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Conan, le garçon qui révéla Hayao Miyazaki

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3253 mots - 16 minutes

Une critique de série animée, ça faisait longtemps ! C’est ma tournée !

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Illustration officielle pour l’ARTBOOK (we can do it), my bad. Nippon Animation Ltd.

Et pas n’importe-quelle série, qui plus est. Avant de me lancer par hasard dans le visionnage de Mirai Shōnen Conan, je n’aurais jamais cru tomber sur une série si capitale dans l’Oeuvre d’Hayao Miyazaki et Ghibli. D’ailleurs j’ai encore du mal à comprendre pourquoi, lorsque les longs métrages du réalisateur sont tant adulés, on parle si peu de cette série à laquelle ils font écho à de multiples reprises. L’âge de la série (1978, tout de même) ? Ce ne sont pourtant pas des noms comme Nippon Animation (les Meisaku, entre autres), Hayao Miyazaki ou Isao Takahata qui devraient passer inaperçus, et la série a même été réadaptée en long métrage.

Parce que si cette dernière n’est pas issue de l’esprit fertile seul de Miyazaki, force est de constater qu’elle aborde des thèmes qu’on retrouve à foison dans ses oeuvres et ses influences : ça saute aux yeux dès les premières images de l’introduction du générique, partagées entre un cataclysme mondial nihiliste à la Nausicaä et une critique ouverte de la course au pouvoir à la Laputa. Nous verrons par la suite qu’on peut faire de nombreux autres parallèles entre ces différentes oeuvres et Mirai Shōnen Conan. Sa totale méconnaissance du grand public comme des amateurs d’animation japonaise reste un grand mystère à mes yeux, puisque sous de nombreux aspects la série vaut, et se permet même de dépasser, les grands films d’animation qu’on connaît si bien. En avance sur son temps, le petit Conan ?

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Illustration officielle, crédits Nippon Animation Ltd. - Les paysages soignés sont un régal pour les yeux et évoquent incontestablement le travail d’un film d’animation.

Tout d’abord, un petit mot d’introduction sur le background (je me rends compte que l’exercice de la critique me manquait vraiment, ça fait un bien fou de retrouver ses repères). Nous sommes en 2008, dans un futur où la Terre a subit de violentes transformation suite à l’effet cataclysmiques d’armes de destruction massives magnétiques qui ont plus ou moins mis les plaques tectoniques sans dessus dessous, transformant la planète en un vaste océan parsemé d’îles isolées. Je le sens, vous êtes déjà dans le bain, et vous comprenez tout de suite de quoi je parlais quand je faisais référence à Nausicaä. Notez que pour l’époque, 2008 était un futur très lointain (après la fin du monde annoncée par Nostradamus, imaginez-vous, c’est comme si le film 2012 était un documentaire sur la vie des loutres méridionales au lieu du film catastrophe risible qu’il est), et qu’aujourd’hui il conviendrait plutôt de parler de passé alternatif, mais passons. L’histoire nous emmène donc sur une petit île plantée en son milieu d’une fusée manifestement altérée par le temps. C’est ici que les survivants du crash de ce vaisseau, qui tenta d’échapper en vain à la catastrophe, ont pu survivre dans le nouveau monde, tentant de subvenir à leurs besoins tout en se demandant si ils sont les seuls à en avoir réchappé. Le temps passant, les habitants de la petite île meurent un à un, jusqu’à qu’il ne reste plus qu’un vieil homme et son très téméraire petit fils, Conan.

Ce dernier occupe son temps en pêchant avec ses pieds, en taillant des bouts de bois avec ses pieds, en escaladant diverses parois avec ses pieds (vous remarquerez que Conan est un vrai petit singe qui peut faire tout un tas de choses de ses orteils, on croirait que la série a inventé le fétichisme des pieds), ou en chassant nonchalamment le premier requin blanc qui s’aventurerait dans les parages, le malheureux prenant pour un repas appétissant la pire chose qui pourrait lui tomber sous le nez : un Conan gai comme un pinson. Vous l’aurez compris, Conan est un petit garçon bourré d’énergie et très débrouillard, une fierté pour son grand père, seul problème : il n’a jamais rencontré d’autre humain que lui, et l’appel du large commence à se faire sentir sur son île minuscule. L’occasion qu’il attendait, il la trouvera sur le sable lorsqu’une drôle de fille échouera sur la plage après s’être laissée porter par les flots. Cette rencontre fortuite marque le début d’une aventure mouvementée, et surtout d’un long combat que mèneront les deux enfants pour ne pas être séparés. Car la fillette est la clé de l’avenir de ce nouveau monde… (Ou comment conclure un synopsis en alimentant la curiosité du lecteur)

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Episode 1 - Conan découvre les joies du sexe opposé.

