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Arrietty et le triste quotidien des hommes

HR

Temps de lecture :

3044 mots - 15 minutes

Je débarque après un raz de marée de billets qui ont déjà parlé de Karigurashi no Arrietty et ont retourné le film dans tous les sens, quitte à taper allègrement dans l’auto-mutilation et les dissections indélicates, mais j’avais envie de développer ici bas mon point de vue sur un film qui, s’il est loin de se hisser sur le haut du podium des productions Ghibli, m’est apparu comme une fable pleine de charme et quelque peu fataliste sur le quotidien, et sa déconstruction par le poids de la banalisation de tout ce qu’il peut avoir de magique et de changeant. Plus intimiste et universel que Tonari no Totoro, et à la fois bien plus terre à terre et cruellement réaliste que la majorité des productions du studio, Karigurashi no Arrietty est comme un morceau de vie découpé arbitrairement, sans véritable début ni fin, plutôt à la manière de Majo no Takkyūbin dans la catégorie “bonjour, je cherche un scénario” (Kiki la Petite Sorcière chez nous), dont Arrietty serait l’héroïne. Héroïne dans ses désirs et ses idéaux, mais échouant constamment face à la résignation que le réel nous force à embrasser, nous emportant dans le courant d’un ruisseau qui va à l’encontre de nos choix profonds. La seule chose que ce dernier nous autorise à conserver, et à aimer plus que tout, c’est le souvenir de ce désir inopportun, la petit étincelle qui nous propose, à de rares occasions, de saisir les bons choix à pleines mains avant qu’ils ne nous échappent. Une petite allégorie de l’existence moderne, en somme.

Arrietty Pic

スタジオジブリ / Studio Ghibli 角色 by 哭B via Pixiv


Karigurashi no Arrietty - The Doll House (Cécile Corbel)

Premières secondes, et première surprise : le visuel, beaucoup moins parfait, froid et lissé qu’à l’usage, notamment au niveau des contours des personnages. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai peu l’habitude de voir un Ghibli au cinéma, parce que la réalisation est d’Hiromasa Yonebayashi et non Miyazaki ou parce qu’il est grand temps que je m’équipe d’un écran HD en bonne et due forme, mais mes yeux ont vite cédé à la douceur perfectible mais terriblement intimiste de l’ensemble, l’animation traditionnelle a encore de belles heures devant elle. Les décors très précis et les couleurs chaudes participent à cette impression de nid douillet, l’élément le plus notable étant le souci du détail qui a été apporté aux décors. Un excellent moyen de jouer avec les distances, et de transformer un simple jardin suranné en immense vallée verdoyante criblée de détails offrant moutles promesses d’aventures, le film place d’emblée une échelle qu’il ne manque pas de souligner tout au long du film : les déplacements des humains sont lents, pesants, les décors dégagent une impression d’immensité évidente et les éléments qu’on considère trop vite comme futiles deviennent indispensables aux habitants miniatures de nos demeures. Les insectes deviennent ainsi compagnons de jeu, les rats et cafards prédateurs dangereux, et les surfaces comme le plancher ou la pierre gagnent en profondeur, les meubles eux-mêmes devenant autant de précipices et de falaises. On évolue dans ce macrocosme à l’aide d’une série d’agrafes plantées en échelle, de clous savamment placés, de systèmes de poulies à base de dés à coudre, et on ferait pâlir d’envie les adeptes d’escalade en haute montagne en mettant pied à terre depuis la table de la cuisine.

