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Joe Hisaishi sur le Chemin des cailloux blancs

HR

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3743 mots - 19 minutes

Oui, les réponses du premier tour du blindtest arrivent, mais vous m’embêtez avec vos questions >:(

La bande originale du Petit Poucet, film français réalisé par Olivier Dahan en 2001, est peut-être le bijou le moins connu des travaux de Joe Hisaishi (la majorité des thèmes inoubliables des films Ghibli, avec entre autres The Legend of Ashitaka de Princesse Mononoke et The Sixth Station du Voyage de Chihiro, mes morceaux préférés du compositeur), mais elle n’a absolument rien à envier à ses BO les plus célèbres. Loin du simple rappel des grandes oeuvres du compositeur, la bande originale du Petit Poucet reste fidèle à son style distinct tout en servant à merveille l’ambiance du conte sombre décrit par le film, au plus proche des fables orales collectées par Perrault et les frères Grimm (parce qu’on le sait peu, on y parle plus des horreurs indescriptibles d’une époque que de ses merveilles, d’où l’abondance de métaphores). Ce petit billet n’était pas au programme, c’est même parti d’un simple tweet, mais c’est comme si la musique m’avait ordonné de lui rendre hommage pendant que je l’écoutais, comme si j’étais devenu esclave de mes doigts envoûtés. Alors peu importe ce qui était au programme, voilà une petite critique d’OST de la bande originale du Petit Poucet, par l’inénarrable Joe Hisaishi. Juste parce que là maintenant, j’ai une envie folle d’en parler.

Incipit : Je vous informe que cette critique d’OST se déroulera d’une manière peu conventionnelle. Pas que je vous apporterai un grand gâteau d’où sortirait une charmante dame déguisée en lapin (quoi que ça serait plutôt sympa comme entrée en la matière, continuez à lire pendant que je réfléchis à un enchaînement), mais les critiques pistes par pistes sont à la fois fatigantes à écrire et à lire. D’autant plus que l’échelle de notation du critique chute proportionnellement au nombre de pistes écoutées à tous les coups. Du coup, oubliez le listing redondant, dites bonjour à monsieur le commentaire composé. Enfin, si le commentaire composé était un homme normalement constitué, disons que cette critique serait un humanoïde. Vous y êtes, une critique d’OST qui ressemble à Yoda.

Très souvent, c’est dans les créations intimistes d’un auteur qu’on reconnaît son véritable talent, puisque c’est là où on reconnaît ses inspirations. Joe Hisaishi, compositeur de son état (le Japon, donc), fait fort du haut de ses nobles soixantes ans, puisqu’il est difficile de détacher une oeuvre phare de sa patte, tant celle-ci accentue justement son caractère intimiste, proche du spectateur. Si vous êtes amateurs de films Ghibli, vous avez forcément en tête un thème principal du compositeur en repensant à un des films les plus célèbres du studio. pas forcément le même d’ailleurs, pour moi ce sera par exemple un petit refrain instrumental pour Le Château dans le Ciel (on le retrouve dans le morceau A Miner de l’Image Album, et sa réorchestration de la suite symphonique), j’aime aussi particulièrement le thème jovial de la troupe de pirates de Dora. Si vous n’avez pas vu le film, filez vous y mettre au lieu de me lire, c’est pour la bonne cause.

Le passage en question, dans toute son allégresse mélancolique :


Le Château dans le Ciel - A Mining Town Extrait (Joe Hisaishi, Laputa Symphonic Suite)

