnages ne font clairement pas dans l’originalité et on peut dire qu’on les a tous plus ou moins déjà vu ailleurs (je pense notamment à l”insupportable Arika Yumemiya de Mai Otome pour Sorami). Mais est-ce réellement l’objectif de la série de mettre en scène des personnages originaux ? Tout en garantissant un taux d’audience conforme à chaque stéréotype concerné, c’est surtout un moyen de mettre en scène des personnages plus complémentaires qu’il n’y paraît, avec toujours le même objectif évident : la quête commune que partageront à un moment ou à un autre les protagonistes au travers de la musique. Ceux qui affirment être confrontés à des copies pures et simples des caractères de K-On n’ont visiblement jamais vu K-On, les nuances sont énormes. L’important n’est pas vraiment de savoir quel cliché est présent ou non, ou dans quelles autres séries on peut le trouver, il faut surtout savoir ce que Sora no Woto en fera par la suite, si elle sera capable de transformer de simples stéréotypes en personnages dignes de ce nom, de “transcender” le cliché. Et ça, seule les futurs épisodes pourront nous le dévoiler, en attendant les paris sont ouverts, et sujets à toutes sortes d’hypothèses. Mais jamais rien de plus que des hypothèses.

Témoignage n°3 : Bouh, l’opening n’est pas assez moe !

Ah ben oui, mais faut savoir ce que vous voulez monsieur le curé. Lorsqu’on vous offre du Moe, vous le rejetez d’un signe de croix, et lorsqu’on a la délicatesse de vous conter des vers, vous nous condamnez de votre sainte bible parce que le diable prend l’apparence de la divine pureté ? Laissez-moi vous dire que vous ne voyez que ce que vous voulez bien voir, votre sainteté. Exemple : vous êtes horrifiés par ces vierges qui exhibent leur derrière, et finissez par ne retenir que ça du générique alors qu’il est bourré de subtiles peintures, et d’une simplicité toute poétique ? Pardon, vous dites ? La musique se pare de célestes harmoniques au lieu d’arborer fièrement les orgues diaboliques qui forment son essence véritable, dans l’unique but de nous tromper ? Parce qu’en plus de recevoir la parole du seigneur tout puissant, vous êtes aussi médium maintenant ? Ne souhaiteriez-vous pas simplement avoir une raison véritable de culpabiliser cette pauvre pécheresse qui chercher votre repentir, alors que vous basiez jusqu’à maintenant votre implacable sentence sur des jugements on ne peut plus déséquilibrés ? Le générique de Sora no Woto ne nous offre rien de plus que ce qu’on est en droit d’attendre de la série : une poésie dansante au rythme lancinant. Bouder la poésie à cause de penchants qu’on juge trop Moe, dans l’opening comme dans la série, n’est-ce pas se refermer à ce qui rendrait la série moins désagréable qu’on voudrait bien le penser ? Quand je vois tous ces vilains fansubs de Queen’s Blade planqués derrière votre sacral autel, ça la fout un peu mal. Vous n’auriez pas un peu abusé du sang hiératique, des fois ?

Témoignage n°4 : De toute façon, un nouveau messie viendra bientôt sauver la blogosphère, ou syndrome “BlogChan est foutu”.

Je dévie du sujet initial, mais j’avais aussi envie de dire un petit mot à ce sujet, de toute façon j’ai sans doute déjà perdu tous mes lecteurs avec mon délire religieux ci-dessus. La blogosphère s’écroule, l’animation se dégrade, c’est la fin, le jugement dernier, l’apocalypse, l’avènement de l’Anté-Christ, Nibiru emplit le ciel, c’est 2012 avant l’heure, et Blogchan est en pôle périclitation. Ben voyons. Détrompez-vous, ce n’est pas que je n’encourage pas la démarche de changement, ça prouve que des gens réfléchissent et tentent de trouver des solutions aux problèmes (très relatifs) de la blogosphère, et s’en soucient un temps soit peu. Mais créer un agrégateur qui s’imposerait comme un messie en jetant l’ancien et celui qui l’a crée en soutenant des valeurs similaires, c’est un peu courir droit contre un mur, réactiver le glorieux cycle de la causalité. Se jeter dans une mare aux crocodiles pour sauver un ami qui vient d’y tomber, avec le résultat similaire escompté. Acheter de nouveaux habits au lieu de faire une lessive de son linge sale. Enfin, vous voyez ce que je veux dire, je suis sceptique. Mais c’est pas comme si ça intéressait quelqu’un de toute façon, grain de sable dans le web-désert que je suis, alors que vais juste regarder le cycle se répéter, et continuer à faire mon petit bout de chemin ici, parce que c’est ça qui est vraiment important à la base. Et que c’est bien le seul pouvoir que je détienne quoi qu’ils advienne. Les rats quittent le navire, et le capitaine coulera avec son bateau bien aimé, l’iceberg n’a pourtant rien de matériel. Rien de tout ça ne m’empêchera de prendre du plaisir en m’intéressant aux sorties animées/vidéoludiques passées et présentes (que j’aime nommer par le délicieux terme de Deuz “Culture Visuelle Moderne”), et j’en parlerai toujours avec autant de ferveur (et de mots), parce que j’aime ça !

