Gen's Stream

Forêt Primordiale v.4.4

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

"

Alien 9 : Cet étranger qui réside en moi

HR

Temps de lecture :

6507 mots - 33 minutes

Note : Billet réservé aux estomacs bien accrochés. Si vous êtes bornés et lisez quand même ce qui suit, évitez de cliquer sur les liens…

Pic 1

Alien 9 © Asuka - Trouvez l’intru : non, ce n’est pas face de lézard.

Attention, grand moment de perdition en vue, un raz de marée WTF à en faire trembler Freud lui-même. J’ai découvert Alien 9 par l’intermédiaire des courts OVA, ce qui tend à rendre les prémices de l’expérience plus traumatisantes encore. Voilà le topo : nous sommes dans un Japon où les livres d’Histoire ont inscrit la première rencontre du troisième type suite à la chute d’un météore qui embarquait avec lui une vie étrangère. Suite à cet évènement, les chutes de vaisseaux spatiaux se sont multipliées, au point d’être entrées dans le quotidien de la société moderne : les écoles primaires ont formé leurs propres équipes de défense face à l’envahisseur extra-terrestre. Pas de bol pour Yuri, 12 ans, trouillarde et pleurnicharde éhontée de sa classe, cette année c’est elle qui s’y colle en dépit du dégoût viscéral que lui inspirent les créatures venues d’ailleurs. Elle devra pourtant s’en accommoder, puisque son partenaire et atout pour se défendre dans ses missions est un symbiote qui s’attache à son corps et la suivra partout, une bestiole aux airs de batracien ailé qui a la particularité de pouvoir déployer une pléthore de vrilles lorsqu’elle passe à l’offensive. La série nous présente le parcours de Yuri et ses camarades de labeur Kumi et Kasumi, qui tenteront de s’habituer tant bien que mal à leur nouvelle fonction tout au long de l’année scolaire qui suit leur prise de fonction. Et autant dire que ça tiendra plus de la descente aux enfers que de la thalasso doigts-dans-le-nez.

Le Symbiote, un ami qui vous veut du bien (ou pas)

L’esprit effectif des OVA Alien 9 :

Musique : Flower Psychedelic (Kuniaki Haishima, chant : Juri Ihata/Noriko Shitaya/Kaori Shimizu)

Ce que j’ai vu au travers des OVA et du manga :

Musique : The Hand of Fate (James Newton Howard)

Au premier coup d’oeil, Alien 9 (エイリアン9) affiche comme un air de Concoroll avec ses couleurs chaudes, son charadesign nihiliste et ses créatures outrageusement organiques qui contrastent violemment avec l’aura marshmallow ambiante : on fait dans un premier temps connaissance avec nos trois protagonistes et on découvre l’étendue du travail auquel elles ont été assignées, puis les premiers éléments inquiétants font très vite leur apparition. C’est d’abord du bestiaire que vient le malaise, véritable zoo d’animaux spatiaux à l’apparence toujours très inspirée (au point qu’un tel souci du détail physionomique en devient anormal pour une série a priori si légère, les éradications prendraient presque des airs de missions suicide à la Gantz). Rien qu’avec ce postulat, la série avait déjà de quoi intéresser, mais ce qui suivra ne fera que creuser encore davantage dans les profondeurs du dérangeant.

Art 1

Fond d’écran officiel © Alien 9 Commitee.

Si les OVA adaptés amputent une bonne moitié de l’histoire, les trois tomes parus en France chez Asuka (mais plus édités actuellement, il faudra y mettre de sa poche pour les commander) sombrent encore davantage dans le WTF, avec mort, amputations, dégénérescences atroces pas forcément voulues et défilés de bestioles plus qu’il n’en faut. C’est comme si Hitoshi Tomizawa avait posé les bases d’une situation on ne peut plus banale et prévisible pour mieux la tailler en pièces au fil de son intrigue, avec son lot de scènes à vous en retourner l’estomac (avec entre autres échange de fluides, viol à peine imagé, tripes et boyaux d’aliens à la pelle, et je crois que j’ai déjà mentionné les amputations accueillies à bras ouverts, comme si notre corps en était réduit à l’état de poupée articulée - ce qu’il est plus ou moins techniquement parlant, c’est peut-être bien ce qu’on veut nous intimer -). Sous bien des aspects, Alien 9 prend donc les traits d’une sorte de remake mignon des Profanateurs de Scépultures, The Thing, Parasite et autres oeuvres joyeuses impliquant l’anatomie humaine brute et un contact plus ou moins enviable (souvent moins) avec une entité parasite venue de l’espace profond pour faire pousser des champignons dans vos cerveaux et vous transformer en outil décérébré de l’évolution. L’origine intersidérale est accessoire, ceci dit, on a déjà notre lot de charmants compagnons, je suis toujours très impressionné de voir à quel point Mère Nature peut être implacable garce dans sa course à la survie. L’Homme rêve depuis toujours de servir la science, c’est l’occasion rêvée de s’y mettre, explorons joyeusement la frontière dangereuse qui sépare la symbiose du parasitisme ! Le pire dans tout ça étant qu’on s’y est peut-être déjà mis depuis quelques millions d’années (après tout, le corps n’est qu’un assemblage de cellules, les cellules elles-mêmes étant des symbioses parfaites d’organites divers et variés). C’est assez drôle de se dire qu’on s’entête peut-être à chercher la vie ailleurs alors qu’on l’a peut-être en nous depuis le départ, ou qu’on vient nous-mêmes d’ailleurs dans tous les cas (ce qui expliquerait le foutoir qu’on inflige à notre environnement), mais on ne va pas s’éterniser dans les thèses intestines de l’exobiologie des origines, même si c’est un sujet particulièrement fascinant. Ce qui différencie la fiction horrifique du réel, ce n’est donc qu’une simple question d’échelle, de quoi comme Yuri préférer le confort amiotique (ou moral) à la froide réalité du vivant sans morale ni empathie.