La réalisation de l’ensemble fait difficilement son âge, le souci du détail qui a été apporté à l’ensemble est particulièrement plaisant. Si la mise en scène ne brille pas par son originalité, elle affiche une maîtrise remarquable et est servie par une animation réellement impressionnante pour l’époque. La fluidité est de mise même si parfois irrégulière, série de 26 épisodes oblige, et il n’y a bien que le charadesign signé Hayao Miyazaki pour nous indiquer qu’on regarde bien une série qui date des seventies (les villageois lambda sont par exemple particulièrement lambda, si vous voyez ce que je veux dire). Comparée aux séries de son temps, la qualité générale est digne d’un film d’animation digne de ce nom, avec une action parfaitement efficace et des décors inspirés et soignés. J’ai particulièrement apprécié ces derniers, peu nombreux au point d’en devenir familiers, je pense notamment au village d’High Harbor d’où émane presque l’odeur fruitée de nos petits villages de montagne. Chaque lieu a bénéficié d’un travail de recherche particulier au niveau de l’environnement et de la symbolique, et finit par être reconnaissable du premier coup d’oeil tout en laissant un souvenir mémorable, je pense bien sûr à la fusée plantée en pic sur Remnant Island, ou aux tours imposantes, menaçantes, d’Industria. L’idée prend l’avantage sur l’impression de dépaysement pour une aventure restreinte à une maigre partie de ce monde renaissant, mais néanmoins très rocambolesque.

L’idée aidant, on retrouve dans les deux principaux lieux de l’intrigue deux grands thèmes qui se livrent un combat sans merci, dans une sorte de setting de Nausicaaä inversé : High Harbor incarne la juissance d’une vie communautaire simple en accord avec la nature dans un perpétuel souci de reconstruction et d’amendement, alors qu’à l’inverse Industria est une ville grise et froide où règne la course à la technologie et le désespoir, une cité contradictoire qui nourrit l’espoir fou de retrouver la puissance que les hommes ont un jour possédée, quand bien même cela les a menés à détruire leur monde. Dores et déjà, l’univers est porteur d’un message écologique très fort, Nausicaä n’a rien inventé. Là où le film mettait en avant une nature enragée par la folie des hommes face à une petite communauté paisible, Mirai Shōnen Conan utilise un principe similaire dix ans plus tôt avec une ville à la science dévorante qui menace une petite communauté : l’agresseur science/nature inverse les rôles, la communauté solidaire est très semblable, l’idée de fond similaire en dépit d’un ton plus léger dans Mirai Shōnen Conan. Comme Nausicaä, la série met en avant la destruction d’un monde, et les deux facettes opposées de l’humanité renaissante : d’un côté les humains tournés vers l’avenir, de l’autre ceux qui sont restés tournés vers le passé, et en viennent immanquablement à subir d’autres catastrophes et à utiliser les armes destructrices d’un autre temps à leur perte (le géant dans Nausicaä, le Giganto dans Mirai Shōnen Conan). On pourrait même faire un parallèle au niveau de la “punition” de la nature : dans Mirai Shōnen Conan, les séïsmes prennent la place des Omous pour répandre la terreur chez les hommes, tandis que les machines volantes et les larges tours contenant un lieu oublié de l’humanité renvoient à Laputa. Ça fait quand même beaucoup de points communs pour n’être qu’une simple coïncidence, et les ressemblances ne s’arrêtent pas là.

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Couverture de The Incredible Tide d’Alexander Hill Key, 1ère édition Westminster Press (1970). La série animée est librement adaptée de cette nouvelle américaine.