Arrietty Scr 1

Karigurashi no Arrietty © Studios Ghibli

Les prises de vue donnent souvent l’impression d’une suite de focus en gros plan, on reste au niveau des yeux d’un chapardeur, pas dans la perspective d’un homme, et la réalisation joue allègrement avec les textures : l’eau sort par exemple d’une théière miniature en grosses gouttes, et la pluie comme pâteuse bénéficie d’un traitement assez superbe, tout comme l’adhérence du scotch aux parois. La sensation de vertige est accentuée par une quasi absence de pistes musicales fortes, même les compositions oniriques de Cécile Corbel se faisant très discrètes tout du long, et parfois très dispensables (ce qui est aussi assez étonnant quand on voit leur puissance à l’écoute hors du contexte du film, difficile de détacher le style de la compositrice de l’univers du film après coup). Lorsqu’on prend par exemple la première expérience de chapardeur d’Arrietty, la mise en scène joue sur un silence oppressant qui laisse champ libre aux craquements du bois, aux voix qui résonnent dans la maison et à des sons communs qui prennent subitement une dimension inquiétante, l’approche nihiliste de la mise en scène donne presque un côté documentaire à l’ensemble, comme si on regardait un de ces programmes qui se contente présenter la vie infime de petites créatures avec curiosité. On se place à l’échelle des hommes miniatures qui peuplent la maison, et on perçoit le monde avec leur sensibilité, il en découle une démarche de mise en pièces d’une réalité on ne peut plus banale, un simple changement de contexte qui nous révèle tout le merveilleux qui existe sous nos yeux sans qu’on l’aperçoive, et nous invite à reconsidérer notre environnement du tout au tout.

C’est toujours étonnant de constater que les éléments les plus simples de notre quotidien donnent un potentiel énorme à toutes sortes d’aventures à taille réduite, dans de nombreuses oeuvres on prend un plaisir fou à revisiter les lieu les plus simples dans la peau d’un être minuscule ou d’un jouet. Le potentiel de notre environnement direct en devient infini et fascinant, toujours dans un souci de redécouverte de ce qu’on considère comme normal. C’est dans tous les petits objets, dans les crevasses infimes des planchers, dans les interstices des murs, l’ordinaire est un outil inépuisable de l’imagination humaine. Plus qu’une conséquence de l’imagination, peut-être que la redécouverte de notre environnement proche vient d’un besoin d’y voir autre chose que la banalité qu’on lui concède, de trouver quantité d’utilités à des objets qui ne sont là que pour un usage bien spécifique, ça fait du bien de se dire que le merveilleux et l’aventure sont finalement partout. La volonté de mettre en avant le charme et les valeurs du quotidien d’antan ayant toujours été le fer de lance des productions Ghibli, la série de romans The Borrowers de Mary Norton s’imposait comme un candidat idéal pour une adaptation (elle avait aussi fait l’objet d’un film dans les années 90 - le minuscule avait la cote avec Chéri, j’ai rétréci les gosses ! et Toy Story -, si je vous parle de bonhommes minuscules qui se battent contre un notaire véreux qui veut se débarrasser d’une maison, ça vous rappellera peut-être quelque chose…). Quel meilleur moyen de parler des merveilles du quotidien qu’en plaçant son histoire au coeur de ce dernier ?

Arrietty Pic

お茶会アリエッティ (Ocha Kai Arrietty) by analog via Pixiv

Arrietty Scr 2

Karigurashi no Arrietty © Studios Ghibli

On pourra faire un parallèle facile avec Tonari no Totoro, à la différence que ce dernier utilisait des figures réellement magiques pour souligner cette redécouverte d’un quotidien vulgarisé, souvent de manière tordante (les noiraudes, le chat-bus). Karigurashi no Arrietty fait preuve de beaucoup plus de subtilité dans cette démarche, et c’est un mot qui risque de revenir souvent : subtilité. On évite de faire de trop grands gestes, de peur de briser ce petit univers infime qui se développe sous nos yeux, comme une maison de poupées en porcelaine. On regarde où on met les pieds, de peur d’écraser par mégarde un chapardeur. La fragilité de ce monde dérisoire nous est présentée de manière évidente : si les chapardeurs sont découverts, ils sont condamnés à s’exiler pour sauvegarder leur mode de vie, et le poids de la solitude pèse de plus en plus lourd sur leurs épaules : sont-ils les seuls survivants de leur espèce ?

