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La Colline aux Coquelicots, une romance façon Ghibli

HR

Temps de lecture :

4639 mots - 23 minutes

Spoiler Warning

(Les deux premières parties sont safe, mais n’allez pas plus loin si vous n’avez pas vu le film)

J’arrive après la bataille, vous entendrez surtout parler des Enfants Loups de Mamoru Hosoda dans les jours à venir, mais peu importe. Il a fallu quelques temps pour que je voie La Colline aux Coquelicots (コクリコ坂から, Kokuriko zaka kara), dernière production Ghibli en date sortie en janvier dans nos salles obscures. Je m’étais préparé à l’exercice puisque j’avais même acheté le manga d’origine pour m’essayer à une comparaison, et finalement je n’ai pas été disponible pour aller voir le film au cinéma, à mon grand regret. C’est chose faite aujourd’hui, et on peut dire que les mois d’attentes saupoudrés d’appréhension n’ont pas été vains. Par le biais de La Colline aux Coquelicots, j’ai enfin découvert le Goro Miyazaki réalisateur, autrefois “fils de” qui semble avoir pris ses marques. Il nous offre ici un spectacle à sa manière, un film différent, intime, qui n’est pas un grand Miyazaki mais un excellent Ghibli, loin des Contes de Terremer scolaires qui donnaient envie de tapoter la tête du réalisateur avec un “bon garçon” en repensant au travail d’Hayao. Ce film n’est pas un Miyazaki, c’est un Goro Miyazaki.

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Kokuriko Zaka Kara © Studios Ghibli

Histoire d’une adaptation, adaptation d’une histoire

La Colline aux Coquelicots, c’est à la base un manga de type on shot aux traits de Chizuru Takahashi guidés par un scénario de Tetsurō Sayama. Et surtout, c’est un shōjo, un manga destiné à un public féminin jeune, genre féru de romances légères caractérisé par un charadesign expressif à l’extrême où des gerbes de fleurs et d’étincelles ont l’habitude ponctuer les expressions très littérales des personnages, parfois à en noyer un horticulteur. Je caricature évidemment, le genre ayant aussi ses perles lorsqu’on sait l’approcher, mais l’idée résume parfaitement le manga adapté ici. La Colline aux Coquelicots, paru en 1980, s’inscrit dans la plus pure tradution shōjo, avec le bénéfice d’un dessin tout de courbes et de décorations florales qui aguiche l’oeil au détour de chaque page. On y trouve tout ce qu’on peut attendre du genre : une histoire d’amour impossible, des duels chevaleresques et triangles amoureux, du bishōnen plus qu’il n’en faut et une héroïne indépendante tout juste assez cruche pour être attachante. Grâce au trait très agréable de Chizuru Takahashi et au script mouvementé, le one shot ne souffre d’aucune comparaison avec ses pairs, il s’agit même d’un très bon shōjo classique, ce qui n’en fait pas vraiment une oeuvre de choix pour faire découvrir le genre à une personne qui n’en voit que ses contours grossiers et préjugés.

Dans la plupart des oeuvres, le personnage principal poursuit un parcours initiatique, il apprend et progresse au fil de l’histoire, gagne en maturité, ici c’est l’inverse qui se produit : l’héroïne très mature pour son âge réapprend l’insouciance et le mal-être adolescent au travers d’un amour de jeunesse. Umi, surnommée “Mel” par son entouage (du mot français “Mer”), est une jeune fille indépendant très sûre d’elle et autonome, qui tient une maison d’hôtes perchée sur une colline pendant que sa mère est en déplacement à l’étranger. Difficile de ne pas apercevoir la bâtisse dans ce paysage de la côte de Yokohama des années 60, puisque tous les matins la jeune fille érige un pavillon en direction de la mer en souvenir de son père disparu en mer pendant la guerre de Corée lorsqu’elle était petite. Un geste quotidien empreint de deuil qui ne manque pas d’attirer l’attention, puisqu’un mystérieux poète répond à cet appel lancé au large dans le journal du lycée Konan. L’histoire nous raconte les péripéties amoureuses de l’adolescente alors qu’elle va sur les traces du jeune homme à qui elle doit ces messages empathiques, tandis que la vie prend un plaisir malin à lui mettre des bâtons dans les roues. Et c’est à ce stade là que la comparaison entre le manga et l’adaptation de Goro Miyazaki s’arrête, puisqu’au delà du synopsis on est face à deux oeuvres très différentes. Le manga nous présente une histoire riche en rebondissements sans temps morts, tandis que le film repose sur un rythme de croisière beaucoup plus contemplatif.