Charadesign Sora no Woto

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L’objet du scandale

Sora no WotoSora no Woto

Comme le veut la tradition, le personnage principal est motivé par le souvenir d’une figure féminine puissante qui a marqué sa jeunesse. A l’inverse, l’introduction de la série prend ces clichés à contrepied de manière amusante et quelque peu défoulante.

Ceci étant fait, on peut enfin parler du sujet qui nous intéresse vraiment. Sora no Woto (ソ・ラ・ノ・ヲ・ト, littéralement “le Son du Ciel”) prend place dans un futur distant hypothétique, où l’humanité a subi une sévère récession technologique après de longues guerres qui ont ravagé la planète. La civilisation, aujourd’hui réduite à un nombre très limité d’habitants, se concentre dans les frontières de royaumes aux relations tendues par un histoire très sévèrement marquée. La ville de Seize, située à la frontière d’un de ces pays, la république d’Helvetia, est protégée par une petite faction formée essentiellement de jeunes femmes, tradition que la ville doit à ses légendes, aujourd’hui reconduites sous forme de festivals et d’hommages aux jeunes filles qui ont sacrifié leurs vies pour défendre la cité face aux “flammes ardentes d’une tête de démon agonisant”, nous content ces histoires. Plus rationnellement, ça signifie que Seize est défendue par une poignée de demoiselles inexpérimentées qui n’ont jamais réellement vécu la fureur d’une bataille. Bataille très improbable puisque malgré le fait que la ville soit située à deux pas de la frontière et qu’elle soit l’unique rempart contre une éventuelle invasion, au delà des montagnes qui la surplombent s’étend une large région surnommée “No Man’s Land”, contrée désertique inhabitable et quasiment infranchissable d’où aucune armée digne de ce nom ne pourrait lancer un assaut. C’est dans ce contexte que débarque la jeune recrue Sorami Konata, inexpérimentée parmi les inexpérimentées qui ne s’est engagée que pour apprendre à jouer du clairon, instrument dont elle a gardé un souvenir marquant dans son enfance. Nous suivons donc l’intégration improbable de l’adolescente maladroite dans ce régiment très spécial dont la musique s’étendra bientôt dans les cieux pour la sauvegarde et le souvenir d’un monde en reconstruction.

Sora no WotoSora no Woto

Les décors de Seize bénéficient d’un travail très soigné qui contraste avec le trait simple, parfois aléatoire du charadesign d’Akai Toshifumi.

Premier constat : le principe de la série est dans son ensemble très simple, et les premiers épisodes confirment ce parti pris très naïf. Dans un monde heurté par des guerres destructrices, le monde nous est dépeint plus vivant et coloré que jamais dans les yeux brillants et curieux de Sorami Konata. Son arrivée à Seize est à l’image de ce constat : la ville, plongée en plein festival, regorge de vie et dégage énormément de joie, animée par une tradition mélancolique dont on nous conte les grandes lignes dès cette introduction. Difficile d’y voir les restes d’un monde en ruines tant l’ambiance est un appel au renouvellement constant et à la vie. La tradition de la “bataille d’eau colorée”, hommage aux jeunes filles constamment arrosées pour être défendues contre les flammes de la tête brûlante (légende plutôt fondée, si on en croit l’immense squelette qui git sous les eaux), se permet en plus de prendre à contre-pied les penchants accusateurs qu’on reproche à la série. Quelle meilleure manière de se moquer du statut Moe (“Brûlant”) du personnage principal qu’en lui versant de grands bassins d’eau sur la tête sans une once de pitié ? Une introduction fraîche, c’est le moins qu’on puisse dire. On notera aussi que la plupart des écritures de la ville sont en français (et dans un français assez correct, pour une fois), à l’inverse des documents en japonais trouvés dans les anciennes ruines (la langue officiel d’Helvetia serait donc le français, c’est amusant de voir des personnages aux noms japonais ne pas comprendre un traitre mot de leur propre écriture en kanji).

En dépit de la futilité apparente de ces premiers épisodes, chacun nous dévoile une facette de la série et y va de son petit apport : on découvre tantôt la personnalité de personnages moins stéréotypés qu’ils le paraissent, tantôt les cicatrices de l’univers très ambivalent de la série. A l’image de ce monde divisé entre ruines et renaissance, les personnages oscillent entre une jovialité apparente et une mélancolie presque poétique. Un aspect de leur personnalité très sous-estimé qui sera davantage exploré par la suite, on l’espère. On notera aussi que les noms des personnages font ouvertement référence à d’autres productions animées phares, au delà de K-On, je pense surtout à Kannagi (la charmante Noël Kannagi) et Lucky Star (l’insupportable angélique Sorami Konata). Un moyen de remuer le couteau dans la plaie, et surtout d’appuyer davantage la notoriété de la série et la controverse pas forcément méritée qui l’entoure. L’expression musicale, pour l’instant, est bien loin, reléguée au second plan pour une approche marginale des protagonistes et de leur univers.