J’adore ce passage. Ne me parlez pas du thème principal, des crédits, c’est tout ce que j’ai en tête lorsque je pense au film, alors qu’on ne l’entend que quelques secondes (mais si, à la toute fin, avant les crédits, juste au moment où vous n’avez qu’une envie, rembobiner et tout revoir). Tel est le pouvoir d’une bande originale signée Joe Hisaishi. Mais ce serait amputer le compositeur d’une partie de son oeuvre de ne voir que le fruit de ses collaborations renommées avec Hayao Miyazaki et les studios Ghibli. S’il a collaboré à des productions animées beaucoup moins connues comme Kiko Soseiki Mospeada (à l’origine de la saga Robotech aux Etats-Unis, avec Cho Jiku Kidan Southern Cross et Macross, ces trois séries ayant été réunies sous une licence unique, et quelque peu librement reliées entre elles) ou Honoo no Alpen Rose, il a aussi composé pour de nombreux films en prises de vue réelles de son pays (Akunin, Kukijiro no Natsu et autres films de Takechi Kitano - tiens, comme un air de ressemblance -), et à de rares occasions pour le cinéma étranger (principalement chinois). Joe Hisaishi n’a pour ainsi dire composé qu’une seule fois pour le cinéma occidental, là où on ne l’attendait pas vraiment : dans une adaptation du conte du Petit Poucet d’Olivier Dahan, réalisateur français. La Môme, Les Rivières Pourpres 2, des références qui ne m’inspirent pas vraiment, mais il a réalisé plusieurs clips pour les Cranberries (ah, nostalgie), alors il est tout pardonné. Oups, petite erreur de lien, rien à voir avec les Cranberries, les conséquences de l’excès de kitch. Mais même Kokia a chanté sa version de Moonlight Shadow, avouez quand même que c’est la chanson la plus inspirée de tous les temps. Et la plus entêtante aussi.

Monsieur Joe Hisaishi, photographie promotionnelle. Le hasard veut que je prenne systématiquement une photo en noir et blanc pour le portrait d’un compositeur, ne me demandez pas pourquoi.

La quête d’Olivier Dahan a la recherche d’un compositeur à la hauteur de ses inspirations pour le film l’a donc mené en dehors des frontières du pays de la baguette et du fromage pour se tourner vers le compositeur que nous connaissons si bien. Joe Hisaishi eut pour ainsi dire carte blanche, seul lui était fourni une liste des morceaux utilisés dans le film (scène des loups, planque sous le lit, brossage de dents de l’ogre, blabla). C’est donc chacun de leur côté, dans leurs pays respectifs que les deux artistes ont couvé leur petit bébé, pour ensuite le mettre en commun et voir de quoi il en retournait. Olivier Dahan a plus tard affirmé “Nous avions fait le même film à des milliers de kilomètres de distance”. M’est avis qu’il s’avance un peu et que Joe hisaishi a mieux réussi son pari, mais là n’est pas le sujet. Aussi visuellement attrayant et inspiré que soit le film (avec des vrais décors de fond peints à la main, et une gestion de la lumière et des effets spéciaux qui rappelle La Cité des Enfants Perdus ou plus récemment City of Ember - visionnage que je conseille aux amateurs d’ambiances retro -, il lui manque un petit quelque chose pour prétendre à la même profondeur), on a l’impression d’une dissertation rendue à la sauvette après un brouillon trop long. La bande originale du film réussit pourtant à enflammer l’ambiance qui perle du film et à rendre certaines scènes simplement captivantes.

J’ai en tête la scène mystique de la rencontre avec Rose, une balade en forêt bourrée de magie et de lyrisme, la mélodie de Joe Hisaishi entourant le tout d’une ambiance à couper le souffle. Si je ne devais retenir qu’une seule chose du film, c’est ce passage qui dépasse le contexte de l’oeuvre. Mêlant un rythme traditionnel tambourinant aux coups de piano du compositeur qu’on reconnaît si bien, la musique ressemble à une excursion dans les profondeurs d’une forêt sombre, pensante. On avance avec hésitation au rythme des notes aériennes, bientôt une flûte lascive accompagne notre marche et quelques coups de guitare acoustique commencent à soulever l’émotion du morceau. Puis soudain, c’est la révélation, on pose le pieds dans le sanctuaire sylvestre où se côtoient champignons géants, fées imaginaires, fleurs rarissimes et ombres dansantes d’un autre temps. La flûte s’envole alors dans une mélodie entêtante à la fois sombre et délicate soutenue par les cordes, encore une fois, typiques de Joe Hisaishi. La scène résume l’émotion et les intentions du film : montrer le conte sous un autre jour, plus sombre, plus adulte, saupoudré d’une magie plus effervescente - et brûlante - que jamais.