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La Colline aux Coquelicots © Editions Delcourt

Le studio Ghibli est connu pour adapter de façon très libre les oeuvres dont il s’inspire, l’exemple le plus récent est Arrietty et le petit monde des chapardeurs qui prenait l’idée du peuple minuscule des Borrowers de Mary Norton pour la retranscrire dans un quotidien japonais ramené à l’échelle du merveilleux très proche de Mon Voisin Totoro. Dans l’absolu, La Colline aux Coquelicots est cependant plus proche du travail d’Isao Takahata que de celui de Miyazaki père, avec la retranscription d’un quotidien historique très fidèle et précis qui reconstitue les valeurs d’une époque oubliée par une société qui évolue trop vite. On n’atteint pas le niveau du Tombeau des Lucioles en terme de puissance narrative (et dépressive), mais la reconstitution très fidèle du mode de vie des années 60 tend davantage à rapprocher le travail de Goro Miyazaki de ce réalisateur plutôt que son père, avec un film qui est davantage un morceau de vie découpé et présenté avec une grande liberté d’interprétation qu’un conte moralisateur.

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Kokuriko Zaka Kara © Studios Ghibli

La Colline aux Coquelicots est un film qui se démarque doucement et prend ses aises, que ce soit par rapport à son adaptation comme à l’héritage très lourd que porte le nom Miyazaki. En se séparant consciemment du travail de son père, Goro se libère enfin de ce fardeau qui limitait sa production et développe un univers artistique qui lui est propre, à mi chemin entre le réalisme exacerbé d’Isao Takahata et la métaphore fabuleuse d’Hayao Miyazaki. Du manga d’origine, Goro n’a gardé que l’essence, se permettant d’oublier des éléments d’intrigue comme les triangles amoureux (dans le film, c’est à peine si la soeur de Mel parle de son admiration pour Shun, alors que c’est une rivale pendant une bonne partie du manga) tout en ajoutant des niveaux de lecture plus évidents comme la large place de l’intrigue qui est accordée à la rénovation du Quartier latin, un symbole des valeurs passées qui forment les fondations d’un avenir possible.

L’intrigue est ponctuée d’éléments vus et revus pour qui s’est penché suffisamment longtemps sur la production manga/animé nippone, mais après tout, l’originalité n’est pas une fin, tous les stéréotypes ne sont pas à condamner lorsqu’ils servent à communiquer un message précis, intemporel lui. Ne pas oublier, dans le deuil comme la morale, et transformer ce que nous a laissé le passé en une force pour construire, et reconstruire. Cette idée très forte qui n’est pas étrangère à la “patte Ghibli” forme l’essence du film de Goro Miyazaki, délaissant la romance omniprésente du manga à un niveau secondaire - au point qu’on se demande même si elle existe.

Une romance sans mots d’amour

S’il y a bien quelque chose que j’admire dans ce film, c’est cette manière bien particulière de traiter la romance entre nos deux protagonistes. Si particulière, que même le mot “romance” semble trop fort pour décrire leur relation, qui tient plus d’un affinité supérieure à la normale. Mel et Shun entrent une seule fois en contact durant le film : au début, lorsque Mel tend sa main à Shun dans un geste de bienveillance pour le tirer de la mare dans laquelle il vient de plonger depuis le toit, en signe de protestation contre la destruction du Quartier latin. Ce moment très spécial marque la rencontre entre nos deux personnages principaux, mais leur relation n’ira jamais plus loin que ça. Cette dernière culminera dans un moment très simple où Mel et Shun partageront un parapluie, sans un mot. A l’inverse du manga qui n’hésite pas à mettre en avant les pensées de Mel et à rapprocher les personnages dans une relation ouvertement amoureuse, le film de Goro Miyazaki ne franchit jamais cette sacrosainte limite, il laisse au spectateur le soin de regarder et deviner. A l’heure des amours téléphonés, des relations obsessionnellement divisées en étapes (rendez-vous, premier baiser, etc) ou de l’abus massif de l’attirance sexuelle pour rapprocher deux personnages, voir une évolution si subtile et spontanée a quelque chose d’émouvant. La Colline aux Coquelicots réussit l’exploit d’être une romance qui ne parle pas d’amour.

Les personnages évoluent dans leur relation en silence, par le biais de gestes et de regards très communs, dans une attitude très terre à terre qui contraste nettement avec les habitudes du medium, qui tend plutôt à exagérer et amplifier. Une approche plus réaliste de la relation amoureuse qu’à l’usage, puisque dans la vie de tous les jours il est plus question de rencontres et de coïncidences que de destinée ou d’âme soeur. Nos deux personnages se sont croisés sur le détour d’un même sentier par la force des choses, et décident de continuer un bout de chemin ensemble par consensus mutuel, dans l’ignorance la plus totale du reste du monde. La Colline aux Coquelicots nous présente une romance en points de suspension, une affinité à demi avouée partagée par deux personnes animées par une détresse silencieuse au sommet d’une colline fleurie. La colline aux coquelicots, c’est ce havre de paix quelque part à l’abri du monde où nos deux tourtereaux peuvent passer du temps ensemble sans se poser de questions, juste parce que l’un a besoin de l’autre.