Au delà d’une simple évocation des lois de la sélection naturelle, dialogue très bref auquel on accorde trop d’importance à mon goût (et pas au coeur du discours du film puisqu’il est prononcé par Sho et pas une quelconque incarnation de la morale triomphante, on est loin de l’épouvantail d’Hauru no Ugoku Shiro qui vous balance subitement toute la morale du film dans les dents et ruine l’interprétation libre qu’on pouvait en faire). Ce questionnement redondant fait partie intégrante de l’épée de Damoclès qui menace les chapardeurs, et les condamne un jour où l’autre à partir, ne serait-ce que pour rechercher des membres de leur peuple. Cette menace omniprésente donne un caractère très dur au film, qui est finalement bien moins accessible à un jeune public que les productions habituelles de Miyazaki. À de nombreuses reprises, le discours du film m’a semblé être directement adressé à un public adulte au détriment du plus jeune : ouvrez les yeux, contemplez la beauté de votre quotidien, sa fragilité qui menace de le faire voler en éclats du jour au lendemain. La plupart des personnages se posent ainsi comme des victimes de leur condition, à commencer par Haru qui est l’élément déclencheur du départ de la famille de chapardeurs parce qu’elle est enfermée dans son passé. Arrietty et Sho n’y coupent pas, le premier se battant contre son corps, la seconde contre son coeur.

Arrietty Scr 4

Karigurashi no Arrietty © Studios Ghibli


Karigurashi no Arrietty - The Wild Waltz (Cécile Corbel)

Les deux protagonistes du film sont davantage comparables à des adversaires qu’à deux être voués à se trouver. Si tous deux nourrissent beaucoup de curiosité l’un pour l’autre, tout les oppose. Arrietty représente l’optimisme, ce quotidien redécouvert, ce besoin de vivre au présent et d’aller de l’avant, l’étincelle du désir et de la jeunesse, insoupçonnée et fragile (ça fait d’ailleurs longtemps que je n’avais pas aimé un personnage à ce point dans un Ghibli, la demoiselle en devient carrément séduisante les cheveux lâches). Sho est quand à lui un jeune homme très fataliste, le pessimisme, symbole d’un quotidien froid voué à l’échec, vivant lui aussi sous le coup d’une menace qui le plaque au sol et ne lui laisse que son impuissance : sa santé cardiaque. Alors qu’Arrietty représente la vie pleine et entière, l’espoir que Sho désire pour faire face à sa condition, ce dernier s’impose comme son contraire, la guillotine tombant implacablement sur Arrietty, un peu à l’image des réalités dures qui forment le passage de l’enfance à l’âge adulte (le plus gros étant qu’il n’est même pas conscient du danger qu’il représente). Au lieu de se retrouver et se se compléter dans leurs différences, ils s’entrechoquent violemment au fil de l’intrigue et dessinent une relation mature teintée de frustration tout au long du film, on a l’élégance de nous épargner le cliché pompeux de l’amour impossible à la Roméo et Juliette. Au final de cette confrontation qui tient plus du présage funeste que de l’histoire d’amour ou d’amitié, chacun des deux accepte une part de l’autre : Sho entrevoit enfin la vie au delà de son opération, et Arrietty se résigne finalement à partir. Leur relation, plus complexe qu’elle n’y paraît, est le point central des enjeux du film, elle permet à un unique univers de se développer autour de deux perceptions antithétiques de la vie. Au lieu d’apporter une réponse optimiste et décisive, le film nous engage dans une réflexion ferme qui nous met au pied du mur. On nous présente deux éléments qui se croisent au hasard d’une rencontre et repartent de plus belle dans des directions différentes, leur trajet subtilement mais irréparablement modifié par le choc.

Subtilité, fragilité, menace et confrontation, tant de termes qui nous invitent à réfléchir à notre propre perception de notre quotidien et de ce qui le commande. C’est en ça que j’ai vu dans le film une fable douloureuse on ne peut plus réaliste : l’intrigue pousse les personnages vers une acceptation difficile mais indispensable. On est un peu à l’opposé des relations idylliques que Miyazaki met si bien en scène, ici le couple est à l’image des relations dures, éphémères mais indispensables qui ponctuent la vie. Tout n’est pas rose, on se débat et on échoue, puis on prend du recul, et on apprend dans la reconnaissance de ce que l’autre nous a transmis, consciemment ou malgré lui. Parfois maladroit, parfois trop vif, Karigurashi no Arrietty a pourtant des arguments à faire valoir derrière sa narration déséquilibrée, à condition de prendre le temps de lire entre les lignes, et d’accueillir ce qu’on nous donne au lieu de perpétuellement attendre ce qu’on n’obtiendra jamais : un grand film d’aventure. Ici, on est plus face à un drame en tranche de vie tourné vers l’intimité et les contrastes. Pas de grands élans épiques et de puissance surnaturelle décisive à faire valoir, seule la représentation idyllique du microcosme naturel rappelle les penchants écologiques du studio.

