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Le petit top 10 des curiosités, édition 2011

HR

Temps de lecture :

8073 mots - 40 minutes

Happy New Year

縁起担ぎ par burari via Pixiv.

On démarre la nouvelle année par ce qui va devenir une habitude annuelle, après mon petit top des curiosités 2010, nouveau récapitulatif des découvertes qui ont ponctué mon année passée, pas forcément populaires ou parfaites, mais qui ont su me convaincre, me toucher ou même me décevoir, ces petits bouts de rien du tout qui rendent l’animation japonaise attachante et me poussent envers et contre tout à m’intéresser à la production du moment au fil des années. La sélection fut large pour cette édition, vu que je me suis aussi beaucoup penché sur des productions plus anciennes que je n’intégrerai pas dans cette liste, mais voici un bilan non exhaustif des oeuvres parues en 2011 qui me sont passé sous les yeux et on laissé leur trace dans mon esprit. J’en profite aussi pour vous souhaiter une bonne année, que 2012 vous permette d’être productifs et d’aller de l’avant au moins jusqu’à la fin du monde, qui la clora en nous faisant rire un bon coup !

Notez que comme d’habitude, les mots d’ordre sont curiosité et subjectivité, cette liste n’engage que moi et a pour but de vous présenter brièvement mes impressions sur des choses dont je n’ai pas eu l’occasion de parler ici jusqu’à présent, la critique est accueillie à bras ouverts mais je préfère une discussion paisible à un troll définitif. 2012 étant l’année du dragon chez nos amis chinois, préférez le sang froid aux créatures de tous poils.

10. No.6

Été 2011, 11 épisodes, Bones

No. 6

Les séries animées portées sur la science-fiction sont plutôt rares, c’est ce qui m’avait motivé à regarder No.6 au départ. Le côté boys love présent dès le premier épisode ne me dérangeait pas vraiment, des séries comme Jyu Oh Sei ou Terra e… prouvent qu’on peut développer un univers fouillé sans se perdre dans la romance. Les prémices de No.6 dessinaient les contours d’un univers intriguant qui aurait pu s’étoffer au détour de développements bien sentis, avec qui plus est quelques bonnes idées qui n’ont pas manqué d’attirer mon attention (je pense notamment à la scène où Shion se disperse littéralement dans le vent en écoutant le feuillage des arbres, ou a son cri ivre de liberté couvert par l’orage, des détails qui dressent immédiatement un portrait très précis et convainquant du personnage), et cette sombre histoire d’abeilles qui éclosent dans les corps humains laissait imaginer une intrigue digne de ce nom. Mais l’imagination, c’est au final tout ce qu’il m’est resté pour pleurer sur ce qu’aurait pu être la série qui a tourné au fiasco total. Le générique laissait déjà imaginer que le point central de la série serait la relation entre les deux personnages principaux, et ça aurait pu aboutir à une belle histoire si l’intrigue ne s’était pas entêté à éviter ce qui était réellement intéressant pour s’éterniser sur une relation sentimentale chaud-froid d’un ennui mortel. Jusqu’aux derniers épisodes où le scénariste se réveille en sursaut et s’égare dans un délire sans queue ni tête peu convainquant, voir même un peu puant. Le comble, c’est qu’il aura fallu attendre ce final loupé pour que la relation entre Shion et Nezumi bouge enfin… mais pas trop hein, faudrait pas les brusquer.

Les personnages secondaires auraient pu sauver la série s’ils n’avaient pas été laissés en arrière-plan, comme Inukashi ou Safu, seul personnage réellement intéressant qui aurait pu ajouter un peu de piment à la relations de nos tourtereaux (pour la citer : “Je veux ton sperme !”) et se destine finalement à un beau gâchis à base de vilaines expériences sur le corps humains, de bons sentiments et de résurrection pour le lulz. Je me demande par ailleurs si c’était vraiment nécessaire de donner tant d’exposition à la boulangère de mère de Shion, qui n’a elle non plus pas servi à grand chose alors qu’on ne cessait de lui tendre des perches pour qu’elle s’investisse dans un mouvement de résistance embryonnaire. Mais je décerne la palme du personnage le plus agaçant à Nezumi, qui passe son temps à jouer au ping pong sentimental : un coup Shion est la femme au foyer idéale qui lui mijote de bons petits plats et lui offre un sourire chaleureux à la fin d’une journée de boulot (boulot qui consiste à errer sans but au milieu des ruines et conspuant le monde entier, et à faire du crossdressing de temps en temps), un coup c’est une lopette insignifiante qu’il traîne dans la boue dans un “je t’aime moi non plus” qui n’en finit pas. Il se passait peut-être quelque chose dehors, des gens essayaient vainement de se battre pour se sortir du marasme de la trop charmante utopie de No.6, mais on ne le saura jamais, puisque le scénario est plus intéressé par les états d’âmes mielleux de nos passifs de héros. Je ne sais pas si le problème vient des novels d’origine ou de l’adaptation (11 épisodes, ça semble pourtant déjà trop long), mais le résultat est désolant. I am disappoint, son.