Le Petit Poucet - La Forêt De Rose (Joe Hisaishi)

La mélodie de clôture est quasiment reprise à l’identique dans le morceau plus court Le Jardin Secret, avec une variation dramatique en conclusion. La puissance de ce refrain n’en fait pourtant pas le thème principal du film, et prouve que le compositeur excelle aussi bien dans les thèmes principaux forts (ceux de Nausicaa de la Vallée du Vent et Le Château dans le Ciel en sont de bons exemples) que dans les musiques secondaires tout aussi abouties. Sur le Chemin des Cailloux Blancs trottine dans cette voie en affichant une structure en progression très semblable à la piste précédente, mais une musique plus unie et rythmée, qui s’illustre à son zénith par l’ensemble orchestral tout craché à la Hisaishi : des motifs en répétition sur le devant, un fond en ensemble de cordes plus longs pour maintenir le tout. Là aussi, on pourrait s’imaginer reconnaître un thème principal, mais il n’en est rien.

Hanna Berthaut (Rose) et Nils Hugon (Le Petit Poucet). Les protagonistes ont une bougne assez mémorable, mention spéciale pour Hanna Berthaut qui campe une très belle jeune fille, le couple est un peu un symbole de l’innocence au milieu de la noirceur du film.

Ce dernier a fait l’objet d’un traitement particulier, et a même réussi l’exploit de me réconcilier avec Vanessa Paradis. Oui, cette dernière prête sa voix au compositeur et à son orchestre, le tout en français s’il vous plaît (un français plutôt poétique, mais un bon français). Je n’aurais jamais cru qu’entendre Vanessa Paradis chanter sur du Joe Hisaishi puisse sonner aussi juste, mais c’est un fait, j’aime beaucoup la version chantée du thème principal du film. Peut-être même plus que la version instrumentale, ce qui est assez rare pour être signalé. En général, je considère que les paroles sont un viol pur et simple de l’interprétation d’un morceau, là je dirais que la voix fait plutôt tendrement l’amour avec la musique, au point que la version chantée est bien plus langoureuse et subtile que le version orchestrale sombre et pessimiste. Le rapprochement avec Joe Hisaishi est encore une fois évident : lorsque les instruments seuls lient les différents refrains, on ne peut pas ne pas reconnaître le ton impétueux de l’artiste revenir à la charge, c’est évident dans la brève introduction du morceau. Ce jeu de passe-passe entre lyrisme vocal et orchestral donne tout simplement l’impression que le compositeur et la chanteuse se courtisent et s’enlacent. Tremble, Johnny Depp.


Le Petit Poucet - La Lune Brille Pour Toi (Joe Hisaishi, Vanessa Paradis)

A côté de ces morceaux qui portent les thèmes majeurs du film (ce que j’appellerais “the highlight” si c’était un blog anglophone), la bande originale du film arbore aussi son lot de pistes plus incidentales, comprenez que la composition s’aligne aux évènements du film et à la mise en scène. La particularité de ce type de composition est qu’il est très efficace dans le contexte du film, mais très peu marquant de part son absence de véritable cohérence mélodique. C’est donc bien souvent la dernière chose qu’on retient d’une bande originale, quand bien même elles traduisent un rapport plus assidu entre le son et l’image, principalement parce que lorsqu’on les écoute seules, on a l’impression de louper une partie de l’information : les images qui en sont indissociables. Là où ça devient réellement intéressant, c’est que ce type de composition est un incroyable appel à l’imagination : il vous manque une partie de l’information que la musique est censée accentuer ? Soyez un auditeur consciencieux, imaginez-la.