Arrietty Scr 3

Karigurashi no Arrietty © Studios Ghibli

Arrietty Pic

アリエッティ (Arrietty) by くるぶし via Pixiv

Karigurashi no Arrietty fait partie de ces Ghibli décousus en apparence qui provoquent pourtant un effet très fort lors du visionnage, dans la lignée de Sen to Chihiro no Kamikakushi et des grands héritiers de Totoro, avec cette même manière de mélanger le bien et le mal pour proposer un univers qui joue davantage sur les niveaux de gris, et cette réflexion constante autour du fond d’une histoire très contemplative. Que l’impression soit positive ou négative, on en ressort difficilement indemne, quitte à devoir prendre un peu de recul avant de pouvoir décrire ses impressions exactes, c’est ce qui fait toute la force d’interprétation de ce genre de film d’animation : les symboles qui y circulent ne sont pas immédiatement perceptibles, quitte à demander plusieurs visionnages avant d’être pleinement appréhendés, hors des attentes premières qu’on avait construit autour d’un film.

C’est aussi le cas de Majo no Takkyūbin, qui partage beaucoup de points communs avec Arrietty au niveau de la construction de son intrigue : on assiste à une petite partie de la vie du personnage de Kiki, et par conséquence l’histoire ne semble mettre en avant aucune intention ni morale évidente, et la fable sociale se termine tout aussi succinctement sans poser de point final à son intrigue (à noter qu’Arrietty couvre uniquement le premier tome de The Borrowers, qui se termine aussi par l’exil de la famille de chapardeurs). Les personnages de Kiki et Arrietty ont non seulement pour point commun d’être héroïnes transies de leurs histoires, mais surtout de faire graviter le film autour de leur propre rapport à leur condition présente, c’est ce qui donne toute cette dimension individuelle à un film qui nous concerne.


Karigurashi no Arrietty - Tears in my Eyes (Cécile Corbel)

Si Karigurashi no Arrietty est perfectible sur le plan narratif, l’oeuvre n’en reste pas moins une expérience d’une poésie mélancolique saisissante, à la fois simple et épurée dans son exécution et trop complexe dans les notions qu’elle veut communiquer. Proposer un film à la fois adressé aux enfants et à un public plus mature n’est décidément pas un jeu d’enfant, Hiromasa Yonebayashi et Hayao Miyazaki tendent à alterner systématiquement entre les deux extrêmes sans qu’un équilibre stable ne se forme. On se retrouve avec un film qui se montre surprenant autant par sa dureté (les discussions entre Sho et Arrietty, l’ultimatum qui les menace constamment, leur séparation) que par sa légèreté momentanée (les insectes à croquer, le corbeau, la mère d’Arrietty plutôt… à fleur de peau). Il en ressort un long métrage d’animation mi figue, mi raisin, plus proche de la tristesse charnelle des oeuvres d’Isao Takahata que de l’innocence essentielle de Miyazaki, mais invariablement fruité : l’essence du film repose sur cette confrontation passive des deux protagonistes. Un petit pas pour l’homme est plus que jamais un pas de géant pour Arrietty et les Chapardeurs.

Références de l’oeuvre :

Long Métrage, 1h34 minutes © 2010 Ghibli/The Walt Disney Company France
17 Juillet 2010 (Japon) 12 Janvier 2011 (France) Sortie DVD le 1er Juillet 2011

Hiromasa Yonebayashi : Direction, Storyboard ;
Hayao Miyazaki : Script ;
Cécile Corbel : Musique ;
Noboru Yoshida & Youji Takeshige : Direction artistique ;
Akihiko Yamashita & Megumi Kagawa : Direction de l’animation ;
Doublage français : Dubbing Brothers.