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Kokuriko Zaka Kara © Studios Ghibli

Cette façon de présenter une relation entre deux personnages est récurrente dans les oeuvres liées au studio Ghibli et au travail d’Hayao Miyazaki : Conan et Lana, Nausicaa et Asbel, Pazu et Sheeta, San et Ashitaka, Chihiro et Haku, Arrietty et Shou, je vous met au défi de m’apporter une preuve que les relations qui lient ces personnages tiennent de l’amour, quand tout ce qu’on nous montre tient à un attachement sentimental sincère qui pourrait tout aussi bien être considéré comme de l’amitié. C’est comme si les relations de ces couples de protagonistes phares tenaient à ce que chaque spectateur y voit ce qu’il veut bien y voir. En un sens, La Colline aux Coquelicots est l’aboutissement de cette méthodologie très particulière de la romance dans les films d’animation Ghibli, quelque part entre amour et amitié, ou simplement “ailleurs”, là où il n’y a plus de mots pour décrire les émotions avec exactitude. Dans cette mécanique qui tait plus qu’elle ne dévoile, le sexe est toujours ouvertement écarté, rejeté à l’instinct bestial ou rabaissé au plaisir pervers et indécent de cet oncle qui fourre ses mains partout, une vision enfantine et innocente qui fait écho aux casting d’enfants ou de jeunes adolescents des films, loin de toute considération physique. Au travers du regard de ces enfants qui partagent leur existence sans pouvoir poser de définition sur ce qui les unit, les longs métrages Ghibli nous dévoilent une vision plus pure que jamais du sentiment amoureux libéré des contraintes de la chair. Et en dépit de féminisme inhérent à un bon nombre de films du studio (ici aussi, les résidentes appuient cette tendance, au point que le premier amour de Mel dans le manga devient une femme), c’est cette image du couple un peu vieillot mais soudé qui persiste dans chacun des films Ghibli. Ici aussi, Mel et Shun prouvent qu’il est possible d’aimer sans savoir ce qu’est l’amour.

Le souvenir du père de Mel résonne au travers de Shun, et le passé de ce dernier l’oblige à partager la souffrance de Mel, à l’embrasser. Jamais au sens littéral bien sûr, puisque cette romance d’une époque révolue est avant tout faite de timidité et de non-dits, de sentiments qu’on exprime par les actes plutôt qu’avec une abondance de mots insignifiants. Peu importe s’ils s’aiment, Mel et Shun ont spontanément envie de se rapprocher, si bien que même ce qui était un twist majeur avec abondance de larmes dans le manga devient ici un évènement colatéral qui sépare nos personnages sans qu’ils comprennent vraiment pourquoi. Même sur la colline aux coquelicots, l’interdit ne peut être baffoué, c’est alors que le silence se transforme en une douleur qui n’est là non plus jamais vraiment exprimée. Puis dans un grand moment de soulagement, la vérité tombe, tous les sentiments contradictoires qui étaient en suspension dans l’air, aussi palpables qu’une magie toute miyazakiste, prennent enfin sens. La dernière révélation de l’intrigue intervient comme un contre pied de cette oblitération de l’expression sentimentale et des convention de la romance jetées au pilori, puisqu’il suffira de quelques mots pour permettre à la relation entre Mel et Shun d’évoluer, et même d’être validée. Reclus du haut de leur colline aux coquelicots jusqu’alors, les personnages laissent enfin éclater leurs sentiments lorsque les limites de leur petit univers s’ouvrent au reste du monde. Dès lors, construire l’avenir devient possible avec l’approbation de la figure omniprésente - mais invisible - du père.

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Kokuriko Zaka Kara © Studios Ghibli

The Absence of the Father from My Childhood

Derrière la relation que tissent les personnages du film se cache le même drame d’une vie : la disparition d’un père, qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui. Quelque part, comme un fantôme réconfortant, il influence les évènements du film et provoque le destin, mais de manière très réaliste, distante, au travers des souvenirs des personnages et d’évènements qui remontent au temps où il était encore en vie. C’est aussi là que se trouve la magie du film : dans cette silhouette paternelle d’une grande douceur qui navigue au travers du film au côté de Mel, on imaginerait presque le voir affectueusement poser une main sur la tête de Mel lorsqu’elle assume des responsabilités trop importantes pour son âge sans sourciller. Il existe encore dans les actes de ceux qui sont restés après lui, guide protecteur d’une jeunesse qui se doit d’aller de l’avant. Sa mère n’arrange rien de part son absence, et on touche à une autre différence majeure vis à vis du manga, qui est beaucoup plus critique à son égard alors qu’ici on nous présente la mère protectrice idéale sauce Ghibli. C’est à le toute fin du film que j’ai compris ce qu’il avait vraiment à me dire, lors d’une scène d’une grande justesse où passé et présent se rejoignent pour encourager nos héros à faire un grand bon en avant.