Mais rassurez-vous, dans la forme on pourrait presque trouver qu’Alien 9 est une série on ne peut plus mignonne et légère en omettant quelques détails pratiques. L’héroïne pleurnicharde qui n’en rate pas une, le design rondouillard fait de traits grossiers et de grands yeux, on en donnerait presque à manger à son bambin, on a même droit à une joyeuse séance de chasse aux fantômes qui en dit beaucoup sur nos protagonistes. Pensez juste à arrêter votre tête blonde avant le tome 3 ou la toute fin des OVA, où le côté adulte devient subitement nettement plus évident (difficile de cacher un cadavre sous une avalanche de moe, eh). On est aussi à des lieues du ton corrosif assumé de Mohiro Kitoh et ses percutants Shadow Star et Bokurano, ici même l’intrigue se déroule dans la plus stricte douceur, pas de méchas géants, de sauvetage de monde(s) ou de tentative de réduire en confettis le caractère choupi d’un petit shōnen des chaumières. Techniquement, Alien 9 en est un bel exemplaire, mais juste un shōnen qui aborde des thèmes peu courants dans le domaine, ou au moins plus enfouis. L’éveil de la sexualité et les relations entre les deux sexes, les peurs de l’adolescence, la recherche de reconnaissance, on ne peut pas dire que les sujets soient originaux, c’est dans les symboles qu’il faut chercher un véritable parti pris. Les symbiotes ailés sont à l’image de la série : ils sont plutôt mignons avec leur bougne de grenouille, on les câlinerait bien, mais on est quand même un chouilla dégoûtés par leur tendance à passer leur langue sur vous après un bain, et leurs entrailles vivantes sur votre cuir chevelu font frémir. Que veulent ces drôles de bestioles, d’où viennent-elles ? La planète bleue serait-elle devenue le festin de l’univers tout entier ? La vérité est ailleurs, dans un ailleurs qui se trouve tout au fond de nous, en fait, et qui terrifie plus qu’il ne rassure.

Pic 2

Alien 9 © Asuka - Un zoo de l’espace aussi cruel qu’intriguant. Mention spéciale à l’Itano Circus de vrilles perforantes des symbiotes, le message est clair.

Dis-moi ce que tu penses, je te dirai qui tu es

Alien 9, c’est surtout un bagage psychologique non négligeable, à côté duquel on peut passer sans souci et trouver la série juste mignonne, mais qui tend à vous mordiller les orteils pour se faire remarquer, voir à carrément vouloir vous arracher une cuisse dans le tome final du manga. Toujours est-il que dans cette dimension intérieure cossue, chaque héroïne évolue sur son propre terrain, les entités extra-terrestres s’imposant comme un unique symbole au service de thèmes variables et subjectifs en fonction du personnage sur lequel on se penche. Ça peut sembler tiré par les cheveux, mais même la construction de la série me conforte dans cette approche : chaque arc a pour point central une protagoniste bien spécifique et les symbioses et aliens se mettent au service des divers thèmes sous-jacents au fossé appelé “adolescence” qui sépare l’enfance de l’âge adulte. Rien de tel qu’un petit tour du casting pour mettre en avant cette tendance :

Yuri

Yuri Ōtani - Arcs Gladius & Tournesols

Pleurnicheuse de première, Yuri est le personnage le plus fragile du groupe. Son nouveau poste ne lui plaît guère, et elle participe aux missions d’éradications sans motivation, ce qui se traduit par une inefficacité flagrante qui la met bien souvent dans des positions délicates, laissant à ses camarades la tâche de la sortir de là. L’idée d’avoir une drôle de bestiole sur la tête ne lui plaît franchement pas, elle entretient donc une relation plutôt tendue avec son symbiote, qui ne demande qu’à ce qu’elle prenne la situation en main au lieu de devoir subir les coups en la protégeant. Yuri passe son temps à pleurer, et lorsqu’elle ne pleure pas, elle rougit et ne sait pas se rendre utile. L’innocence même pour résumer, dans sa bêtise ingénue consternante.

L’arc Gladius vient tout de suite après l’introduction à la série et aux missions quotidiennes des héroïnes, et nous offre la première escapade en terrain hostile de la série. Du jour au lendemain, Yuri subit les assauts de vrilles répétés de garçons de son âge qui semblent subir des lavages de cerveaux en posant des parasites qui ressemblent un peu aux symbiotes de nos héroïnes sur leur tête. L’expérience agit comme une drogue : dès qu’ils n’ont plus la bête sur le crâne, ils trouvent le temps long et veulent franchir le pas à nouveau, au grand dam de Yuri qui est toujours leur cible fétiche, peut-être à cause de son innocence manifeste justement. Toujours est-il que ça finit pas prendre la forme d’un véritable harcèlement, les garçons dirigeant jetant systématiquement leurs vrilles sur une Yuri qui ne comprend pas ce qui lui arrive, et pleurniche la tête entre les genoux. Des garçons qui embêtent leurs petites camarades qui ne comprennent pas ce qui leur vaut tant de haine, de là à se rapprocher de l’éveil de la sexualité chez l’enfant, il n’y a qu’un pas qu’on franchit très vite. Après avoir lu le billet d’Helia sur le sujet, je ne pensais pas que le rapprochement serait si évident d’entrée de jeu, mais c’est bien là : l’alien de Yuri, c’est incontestablement le sexe dans ce premier acte. Dégoûtant par son côté organique cru, harassant psychologiquement, tout est là pour nous mettre sur la voie et nous présenter cette transition difficile dans les yeux d’un enfant prépubère qui assisterait à l’acte d’un oeil horrifié, ou serait confronté un peu trop tôt à cet aveuglement étranger qui semble dominer les adultes. La comparaison est poussée à son paroxysme lors du final de l’arc, qui donne ni plus ni moins l’impression d’assister à un viol lorsque le groupe de garçons transperce les ailes immaculées du symbiote de Yuri (l’adaptation animée se donnant même la peine d’ajouter du sang à la scène, histoire de rendre le constat encore plus évident), suivi de ce qu’il serait euphémique d’appeler une violente dépression nerveuse. Comprendre une Yuri déambulant les yeux vides dans les couloirs de l’école, taillant en pièces tous les aliens qui croisent sa route, y compris les symbiotes de ses amies qui partagent le temps de la catastrophe l’effroi profond de Yuri, que son inconscient cristallise à loisirs dans des rêves fleuris mais dérangeants - on peut d’ailleurs se poser des questions sur le symbolisme de la fleur, organe sexuel par excellence -. Le ton est posé.

Pic 4

Alien 9 © Asuka - Promenade dans les limbes fleuries de l’inconscient.