Adapté de la série de romans The Borrowers, Mary Milton (1952 à 1982)


Références de la bande originale :

22 pistes, 59min54 secondes © 2011 Cécile Corbel/Wasabi Records
14 Juillet 2010 (Japon) 5 Janvier 2011 (France)

Cécile Corbel : Composition, harpe, paroles ;
Simon Caby : Composition, arrangement.

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Keul Keul ·  04 février 2011, 20:10

Pour la musique, ce serais bien de mettre des extrait de 30sec en non pas les mp3 complets qui sont illégaux. (même caché par du flash)

Surtout que c’est disponible en France sans devoir l’importer :http://recherche.fnac.com/Search/Se…!1&Search=arrietty&sft=1&submitbtn=Ok

Gen' Gen' ·  07 février 2011, 11:09

Trois extraits de 30 secondes accompagnent forcément moins bien la lecture, j’ai pris soin de prendre des morceaux peu écoutés pour mettre en valeur la qualité de la bande originale hors contexte du film (c’est même plus un complément de ce dernier, je conseille vivement l’écoute).

J’ai pris l’habitude de surfer sur l’illégalité en ce qui concerne la musique, je trouve encore plus irrespectueux de couper arbitrairement des morceaux, surtout lorsque je prône qu’on ne peut véritablement en apprécier un qu’en l’écoutant soigneusement de bout en bout. Mais c’est vrai que le moins que je puisse faire, c’est citer aussi les références de la BO en bas de billet, je vais corriger ça.

Helia Helia ·  08 février 2011, 15:53

Globalement je suis plutôt d’accord avec toi-même si je trouve que tu exagères grandement le côté sombre qui, si on le sent affleurer juste en dessous la surface, reste justement une sorte de menace fantôme qui mets un bon moment avant de se préciser. J’ai aussi eu un peu la même sensation qu’en regardant Chihiro, il y avait un petit quelque chose de similaire.

Mais mis à part cela, je n’en ai pas pensé grand-chose. C’était sympa, sans plus. Je n’ai pas ressenti quoi que ce soit de particulier (là où ma voisine, une amie à moi, était totalement subjuguée), ce qui me fait dire qu’Arrietty reste tout de même un film pour les enfants (quoi qu’en dise les fans de Ghibli qui me rétorquent que non ce sont les adultes les premières cibles…mouais, n’empêche que les enfants qui regardaient la séance avaient l’air de vivre bien plus intensément que moi les aventures des Chapardeurs).

Ce qui m’a surtout déçu c’est la fin, très abrupte. J’aurais aimé savoir ce qu’il advenait des personnages, si Sho avait survécu à son opération ou si la famille d’Arrietty s’était faite dévorée par les bêtes sauvages en passant. Ce genre de « détails » quoi X).

Mais encore une fois je suis restée plutôt de marbre face à la « magie » Ghibli, même si le film est objectivement un dessin animé de luxe (d’où la très bonne note que je lui ai attribué, la même que Chihiro en fait). J’ai peut-être définitivement perdu mon âme d’enfant (pourtant j’aime bien les dessins animés quand même, va comprendre) =<.

Gen' Gen' ·  09 février 2011, 11:12

Je sais pas, la relation des deux protagonistes m’a parue être plus violente qu’élégante, vraiment. Entre Arrietty qui se planque avec méfiance, mais curiosité, et Sho qui veut aller vers elle plein de bonnes intentions et de naïveté sans avoir conscience qu’il représente un immense danger pour elle, ça ne pouvait qu’aboutir à une conclusion négative. Du coup la séparation de la fin ne m’a pas vraiment étonné, mais je suis d’accord, une petite demi-heure supplémentaire n’aurait pas été de trop. C’est aussi sur cette ouverture que joue la fin du film, avec beaucoup de facilité.