9. Yumekui Merry

Hiver 2010/2011, 13 épisodes, J.C. Staff

Yumekui Merry

Yumekui Merry ne vole pas plus haut que No. 6 en terme d’empreinte qu’elle laissera dans les esprit, mais là je savais dans quoi je me lançais. Le premier épisode n’avance pas de promesses irréalisables, ne distille aucune forme d’attente pouvant engendrer la déception : vous savez tout de suite si vous allez accrocher ou pas au reste de la série. L’histoire nous parle d’une fille qui erre comme une âme en peine dans notre monde (une âme en peine comme on conçoit ce qu’est une âme en peine lorsqu’on est un émo de 14 ans : un amas pathétique qui se lamente sur son sort pour faire passer le temps), et pour cause, elle est originaire du monde des rêves est ne peut pas y retourner, enfermée parmi les mortels de chair et d’os, pas cool. Jusqu’au jour où elle rencontre notre traditionnel lycéen lambda très lambda qui va découvrir que la frontière qui sépare le monde réel des rêves est plus vaporeuse qu’il l’aurait bien voulu. Très shōnen dans la forme, la série raconte les aventures du garçon dans les cauchemars des uns et des autres pendant qu’il tentera de sauver Merry de son triste sort. Bon, le pitch n’est pas bien original dans le fond, et dans la forme non plus même si les rapports entre les rêves et la réalité nous donnent le loisir de profiter de quelques idées sympas et de bons moments tout shōnenesques.

Ce qui m’a intéressé dans Yumekui Merry, c’est la réalisation qui a été laissée aux mains de Shigeyasu amauchi, qui a entre autres oeuvré sur le superbe Casshern Sins et Saint Seiya. Et le bonhomme a manifestement un don pour transformer le plomb en or, puisque sur le plan de la réalisation Yumekui Merry fut un enchantement de tous les instants, un rapide coup d’oeil à son générique d’ouverture signé IOSYS suffit pour s’en persuader. La direction artistique est excellente, et le sens du détail est poussé très loin, jusqu’à des éléments que je n’ai fini par remarquer que bien après le début de la série (par exemple, la variation subtile dans le regard de Merry selon le monde dans lequel elle se trouve, rêve ou réalité). Le sens des contrastes, la lumière, la fluidité naturelle des mouvements, les idées toutes bêtes mais diablement efficaces en terme de mise en scène, la réalisation générale fait clairement partie de mes favorites de l’année, quand bien même le sujet est on ne peut plus classique. Ça vient de pas mal de petits détails qui m’ont marqué l’air d’un rien : rapport à l’opening, je pense notamment aux très courts passages où on aperçoit les protagonistes enfants baignés dans la lumière du soleil, nous intimant que leur rencontre est un coup du destin plus qu’un hasard. Non seulement c’est parfaitement raccord avec l’écriture logique du générique et la musique, mais c’est aussi plaisant à regarder. Merry ramasse son chapeau et hop, on plonge dans le flashback où une animation soignée nous décrit les personnages qui gambadent au point qu’elle en perd ce même chapeau, pour revenir au présent plongé dans l’ombre et la voir se laisser aller dans un plongeon très bien mis en image. Bref, si pas mal de points, je trouve que la série est un bel exemple de ce qui peut être accompli lorsqu’on s’en donne les moyens, même lorsqu’on parle d’adaptation basique de shōnen où il est très facile de céder à la facilité. Pour ça au moins, Yumekui Merry mérite d’être encensée au milieu d’une production où les adaptation texto s’empilent sans rien apprendre de leurs pairs. Yumekui Merry a un petit quelque chose en plus, une âme, ou simplement l’amour du travail bien fait. On notera aussi un fanservice des plus agréables qui n’est pas sans rappeler Natsu no Arashi! : le nombril prime sur la poitrine et l’entrejambe. Si le public âgé y trouvera difficilement son compte, je recommande sans hésiter pour les plus jeunes qui découvrent le medium et son potentiel.