L’arc des Tournesols arrive beaucoup plus tard, dans le dernier tome du manga qui n’a pas été adapté dans les OVA, il met en scène une Yuri aux prises avec l’idée de fusion avec un symbiote, à l’échelle psychologique plus que physique cette fois : recroquevillée sur elle-même après les évènements qui précèdent la série (et un long séjour dans des bois envahis d’aliens dans lesquels je ne conseillerais pas à mon pire ennemi d’aller cueillir des champignons), elle manque de s’enfermer définitivement dans une carapace, chose que les aliens mettent encore une fois très bien en avant puisque les symbiotes, étranges croisements entre une araignée et une fleur, passent pour des tortues lorsque Yuri amorce la transformation dans son esprit, dans une sorte de “mind rape” où elle prend progressivement la forme des symbiotes. Poussée à rejeter le monde qui l’entoure pour s’enfermer définitivement dans un monde intérieur plus sécurisant et confortable, Yuri met pour le même coup en doute les intentions des symbiotes batraciens qui sont censés la protéger lors de ses missions. C’est toute la légitimité de la fusion symbiote/humain qui s’effondre comme un château de cartes, alors que Yuri persiste à ne pas vouloir changer, à ne pas vouloir grandir.

Ces gémissements répétés face aux créatures étranges et situations dérangeantes sont au final ce qui rapproche le plus le personnage du spectateur, et ce qui fait de lui le plus honnête du trio. Yuri ne se ment pas, elle ne retient pas ses larmes et sa peur, ses émotions explosent constamment. Son effroi face au changement paraît on ne peut plus naturel puisqu’elle a avant tout peur de se perdre elle-même en mettant un pied dans un monde qu’elle ne comprend pas vraiment et ne sait pas appréhender : l’âge adulte. Malgré tout, sa capacité à refuser les compromis en font probablement le personnage le plus fort du trio.

Kasumi

Kasumi Tomine - Arc Yellow Knife

Kasumi est le joyeux luron du groupe. Toujours souriante, c’est une enfant génie fille de riche famille qui sait tout faire, et sa curiosité débordante la pousse à s’intéresser à tout. Entreprenante, voir téméraire, elle se lance à pieds joints dans les missions et s’en sort remarquablement bien, au point de considérer ça comme un jeu. Elle trouve les extra-terrestres plutôt dôles, voir mignons, et son symbiote n’a pas vraiment son mot à dire, ni le temps de dire quoi que ce soit puisque Kasumi fonce tête baissée sans se reposer sur qui que ce soit. Diamétralement opposée à Yuri en terme de caractère, mais elle ne lui en tient pas rigueur puisque qu’elle semble s’entendre avec tout le monde. Une vraie petite fille modèle, en somme, parfaite sur tous les plans.

Parfaite ? Le second arc nous apprend que les apparences sont trompeuses en nous emportant dans le premier grand élan WTF de la série. Un extra-terrestre colossal venu de nulle-part, le Yellow Knife, tombe sur le toit de l’école, et semble profiter du paysage en d’adonnant à une bonne sieste au soleil. L’école entière commence à se demander ce qu’il peut bien vouloir lorsqu’un soir, il avale tout rond une Kasumi plus joviale que jamais. C’est là qu’on s’aventure dans l’inconscient pas joli joli de la fillette, qui voue un amour un peu trop fort à son grand frère parti loin d’elle, pour ses études nous disent ses souvenirs, et nous voilà plongés sans crier gare dans le monde merveilleux de l’inceste avec consanguinité à la clé. Le Yellow Knife se réveille soudain et foudroie l’école entière d’une vague psychique, que seules Yuri et Kumi arrivent à supporter grâce à leur symbiote, l’effet secondaire notable étant qu’elles se retrouvent subitement seules au monde, toute forme de vie ayant disparu autour d’elles. Dans le ventre du monstre, Kasumi est en position de foetus, le sourire aux lèvres, lèvres qui accueillent très vite un liquide douteux qu’elle s’empresse de lécher. Là aussi, l’adaptation animée met encore plus l’accent sur ce passage, en montrant clairement quelques gouttelettes qlisser entre les lèvres du personnage alors que le manga se contente d’une bouillie immonde qui lui coule sur le visage, je vous laisse le loisir de penser à ce que ça vous évoque.

Pic 2

Alien 9 © Asuka - Les folles obsessions de Kasumi.

On sombre encore un peu plus dans le dérangeant dans une scène des OVA où ce qui semble être le frère de Kasumi surmonté de la tête du Yellow Knife enfonce sa tête dans l’estomac de sa soeur. Cette dernière n’a alors comme réaction qu’un gloussement de plaisir et des “onii-chan” en veux-tu en voilà. De là à mettre en image une fécondation, il n’y a aussi qu’un pas, que je soulignerai avec plus de prudence étant donné que la scène n’est pas présente dans le manga, l’adaptation insistant bien pour qu’on imagine bien pire que ce que l’oeuvre originale présente déjà, en passant sous silence certaines scènes et en ajoutant quelques autres passages évocateurs. Ce long moment de “mais, que… je… il…” a fait germer pas mal d’hypothèses sur la condition psychologique déplorable de Kasumi, mais toutes se rejoignent sur un point : il n’y a bel et bien plus rien à sauver. Imaginez un peu : dans un élan désespéré pour compenser l’absence de son frère, Kasumi s’est transformée en nourrisson soudant et approuvant leur relation incestueuse ; un nouveau-né mis au monde pour satisfaire son inconscient ravagé lorsqu’elle surgira - nue dans les OVA - du ventre du Yellow Knife (et s’empressera d’étrangler Kumi qui a eu le malheur d’interrompre le coït). Sans compter qu’elle a au cours de ce processus ankylosé l’esprit de tout être humain à 100 mètres à la ronde, comme pour envoyer valser l’opinion publique.

Concrètement, il n’en ressort qu’une chose : une fillette croisée avec un monstre. L’alien, qui représente tout ce qui lui est interdit dans sa relation avec son frère, et ce qui est devenu impossible depuis que ce dernier est parti loin d’elle, Kasumi l’embrasse pleinement dans un rejet massif des règles qu’on lui impose, au point de fusionner avec lui et de passer à l’âge adulte un peu trop vite. Par cette unique moyen, elle a oublié un vide intérieur qu’elle tentait de combler sans succès en se lançant à corps perdu dans tout ce qu’elle entreprenait, cachant derrière son sourire omniprésent une profonde blessure qui a fini par la détruire, je me demande même si son vrai corps n’est pas mort avec la destruction de la créature à la fin de l’arc, ne laissant derrière lui qu’un clone chimérique qui partage son apparence. Oui, Alien 9, c’est du serious business.