Les enfants sont ouvertement les premières cibles d’un Ghibli, le côté adulte donne l’impression d’être toujours là pour que les parents qui accompagnent ne s’ennuient pas. Bon, j’exagère, mais le charme des Ghibli vient de ce soin particulier qu’ils prennent à mettre un message adressé aux adultes dans une oeuvre pour enfants, les deux aspects restant très compatibles. Il manque cet équilibre à Arrietty (ou peut-être qu’ayant moi aussi perdu mon âme d’enfant, je n’y vois que son aspect adulte), et à Ponyo manquait carrément l’aspect adulte, ou plutôt il était trop évident (pollution, écologie, toussa, rien de neuf). Maintenant que j’y pense, c’est aussi pour ça que je ne suis pas fou de Monoke Hime, je n’ai pas vraiment perçu cet équilibre (la fin insensée m’avait laissé assez perplexe aussi). La magie Ghibli comme tu dis, je la ressens surtout pour des films comme Nausicaa et Laputa, le film est trop terre à terre pour qu’on puisse s’attendre à la trouver ici, ce n’est même pas comparable.

Je vois mal ce que tu entends par “dessin animé de luxe”, par contre, si ça tient juste à l’aspect technique toutes les productions américaines à gros budget insipides (sauf l’irréductible Pixar) en seraient aussi :’)

Merci d’avoir pris le temps de lire et de répondre en tout cas, très chère Helia o/

Robs Robs ·  25 août 2012, 11:55

Hello !
J'arrive après la bataille ayant vu Arrietty il n'y a seulement que deux jours, mon commentaire sera donc un peu désuet mais il faut que je me débarrasse de quelque sentiments et émotions qui me pèsent sur le citron et le palpitant.
Franchement je trouve ce film bourré de poésie comme presque toujours avec les Ghibli, mais dans celui ci il y'a tout de même une mélancolie assez pesante que l'on retrouve peu dans les autres à part Chihiro effectivement mais de loin.

Tu as raison Gen lorsque tu dis que la relation entre les deux personnages est violente plus qu’élégante, c'est une relation dure vouée automatiquement à l'échec dans la durée, même le sentiment amoureux car pour moi il y'en a un,sous-jacent, plus présent du moins plus frontal donc masculin chez Sho (invitations,présents,compliments) que chez Arrietty,qui est plus en retrait sur la défensive montrant moins ses sentiments refusant la fleur en bref se faisant désirée donc typiquement féminin.

Ce sont des attitudes tout à fait normales du fait de leur différence de "race" ou "espèce" la curiosité du grand qui ne craint rien et la peur du petit qui est menacé mais intrinsèquement ce sont les attitudes typique qu'il peut y'avoir entre deux êtres de sexe opposé se rencontrant et s'attirant même inconsciemment , l’effet de la relation aurait était complètement différent si Sho avait était une fille et Arriety un garçon.

C'est pour ça que pour moi c'est une vrai histoire d'amour impossible, sans tomber dans le théâtral à la Shakespeare ou dans la mièvrerie mais étant très subtil, vaporeuse et ambiguë, c'est un sentiment avorté des le début, les personnages n'en ont pas conscience ça ne leur vient pas à l'esprit de penser une telle chose car ils sont trop différents mais pas assez différents non plus pour que rien ne naisse entre eux.

J'aime cette fin abrupte justement l"adieu" d'Arrietty en pleur et Sho disant qu'elle fait partie de son coeur incite à penser cet amour impossible et le fait qu'il ne se reverront jamais.
Le fait de ne pas savoir ce qu'ils deviennent renforce ce coté fataliste, on remarque seulement Arrietty sur le cour d'eau souriante allant de l'avant, on peut penser qu'une relation plus profonde va naître avec Spiller, personnage important car pour moi il écarte Sho d'une certaine manière dans l'inconscient d'Arrietty, lors de sa première rencontre avec cette dernière qui provoque chez elle le soulagement de ne pas être seule au monde, de rencontrer quelqu'un de son age et de son espèce, la deuxième fois en aidant Arrietty et sa famille à déménagé l'éloignant ainsi de Sho encore plus et la dernière,définitive dans la théier lorsqu'il offre des fruits à Arrietty il efface du même coup Sho d'une façon plus définitive, en bref Spiller et le rival de Sho.