C’est ainsi qu’on voit naître beaucoup de compositions détachées de toute oeuvre visuelle qui les compléteraient, laissant à l’auditeur le libre choix d’interpréter la musique et d’imaginer ce qu’elle pourrait bien décrire dans une mise en image hypothétique. Un type de musique qui tend à devenir un genre à part entière avec le temps. La remarque est aussi valable pour les pistes de Joe Hisaishi, notamment avec le morceau nerveux Le Duel (déconseillé aux cardiaques), le trépidant L’Ogre, l’inquiétant La Maison Rouge et surtout le très “piratesque” L’Attaque des Pillards et le très réussi Aux Loups!, qui commence à pas feutrés et s’emballe à grands renforts de cordes, de tambours et de cuivres (on s’imagine sans mal une poursuite frénétique au travers de la forêt), les shakuhachi japonais (une flûte qui a la particularité d’émettre un son “pincé”, vous la discernerez très vite à l’écoute) s’occupant de piquer à vif la tension ambiante.


Le Petit Poucet - Aux Loups! (Joe Hisaishi)

Ou se demande tout d’un coup si le Petit Poucet ne va pas suivre la Mère Grand du Petit Chaperon Rouge dans l’estomac du Grand Méchant Loup. Encore un conte bourré de symboles résolument adultes tiens, le genre de choses que vous ne liriez jamais à vos enfants si vous saviez ce que ça cache vraiment. Le plus évident étant l’ambiguîté totale qui entoure l’innocence de la jeune fille, qui envoie avec la précision de Google Map le Loup croquer sa grand mère et finit par se retrouver dans son lit… Oui, le Petit Chaperon Rouge est la pire Yandere qui soit, elle a vendu sa grand mère pour une partie de jambes en l’air avec l’incarnation brutale de la maturité masculine et du charme de l’inconnu. Et Le Petit Poucet parle ouvertement d’abandon d’enfants trop gênants (avec quelques bons sentiments pour faire passer la pilule, mais la plupart le faisaient de bon coeur à cette époque, aimer ses gosses était un luxe), qui errent sans but et finissent à la merci l’Ogre pédophage (une représentation du destin funeste qui les attend, avec un humour noir qui fait violemment référence à la famine dont ils mourront ?), et j’oubliais que le conte encourage joyeusement la cleptomanie (parce que c’est connu, si on est méchant et vilain, on peut nous détrousser, nous humilier, coucher avec notre femme, faire brûler notre maison, nous tuer, on s’en fout, le gentil a tous les droits, l’éthique ça sert à rien). Je vous le dis, le pire de l’humanité est dans les contes de fées. Une imagerie de la violence qui me fait nettement penser au Labyrinthe de Pan de Guillermo Del Toro, qui a poussé l’analyse à un stade nettement plus avancé : les histoires sont le fruit d’une réalité insupportable. La bande originale du film sus-cité est d’ailleurs une véritable perle tant son thème principal, Una Princessa de Javier Navarrete, cristallise à la fois la magie salvatrice (la folie sauve de la folie, ironie) et la mort inéluctable de la jeune héroïne du film, nous engageant dans une dure réflexion sur l’innocence et sa perte brutale. Dans le contexte des oeuvres japonaises, je place volontiers le terrible NaruTaru, Bokurano ou Alien 9 aux côtés de ces oeuvres qu’il faut être prêt à affronter avant d’approcher.


Le Petit Poucet - À la Table de l’Ogre (Joe Hisaishi)

Dominique Hulin (l’Ogre). Alors, ça vous fait quel effet de savoir que Pedobear hante toutes les histoires de votre enfance ?