8. Ano Hi Mita Hana no Namae wo Bokutachi wa Mada Shiranai

Printemps 2011, 11 épisodes, A-1 Pictures

Ano Hana

J’aime le thème du fossé qui sépare l’enfance de l’adolescence, parce qu’on est rarement la même personne à 10 ans qu’à ne serait-ce que 5 ans plus tard. Les bases d’Ano Hana sont assez touchantes : on nous parle d’un groupe d’amis séparés par la mort de la fille qui soudait le groupe, et puis le temps a fait son ouvrage, chacun est parti sur son propre chemin, avec le traumatisme derrière la tête. Ce qui m’a charmé dans les premiers épisodes de la série, au delà de la réalisation léchée, c’est le regard des personnages : du regret, un brin de frustration, des silences qui en disent long, la série m’offrait un réalisme de l’adolescence que je n’ai pas l’habitude de retrouver sur le support et ses stéréotypes sans dimensions (et je parle bien de dimension psychologique…). Il y avait quelque chose de séduisant dans le regard de ces personnages plus réalistes qu’à l’usage, même si le brin de fantastique qui les confronte à leur passé nous permet de ne pas oublier qu’on est bel et bien face à une fiction, une histoire qui commence en plein d’été mais dont l’introduction rivalise de fraîcheur et de spontanéité.

Seulement, 11 épisodes plus tard, je n’ai absolument rien à dire sur la série en elle-même, si ce n’est que le point de départ était très bon. L’idée est intéressante, mais j’ai eu comme l’impression que la série n’a pas su décoller, qu’elle n’a rien raconté. Des épisodes qui se succèdent maladroitement, parsemés de retournements de situation qui n’apportent pas grand chose à l’intrigue (le coup du crossdressing est surtout une façon “déguisée” de tourner autour du pot). 11 épisodes, c’était presque trop long, peut-être qu’un film ou quelques OVA auraient suffit à faire passer le message. Les personnages grignotés par les non-dits de leur groupe d’antan son réconciliés lorsqu’ils partagent un gros chagrin qui leur permet d’expier leurs passions pour aller de l’avant. La voilà, la morale, pleurez un bon coup, ça ira mieux. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Et… c’est tout ? Finalement, peut-être qu’Ano Hana ne raconte rien pour la simple raison qu’elle n’a rien à raconter, on a oublié qu’une situation de départ doit obligatoirement être accompagnée d’un horizon d’attentes, c’est un joli tableau qui titube lorsqu’on lui donne une dimension narrative. Ano Hana est une production originale, et pas une adaptation, ça permet à une oeuvre d’exploiter pleinement son support comme ça lui laisse la liberté de se planter magistralement sans direction précise à suivre. Derrière ce nom à rallonge, c’est la prétention de produire une oeuvre animée entière qu’on nous expose, mais l’idée n’est rien sans l’écriture, aussi jolie que soit une toile d’aquarelle, ça ne fait pas d’elle un roman. Ano Hana raconte bien quelque chose, mais tout ce qu’elle a a dire se trouve dans son incipit, le reste est juste vain.