Au niveau des personnages aussi, Mirai Shōnen Conan nous présente une mosaïque de protagonistes qu’on retrouvera disséminés un peu partout dans l’Oeuvre de Miyazaki. La parallèle le plus évident étant le couple Conan/Lana sur lequel se calque largement celui que forment Pazu et Shiita dans Laputa, ou de manière moins puissante Asbel et Nausicaä, la série animée offrant l’avantage de pousser la relation entre les deux personnages bien plus loin. A la fois curieux et envieux de connaître Lana, le premier humain étranger dont il fait connaissance, Conan n’hésitera pas à prendre le large pour venir à son aide, la série entière n’étant que le récit de leurs tentatives bousculées de se retrouver, et d’être heureux ensemble, en paix avec leur monde. L’intrigue est d’ailleurs particulièrement touchante dans cette manie qu’elle a de nous faire croire qu’à chaque fois que les deux protagonistes s’éloignent, ils seront séparés à jamais. Cela donne lieu à des scènes particulièrement marquantes dans le contexte de la série, je pense notamment à Lana fournissant désespérément de l’air à un Conan coincé au fond de l’eau pour l’empêcher de se noyer, une scène qui montre la force remarquable dont la jeune fille peut faire preuve, loin d’être une simple princesse maladroite dépendante de son sauveur. Voir Conan soulever Lana et l’emporter dans une course folle au travers des vent a aussi quelque chose d’assez grisant, le couple est à mes yeux bien plus réussi que l’était le duo Pazu/Shiita, quand bien même les premiers sont souvent considérés (à tort) comme des prototypes des seconds.

La relation de la jeune fille avec son propre grand père est particulièrement bien mise en avant et mature, avec des retournements de l’intrigue qu’il serait criminel de révéler (oui, spoiler Mirai Shōnen Conan est un crime contre l’humanité malgré la simplicité première de l’intrigue). Si le ton de la série est majoritairement léger avec ce jeune garçon en héros type de Miyazaki, insouciant, borné et guidé par ses intuitions, fonçant toujours vers l’avant et se tirant avec panache et humour des pires situations, la série a le bon goût de dévoiler des instants plus adultes où l’émotion fait immanquablement mouche. Oui, il y a des morts dans Mirai Shōnen Conan, le sang coule, et très vite d’ailleurs, les personnages sont confrontés aux conséquences de leurs actes et à la futilité de leur force lorsqu’elle n’est pas canalisée, mais la sauce prend, pour la simple raison que l’équilibre entre images sérieuses et humour est parfait.

Screen 2

Episode 5 - Je vois une critique acide du conditionnement sociétaire et des individus rabaissés au rang d’objets par la technologie. Des zombies dans un dessin animé pour enfants ? Miyazaki l’a fait.

Lana incarne un des deux visages que prend le féminisme patent dans la série. Le second étant le personnage de Monsley, dont j’aurai beaucoup apprécié le caractère et l’évolution tout au long de l’intrigue (l’évolution de ses sempiternels “baka ne !”, de l’agressif à l’affectueux, restera l’un de mes meilleurs souvenirs de la série). Là aussi, on ne peut s’empêcher d’établir des parallèles entre Monsley et la princesse tolmèque Kushana dans Nausicaä (qui suit une progression assez proche, même si là aussi la série permet d’aller bien plus loin), la force de caractère de Lana évoquant celle de Nausicaä ou même la princesse de Mononoke Hime de manière moins extrême de part son rapport étroit avec les animaux qui l’entourent (Lana “parle” aux mouettes, pressent les pensées animales jusqu’à avoir un oiseau, Tikki, pour compagnon de voyage, une relation qui sortira les protagonistes de situations difficiles à plusieurs reprises).

Le capitaine à l’humour burlesque Dyce évoquerait presque un embryon de Totoro, avec son attachement aussi inopportun que surprenant envers la jeune fille (une autre incarnation de Miyazaki dans une de ses oeuvres ?), le rapport avec la pirate de l’air Dora dans Laputa est cette fois tout trouvé tant les deux personnages feraient un couple parfait (quoi qu’un brin casseur de vaisselle m’est avis, leur rencontre ferait sans doute quelques étincelles), et sa manie de systématiquement aller à l’encontre de ce qu’on s’attend qu’il fasse rend le personnage plutôt surprenant et drôle. Les sortes de mecha qu’il utilise à tort et à travers en deviennent presque des marionnettes dans la continuité de son corps, et rappellent un peu la passion qu’a le réalisateur pour les figures mécaniques silencieuses. Jimsy, l’oublié du lot et compagnon de route fidèle de Conan évoque quand à lui plus un Tom Sawyer qu’un personnage typique d’une oeuvre de Miyazaki, et trouve difficilement écho dans les futures oeuvres du réalisateur.