Vous l’aurez compris, l’heure n’est pas à la plaisanterie, si un conte abonde de métaphores, c’est qu’il y a des réalités à l’atrocité particulièrement indicible à considérer derrière. Lorsque vous lisez : “Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”, comprenez “Ils vécurent dans la misère la plus totale, ne s’aimèrent jamais et vendirent leurs enfants pour se payer de quoi manger, mais, bah, faut bien se donner de l’espoir”. Estimez-vous heureux qu’on se retrouve avec un Sami Naceri en guerrier unijambiste perché avec fierté sur un tas de cadavres démembrés, et pas devant une mise en image des dits démembrements dans la joie et la bonne humeur. Je vous passe toutes les horreurs envisageables autour des loups poursuivant les enfants, mais on en revient à un constat : Olivier Dahan avait sans doute peur d’aller trop loin, et il nous offre un film relativement visionnable par les plus jeunes au lieu de fouiller réellement le sujet et de choquer en s’adressant de plein fouet à un public adulte et mature, chose que permet allègrement le support quoi qu’on en dise. Ce que certains font sans se priver, et c’est tant mieux, mettre en scène l’horreur est un moyen très efficace de l’exorciser et de la comprendre, on ne combat de toute façon pas un fléau en le passant sous silence. Un peu comme une mélodie qui tourne dans votre tête toute la journée et que vous finissez par écouter une bonne fois pour toutes pour l’extirper de votre esprit (le Moonlight Shadow de Mike Oldfield donc, dans mon cas).


Le Petit Poucet - La Forêt Rouge (Joe Hisaishi)

Pour en revenir à notre bande originale, Joe Hisaishi s’est débrouillé pour placer des thèmes clés dans à peu près tous les morceaux, on peut entre autres citer la seconde partie de Perdus, dans un accent médiéval assez plaisant, le ton volontairement maladroit de Les Pieccs, la cadence infernale de La Forêt Rouge (ça me ferait presque penser au morceau classique qui a servi de thème à Evil the Cat dans Eartworm Jim, l’introduction de Night On Bald Mountain de Modest Mussorgsky, sans la musique d’ascenseur évidemment), ou encore le très impétueux Le Messager de la Reine qui reprend en partie le thème principal (la Reine en question étant jouée par Catherine Deneuve, à croire que le réalisateur misait davantage sur les noms de son casting que l’approfondissement de son film). Ces divers éléments donnent à la bande originale un côté très mémorable et intimiste qui perdure tout au long du film, et qui titille l’oreille à de multiples reprises. On regrette simplement que ce soit ce dernier qui n’ait pas été plus loin en développant son approche du conte adulte jusqu’au bout. Si l’expérience n’est pas tout à fait persuasive, elle l’est tout de même plus que la tentative infructueuse de mettre sur pied un conte cohérent qu’est le film Les Frères Grimm, qui tente sans véritable succès d’explorer cette approche réaliste des contes de fées (mais se contredit ouvertement pour une inexplicable raison) et mise tout sur les atouts éloquents de Matt Damon et Monica Bellucci. Terry Gilliam a définitivement été plus inspiré. Le Petit Poucet a le mérite de posséder une chose que beaucoup convoitent en vain : de la magie, et une mise en image expressionniste des plus savoureuses.


Le Petit Poucet - Le Messager de la Reine (Joe Hisaishi)

Sami Naceri (Le Soldat à la Jambe de Fer) méconnaissable. HE’S A PIRATE.

Si la bande originale du Petit Poucet n’illuminera pas votre collection de mille feux en imposant votre culture de la musique cinématographique, c’est le genre d’oeuvre personnelle très subjective qui parcoure toutes les collections dignes de ce nom, et votre imagination s’enflammera à chaque fois que vous prendrez le temps de la réécouter et de vous replonger dans l’univers féérique mais cruel que Joe hisaishi décrit au gré de ces pistes, fidèle à lui-même. Allant de l’orchestre magique qui met à jour la magie inhérente aux contes de fées aux pistes plus sombre et violentes, l’OST, du haut de sa quinzaine de pistes, est assez riche pour proposer une expérience musicale riche et complémentaire, c’est d’autant plus vrai lorsqu’elle est sortie du contexte du film. Si l’idée de vous perdre dans une forêt sombre et enchantée a toujours bercé votre enfance, si vos songes étaient emplis de champignons luminescents plus grands qu’un homme et de lueurs mystiques qui valsaient entre les arbres, si vous étiez persuadé de pouvoir entendre le chuchotement plaintif de ces derniers en tendant l’oreille une nuit de pleine lune et que le feuillage tremblant semblait dessiner des silhouettes pour vous convier à le rejoindre, alors l’émotion de la bande originale du Petit Poucet vous ira droit au coeur, ses facettes les plus sombres comme les enjouées. Et, faites-vous quand même quelques amis au cas où, on ne sait jamais, ça peut toujours servir.