Partant d’une histoire d’amour, le film vogue doucement sur l’importance de la conservation des vieilles constructions, difficile de ne pas y voir une matérialisation du souvenir du père de Mel, qui s’embarque naturellement dans un combat contre l’oubli. Ce que le film nous enseigne, c’est que sortir du deuil, ce n’est pas oublier, c’est continuer à faire vivre les disparus au travers des valeurs qui nous guident. Le père de Mel est là, plus vivant que jamais dans le combat de ces enfants pour leur passé, au point d’uils paraphrasent eux-même les intentions du réalisateur lorsqu’ils défendent leur cause, de manière moins forcée et sortie de nulle-part que dans Le Château Ambulant fort heureusement avec le coup du prince épouvantail qui nous envoyait la morale du film au visage sans demander son reste. La morale est bien présente dans La Colline aux Coquelicots, mais de manière beaucoup plus subtile, et l’évidence de la scène finale tient juste à ce qu’on ne peux qu’y voir : La Colline aux Coquelicots n’est pas une histoire d’amour, ni un conte moralisateur sur le retour à des valeurs désuettes, c’est avant tout une simple histoire d’amitié. Par son biais, trois hommes survivent au temps et à la mort pour se donner une poignée de main finale qui clos le récit d’une façon parfaite.

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Kokuriko Zaka Kara © Studios Ghibli

Tant que les enfants seront là pour croire en l’avenir et ne pas oublier ceux qui y ont cru avant eux, les hommes continueront à exister au travers de leur descendance. Et les plus belles larmes du film ne viennent pas d’un chagrin d’amour ou des injustices de la vie, mais d’un adulte accompli qui retrouve ses camarades disparus en mer le temps d’un court après-midi, ce sont des larmes de bonheur, une bouteille à la mer qui contient un grand “MERCI” en lettre capitales griffonné sur un vieux morceau de papier qui flaire bon l’odeur d’un autrefois. Le génie de la promotion du film vient peut-être de cette affiche où Mel serre son père dans ses bras, spoilant d’entrée de jeu un final qu’on imagine prévisible, trop facile. Pourtant, Mel sait au fond de son coeur que son père ne reviendra jamais. Elle sait aussi qu’elle lui doit tout ce qu’elle est. Chacun des personnages du film est conscient qu’il faut faire face, jamais au grand jamais ils ne s’autorisent à se lamenter sur leur sort, qu’on parle de deuil, du départ au loin d’un ami ou d’une bataille pour la préservation d’une vieille bicoque tellement attachante. C’est ainsi qu’on va de l’avant. Reste un drapeau hissé loin sur les hauteurs d’une colline fleurie, et l’écho distant - comme parvenu d’outretombe - d’une corne de brume.

Impressionnisme et recherche de subjectivité

Pour en revenir à un aspect plus terre à terre du film, je voulais pour finir souligner la qualité de la réalisation, et en particulier celle des décors qui participent amplement à son atmosphère. Si le charadesign de Kondo Katsuya est très sage, peut-être trop même, puisqu’on peut facilement lui reprocher sa volonté de réalisme à deux pas de celui d’un film d’Hosoda, un soin particulier a été apporté à la fluidité de l’animation des personnages jusqu’à leurs moindres détails : je me souviens par exemple avoir été subjugué par les nattes de Mel qui flottent au vent. Bon, venant d’un film Ghibli ça ne devrait plus être une surprise, mais rien n’y fait, à chaque fois je suis émerveillé par la qualité du spectacle, l’impression s’est même renforcée dernièrement avec les décors somptueux d’Arrietty (la maison de poupées, le jardin !). Ici, le mode tranche de vie impose un style plus froid, mais les prises de vue rivalisent d’inventitvité pour qu’on plonge tête baissée dans le film.