Screen 3

Générique - Voici l’une des premières images de la longue carrière de directeur d’Hayao Miyazaki : un cataclysme, une civilisation en péril, une idée de la fin du monde pour le renouveau de l’humanité.

Dans tous les cas le message de la série est assez clair : les enfants sont l’avenir, ce sont eux qui ont le pouvoir de le changer, de le créer, les adultes leur apportent leur soutien s’ils le décident ou se condamnent à vivre dans le passé dans le cas contraire, un message qui transparaît dans toutes les oeuvres d’Hayao Miyazaki, jusqu’au Voyage de Chihiro plus intimiste et moderne. Les caractères déterminés des protagonistes de Mirai Shōnen Conan sont à l’image de ce constat, tout comme leur faculté à se mettre perpétuellement en danger et prendre des risques inconsidérés pour atteindre leurs objectifs (les protagonistes frôlent la mort des dizaines de fois dans les oeuvres de Miyazaki, le plus souvent juste parce qu’ils se réjouissent et tournoient un peu trop près d’un précipice…).

C’est comme si Miyazaki affirmait ouvertement que les enfants en ont des plus grosses que leurs parents, la victoire de la jeunesse fringante sur le ternissement des années, le tout canalisé par la sagesse omniprésente des ancêtres (les personnes âgées incarnent des personnages récurrents capitaux dans les différentes oeuvres du réalisateur), comme dans Kiki’s Delivery Service ou son oeuvre la plus récente, Ponyo, restant toujours fidèle au poste avec un Miyazaki torturé incarné dans un magicien dont l’innocence de l’enfance glisse entre les doigts. Ce sont ces raisons qui font de Mirai Shōnen Conan (littéralement Conan le garçon du futur, traduit un peu aléatoirement “fils du futur” en version française) un titre tout trouvé pour la série, puisque ce dernier porte littéralement l’avenir de sa planète sur ses épaules. Ajoutez à ça une intrigue rondement menée avec des épisodes qui s’enchaînent très vite sans laisser place à l’ennui (le scénario est ponctué de pirouettes scénaristiques vraiment intéressantes, les séries actuelles peuvent en prendre de la graine), et une construction où se répartissent équitablement humour, développement des personnages et intrigue principale, on en redemande à la fin de la série, les génériques décorant les épisodes étant par ailleurs assez mémorables (surtout l’ending, qui souligne l’émotion de la série pendant que l’opening met plutôt en avant son côté enjoué). Et ça tombe bien : avec toutes les productions ultérieures de Miyazaki, on passe son temps à en reprendre par petits bouts, les films gagnent encore une dimensions supplémentaire dans ce petit jeu de la référence en se renvoyant la balle et faisant des clins d’oeils au spectateur attentif.

Screen 4

Episode 8 - La vision assez dérangeante qu’offre un cimetière de chars d’assaut.

Très bon

Dans bien des aspects, Mirai Shōnen Conan se présente comme l’étincelle qui mis feu aux inspirations d’Hayao Miyazaki et le lança sur les productions futures qu’on lui connait si bien. Avec une relation entre le couple de protagonistes plus poussée que dans Laputa, un engagement écologique fort qui renvoie à Nausicaä et un féminisme incarné par des personnages féminins déterminés, Mirai Shōnen Conan s’impose comme un visionnage de premier ordre pour ceux qui ont apprécié l’oeuvre du réalisateur, puisque cette série est la première sur laquelle il occupa un poste de directeur, et celle qui lui permis de se lancer dans les créations personnelles qui suivront. Une intrigue bien menée qui possède son lot de surprises en dépit des clichés prévisibles qu’elle comporte, des personnages attachants qui évoluent et apprennent, parfois dans le drame, tout au long de la série, une réalisation générale soignée très bien ficelée pour l’époque, je ne vois pas ce qu’il faut de plus à Mirai Shōnen Conan pour postuler au titre de chef d’oeuvre, c’était vrai pour le caractère incomparable de la production par rapport à celles de l’époque (d’autant plus lorsqu’il s’agit de dessins animés orientés vers un jeune public), et ça l’est toujours aujourd’hui pour ce qu’on lui doit, et la modernité surprenante dont elle fait preuve dans sa construction comme ses thèmes. Il lui manque une composition signée Joe Hisaishi, peut-être, la bande originale de la série de Shinichiro Ikebe n’ayant rien de bien mémorable même si elle reste efficace dans son contexte. Toujours est-il que si vous ne connaissez pas la série, je n’ai qu’un seul conseil : foncez.