Les autres, qu’est-ce que vous attendez ? Baissez les yeux, regardez juste à vos pieds, et suivez le sentier des cailloux blancs jusqu’au fin fond de la nuit noire.


Le Petit Poucet - Le Chemin des Cailloux Blancs (Joe Hisaishi)

Gen'

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Bahatingle Bahatingle ·  28 octobre 2010, 19:13

Rah J’ai hâte d’entendre son travail sur Ninokuni !!! =p =p =p =p

Gen' Gen' ·  29 octobre 2010, 09:51

Bahatingle > Nom d’une loutre, ça faisait longtemps !

Effectivement on peu s’attendre à du bon boulot de la part d’Hisaishi sur la BO de Ninokuni, je suis très curieux de voir ce que ça donnera, d’autant plus que c’est la première fois qu’il bosse seul dans le cadre d’un jeu vidéo (support qui demande une approche particulière de la musique de part son interactivité). La sortie sur PS3 nous permettra en plus de profiter d’une véritable qualité orchestrale, et pas seulement des bgm de faible qualité sur DS :p

Helia Helia ·  29 octobre 2010, 16:20

« Ou se demande tout d’un coup si le Petit Poucet ne va pas suivre la Mère Grand du Petit Chaperon Rouge dans l’estomac du Grand Méchant Loup. Encore un conte bourré de symboles résolument adultes tiens, le genre de choses que vous ne liriez jamais à vos enfants si vous saviez ce que ça cache vraiment » = Ahahahah, tu veux que je te raconte la version orale du Petit Chaperon Rouge, tiens =D (elle n’a pas vendu sa grand-mère, elle a fait pire cette allumeuse de première) ? Je te garantis que ça vaut son pesant de cacahouètes et qu’on comprend mieux pourquoi Perraut & co ont gommés certaines choses pour présenter ça au public mondain. Les contes de fées et leur version « originale » ça me passionne et je connais quelques variantes assez savoureuses…

Pour revenir au film, je me souviens l’avoir vu sur Canal+ il y a très longtemps de cela (je devais avoir un peu plus de 10 ans si c’est sorti en 2001) donc fatalement je ne me souviens pas de grand-chose ni si la bande-son m’avait impressionné (à l’époque je ne connaissais pas Joe Hisashi non plus).

En tout cas c’est assez sympa de nous montrer les œuvres les moins connues du compositeur, ça change un peu ^^. Dans ce que tu nous as présenté je retiendrais surtout la Forêt de Rose et Aux Loups, le reste me fait moins d’effet.

Si un jour parler de contes de fées plus en détails te tente, n’hésite pas à venir frapper à la porte, je serais ravie de t’aider :p.

Gen' Gen' ·  01 novembre 2010, 17:23

Helia > Ah oui, la grande envolée à la Hisaishi à 1:59 n’a même pas soulevé un sourcil d’intérêt dans Le Chemin des Cailloux Blancs ? Ou les pizzicato emballés de À la Table de l’Ogre (je parie que quelques cordes de violons ont perdu leur vie pendant l’enregistrement) ? Si l’émotion n’est pas pénétrante dans tous les morceaux, j’apprécie la globalité de la bande originale pour son intérêt musical : l’instrumentalisation est riche et précise, et la composition bourrée de thèmes qui restent en tête tout en se construisant largement au fil des morceaux. J’aime apprécier la musique juste parce qu’elle présente de l’intérêt à l’écoute, pas uniquement parce qu’elle éveille en moi une quelconque forme émotion.