Le haut de la colline est un cadre parfait, avec sa vue plongeante sur les versants verdoyants et au loin la mer constellée de navires. Le détail est poussé très loin, mais jamais la richesse des décors ne donne l’impression de faire dans l’excès, même à l’intérieur du Quartier latin où l’architecture improbable et le capharnaüm ambiant aguichent l’oeil dans tous les recoins de l’écran. Une manière on ne peut plus littérale pour le film de vanter les mérites d’un mode de vie désordonné là où la société pousse au rangement, dans tous les sens du terme. Et du rangement, il va justement y en avoir si les jeunes membres des différents clubs qui résident dans le bâtiment veulent sauver leur chez-eux. Du désordre donc, mais pas non plus un chaos anarchique, ça colle bien à ce que le film nous offre en terme de qualité d’image. La seule chose qui m’a fait tiquer dans la réalisation : le choix du CG pour une scène o une poutre s’effondre, que j’ai trouvé un peu trop visible à mon goût. Mais ça tient à du caprice d’amateur éclairé, une goutte d’eau dans l’océan.

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Kokuriko Zaka Kara © Studios Ghibli

Comme je l’ai explicité plus tôt, le choix de la narration est porté sur une grande objectivité, un côté “documentaire” très cher au genre tranche de vie, qui fait ses avantages comme ses défaut, en terme de caractère véridique mais froid d’un vécu. De ce fait, les pensées et émotions des personnages étant inaccessibles du point de vue détaché du spectateur, il fallait trouver un moyen de l’impliquer envers et contre tout dans le film. Cette mise en scène qui pourrait être qualifiée d’impressionniste avec ses éléments foisonnants et ses larges panoramas remplit parfaitement cet usage, elle parle à la place des personnage, et dit en images ce qu’ils ne peuvent pas exprimer avec des mots. On ne s’étonnera pas alors de retenir le film pour son atmosphère, d’admirer ses paysages, son ciel, sa mer et sa précision photographique envoûtante, lorsque c’est exactement ce qui nous permet d’imprimer le ressenti des personnage, leur douce mélancolie. On assiste à une tentative de transmettre de façon objective tout le panel subjectif des émotions que le film tait, tout comme le font les personnages eux-mêmes. Un film poli, plutôt réservé, mais d’une manière ou d’une autre souvent luxuriant.

Pour accentuer encore l’atmosphère du film, Aoi Teshima nous gratifie d’une poignée d’insert songs très agréables, en particulier le morceau final qui est une vraie merveille, et clos le film d’une belle manière. Une balade lancinante qui prend aux tripes accompagnée d’un air d’harmonica très simple. La mélopée poignante d’un marin sans illusions délaissé par la vie au détour d’un vieux quai, de ceux dont on préfère ne pas croiser le regard de peur que notre vie s’écroule à son tour, de peur de comprendre la vie en y plongeant, et de la trouver terriblement injuste. Tristesse et espoir se mêlent en un sentiment curieux lorsque les blessures se font ciment de l’âme. Le titre de la musique : “Sayonara no natsu”, “L’été des adieux”. Le reste de la bande d’originale signée Satoshi Takebe est ponctué d’inspirations très sixties, souvent jazzy, qui participent à l’identité du film en privilégiant les compositions d’époque aux grands accents épiques. Très discrets sur la durée du film, ces interludes s’intègrent bien au film sans lui enlever son caractère authentique, avec quelques morceaux plus atmosphériques au piano toujours bien sentis (notamment pendant le rêve de Mel, que j’ai personnellement trouvé bien vu et très touchant). La vie était-elle vraiment plus douce, à cette époque, ou l’abordait-on juste avec un peu plus de recul ?

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Kokuriko Zaka Kara © Studios Ghibli

Il était un autrefois

Au final, La Colline aux Coquelicots est un film qui, comme son manga d’origine mais pour des raisons différentes, ne remportera pas tous les suffrages. La douceur nostalgique du récit et la place presque secondaire de la narration dans le cadre d’une histoire en tranche de vie ont toutes les chances de largueur le spectateur qui ne ressent aucune affinité particulière vis à vis de l’atmosphère du film. Pourtant, la narration est ponctuée d’idée très fortes qui lui donnent une profondeur insoupçonnée, et le silence poli des personnages masque une émotion très présente qui résonne avec justesse dans les toutes dernières minutes du film. Le film passe vite, très vite, si bien qu’on est déjà aux crédits avant même d’avoir eu le temps de saisir l’ampleur de la situation des protagonistes, à l’image de ces moments de vie déterminants qui s’échappent sans qu’on ait totalement pu saisir leur importance. Aussi bien hommage à ce dont nous héritons des générations passées que promesse d’avenir, le film traverse les générations à sa manière, même s’il est probablement plus enclin à toucher ceux qui prennent le temps de s’arrêter, et de regarder leur passé avec affection, ses mauvais moments comme ces passages où il fallait remonter la pente.