Sora no WotoSora no Woto

L’intrigue est peu présente dans ces premiers épisodes, qui abordent l’univers et les personnages sous un aspect découverte/train de vie très présent. La musique et son expression prennent une place très secondaire dans ce mécanisme narratif pour le moment.

Ces aspects provocants ne tiennent pas vraiment du hasard puisqu’ils offrent une large promotion à la série, et surtout au projet dont elle est la première représentante, Anime no Chikara, initiative d’Aniplex et TV Tokyo qui encourage la création de séries animées originales avec le regroupement de talents multiples de l’animation japonaise et une diffusion hebdomadaire à une tranche horaire fixe destinée à un public adulte. Avec Sora no Woto et tout le bruit que la série a fait, les producteurs peuvent dores et déjà s’asseoir et contempler leur succès assuré, pas forcément pour l’avantage critique de la série. Cette dernière nous offre pourtant un contenu très engageant si on dépasse les reproches expéditifs qui lui sont faits. Sora no Woto remplit déjà en partie son contrat et met en avant un groupe solide de protagonistes dans un univers divisé difficilement comparable à ses pairs. Les décors enchanteurs y sont sans doute pour quelque chose, chaque plan rivalisant de puissance avec des flots de couleurs et des airs d’illustrations omniprésents, caractéristique qu’ils doivent aussi à une certaine rigidité ambiante. La charadesign simple et fluide d’Akai Toshifumi s’insère difficilement dans certains de ces décors qui se valent largement à eux seuls, donnant parfois à la série de faux airs “bricolé” dans les plans larges extérieurs. Fort heureusement, cette impression s’estompe un peu par la suite avec une mise en scène plus équilibrée, moins portée sur les décors et plus concentrée sur les protagonistes. Étant donné le travail de recherche qui a inspiré les paysages de la ville de Seize, on comprend vite les raisons de ces quelques difficultés artistiques. Les décors citadins de Sora no Woto sont très largement inspirés de la ville espagnole réelle de Cuenca, les photographies du lieu sont clairement familières :

Photo Cuenca

Casas colgadas, Cuenca

Photo Cuenca

Puente de San Pablo, Cuenca

Photo Cuenca

Torre de Mangana, Cuenca

Photo Cuenca

Casas de Colores, Cuenca

Photo Cuenca

Ciudad Encantada, Serrania de Cuenca

Le travail des décors à partir de bases photographiques n’est cependant pas une première, c’est même relativement courant pour les séries prenant place dans dans villes japonaises bien spécifiques (à commencer par Tokyo et ses quartiers phares, on pourrait aussi citer la ressemblance quasi-parfaite entre les décors de Cencoroll et des photographies de la ville de Sapporo). Le procédé, au delà du manque d’inspiration qu’on pourrait lui attribuer, confère surtout aux séries en question un réalisme de tous les instants, une crédibilité incomparable. C’est lorsque Sora no Woto s’aventure à mettre en scène des décors entièrement imaginés forcément moins précis et cohérents (les paysages bucoliques tranchés de la montagne par exemple, même si le géologie des lieux est aussi inspirée des alentours de Cuenca) que l’évidence saute aux yeux. La ville de Seize y gagne pourtant une chaleur et une identité incomparables, huit-clos chaleureux dont on est ravi de découvrir les multiples facettes au fil des épisodes. La série trouve son équilibre sans trop de mal au milieu du chaos qu’elle engendre, avec un aspect visuel largement perfectible mais une poésie de fond intacte facilement perceptible pour peu qu’on s’ouvre à elle.

Sora no WotoSora no Woto

Le générique d’ouverture lyrique est une agréable surprise, bercé par une musique entraînante et mis en image par une patte artistique très marquée inspirée de peintures qui ont déjà inspiré l’animation japonaise.

Le générique d’ouverture et la série fait clairement transparaître cette propension mélancolique inhérente à Sora no Woto, avec le thème enchanteur de Kalafina, Hikari no Senritsu (qui reste d’ailleurs très rapidement en tête), mais surtout une esthétique artistique forte qui rappelle très nettement de lointaines productions. Ainsi, si on y regarde de plus près, on décèle dans le générique la symbolique particulière qu’on retrouve sans mal dans le générique d’ouverture du percutant Elfen Lied. Plans qui défilent presque exclusivement de bas en haut, position des personnages, éléments divers qui complètent les illustrations (tourbillons, enluminures dorées omniprésentes, rameaux décoratifs verts ou or), même si les illustrations du générique de Sora no Woto sont plus lumineuses, on ne peut pas s’y tromper, le style est similaire. Les deux génériques sont librement inspirés des peintures de l’autrichien Gustav Klimt, et en particulier de la très riche Frise de Beethoven dont voilà quelques détails :