Pour ce qui est du fond hardocre des contes de fées, je serais ravi de mettre un dossier du genre sur pieds en ta compagnie, ça éveille même en moi des idées sur le fond comme la forme (un dossier à suivre sur deux blogs ?) :p

Helia Helia ·  02 novembre 2010, 21:37

« Ah oui, la grande envolée à la Hisaishi à 1:59 n’a même pas soulevé un sourcil d’intérêt dans Le Chemin des Cailloux Blancs ? Ou les pizzicato emballés de À la Table de l’Ogre ? » = Bon et bien puisque tu y tiens VRAIMENT, envoyons l’artillerie lourde : Nope j’ai pas sourcillé parce que c’était de la merde, y avait pas de beat de ouf ni de bzz-bzz dans le fond, en plus y avait même pas Rihanna à poil en train de se trémousser, voilà quoi !

Sérieusement j’ai le droit de préférer les morceaux que je veux quand même :p. Faut savoir Gen’, quand on commente pas ton blog tu te plains de ne pas être lu et quand on commente tu te plains aussi parce que ça ne va pas dans ton sens.

« J’aime apprécier la musique juste parce qu’elle présente de l’intérêt à l’écoute, pas uniquement parce qu’elle éveille en moi une quelconque forme émotion » = Ok, face à cette accusation même pas voilée je réponds : quand je n’aime pas une musique c’est avant tout parce qu’elle ne présente aucun intérêt ET, super-bonus éventuel, qu’elle n’éveille rien en moi, même si c’est souvent ça qui la sauve de l’ennui. Voilà, satisfait ? Ahlala, et c’est moi qui déverse ma mauvaise humeur sur les autres il parait, et ben si c’est le cas, je ne suis pas seule =O.

« Pour ce qui est du fond hardcore des contes de fées, je serais ravi de mettre un dossier du genre sur pieds en ta compagnie, ça éveille même en moi des idées sur le fond comme la forme (un dossier à suivre sur deux blogs ?) » = Alors là, je suis prête à relever le défi ^^  !

Gen' Gen' ·  03 novembre 2010, 09:45

Helia > Faut arrêter de se sentir accusé à tort et à travers et concevoir qu’on puisse simplement vouloir discuter en toute quiétude, hein. Peut-être qu’en collant des smileys et des kikoolol de tous les côtés ça passera moins comme une attaque personnelle ? Il n’y avait pas une once de mauvaise humeur dans le commentaire précédent en dépit de ce que tu semble avoir perçu, ma chère Helia.

Toujours est-il que j’essaie d’ouvrir les gens à une approche de la musique moins butée en me focalisant sur les éléments qui pourraient passer inaperçus de leur côté, c’est pour ça que je voulais t’orienter vers certains morceaux un peu plus précisément, parce que je me disais que tu étais peut-être passée dessus un peu vite (ce qu’on a tendance à faire facilement à la lecture de ce genre de billet). Je ne veux pas t’imposer ma vision des choses, plutôt élargir un peu tes horizons (et les miens, par la même occasion). Pour tout te dire, je suis un peu surpris par ta réaction, je m’attendais à ce que tu me donnes un avis plus développé sur tes impressions, qui va plus loin que “je n’aime pas”, pour qu’on puisse comparer nos points de vue sur la BO. On se rejoint sur La Forêt de Rose, c’est déjà pas mal ! Mais c’est vrai qu’une Rihanna armée d’un parapluie, y’a que ça de vrai.

Et si tu n’as pas envie de commenter, ne te force surtout pas, ça n’a aucun intérêt dans ce sens là non plus.

“Alors là, je suis prête à relever le défi !”

On peut discuter de ça de manière plus approfondie pour tenter l’expérience, si tu veux, moi aussi je suis partant, c’est le genre d’idée qui exploite à merveille l’outil blog, je trouve :)