Fragile, insaisissable, parfois même un peu abrupt, on peut facilement passer à côté sans apercevoir l’essentiel. Voilà un film qui donne l’impression de se taire pour laisser faire les évènements, mais qui repose entier sur l’équilibre qui s’établit entre sa situation de départ, une jeune fille qui tend symboliquement un pavillon vers son père disparu, et le final qui est une réconciliation tout aussi symbolique et touchante. Goro Miyazaki signe ici le premier film qui met en avant sa valeur en tant que réalisateur et pas son nom, même si son père n’est encore une fois pas très loin pour assurer la solidité du tout (au script pour être plus précis, en compagnie de Keiko Niwa, qui avait aussi travaillé sur Les Contes de Terremer). Ça laisse présager une évolution positive de sa carrière, avec un avenir fait davantage d’oeuvres personnelles que de productions sous pression. En voyant La Colline aux Coquelicots, on commence à se dire que Goro n’a pas besoin de succéder à Hayao, qu’il est préférable qu’il explore ses propres sentiers, et c’est une bonne chose. Le réalisateur a encore du chemin à faire, mais il vaut mieux être artiste qu’héritier d’un artiste.


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Shin Niko Shin Niko ·  29 août 2012, 15:03

Que dire de plus? Tu as su parfaitement décrire et analyser ce film que j'avais adoré au cinéma sans pouvoir expliquer pourquoi. Magnifique article. Bravo.
Et maintenant, je dois le revoir pour replonger dans cette histoire simple et belle à la fois.

inico inico ·  29 août 2012, 16:31

Je crois effectivement que concernant ce film, il ne faut pas se leurrer en allant le voir.
L'histoire à relativement peu d'intérêt et il faut se mettre bien tranquillement au calme, juste regarder passer les événements, musarder dans les nombreux détails des images, bref se laisser porter par une douce ambiance nostalgique si superbement illustrée autant par les situations que par l'animation.
C'est uniquement je pense dans cet état d'esprit que le plaisir sera au rendez-vous.
Quand à Goro, c'est effectivement une bonne chose qu'il tente de se démarquer de son père. Je ne crois pas qu'il ait le même type de talent que ce dernier, et il aurait été vain de vouloir le copier.
Néanmoins, ce film ne possède pas encore une véritable "patte", si ce n'est celle du studio, de Goro Miyasaki. A voir quels chemins prendront ses prochaines réalisations pour voir si on peut lui aussi le qualifier d'auteur.

Tetho Tetho ·  29 août 2012, 16:41

Je ne suis pas très fan du manga, en fait je l'ai même trouvé médiocre au mieux. Les personnages y sont tous TROP CONS PUTAIN, de l'héroïne manipulée à Shun et son pote qui passent pour des glandeurs de première. Et le fait que le manga passe d'anecdote en anecdote avant d'attaquer tardivement le cœur de son récit n'aide pas. Il y a des dizaines de shôjos mieux que ça, même à l'époque.

Par contre j'ai vraiment apprécié le film, pour lequel je n'avais aucune attente après le catastrophique Ged Senki. Mais contrairement à toi la réalisation ne m'a pas impliquée, je suis resté spectateur passif. Et c'est mon plus gros reproche à ce film : il n'implique pas le spectateur. Les deux enjeux majeurs se résolvent d'eux même, les personnages n'ont pas a se battre pour mériter leur happy end. La sauvegarde du Quartier Latin était acquise dès le moment où les élèves se mettent a travailler ensemble pour le restaurer, la visite au président du conseil d'éducation de l'établissement n'est qu'une formalité puis que ce dernier est avec eu dès leur rencontre (comparer à, par exemple, la situation similaire dans la série si différente Manabi Straight!), quand à la question du lien de sang entre Umi et Shun, la réponse vient a eux d'elle même, sans même qu'ils aient à aller plus loin que poser la question à leur parents.
Dans un sens c'est "réaliste", parfois la vie c'est comme ça, il suffit de se poser au bord de l'eau et ce que l'on attend arrive tout seul. Mais en terme de narration c'est moyen quand même. Mais le film est quand même plaisant, reposant et contemplatif. De la tranche de vie plus réussie que bien des séries TV actuelles qui se revendiquent du genre.

>La Colline aux Coquelicots, c’est à la base un manga de type on shot
Nope, 2 volumes. La VF est un omnibus qui regroupe les deux en un seul livre.

Gen' Gen' ·  29 août 2012, 20:32

inico > On ne peut pas dire que le film a une "patte Goro Miyazaki", c'est beaucoup trop tôt pour qu'une chose pareille existe de toute façon. Mais je trouve qu'il s'éloigne suffisamment du travail de Miyazaki père pour avoir son intérêt, et peut-être faire émerger des voies que le jeune réa pourrait emprunter, c'est bien du Ghibli, mais plus du Hayao Miyazaki. Y'a notamment cette notion de magie à la Ghibli, qui est toujours là quelque part dans l'air, mais loin de l'imagerie merveilleuse qu'on connaît bien, comme un Totoro sans... Totoro, comme si Satsuki n'avait rien trouvé sous le camphrier et en aurait juste fait son refuge secret. Je pense que c'est globalement vain de chercher un successeur à Miyazaki, d'attendre que son fils fasse exactement la même chose que lui, faut pas être surpris lorsqu'on voit des navets après. Ça va être difficile de se rendre à l'évidence, mais lorsque Miyazaki aura disparu, son oeuvre restera du passé. Si j'étais aventureux, je dirais même que La Colline aux Coquelicots est une métaphore de cette relation Miyazaki père-fils et de ce besoin d'aller de l'avant pour Goro, mais ce serait surinterpréter.