Kumi

Kumi Kawamura - Arcs Yellow Knife & Lynux

Débrouillarde et très autonome, sa responsabilité et sa maturité d’esprit lui confèrent les faveurs des adultes, qui la considèrent comme un exemple pour ses camarades. Si la chasse aux aliens ne lui plaît pas particulièrement, elle ne rechigne pas à la tâche et accomplit son devoir sans broncher. Irritée par le comportement de Yuri au premier abord, elle finit par s’y attacher lorsqu’elle constate l’étendue de sa détresse, et la sauve à multiples reprises de situations périlleuses, au point de finir par trahir un véritable instinct maternel, ou une attirance plus profonde encore. Son calme et sa capacité à réfléchir pour agir avec justesse au coeur de l’action sont ses principales qualités, sa professeur juge ainsi qu’elle dispose du meilleur potentiel pour remplir son rôle.

Encore un personnage qui nous rappelle qu’il ne faut pas se fier aux apparences, même si globalement on peut la considérer comme la plus équilibrée du trio, entre les extrêmes que sont les caractère de Yuri et Kasumi. Kumi a cependant aussi sa part de sentiments refoulés, ce qu’on découvre dans l’arc du Yellow Knife, lorsque sous le coup de l’attaque de l’alien elle se retrouve seule au monde, paniquée et impuissante, révélant un visage de petite fille abandonnée par son père. Mais c’est à la fin des OVA qui choque et enflamme les esprits à nouveau, lorsque le cadavre du personnage est retrouvé éventré dans la bibliothèque dans une scène qui clos l’adaptation animée sur un twist plus que monumental. Le manga n’est est qu’à sa moitié à ce point là, et nous apprend qu’une sorte de ruche volante d’eyeballs mangeurs de chair se ballade dans les parages. Peut-être qu’il a aussi répondu à l’appel de Kumi, secouée par la vérité qui lui a sauté à la gorge lorsqu’elle s’est retrouvée seule, comme l’avait fait le Yellow Knife pour Kasumi, toujours est-il qu’elle a servi de petit encas à un extra-terrestre gourmand. Envoyant une Yuri traumatisée et l’inquiétante Kasumi chercher la cause du drame (maintenant elle force littéralement son symbiote à s’agripper à sa tête), Kumi est placée en bocal de régénération dans une ultime tentative de la soigner. Seulement, le processus prend une tournure inattendue.

Pic 5

Alien 9 © Asuka - La solitude est un des grands démons de l’enfance.

Les raisons de la transformation de Kumi sont obscures, peut-être qu’une suite à l’adaptation animée pourrait apporter des éclaircissements à ce niveau là comme c’était le cas pour Kasumi. Terrifiée à l’idée d’être seule à nouveau, pendant qu’elle n’est plus qu’un tronçon nerveux pendu au bout d’une tête, Kumi amorce de fusionner son corps avec son symbiote hors de tout contrôle. A son réveil, elle n’est plus qu’un pantin parcouru de vrilles qui déchirent ses membres dès qu’elles surgissent. Elle n’est plus humaine mais n’est pas non plus la fusion parfaite que les extra-terrestres attendent d’un hôte, elle ne ressent même plus la douleur et perd bras et jambes sans ciller au fil des évènements. Kumi a changé irrémédiablement, mais Kumi n’est plus seule à présent, son symbiote dont elle était proche l’accompagnera toujours. Le symbiote ne vit cependant pas littéralement à l’intérieur d’elle, il est probable qu’elle ait intégré une sorte de copie de ce dernier à son organisme pendant le processus de régénération puisqu’elle le porte toujours sur la tête durant les missions qui suivent. Mais la plupart de ses fonctions en tant qu’humaine sont perdues, y compris son système reproducteur.

Kumi, qui souffrait tant de l’absence de son père et du silence de sa mère, ne pourra jamais créer une famille, et offrir à un enfant de sa chair des parents aimants et présents. Dure punition pour avoir cédé à la lâcheté face à ses démons, l’expérience la rapprochera pourtant de Kasumi. Et au contraire, elle la distance inexorablement de Yuri, celle dont elle désire le plus être proche. C’est un triangle sentimental intelligent qui se dessine entre les trois protagonistes, et qui annonce les évènements d’Alien 9 Emulators.

Adulte, ton univers impitoyable *air connu*

Il est intéressant de noter qu’en toile de fond de l’histoire des protagonistes, les adultes sont d’une inutilité absolue. Les professeurs envoient les enfants affronter des créatures de l’espace, ce sont les écoles qui s’y collent. On ne nous dit pas si il y a d’autres attaques en dehors des établissements scolaires ou si ces dernières les ciblent spécifiquement, mais cette histoire de chasse à l’alien prend rapidement des dimensions de complot galactique, un background dont Alien 9 ne serait qu’une brève introduction. La professeur qui s’occupe du trio d’héroïne n’a en tête que leurs performances et leur aptitude à faire un hôte convenable pour leurs symbiotes, on découvre que toute l’administration de l’école est composée d’humains ayant fusionnés avec leur symbiote. C’est même possiblement le cas de tous les adultes, les enfants étant alors victimes d’un complot global voué à les transformer à leur tour grâce à des rencontres du troisième (ou neuvième ?) type orchestrées avec soin (lorsque les enfants ne mettent pas eux-mêmes leur grain de sel en appelant les aliens). Tout ça donne aux adultes une dimension manipulatrice inquiétante et résignée qu’on nous dévoile par petits bouts d’une manière très sombre : la professeur qui officie en tant que coach du trio est sosu les ordres de la directrice de l’école, qui est elle-même en contact avec une entité de plus grande envergure dont on ignore tout. L’embrigadement de la jeunesse se fait-il derrière le dos du gouvernement ou avec son accord ? Une autre question qui restera sans réponse.