Helia Helia ·  03 novembre 2010, 20:35

Hum, je crois qu’une mise en contexte serait à propos. Je ne sais pas si c’est le cas pour tes autres lecteurs mais moi en tout cas ton billet m’a pris du temps, déjà à lire, et comme il s’agissait de musique, je ne pouvais pas le lire vite ou en diagonale en écoutant ma propre musique en même temps. Aussi n’ais-je commenté qu’avec un jour de décalage puisque ce la veille j’étais pas mal occupée. Pour le commentaire en lui-même il m’a fallut également un petit peu de temps de réflexion. Si on additionne la lecture du billet (en plusieurs fois s’il vous plait, histoire de ne pas passer à côté d’un élément important ou autre) plus tous les commentaires que j’ai écris, ben j’ai facilement passé une bonne heure voire plus sur ton article. Donc forcément quand j’ai vu ton dernier commentaire je l’ai pris un peu comme le prendrais une fille qui vient de passer trois heures à balayer la cuisine et qui entend sa petite sœur lui montrer un coin en faisant « Et t’as oublié de passer là-bas » d’un ton plus ou moins ironique (je ne l’ai pas pris comme un délire de persécution, hein).

Je me suis visiblement trompée, tu n’étais pas de mauvaise humeur ; je suppose juste que tu as cru que j’avais commenté par-dessus la jambe en passant vite-fait. C’est vrai, tu ne pouvais pas deviner. Un peu de délicatesse ne serait cependant pas de refus (je suis moi-même bourrue, mais je me soigne, mais je me soigne) é_è.

« Pour tout te dire, je suis un peu surpris par ta réaction, je m’attendais à ce que tu me donnes un avis plus développé sur tes impressions, qui va plus loin que “je n’aime pas”, pour qu’on puisse comparer nos points de vue sur la BO. » = Je ne me souviens pas avoir dis que je n’aimais pas, juste que certains morceaux me marquaient moins que d’autres, ce qui est assez différent.
Et puis, je ne voudrais pas dire mais ça prend un temps fou les critiques musicales =/. Rien que pour mon dernier billet sur la question j’ai pris plus d’une demi-semaine à me creuser les méninges tous les soirs pendant des heures, alors je me suis dis que pour ton blog à toi je n’allais quand même pas passer autant de temps, surtout que tu avais déjà fais des remarques avant et que je n’avais pas grand-chose à rajouter dessus. A quoi bon refaire ce que tu as déjà bien fait (en t’y connaissant plus que moi de surcroit) ?

Finalement c’est moi qui suis surprise de ta réaction. Je ne pensais pas mon avis aussi important et puis, dans la tradition, c’est surtout à toi que revient la médaille du faiseur de commentaires-pavés, non :p ? Je ne suis clairement pas à la hauteur \o.

« On peut discuter de ça de manière plus approfondie pour tenter l’expérience, si tu veux, moi aussi je suis partant, c’est le genre d’idée qui exploite à merveille l’outil blog, je trouve » = C’est une idée folle mais ça me plaît bien ^^. Il faudrait voir ce qu’on peut faire…et donc que j’intègre un paragraphe supplémentaire à ce sujet dans mon prochain mail. J’avais gardé la rédaction du message au chaud parce que je me disais bien que ça allait me prendre des heures. Va vraiment falloir que je me réserve un créneau horaire pour ce genre de choses vu le peu de temps dont je dispose =x.

Gen' Gen' ·  04 novembre 2010, 12:01

Mon dieu mon dieu, que de malentendus alors que je voulais simplement connaître ton avis et discuter un peu de la question avec toi, c’est que ton avis m’intéresse. Merci du temps que tu sacrifies pour moi en tout cas, je préconise clairement une lecture par morceaux de mes billets pour éviter une mort précoce !

Délicatesse ? Hum, ce mot ne fait pas vraiment partie de mon vocabulaire. Mais je peux tenter d’utiliser plus souvent l’euphémisme au lieu de l’emphase, si ça peut détendre l’atmosphère…

Sinon tu auras beau le répéter dans nos discussions, je ne me trouve pas mieux loti que toi en ce qui concerne ma culture musicale, je suis juste un tantinet éclectique, j’ai tendance à croire qu’on peu aimer n’importe quel genre à partir du moment où on s’y intéresse. Ça ne concerne pas que la musique d’ailleurs, mais on va peut-être éviter de trop déborder du sujet ici :p

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