Tetho > Merci pour la correction, je n'ai pas du tout pris le temps de voir comment était fichue l'édition d'origine, j'aurais dû m'en douter vu la découpe de chez Delcourt ;)

Le manga est juste bourré de stéréotypes, autant dans les personnages que dans la narration, c'est sans surprise mais quand même efficace. Et puis au contraire du film, il se passe beaucoup (trop) de choses, c'est le jour et la nuit ! Puis j'ai bien accroché au dessin dans l'ensemble, c'est le genre de chose qui peut me pousser à apprécier une lecture, mais la narration est très convenue oui. Je trouvais surtout intéressant de voir la jeune femme déjà très mature perdre totalement ses moyens au fil de ses déceptions amoureuses, à part ça aucun thème secondaire ne se démarque, là aussi le film fait l'inverse.

En ce qui concerne la narration dans le film, elle brille par son retrait en grande majorité, mais j'ai beaucoup apprécié la manière dont s'est résolue l'intrigue, ça sonnait très juste, ce qui prouve qu'elle n'a pas totalement été délaissée. Rapport au Quartier latin, je pense qu'ils ont vraiment gagné lorsqu'ils ont eu le courage d'aller directement confronter le président, qui avant ça se disait probablement que c'était un refuge pour une bande d'ados incontrôlables. En voyant les trois compères et surtout Mel et son histoire, il a compris qu'il s'agissait d'un peu plus que ça, et que ces jeunes avaient de bonnes intentions, et les moyens de faire quelque chose de l'endroit. J'aime bien le rapprochement avec Manabi Straight!, mais j'aurais du mal à pousser la comparaison plus loin, ça n'aurait servi à rien que Manabi enfonce des portes ouvertes avec son "massugu go!", c'était pas le principe. Là, ça ne m'a pas dérangé plus que ça, pour une fois on ne diabolise pas ceux qui ont le pouvoir de décision.

Le film souffre d'un léger syndrome d'angélisme pour le coup, vu que même la mère de Mel est plus supportable que la pimbèche en crise d'adolescence à retardement du manga. Pas un mot plus haut que l'autre sur tout le film, si ce n'est pendant la réunion des élèves, c'est assez fort, c'est pour ça que je parle de protagonistes inaccessibles sur le billet, ils intériorisent, et nous on ne sait rien, on regarde. Et puis faut pas se leurrer, le coup du sauvetage du Quartier latin c'est aussi une manière de clore vite fait cette partie de l'intrigue quand on voit à quel point la scène finale est précipitée, c'est le désavantage d'avancer en pédalo sur tout le film. Malgré tout ça, j'ai passé un bon moment devant un Ghibli, un meilleur que devant Arrietty même, alors que j'avais plutôt apprécié ce dernier.

Niko > Merci, je crois que c'est le genre de film qui a un rewatch value assez élevé oui, histoire de bien cerner toutes les thématiques que le film passe sous silence ;)

Tetho Tetho ·  30 août 2012, 21:12

J'aime bien ma comparaison avec Manabi. Comme j'avais dit après l'avant-première c'est Manabi dans les années 60, donc avec des relations et du moe d'époque :p
D'ailleurs, détail que j'ai rarement vu relevé, en déplaçant l'action du manga des années 80 au milieu des années 60, le vieux Hayao nous joue en sacré tour bien à lui en faisant des lycéens si engagés à défendre leur foyer les futurs étudiants qui se révolteront durant la seconde partie de la décennie. Et ça nul doute que c'est volontaire de sa part.

Gen' Gen' ·  30 août 2012, 21:50

Sauf que dans Manabi Straight! l'accent est bien plus porté sur l'amitié entre le groupe d'adolescentes, avec ce qui les sépares et les moyens qu'elles emploient pour dépasser ces différences, c'est aussi pour ça que j'avais adoré la série (Mei <3). Là, à part le couple, y'a aucun personnage secondaire qui se détache, et on ne peut pas dire que les joyeux lurons du Quartier latin évoluent d'une quelconque manière. Même le type à lunettes est plus intéressant dans le manga.