Là où ça devient vraiment intéressant, c’est que la série est une parfaite métaphore de l’éducation dans les écoles primaires, dans lesquelles on nous distille un savoir froid et impersonnel pour que nous rentrions dans un moule aux goûts de la société moderne. La sentimentalité n’a que peu de place dans ce processus, et c’est plus à la frustration que les institutions nous invitent en étouffant dans l’oeuf toute singularité trop gênante. En plus de disserter sur l’adolescence, cette longue période qui marque la transition entre deux formes de maturités contradictoires, Alien 9 nous présente une petite critique acidulée de la société qui produit des clones et se repose sur son administration, un système cruel qui condamne les essais manqués et récompense la docilité de caractère en oubliant d’inclure toute dimensions humaine dans le processus. La fusion symbiote/humain est une parfaite représentation de ce qu’on cède et abandonne lorsqu’on grandit et mûrit : innocence, rêves, illusions, vélléités qui n’ont plus lieu d’être et nous résignent à une vision plus pragmatique du monde, nous obligeant à laisser une part de notre humanité sur le bord de la route, et à accepter une part de nous-mêmes qui nous était étrangère jusqu’alors (ou une part du monde qu’on aurait préféré ne jamais connaître). Les marches pour arriver à l’âge adulte sont cependant nombreuses et délicates à appréhender : chacun des aliens mis en scène en est une, créature imprévisible et hors de contrôle à l’image des crises de l’adolescence, et symbole d’autant d’épreuves à surmonter pour mûrir petit à petit au prix de quelques cicatrices.

Art 2

Illustration officielle © Alien 9 Commitee.

Et visuellement/qualité sonore, ça donne quoi ?

En terme de réalisation Alien 9 ne casse pas de briques (ni de pattes à un canard), mais les OVA ont le mérite de bénéficier d’une animation d’un très bon niveau, ça rattrape le design pas forcément attrayant des personnages. Dans le manga, il faudra faire avec par contre, d’autant plus que le charadesign tranche radicalement avec les trames d’ombre de certains décors et aliens, au point qu’on peut légitimement se demander si on lit le même manga d’une page à l’autre. Non mais franchement, regardez-moi la taille de ces oreilles, les “pattes” des symbiotes font une belle excuse pour ne pas les dessiner. Niveau régularité c’est pas vraiment ça donc, mais on sent qu’Hitoshi Tomizawa a laissé champ libre à son trait avec plusieurs styles de dessins contradictoires, du réaliste au farfelu. On devine aussi qu’aux yeux de l’auteur, l’important n’est pas tant l’esthétique que les thèmes qu’il a voulu insérer dans son manga (on ne peut pas vraiment parler de “messages” puisqu’il n’y a aucune morale à Alien 9, c’est plus un constat pessimiste). Certaines illustrations de chapitres sont cela dit plutôt inventives, et on a même droit à quelques images agrémentées de prises de vues réelles, ce qui s’avère être quelque peu déstabilisant (notamment lorsqu’on tombe sans s’y attendre sur une Yuri photoréaliste au détour d’une page).

Globalement les qualités d’Alien 9 ne sont pas à chercher dans son esthétique, qui a au moins la particularité de tromper son public pour mieux le surprendre (quitte à franchement l’écoeurer). Au niveau sonore, on reste sur un niveau très acceptable, que ça concerne les doublages (qui ont le mérite de rentrer dans leurs rôles comme dans des baskets, je pense à Aya Hisakawa, Juri Ihata, et la voix d’Ashida Akira nous fait même un petit coucou) ou la musique, à l’exception de l’opening et de l’ending qui est aussi sympathique dans un ton plus dramatique. En fait, je ne me souviens même pas avoir entendu une seule musique de fond, ce qui veut dire qu’elles faisaient leur boulot sans briller ou qu’il n’y en a tout simplement pas. Kuniaki Haishima étant crédité pour la bande originale (Blue Gender, Kousetsu Hyaku Monogatari, Monster, Macross Zero), je suppose que le premier choix est le bon… Plus d’infos sur la bande originale ici.


Alien 9 - Yasashii Dream (Kuniaki Haishima)

Alien 9 - Borgu (Kuniaki Haishima)

Après m’être penché d’un peu plus près sur les musiques hors contexte (dieu sait que le contexte peut jouer en la faveur ou défaveur d’une bande originale), je peux dire que j’avais tout de même trouvé quelques pistes très agréables, je pense notamment aux violons dissonants qui introduisent les OVA, “Yasashii Dream”. Le morceau poursuit avec un style électro-acoustique faussement mignon plutôt aboutit, parsemé de choeurs et autres cordes plus graves. Le contraste des morceaux colle aux OVA, et même si j’ai l’impression que ces derniers les ont très peu exploités ils reflètent remarquablement bien l’ambiance “crapsaccharine” de la série, à l’image du générique d’ouverture. La musique prend parfois mêmes des airs de composition expérimentale, je pense au morceau “Borgu” très enivrant (je me surprends à vraiment aimer le morceau, ça m’évoque le travail de Kaida Shōgo en matière d’électro très fournie en percussions). L’utilisation de percussions traditionnelles est surprenante mais absolument pas déplacée puisqu’elles sont toujours accompagnées d’éléments beaucoup plus légers, je note aussi une présence massive d’instruments à vent très variés, et de percussions plus légères proches du xylophone. Les thèmes de Yuri, Kasumi et Kumi sont quand à eux des reprises libres de la célèbre contine anglaise “London Bridge is Falling Down” (au moins le thème de Kumi en tout cas, je ne m’y connais pas suffisamment en la matière pour en discerner d’autres), ce qui ne manque pas d’alimenter encore le contraste.


Alien 9 - Atsui Iro (Kuniaki Haishima)

Alien 9 - Sakuranbo Iro no Kuchibiru (Kuniaki Haishima)

Niveaux morceaux qui sortent du lot, je me souviens aussi avoir apprécie “Atsui Iro”, qui me rappelle “Into the Thick of It” de Secret of Mana (aussi étonnant que ça puisse paraître, les accords de guitare en arrière-plan sont très similaires), et ce n’est pas le seul morceau dont certains accords renvoient à la BO du jeu (je pense aussi à “Aa, Omoshiroi”). J’ai du mal à croire que j’ai retenu si peu de morceaux au visionnage quand je vois la diversité et l’originalité des pistes, c’est un vrai petit plaisir à écouter hors contexte pour peu qu’on ne soit pas trop frileux en terme d’exploration de genres. À la volée : “Iti no Oto wa Todokanai”, “Sakuranbo Iro no Kuchibiru”, encore une musique très enchanteresse à la Secret of Mana soutenue par un bel air de violoncelle de bout en bout, “Niji no Jisuberi” plutôt inquiétante sous ses faux airs de jazz ambiant, “Cry These”, piste nerveuse juste stupéfiante dans sa construction qui me fait quand à elle penser au travail de Conisch sur Mardock Scramble : The First Compression, “Hoton no Schelude” et son mix chiptune/choeurs d’enfants titille aussi les tympans. Une bande originale vraiment recherchée, mais pas forcément bien exploitée par son support donc, ça reste un vrai petit plaisir à écouter, et il est difficile de ne pas noter le côté RPGesque de nombreuses pistes. Je vais sans doute vous en mettre quelques-unes à disposition pour que vous puissiez constater tout ça par vous-mêmes (et là j’apprends qu’Haishima a aussi bossé sur la BO de Mushishi, sacrebleu).