Ah, et je refuse d’admettre qu’il y a un Mirai Shōnen Conan 2. Non, ça n’existe pas.

Pic 1

仲間 (Nakama) by カゲトモミドリ & 残され島 (Nokosa Re Shima) by kurono via Pixiv


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Sirius Sirius ·  11 novembre 2010, 22:07

“Conan découvre les joies du sexe opposé” -> Et encore une fois il utilise ses pieds pour la tripoter, le petit pervers ^^’

Sinon très belle présentation, je pense vraiment me laisser tenter même si je suis assez réticent en général quand il s’agit de voir des séries de cette époque. J’ai un peu peur aussi du côté gamin du scénario mais d’après ce que tu dis, ça devient sérieux. Et j’aurai enfin fait le tour de l’œuvre de Miazaki (dont il aura fallu que je regarde 3-4 films avant d’apprécier la poésie).

Jevanni Jevanni ·  11 novembre 2010, 23:59

De même que Sirus, ça donne envie tout ça surtout que c’est très abordable. Merci pour la review, je ne connaissais absolument pas cette série en plus ! :D

Gen' Gen' ·  12 novembre 2010, 11:31

Je ne peux que vous recommander de franchir le pas. Pour avoir démarré la série sans rien en attendre, ce fut une belle claque. Je me demande encore comment j’ai pu ne pas en entendre parler plus tôt.

Le côté gamin n’est pas trop envahissant, ou plutôt il fait partie de la marque de fabrique de Miyazaki. On ne peut pas vraiment dire que “ça devient sérieux après”, disons que les différentes facettes de la série sont équitablement réparties sur son ensemble, avec quelques pics savamment disséminés. J’essaie de ne pas trop en dire pour conserver une part de la surprise, mais la série se révèle souvent être surprenante (lever du sourcil de l’intérêt repéré à moultes reprises pendant le visionnage). Mais même le côté enfantin me plaît, puisqu’il est avant tout un grand symbole de l’univers du réalisateur.

Le fait de savoir que l’oeuvre est la première véritable création de Miyazaki après sa carrière d’animateur chez Toei ajoute à l’intérêt qui entoure la série. Mirai Shōnen Conan, c’est un Miyazaki en 26 épisodes, mais c’est surtout le début d’une aventure artistique retentissante :)

Bahatingle Bahatingle ·  12 novembre 2010, 18:34

Marrant que tu fasses cet article alors que je viens de la regarder. :p

Signalons juste que FR3 a diffusé la série en 1989 donc la première production Miyazaki en France.

melindez melindez ·  07 février 2011, 18:10

Je suis tombé sur ton article peu aprés avoir visionné les épisodes, frustré de l’avoir terminé, je faisais des recherches sur l’inacceptable Mirai Shōnen Conan 2 …

J’irai même plus loin que toi : je pense que pour vraiment comprendre miyazaki et apprecier à leur juste valeur le charisme de ses personnages, il faut avoir vu Conan !

Quand à la scéne au fond de l’eau, je pense que c’est une des plus belles de la série et je trouve amusant de constater que comme dans Mononoke Hime, Miyazaki trouve un pretexte pour faire s’embrasser les deux personnages principaux sans tomber dans le Kitsh …

Gen' Gen' ·  08 février 2011, 11:35

Le coup du baiser était particulièrement bien orchestré c’est vrai, ce baiser plein de subtilité va un peu à l’encontre de ce qu’on entend souvent à propos des personnages de Miyazaki qu’on considère trop vite enfantins, d’autant plus que la vie des personnages était en jeu, Lana a ouvertement offert la sienne à Conan, j’ai trouvé ça particulièrement beau, et bien fait. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Monsley, qui ajoutait un peu de maturité à l’ensemble (là aussi, on peut mettre en avant son sens du sacrifice, et sa relation touchante avec le capitaine).

Le couple de protagonistes est à mes yeux le plus aboutit dans ceux que Miyazaki a pu mettre en scène dans ses oeuvres, ça permet de comprendre d’où viennent les personnages des films phares de Ghibli. Après avoir vu Conan, je me dis que Pazu et Sheeta font bien triste figure :)

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