Le rapprochement avec les soulèvements étudiants de 68 est clairement bien vu et volontaire, faudrait que je pense plus souvent à établir des parallèles avec les évènements de l'époque. Le problème étant que s'il y a par exemple un quelconque message relayé sur la guerre de Corée de 50 à 53, mes connaissances sur le sujet ne sont pas suffisantes pour que je puisse le déceler. Le Tombeau des Lucioles tombe sous le coup de ce genre d’interprétations, ici je ne saurais pas dire si le récit s'y prête, j'aborde avant tout les lignes de lecture que je suis capable de discerner.

Tetho Tetho ·  30 août 2012, 22:12

Le cœur de l'histoire reste le même, les protagonistes unissent leur lycée pour sauver ce qui fait son identité. Ensuite on a un film là, normal qu'il y ait moins de personnages mis en avant que dans une série de 12+1 épisodes.

Pour le message sur les révoltes étudiantes, je pense qu'il ne faut pas trop lire entre les lignes. Déjà parce que ce que le film évite de tendre toute perche politique à ce sujet, les revendications à la fin des années 60 touchaient avant tout la présence militaire des américains au Japon plus que des histoires japono-japonaises de modernisation du pays, mais surtout parce que Gorô, né en 67, ne s'est probablement pas senti concerné par cet aspect de son film tout droit sorti de l'imagination d'ancien militant de son père.
Quand à la guerre de Corée, je pense qu'il n'y a strictement rien sinon donner un contexte à la mort du père d'Umi.

Gen' Gen' ·  31 août 2012, 01:12

Je dois bien admettre que le coup du chant de l'hymne du lycée m'a beaucoup fait penser à Manabi, sauf que dans cette dernière ça réchauffait aussi le coeur, c'était pas juste une parade pour éviter les embrouilles :)

Tom le chat Tom le chat ·  31 août 2012, 13:55

Sur la présence des japonais pendant la guerre de Corée, on ne trouve pas grand chose. Ce que j'ai trouvé de plus probant, c'est ça : http://www.history.navy.mil/photos/...
Ce serait donc principalement un rôle logistique (transport de troupes et de matériel) sur des embarcations opérées par des japonais mais sous tutelle administrative américaine. Dans quelle mesure cela respecte la constitution de 47, ça...

Ceci étant dit, je ne pense pas non plus qu'il faille chercher un réel message politique dans ça ou la référence aux événements de 68 ou à la bombe d'Hiroshima plus que la volonté de donner au spectateur la carte postale d'une époque particulière.

Par contre, il me semble assez évident que la chanson entonnée par les lycéens du Quartier Latin à la fin du film appelant au courage et à garder l'espoir face à l'adversité est un message envoyé au spectateur après les événements de mars 2011.

Gen' Gen' ·  31 août 2012, 15:20

Encore une contextualisation à faire donc, mais dans la perspective de la production du film cette fois, intéressant.

Tom le chat Tom le chat ·  31 août 2012, 19:08

Pour les paroles de la chanson, c'est plus flagrant quand on regarde le film en VF ; la traduction des chansons en VOST ayant des tournures un peu bizarres.

Si tu as l'édition Blu-ray du film, je te conseille de regarder les bonus, tu as une conférence de presse se déroulant quelques jours à peine après la catastrophe où l'on peut voir à quel point tout le monde est marqué par les événements. D'ailleurs, une bonne partie des échanges avec les journalistes tournent autour de ça. Vu l'état d'avancement de la production à ce moment là (le film est sorti en juillet 2011), je ne pense pas que ça ait profondément bouleversé le film mais ça ne m'étonnerait pas que certaines scènes aient été un peu modifiées après la catastrophe.

Tinky Tinky ·  01 septembre 2012, 12:58

J'ai lu le manga l'an dernier, lorsqu'il est sorti en france. Du coup, comme je l'avais trouvé moyen, j'avais décidé de ne pas forcément voir le film tout de suite, pensant que si c'était une adaptation assez fidèle, ce serait vraiment pas passionnant. Finalement, ce matin, vers 5h, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai décidé de le regarder ; et honnêtement j'ai adoré. Comme quoi, peut-être que Goro a un peu de talent ! =D

Gen' Gen' ·  01 septembre 2012, 13:46

Un Tokyo Magnitude 8 par Ghibli serait fabuleux, m'est avis, ce serait magnifique si la catastrophe pouvait inspirer un film à part entière au studio.

Tinky > Goro a peut-être un peu de talent, l'erreur est de vouloir qu'il en ait autant qu'Hayao. S'il devient un réa qui produit des films sympathiques pour Ghibli mais pas des chefs d'oeuvres, ça me suffit amplement. Et puis qui sait, le chef d'oeuvre pourrait arriver sans qu'on l'attende vraiment.

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