Frise Beethoven

Frise Beethoven

Frise Beethoven

Frise Beethoven

Frise Beethoven

Encore une fois donc, Sora no Woto prouve qu’elle a plus d’une corde à son arc et sous une apparence simpliste mais pas niaise, la série nous offre une profondeur plus vaste que celle qu’on pourrait lui associer. Tous ces éléments font de l’opening de Sora no Woto une valeur sûre dans le domaine de l’immersion, une entracte vibrante qui se laisse déguster avec plaisir à chaque nouvel épisode, plus marginal que l’idée qu’on pouvait s’en faire, mais peut-être que c’est aussi ce qui le rend si attachant. Ne pas aimer la série est une chose, mais attaquer le générique exemplaire parce qu’il faut bien un argument valable à mettre en avant, non, juste non. Hikaru no Senritsu nous parle des légendes de Seize, et plus largement de celles de ce monde au début d’une longue reconstruction. Elle met les protagonistes à la place de ces vierges sacrifiées aux flammes de la guerre pour la sauvegarde d’un monde en péril, une image qui va comme un gant à notre pas-si-joyeuse troupe de soldats. Un background pour le moins aboutit difficilement exploitable en seulement douze épisodes, qui pourrait en fait être développé de bien des manières, choisissant de mettre l’accent sur ses personnages ou son univers. Pour le moment, la série est encore partagée entre ces deux aspects et nous fait vaciller successivement de l’un à l’autre, comme le thème de Kalafina nous engage dans une marche balancée tiraillée entre deux ambivalences.

Sora no Woto

Noel Kannagi by Six

Autre élément majeur dans Sora no Woto : la musique. Au delà des aspiration artistiques des protagonistes et des mélodies de clairon qui s’illustrent comme elles le peuvent dans la série (pour l’instant de manière très superficielle et vraiment pas indispensable), je parle surtout de la bande originale, qui met déjà en avant un style précis et complet dans ces premiers épisodes. Le morceau chanté en français du premier épisode (avec sa voix lancinante qu’on croirait empruntée à notre Laurent Voulzy national) introduit la trame musicale de Sora no Woto avec beaucoup d’émotion et de poésie, aux antipodes de ce qu’on pourrait qualifier de “Moe”. Les autres pistes, toujours très honnêtes, n’hésitent pas à faire dans la surenchère et à étonner au gré de scènes on ne peut plus anodines et charnelles. Sans mettre en avant de véritable thème majeur transcendant, la série se pare d’une ambiance sonore bien à elle où il n’y a de place que pour la mélancolie de l’univers et la force étonnante dont font preuve ses habitants alors que ce qui les entoure n’est que désolation, fautes aux civilisations passées consommées peur la démesure de leur ambition. L’humilité est sans doute l’un des principaux messages de fond de Sora no Woto, avec l’importance de croire envers et contre tout en ce qu’il y a de plus positif en soi, en ce monde bourgeonnant, en la guerre nécessaire à sa résurrection. C’est drôle de constater qu’il se produit actuellement exactement l’inverse : on parle de Sora no Woto comme d’un phénomène, et on n’hésite pas à allègrement se taper dessus pour défendre son point de vue sur le sujet à sa propre perte. L’ending réconciliera les aficionados du genre et servira d’argument à ceux qui veulent du mal à la série sans trop savoir pourquoi, la punchy Haruka Tomatsu nous sert un générique dans la lignée de ses production habituelles, plein d’énergie et de joie, pour le coup lui aussi aux antipodes du générique d’ouverture, ultime contraste qui viendra clore chaque fin d’épisode.

Sora no WotoSora no Woto

Sora no Woto doit encore faire ses preuves pour se défendre contre les multiples reproches qui lui sont adressés, réussira-t-elle à porter son lourd fardeau sur ce chemin long et parsemé d’embuches qui l’attend ?

Alors finalement, Sora no Woto, ultime rejeton de la damnation Moe ou messie de la nouvelle animation japonaise ? Ou peut-être hybride qui viendra réconcilier les deux ? Et pourquoi pas simplement une série sans prétention desservie par un charadesign honteusement stigmatisant ? Si on imagine qu’elle avait été servie avec un design moins controversé, qui serait à l’image des choix de la série, comme celui de Spice & Wolf, la série aurait-elle bénéficié de la même renommée ? La question reste en suspens, mais ce qui est certain, ce que le charme de la série ne se serait pas envolé, lui, quand bien même la démarche promotionnelle qui l’entoure aurait été un succès bien plus mitigée. Sora no Woto est pourtant telle qu’elle est, et à moins d’un changement drastique dans une hypothétique seconde saison, il faudra se contenter de ce qu’on nous offre pour apprécier la série à sa juste valeur et y voir clair dans cette avalanche d’avis aussi opposés qu’extrêmes qui parcourent la toile. Sora no Woto, c’est sympathique, frais, parfois même enchanteur, mais c’est loin de s’annoncer être une grande révolution.