Alien 9 - Niji no Jisuberi (Kuniaki Haishima)

Alien 9 - Cry These (Kuniaki Haishima)
Conclusion

Ce qui se cache derrière ces écoles primaires qui s’auto-défendent face à l’envahisseur déjà omniprésent, et ces jeunes filles qui apprennent ce qu’induisent les responsabilités au travers de leurs missions, est donc à chercher dans les traumatismes qui opposent enfance et âge adulte, ou plutôt qui marquent cette transition, et dans les changements physiques non négligeables qui opèrent durant cette période. Visuellement passable, même si les OVA bénéficient d’une bonne réalisation (j’ai oublié de préciser que J.C Staff est aux manettes, avec une direction de Yasuhiro Irie et Jiro Fujimoto), c’est avant tout à ce background pour le moins original que l’oeuvre doit son statut de bonne pioche, entre parodie de shōnen jeune public lambda, thématique approfondie de l’adolescente et critique déguisée du système scolaire japonais. Le 9 du titre reste encore un grand mystère à mes yeux, jeu de mots avec la prononciation japonaise (Eirianku), référence induite (dans la culture japonaise, le chiffre 9 est mauvais puisque phonétiquement lié à la notion de souffrance, terme qui se prononce aussi “ku”) ? Ou alors rien du tout, et ça se limite au fait que l’histoire se déroule dans l’école N°9 (mais dans ce cas là, j’ai quand même envie de vous dire “Pourquoi 9 ?”, le hasard est toujours guidé par l’inconscient), ou la réponse se trouve dans le tome Emulators que je n’ai pas encore le loisir d’avoir parcouru. Si vous avez des éclaircissement/idées/révélations à apporter à ce niveau là, n’hésitez pas à m’en faire part…

Prochainement je parlerai musique les gens, ça fait longtemps que je n’ai pas fait une petite critique d’OST ou une Note vidéoludique, j’ai bien envie de m’y remettre. Préparez vos oreilles donc !

Références du manga :

3 tomes (Seinen), 13 x 18cm, 3x~200 pages © 1999 Hitoshi Tomizawa
Éditions Asuka (Kaze) 2005 via Akita Publishing Co. Ltd. & Tohan Corporation, Tokyo
ISBN 9782849650530, 9782849650813, 9782849650820 - Marché occasion

Hitoshi Tomizawa : Script & Illustration;
Lilian Lebrun : Traduction ;
Rodolphe Massé : adaptation ;
Claire Deslandes : Correction.


Références du DVD :

1 DVD 4 épisodes (Format DVD 9) Zone 2, Edition Standard 112min © 2001 J.C Staff - AT-X
Distribué par Dybex 2005 via Bandai Visual Co. Ltd.
Bonus : 4 clips promotionnels, croquis + trailers distributeur - 5 € neuf (promotion)

Jiro Fujimoto : Directeur (épisode 1);
Yasuhiro Irie : Directeur (épisodes 2 à 4) ;
Sadayuki Murai : Screenplay (épisodes 1, 3) ;
Seishi Minakami : Screenplay (épisodes 2, 4) ;
Voir staff détaillé sur ANN.


Références de la bande originale :

1 CD 24 pistes, 46min22 secondes © 2001 Kuniaki Haishima/Columbia Music Entertainment
21 Novembre 2001 (Japon)

Kuniaki Haishima : Composition ;
Juri Ihata/Noriko Shitaya/Kaori Shimizu : Performance vocale (OP) ;
En avant : Composition & Performance vocale (ED).


Gen'

Gen'

Abonnez-vous au Flux RSS pour suivre les prochains billets de cette catégorie.

Helia Helia ·  16 juillet 2011, 17:30

Le billet tant attendu sur Alien 9 est enfin là. Il t’en aura fallu du temps ^^  !

« Mais rassurez-vous, dans la forme on pourrait presque trouver qu’Alien 9 est une série on ne peut plus mignonne et légère en omettant quelques détails pratiques. L’héroïne pleurnicharde qui n’en rate pas une, le design rondouillard fait de traits grossiers et de grands yeux, on en donnerait presque à manger à son bambin, on a même droit à une joyeuse séance de chasse aux fantômes qui en dit beaucoup sur nos protagonistes. Pensez juste à arrêter votre tête blonde avant le tome 3 ou la toute fin des OVA, où le côté adulte devient subitement nettement plus évident (difficile de cacher un cadavre sous une avalanche de moe, eh) »

S’il-te-plaît, dis-moi que tu plaisantes… ::wtf: Je sais bien que le design d’Alien Nine est très « mignon » mais quand même. Dès le 1e OAV il y a des traces de malsain et la suite ne fait qu’empirer donc si la série adapte la moitié du manga, le premier tome doit être bien corsé à sa façon et contenir ces détails. Je suppose que la fin a dû te désensibiliser complètement vu la montée en horreur mais bordel, non, même le début tu ne le files pas à un enfant 0_o !
(D’ailleurs on ne file pas un livre à un gosse s’il n’a le droit que de lire le premier chapitre, c’est juste du sadisme)

« Alien 9, c’est surtout un bagage psychologique non négligeable, à côté duquel on peut passer sans souci et trouver la série juste mignonne, mais qui tend à vous mordiller les orteils pour se faire remarquer, voir à carrément vouloir vous arracher une cuisse dans le tome final du manga »
Sérieux, tu es vraiment désensibilisé ou alors on a pas regardé la même oeuvre, parce que le bagage psychologique moi il m’a un peu sauté au cou pour m’étrangler et ce, dès le début. S’il faut attendre la fin du manga pour être traumatisé selon toi, j’ose à peine imaginer ce qu’il contient =/.

« on peut d’ailleurs se poser des questions sur le symbolisme de la fleur, organe sexuel par excellence » = Référence phallique check. J’écris ton nom sur ma Freundian Death Note >_<.