Je trouve que c'est un film dur et réaliste,Le message est plus adulte qu'enfantin, la forme est faite pour les enfants mais pas le contenue,c'est un film qui prépare, qui montre que rien n'est acquis que les gens se perdent de vu se sépare que c'est triste mais que la vie continue.
Un grand moment d'émotion et de poésie pure, un film qui ne laisse pas indifférent par le message ordinaire mais là d'une infinie beauté qu'il distille.
Chapeau bas!
Peu être que je n'ai fait que rabâcher ce que tout le monde savait mais tant pis, je l'ai dit !!

Gen' Gen' ·  27 août 2012, 19:50

Diantre, quel beau commentaire, j'en suis tout émoustillé ! (Oui, il existe encore des types pour parler de cette manière aujourd'hui...)

Je suis content de te voir partager mon point de vue sur le film, que j'ai aussi trouvé très dur, mais davantage dans ses implications que directement à l'écran. Je te rejoins parfaitement sur le fait que le film aurait été radicalement différent si les personnages avaient inversé leur genre, cette relation de domination humain-chapardeur et homme-femme condamne d'emblée la relation succincte que développent les personnages, ce qui ne manque pas de donner un petit côté féministe secondaire au film, comme dans pas mal de films d'Hayao Miyazaki. Je n'avais pas vraiment vu le film sous l'angle de Roméo et Juliette, mais c'est vrai qu'on retrouve ce principe de relation impossible par nature. Pourtant ici, Arrietty et Sho choisissent d'aller de l'avant, de conserver ces moments au fond de leur mémoire pour s'en souvenir plus tard avec un sourire aux lèvres. Et je pense que cette notion de mémoire est au coeur du film, on nous présente ici un souvenir éphémère mais chaleureux, un de ces moments très limités dans une vie qui motive pourtant à aller de l'avant dès qu'on se les remémore. Il y a de la dureté dans ce film, mais aussi beaucoup de chaleur, la chaleur d'une nostalgie qui ne nous quitte jamais vraiment, une savoureuse douleur. Cécile Corbel souligne cet aspect du film à merveille par le biais de sa musique.

C'est quelque chose qu'on retrouve dans tous les films Ghibli, et c'est aussi à ça qu'ils doivent leur aspect transgénérationnel : les enfants rêvent, les adultes remettent en question, les personnes âgées sont rappelées aux évènements qui ont ponctué leur vie, ce troisième niveau de lecture ayant la majorité ici. Il ne faut aussi pas oublier que si Arrietty est sans arrêt mise au pied du mur (littéralement) de part sa nature de chapardeuse, Sho est aussi condamné par sa nature : sa maladie du coeur laisse à penser qu'il mourra jeune, trop jeune. La mort est présente en toile de fond sur tout le film, cruelle mais nécessaire, une ligne d'arrivée qui confère toute la puissance de ce qui se trouve avant. Aussi dur que soit le film, c'est une invitation à vivre, mais à vivre en pleine conscience qu'il faudra refermer le livre un jour, que toutes les histoires ont une fin.

Je ne sais pas si tu as vu La Colline aux Coquelicots dernièrement de Goro Miyazaki (le fils), on y retrouve une thématique de l'amour impossible assez similaire, même si le film est beaucoup plus terre à terre et que son final est moins déterminé. Un film en points de suspension, qui brille par ce qu'il tait au spectateur. La magie y est aussi moins évidente, plus vaporeuse, présente dans l'air sans qu'on puisse la discerner, un souvenir au sens plus littéral du terme développé par l'héroïne et l'absence de son père. Je ne spoilerai pas le film au cas où, mais je peux dire que j'ai particulièrement aimé la manière dont Goro Miyazaki nous présente des retrouvailles impossibles. Peut-être que ça mériterait un autre billet d'ailleurs.

Merci pour ces impressions à chaud, ça m'invite à réfléchir au film avec du recul, un exercice toujours intéressant. J'aime à penser qu'il n'est jamais trop tard pour découvrir et ressentir une oeuvre, puisqu'elle ne peut vivre que dans nos têtes, quitte à répéter ce que nombreux ont déjà chanté haut et fort avant nous :)

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