A l’image du conte de la louve et du marchand, c’est pour le moment une série qui se laisse apprécier sans mal, et qui, on l’espère, bénéficiera plus tard de la reconnaissance à laquelle elle a droit, détachée de toutes les comparaisons intestines qu’on peut facilement lui concéder. Le prochains épisodes seront sans doute la clé de l’avenir de la série : soit elle se contente de reposer sur un univers et un concept sans l’exploiter, soit elle en tire la substantifique moelle, quitte à s’engager dans une seconde saison méritée pour atteindre son objectif. Sora no Woto souffre de son statut partagé entre hype inénarrable et conte reposant, pour mon plus grand bonheur d’amateur de séries tiraillées entre de multiples extrêmes.

Sora no Woto

Tio

L’avis de Tio :

Au delà d’un gros coup de propagande pour Anime no Chikara, Sora no Woto révèle une sensibilité bien cachée au gré de ses épisodes, partagée entre son univers désolé et l’étonnante jovialité qu’elle dégage. Malmenée par tout un tas d’accusations et d’idées reçues qui ne lui vont décidément pas bien et pour le coup injustement boudée, je ne peux que vous encourager à les dépasser, et à essayer de voir un peu plus loin que les images extrêmes qu’on nous en renvoie, pour saisir la poésie légère qui se dégage de ce début de série. Rien d’exceptionnel, rien de révolutionnaire, juste un brin de magie, une série qui berce et dépayse avec brio malgré son abondance de clichés, c’est bien ce qu’on lui demande. Tient-on pourtant là l’œuvre phare qui marquera le lancement d’Anime no Chikara en entrant dans l’histoire de l’animation japonaise ? J’en doute.


Gen'

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Il Palazzo-sama Il Palazzo-sama ·  03 février 2010, 12:06

Bravo pour l’article roboratif. ;)
(même si tu as failli me perdre dans le paragraphe qui a été écrit pour nous faire décrocher :p )

C’est marrant, cette idée de faire se dérouler les animes dans des copies carbones de lieux inscrits au patrimoine de l’UNESCO.
(j’attends avec impatience la Grande Île de Strasbourg :D )

Inuki Inuki ·  03 février 2010, 13:15

Très bon article pour une série qui ne mérite pas un tel traitement. Moi je prends plaisir à suivre l’histoire de ces charmantes militaires et je reste confiant que la suite aura son lot de passages bien plus sérieux.
L’opening de Kalafina est sublime par ailleurs, leur meilleure chanson pour moi ^^ .

Sinon il y a 13 épisodes au programme.

Axel Terizaki Axel Terizaki ·  03 février 2010, 16:09

Joli article effectivement, et surtout plutôt juste, ce qui change pas mal de ce qu’on lit ici et là sur la série. Sauf que je comprends pas le rapport avec la choucroute pour le témoignage numéro 4, mais j’ai compris à qui ça s’adressait :)

Gen' Gen' ·  03 février 2010, 17:28

C’est bon la choucroute ! Plus sérieusement, c’était surtout une excuse pour aborder le sujet sans s’éterniser dessus, ce n’est pas vraiment un thème à traiter sur ce blog.

Je ne diabolise pas forcément le projet Nanami, l’entreprise est louable et justifiée, et puis c’est très facile pour moi de pointer du doigt ce mouvement puisque j’en suis totalement extérieur (techniquement, je veux dire). Puisque je parle d’iceberg, je n’en vois sans doute que la partie émergée. Mais le fait d’abandonner totalement BlogChan et Skav me semble être un peu injuste, puisque ce dernier a construit l’agrégateur avec les mêmes objectifs que ceux dont on parle maintenant. A défaut d’une amélioration, j’ai surtout l’impression de voir l’histoire se répéter, peut-être à tort faute à un manque d’informations. L’ambition des gens qui se bougent fait plaisir à voir, mais j’ai appris à me méfier des promesses. Je ne fais que répéter ce qui a déjà été dit sous toutes les coutures, mais je tenais à exprimer clairement mon point de vue sur ce point.