« Il est intéressant de noter qu’en toile de fond de l’histoire des protagonistes, les adultes sont d’une inutilité absolue » = J’ai surtout trouvé qu’ils étaient inconscients. Les parents des héroïnes notamment sont absolument aveugles au danger qu’encourt leur progéniture, c’est assez charmant (Yuri : « Maman, je suis traumatisée, je me suis symboliquement faite violée par des garçons de me classe hier soir » Mère : « Hunhun, c’est très bien, ma chérie, continue comme ça » Yuri : « … »). Et puis quelle idée de foutre une fille qui a la phobie des extraterrestres dans un comité Anti-Alien ? Autant foutre un arachnophobe dans une baignoire débordante de mygales, ça aura le même effet…

« Le 9 du titre reste encore un grand mystère à mes yeux » = Pareil pour moi, je n’ai toujours pas compris. Le neuf est un chiffre mystérieux, peut-être que ça sonnait bien aux yeux de l’auteur. Ou alors il y a 9 types de formes de vie extraterrestres (dont les Borg et les Yellow Knife font partie). Va savoir.

BlastWiz BlastWiz ·  16 juillet 2011, 17:47

Un bon article pour une série en mal d’amour :’( .

Je rejoins Helia pour le remuage de tripes dés le début, ça m’avait frappé assez vite.
Pour la signification du 9 dans le titre, je me suis toujours dit que c’était un jeu de mot avec “arienai” (impossible, je ne comprends pas, quelque chose dans le genre), mais peut-être que je me fais simplement des idées.

Gen' Gen' ·  16 juillet 2011, 18:12

Avant que tu me sautes au coup pour me réduire en charpies ma chère Helia, ces remarques synthétisent pas mal de commentaires que j’ai lus sur le sujet, affirmant que, je cite : “le manga est mignon est sympathique, dommage que ça devienne trop adulte sur la fin”. Ce avec quoi je ne suis évidemment pas d’accord, puisqu’à moins d’un déni acharné le côté malsain est vite palpable, comme mes longues descriptions des arcs l’ont argumenté. Reste que ce sont des ressentis qui existent bel et bien, et que le pire est effectivement dans la suite. Et le coup des têtes blondes, c’était juste du troll hein :’)

Pour les adultes, je pensais surtout aux profs, c’est vrai que je n’avais pas en tête les parents des héroïnes. Mais là aussi, peut-être qu’ils sont tous déjà “aliénisés” ? En tout cas on en arrive toujours au constat qu’enfants et adultes ne vivent pas dans le même monde.

BlastWiz > J’ai effectivement pensé au “arienai”, qui résumerait assez bien mon état devant la série, mais je ne suis pas convaincu par l’explication. En glanant des informations sur Alien 9 Emulators, la suite en 1 tome, j’ai appris que les Borgs seraient la neuvième génération d’extra-terrestre arrivés sur Terre, qui se frotteraient de près à la huitième qui n’aime pas se faire couper l’herbe sous le pied et réclame son dû (la race humaine donc). Ça explique le titre, mais pas vraiment pourquoi le “9” a été choisi.

Helia Helia ·  16 juillet 2011, 19:28

Si ces remarques sont des synthèses de ce que tu as pu lire sur le sujet alors pourquoi ne pas l’avoir expliqué, tout simplement ? Tes lecteurs ne sont pas télépathes (du moins, je ne le suis pas), ils ne peuvent pas deviner que ces phrases ne traduisent pas ta pensée s’il n’y a aucune indication ^^’

« Et le coup des têtes blondes, c’était juste du troll hein :’) » = Tu es vil, je voulais croire en ton innocence jusqu’au bout moi ;__; !
(Sur ce, je retourne écouter de la musique d’eroges, mon innocence à moi elle est foutue de toute façon =D)

« Pour les adultes, je pensais surtout aux profs, c’est vrai que je n’avais pas en tête les parents des héroïnes. Mais là aussi, peut-être qu’ils sont tous déjà “aliénisés” ? » = Les professeurs c’est un peu particulier vu qu’on sent bien qu’ils ont des intentions cachées, du coup je préfère ne pas m’avancer à leur sujet. Les parents par contre sont bien aliénants, oui. Mention spéciale à la mère de Kumi, tellement irresponsable que c’est à sa fille de s’occuper d’elle.

Sinon, je pense que vous vous prenez beaucoup la tête avec « arienai » (qui me paraît bien improbable). Je suis plus pour les générations d’extraterrestres ou juste « Bah Alien tout seul, ça faisait vide…Alien 9 ça veut rien dire mais ça fait classe ». En tout cas, ça ne m’empêchera pas de dormir XD.

Lagaes Lagaes ·  16 juillet 2011, 20:17

Marrant, ça fait plusieurs fois que j’entends parler d’Alien 9 en pas si longtemps que ça (depuis la fin d’un certain anime avec des filles magiques, en fait :p) et ça m’a poussé à prendre le manga chez mon fournisseur habituel à qui, coup de bol, il restait les trois tomes.
Je les ai lus cet après midi même, avant de lire cet article. J’en ressors un peu partagé.
Si je reconnais les aspects malsain, violent, et même parfois cruel de la version papier, je n’en suis quand même pas choqué comme j’ai pu l’être après d’autres lectures. Il se trouve toutefois qu’après avoir parcouru l’article, je me rends compte être passé à côté de pas mal de points, certains par ma totale inaptitude à saisir le symbolisme (un viol ? Ah ouais, maintenant que vous me le dites… Mais bon, ok, là, c’est mon cerveau que je dois blâmer), d’autres par manque d’information : j’ai beau relire l’arc Yellow Knife, le seul élément émotionnel exprimé à propos de l’attachement de Kasumi à l’alien est sa solitude. Aucune plongée dans son inconscient perturbé, aucune mention de sentiments pour son frère, et même ! Aucune mention du frère en lui même, à part peut-être une image d’un short mouillé étendu avec une pince à linge au détour d’un intitulé de chapitre. De même, aucune mention explicite concernant l‘“abandon” de Kumi. Tout juste appelle t-elle sa mère et déplore t-elle être seule dans ce vaste monde. Certes - pour ce dernier point, un peu d’extrapolation peut ramener au raisonnement avancé concernant son père.

Du coup, une double question me vient :
1) est-ce que l’anime est à ce point plus explicite (et accessoirement émotionnellement impactant) que le manga ?
2) l’édition made in Asuka n’aurait-elle pas -sait-on jamais, ça ne serait pas une première- été amputée de quelques pages / édulcorée sur certains dialogues ?
…parce que je veux bien, parfois, ne pas être une flèche mais pour le coup, j’ai vraiment l’impression de manquer d’éléments.