Inuki > Comme d’habitude, ANN parle de 12 épisodes et MAL de 13, je ne sais pas vraiment qui est dans le vrai, et je n’ai pas entendu parler d’une source officielle qui confirmerait le nombre d’épisodes. Je suis prêt à corriger ça preuve à l’appui :)

Il Palazzo > Effectivement, si le but est de créer des séries originales, le décor, lui, ne l’est pas vraiment. Mais si ça peut servir le grand projet de l’animation japonaise (la domination du monde ?), pourquoi pas ^^

L’avantage, c’est que ça permet de mettre à mal les à priori du genre avec une touche d’art et d’Histoire. Peut-être que c’est l’ouverture à un public plus large qui est visée (ou la recherche d’une véritable reconnaissance dans ces domaines).

kyouray kyouray ·  03 février 2010, 17:39

“La tradition de la “bataille d’eau colorée”’
Vu que Seize est inspirée de Cuenca, j’aurais dit que c’est une boisson du genre zurra ou sangria.
Sinon on est d’acccord : le background est vraiment travaillé mais est difficilement exploitable avec si peu d’épisodes, j’ai peur que ça finisse sans que le potentiel enfoui ait pu pointer le bout de son nez.

Tetho Tetho ·  03 février 2010, 18:53

Il me semble encore trop tôt pour vraiment disserter en long et en large sur la série, tout ca se jouer sur comment elle va utiliser l’univers qu’elle met petit à petit en place. Pour le moment la série fait plutôt l’unanimité, puisque tout le monde est d’accord que le travail sur le background est très poussé mais sous-exploité. Tout risque donc de se jouer dans le dernier tiers, où l’on verra si la série a vraiment quelque chose à transmettre ou ci elle n’était qu’une jolie balade dans un univers soigné.
Quand à voir un messie en Anime no Chikara, c’est aller un peu loin, cette initiative (qui pour le moment ne semble pas chercher à aboutir sur une case horaire qui se poursuivra une fois les 3 titres prévu diffusés) est un pas dans la bonne direction. Et c’est déjà pas mal, si elle aboutis à d’autres expériences dans le genre ou à une case horaire fixe, ce sera à voir plus tard.
Reste que sur le papier SnW m’a toujours semblé la plus faible des 3 séries, j’attends pas mal de Senkô no Night Raid et de son traitement de l’occupation jpn en Asie.

Il aurait pu être pertinent de signaler que la présence de parodies de paintures de Klimt au générique est probablement due à Kanbe Mamoru, le réalisateur, qui semble un grand fan, et que comme dans Elfen Lied leur présence semble gratuite. Juste un élément artistique parmi d’autre mais sans lien avec la série.

>Mais le fait d’abandonner totalement BlogChan
>et Skav me semble être un peu injuste
C’est plutôt Skav qui a abandonné Blogchan et refuse de continuer à ajouter des nouveaux blogs ou à transmettre les rênes. De là un nouvel agrégateur semblable s’impose pour remplacer Blogchan qui est condamné à s’épuiser peu à peu avec la mort des blogs qui composent sa sélection figée à jamais.
Que Skav se soit détaché des animes mangas et passé à autre chose, notamment avec sa vie professionnelle est une chose. Mais si il veut conserver Blogchan comme une chose à lui pour son CV, alors c’est à nous de nous trouver un outil similaire pour la communauté puisque Blogchan marchait plutôt bien à l’époque.

Helia Helia ·  03 février 2010, 18:55

(J’ai dû mettre au moins 10 minutes avant de comprendre ce que le PG foutait là et pourquoi il était associé au mot “hautain”…je suis une limace intellectuelle =x)

Tu sais ce que je trouve dommage ? C’est que tu sois obligé de te justifier pour expliquer pourquoi tu parles de Sora no Woto :( . Limite j’ai eu un peu pareil avec Clannad AS (dire qu’on aime pas le début de la série en s’en moquant revenant à un crime contre l’humanité =p) et j’ai l’impression que le phénomène ne fait que s’accroitre avec le temps : désormais il va falloir légitimer sa position (en 4 témoignages ou avec un paragraphe, peu importe) pour faire valoir son droit d’expression. *soupir blasé*

En ce qui concerne cette histoire de “messie” de la blogosphère par contre, je suis à peu près d’accord, à une variante près. Bon un messie on n’en a jamais eu besoin mais je pense qu’il existe un système de “soleil” (attention métaphore bizarre en vue). Comme avec les étoiles, y a des blogs qui enflent en obtenant de la popularité et ils finissent par exploser (l’Editotaku me semble arrivé à ce stade) pour laisser la place aux étoiles suivantes. Et comme le “soleil” (étoile au stade terminale) vient d’éclater, on cherche le prochain…qui explosera de toutes façons à un moment ou à un autre s’il enfle de trop. L’enjeu est donc de savoir qui sera le prochain soleil (à la recherche de la nouvelle star le retour) parmi des candidats, tout en sachant que le sondage est truqué (me dites pas que les petits blogs ont une chance à côté des machines de guerre que sont les blogs des “puissants” de Blogchan). Donc le nouvel agrégateur, toutes ces conneries, ça ne servira qu’à précipiter la chute de ceux qui sont en passent de devenir les prochains soleils. A mon humble avis ces grenouilles là (La Fontaine spotted) auront un règne bien court ^^ . Alors je me contente de regarder les cycles défiler, pop corn à la main, et je me dis que je suis bien contente d’être tranquille dans mon coin.