Gen' Gen' ·  16 juillet 2011, 21:36

Les OVA apportent clairement des détails sur le background des demoiselles, c’est évident sur l’arc Yellow Knife où il est clairement fait référence à un grand frère envolé et à une certaine forme d’amour incestueux alors que tout propos à ce sujet est comme tu le dis absent du manga. Il y a aussi l’arc de la chasse aux fantômes totalement absent du manga (le Yellow Knife en lui-même est d’ailleurs expédié beaucoup plus vite). Du coup on peut se demander si les OVA apportent des précisions sur l’intrigue du manga ou l’exploitent à leur manière : j’ai opté pour la première option.

La mise en scène aidant, c’est peut-être bien plus impactant que le manga, je suis incapable de le dire après coup. Sur certains points les OVA poussent encore davantage à la surinterprêtation en tout cas, suffit de voir les théories qui sont nées dans l’esprit de ceux qui sont ressortis un peu traumatisés de la fin des OVA sans avoir lu le manga. Cette aptitude à enflammer l’imagination prouve bien que l’oeuvre en elle-même n’est pas si anodine.

Je ne saurais dire si l’édition signée Asuka a été amputée de quelques pages puisque c’est celle-ci que j’ai lue. Je te conseille de compléter l’expérience avec les OVA, qui ont le mérite de proposer quelque chose de sensiblement différent même s’ils sont incomplets.

Sirius Sirius ·  16 juillet 2011, 22:22

Ah ça pour une série mal aimée, c’en est une. Le jour où j’ai eu le titre sous les yeux, je me suis certainement arrêté au 8,33/20 sur manga-news ou au 0,36/10 sur animeka ^^’

En te lisant, je ne peux que me sentir irrésistiblement attiré par tant de déviance et ma curiosité va finir par l’emporter. J’avais bien une question à te poser concernant la version que tu conseillerais de privilégier mais je sens bien que l’anime t’a plus marqué que la version papier. Je vais donc tenter de m’accrocher même si je sens quelque part que moi aussi je risque de passer à côté des observations que tu as faites.

Très joli pavé à nouveau. J’espère que tu parleras de Dragon Quarter dans le prochain!

Gen' Gen' ·  16 juillet 2011, 22:44

C’est pas commun comme constat, mais les OVA complètent le manga, je suppose donc qu’aborder Alien 9 dans le sens manga+OVA serait plus approprié. Cela dit j’ai procédé dans le sens inverse (faut croire que j’aime tout faire de travers), ce qui tend à maximiser le choc et à nous laisser imaginer les théories les plus folles. Au choix, donc :)

Quand au symbolisme ambiant, comme je l’ai dit j’étais moi-même persuadé que ça ne serait pas si évident que ça en abordant les OVA, et à ma surprise ça l’était bel et bien sur certains aspects (le coup du viol par exemple, et le fossé enfants/adultes). D’autres points sont davantage du domaine de l’interprétation, notamment ce qui concerne Kumi, j’ai traîné trop longtemps dans des analyses et discussions anglophones pour pouvoir garder un point de vue pragmatique sur tout ça.

Sinon je risque très probablement de parler de l’OST de Dragon Quarter et de l’ambiance générale du jeu, avant de parler du jeu lui-même. Quelque chose de moins long mais plus “poétique” donc, a priori, ça soulagera les yeux de mes pauvres (mais courageux, je les en remercie) lecteurs, et enivrera leurs sens, je l’espère.

Note quand même que je me suis essayé à un rendu plus aéré et interactif cette fois, même si j’ai encore des progrès à faire !

Lagaes Lagaes ·  18 juillet 2011, 23:48

Dévédé commandé, merci du conseil.

Pour info, pour ceux que ça intéresse : j’ai eu l’occasion de jeter un œil à la traduction officielle US, il y est bien fait mention du frère dans l’arc Yellow Knife. A trois reprises, mais succinctement, sans rien d’explicite. Ces mentions n’apparaissent pas en VF. Il n’a pas l’air d’y avoir de pages qui ont sauté, par contre.

shurei shurei ·  19 juillet 2011, 14:44

J’ai pas du tout aimé, que ça soit le manga ou les OAV… J’avais trouvé ça dérangeant, je m’ennuyais devant et j’ai dû me forcer à finir le dvd tellement je souffrais. Quand au manga, j’ai uniquement le tome 1, j’ai pas du tout accroché. Peut-être que maintenant j’aimerais, mais j’en ai un tellement mauvais souvenir…

Gen' Gen' ·  19 juillet 2011, 17:39

C’est clairement une mauvais pioche si tu y cherchais juste du divertissement pas prise de tête. Je dirais que tu t’es faite avoir pas la forme toute choupi, d’où la mauvaise impression lorsque le fond malsain s’est pointé :p

Xabutongle Xabutongle ·  09 décembre 2014, 11:00

Le 9 du titre est pour moi clairement une référence au film « Alien, le 8e passager ». Une des illustrations présentées dans cet article montre d’ailleurs une créature qui s’apparente beaucoup à un face-hugger.

Les commentaires sur ce blog utilisent l'affichage Gravatar, enregistrez votre mail en quelques clics pour lier automatiquement votre adresse mail à un avatar de votre choix sur tous les sites compatibles. Cliquez ici pour en savoir plus.



Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

Notice: Undefined index: c_question_hash in /var/www/gen/www.genstream.fr/all-blogs/plugins/accessibleCaptcha/class.dc.filter.accessible.captcha.php on line 55 Notice: Undefined index: c_answer in /var/www/gen/www.genstream.fr/all-blogs/plugins/accessibleCaptcha/class.dc.filter.accessible.captcha.php on line 61


La discussion continue ailleurs

Extraits sonores corrigés sur le billet Alien 9, n'hésitez pas à...

Source: GenSeiren depuis Twitter


trackback url

Voir Également

Animation Alternative : Alexander Petrov et la peinture à l'huile sur verre

C’est une idée qui traîne dans ma tête depuis que j’avais écrit ce billet sur les courts-métrages...

Lire la suite

Koi☆Sento : Le Shuhei Morita frivole

Notice: Undefined index: in /var/www/gen/www.genstream.fr/all-blogs/plugins/stacker/class.stacker.php on line 192 Tiens, et si je bloguais ? KakuRenBo m’avait marqué il y a pas mal de temps grâce à son ambiance et...

Lire la suite


top