Pour en revenir à Sora no Woto, n’ayant pas très envie de replonger dans le piège du hype (vu que je me fais avoir à chaque fois), j’hésitais un peu à regarder. Mais involontairement, tu as fourni la réponse à mes doutes :D
” je pense notamment à l”insupportable Arika Yumemiya de Mai Otome pour Sorami”
” Arika Yumemiya de Mai Otome “
Ou comment me convaincre de manière radicale…

Corti Corti ·  03 février 2010, 19:06

Bon, je n’ai plus qu’à attendre la conclusion que tu fourniras quand la série sera finie pour savoir si je me laisse tenter ou pas :)

Gen' Gen' ·  04 février 2010, 01:01

Kyouray > En fait, Rio faisait allusion à un certain “colorant qui s’effacera après lavage/séchage”, ou quelque chose dans ce genre, d’où le caractère aléatoire de ma définition du liquide ^^ Quoi qu’il en soit, l’effet est le même (enfin, sauf si on admet que l’alcool décuple les flammes du Moe comme le veulent les lois de la science… aïe, ma tête…).

Tetho > “Juste un élément artistique parmi d’autre mais sans lien avec la série.”

L’art pour l’art, c’est très exactement la doctrine du mouvement parnassien. Ça ne me dérange aucunement à partir du moment où c’est un outil pour construire l’ambiance d’une série, et il me semble que c’est le cas ici (peut-être de manière moins évidente dans Sora no Woto). Pour ce qui est de Skav, je comprends vos arguments, je les trouve justifiés, mais j’aurais peut-être préféré que la transition soit moins virulente et controversée. Personne ne possède de droit sur la blogosphère française, mais c’est quand même plus agréable quand l’entente règne.

Helia > Si ça peut te rassurer, toi aussi tu as fait marcher mes méninges avec ton beau commentaire :p

J’estimais la première partie nécessaire pour me défaire de tout ce que j’ai pu lire sur le sujet et avoir un point de vue plus objectif sur la série, ça n’a pas été un mal, je le referai si besoin. Le fait même d’écrire un billet en argumentant les pourquoi du comment de nos impressions sur une série ou quoi que ce soit d’autre, c’est chercher à justifier son point de vue.

Et effectivement, tu nous a pondu une métaphore filée des plus étranges, mais je vois très bien ce que tu veux dire. Ce qui me fait peur, c’est aussi la quantité de blogs en devenir supposément délaissés par la procédure. Après, l’œuvre du temps ne doit pas être une excuse à l’immobilisme ambiant, on irait pas bien loin dans n’importe-laquelle de nos entreprises avec cette mentalité. Une partie des gens sont opposés au changement parce qu’il y voient un retour triomphant de l’élitisme qui a été combattu pendant tout ce temps.

J’avais peur d’être abordé par une bande de gueulards en abordant ces sujets délicats, mais je suis rassuré de voir que j’ai affaire à des gens on ne peut plus civilisés. Pourvu que ça dure :)

Gemini Gemini ·  04 février 2010, 08:28

Voyons voir, nous en sommes au 5ème épisode de la Mélodie du Ciel, et c’est le 5ème article qui lui soit consacré depuis le début de la série et qui apparaisse sur Sama. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… Se répondre d’un blog à l’autre pourquoi, mais à partir d’un moment, si vous voulez discuter et échanger des points de vue, prenez vous un forum quelque part ^^’

Tetho Tetho ·  04 février 2010, 16:44

Gen’ > Je me suis mal exprimé alors. Pour moi Klimt dans le générique c’est juste Kanbe qui se fait plaisir. Personnellement je trouve quand même qu’il tranche pas mal (esthétiquement parlant) avec l’ambiance de la série plus qu’il y contribue.
Pour la blogosphère, bien sur qu’elle n’appartient à personne, et donc elle n’est pas non plus au duo Skav-Raton. Quand Pazu avait lancé Aggregator, certains se sont braqués et ont hurlés à la sécession, comme quoi il voulait séparer la blogosphère et en créer une “à lui”. Idéalement on aurait plusieurs aggrégateurs avec des lignes editoriales bien choisies et complémentaires.
Dans un sens la mort de blogchan est une bonne chose, ce dernier étant devenu le symbole du “kevin” en matière de fandom anime/manga (même certains blogs références sur blogchan utilisent le terme “blogchanien”, c’est vraiment mauvais signe), et ça achèvera l’ancienne domination du raton une bonne fois pour toute. Bien sûr si c’est pour faire de nouvel agrégateur phare une filiale de la brigade SOS je sais pas si il faut être rassuré…

Gemini > Répondre comme ça à d’autres billets est pourtant la démarche a avoir si on veut créer une vraie “sphère”. Libre a toi si tu veux être seul dans ton coin avec des œillères et ne parler que de ce que tu veux quand tu veux, mais si on veut une communauté (ou un semblant de), des gens qui se répondent, rebondissent sur ce qu’on dit les autres et même collaborent, est une nécessité. Regarde ce qui se fait du coté anglophone, par moment ça aboutit a des échanges et billets très instructifs.
Par contre utiliser les trackbars de manière systématique serait aussi intéressant pour renvoyer les internautes vers les billets qui sont en rapport les un les autres serait un bon début.

Gen' Gen' ·  04 février 2010, 23:27

J’ai l’impression que Sora no Woto abuse d’éléments artistiques sans réelle cohérence pour essayer de s’imposer. L’opening appuie cette tendance, mais même au sein des épisodes, ça se ressent assez, notamment avec les plans un peu bricolés auxquels je faisais allusion dans les premiers épisodes. Ça ne servait pas à grand chose dans les faits. Le charadesign, c’est peut-être la goutte qui a fait déborder le vase pour beaucoup. C’est quand même moins flagrant dans les épisodes récents, c’est moins beau à contempler mais globalement plus cohérent. C’est sympa de voir des visages animés d’une véritable émotion, plus que d’un cliché de caractère.

D’une certaine manière, je me suis toujours vu comme un outsider dans cette blogosphère, même après référencement par BlogChan. Mais ces derniers temps, c’est peut-être moins vrai, je m’en suis rapproché sans trop y faire attention. C’est pour ces raisons que je prends des pincettes lorsque je parle du sujet, j’ai l’impression d’être bien loin de la ligne de front (si je puis m’exprimer ainsi). Ces changements ne me laissent pourtant pas indifférent, d’où ces “justifications”. Je suis curieux de voir ce que donnera Nanami, de voir si c’est aussi prometteur dans les paroles que dans les faits.

La question des trackbacks me trotte dans la tête depuis un moment, je me demande si je ne vais pas les autoriser sur tous les billets, reste à voir si les gens verront l’utilité (peut-être qu’en l’expliquant brièvement…).

Gemini > Beaucoup parler d’une série ne signifie pas qu’on en parle pour de bonnes raisons, je trouve la pauvre mélodie du ciel bien maltraitée par beaucoup de jugements expédiés ^^

Lu-sama Lu-sama ·  06 février 2010, 15:19

J’ai beaucoup aimé l’article. De tous ceux qui ont été écrit sur cet anime je te remets la palme du meilleur. ;)

Il est vrai que pour l’instant le fond surpasse la forme, la seule chose dont j’ai peur c’est qu’on se retrouve avec le syndrome Mai Otome. Mais je pense qu’en 12/13 épisodes ils n’oseront pas laisser l’intrigue sur le carreau.

Et puis bon, beaucoup disent que Sora no Woto ressemble à K-ON, mais je trouve que l’anime qui s’en rapproche vraiment le plus c’est Aria, non seulement au niveau des personnages (manque que le “ara ara~~” :cool: ) mais aussi concernant l’ambiance générale (y a pas de guerre dans Aria, mais dans Sora no Woto les filles n’ont pas l’air très affolées).

Et puis bon, y a quand même Oshima aux musiques et Kajiura aux chansons, je vois vraiment pas pourquoi je bouderais mon plaisir. ^^

Iznogoud Iznogoud ·  06 février 2010, 17:33

Il est intéressant de voir que la polémique dans la blogosphère anglophone s’éteint à mesure que la série progresse et que tout le monde peut constater de visu que ça n’a rien à voir avec K-ON.

À la question “aurait-on tant parlé de cette série sans le char-design ?”, on peut donc raisonnablement répondre non.

Lux Lux ·  08 février 2010, 19:43

Excuse-moi, je n’ai pas lu l’article (décidément), car resté encore aux deux premiers épisodes : je réagis à la question des trackbacks, active-les, quand tu lies un autre article ou, mieux, que tu en parles carrément, ça me paraît important que son auteur en soit prévenu, et cela lui permet de découvrir ta prose, aussi :) Ici, j’ai du survoler les liens par curiosité pour voir que j’étais linké.

Gen' Gen' ·  09 février 2010, 00:45

Je me demande si le système est vraiment utilisé et compris par les blogueurs et leurs lecteurs, je ne l’ai moi-même découvert que très récemment et y voyait auparavant surtout une porte ouvert aux spams. Pour ce qui est des blogs cités, je reçois souvent un retour par le biais des statistiques de visites (et c’est aussi quelque chose que je pratique beaucoup). Mais peut-être que je gagnerais à me servir des trackbacks par automatisme, effectivement.

Les premières réponses confirment d’ailleurs mon impression : une majorité ne comprend pas le terme, peut-être que quelque explications sur le sujet s’imposent. Je vais essayer de mettre ça en place, et réfléchir à un moyen de rendre ça plus clair sur leur affichage même en bas des billets (quitte à triturer un peu le code de dotclear, ça ne serait pas une première).

La prochaine fois, j’écrirai un billet que tu pourras lire en toute liberté, promis ^^’

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