7. Tamayura ~ Hitotose

Automne 2011, 12 épisodes, TYO Animations

Tamayura ~ Hitotose

On a beaucoup parlé d’Usagi Drop, qui évoquait le lien particulier qui unit un père à sa fille, mais ce n’est pas la seule série à avoir digressé sur le sujet en 2011. Tamayura ~ Hitotose, sous ses airs de cute girls doing cute things, nous raconte l’histoire touchante d’une jeune fille qui récemment perdu son père photographe, et part sur ses traces pour renouer avec son passé et en faire le deuil. Son petit surnom, c’est Potte, elle cherche désespérément les “tamayura”, ces petits flocons invisibles qui cristallisent le bonheur d’un instant sur une photographie. Elle ne pleure jamais, au point que ses amies s’entêtent à le faire à sa place, versant des larmes dès que Potte mentionne son défunt père, le regard perdu dans de lointaines photos qui dessinent une figure qui se fait de plus en plus vague. Tamayura, c’est l’histoire adorable d’un deuil, et l’amitié d’un groupe de jeunes filles soudées dans les épreuves qui les unissent. Ça a l’air et la forme d’une sempiternelle non-histoire de jeunes filles qui boivent du thé en faisant des poses moe, mais c’est un peu plus que ça. Et c’est tout ce dont j’ai besoin pour transformer ce qui aurait pu être une longue sieste en un voyage initiatique chaleureux au possible : un arrière-goût de drame. Tamayura ~ Hitotose, c’est surtout l’histoire d’une petite fille qui apprend à pleurer.

6. Wakate Animator Ikusei Project

Printemps 2011, 4 OVA

Wakake Lamp

Derrière ce projet se cache une subvention du gouvernement japonais qui a pour objectif d’entraîner de jeunes animateurs japonais à la création d’un projet original sous la tutelle de seniors de la japanimation. L’initiative laissée aux soins de l’association de créateurs en animation japonaise JaniCA a aboutit à la réalisation de quatre OVA : Ojisan no Lamp, Tansu Warashi, Kizuna Ichigeki et Bannou Yasai Ninninman, chacun d’eux étant très différant des autres et explorant une approche particulière de l’animation japonaise. Le résultat est variable mais globalement l’ensemble est très appréciable et je vous conseille d’y jeter un oeil, mes impressions au cas par cas, par ordre de préférence totalement arbitraire :

Ojisan no Lamp (Telecom Animation Film, dirigé par Teiichi Takiguchi) - Parmi les quatre OVA, sans doute le plus approfondi et à même de ressembler à un véritable long métrage. Sur le plan technique, la finition est impeccable, mention particulière aux backgrounds à se damner et à la gestion des lumières qui donnent des couleurs très chaudes à l’ensemble, un vrai régal visuel. L’animation a aussi le mérite d’être fluide même lorsque le contexte n’exigeait pas une telle finition, mais après tout c’est logique étant donné que le but du projet est bien d’entraîner des animateurs, et non pas des auteurs à proprement parler. Le charadesign simple contraste un peu avec cette importance accordées aux détails, mais il est là aussi avant tout au service de la finition de l’animation, ça permet un enchaînement beaucoup plus fluide des images clés pour un rendu extrêmement plaisant. L’histoire n’est malgré tout pas mise au placard, puisque si elle n’a rien de bien originale elle se permet de surprendre et de toucher en une petite demi-heure. L’épisode nous plonge dans les souvenir d’un vieil homme qui vendait autrefois des lampes, on suit son parcours et ses difficultés de son enfance à l’âge adulte. Le thème de l’importance des traditions est comme souvent très présent, mais cette fois-ci il est placé dans le contexte de l’essor technologique trop rapide du Japon à l’époque où il sortait de son autarcie et subissait l’influence croissante du monde occidental. Le court métrage n’invite pourtant pas au rejet de la culture occidentale, bien au contraire, c’est une invitation à s’ouvrir sur l’avenir plutôt que le rejeter vainement, comme le faisait Minosuke avec ses lampes à huile à l’heure où s’imposait l’électricité. C’est lorsqu’il se souvient de son émerveillement en voyant la lumière des premières lampes qu’il comprend qu’il était dans l’erreur, et décide de regarder vers l’avant, d’accepter que le monde change même si pour ça il doit dire adieu aux habitudes qui lui sont chères. Un très bel OVA, preuve qu’il est possible de raconter beaucoup sur une très courte durée. J’ai aussi particulièrement aimé le passage où le jeune garçon marche dans la forêt une lampe à la main en chantant, entouré de yōkai qui l’accompagnent dans sa rêverie candide.

Tansu Warashi (Production IG, dirigé par Kise Kazuchika) - Plus sobre à tous les niveaux, Tansu Warashi n’en reste pas moins un court métrage convainquant. L’approche est cette fois-ci plus proche du Josei avec un trait manga beaucoup plus simple : le charadesign est rondouillard, les décors nihilistes peints en aquarelle, on s’écarte d’une finition de film d’animation à budget pour se rapprocher de quelque chose de plus humble et personnel, mais le rendu est tout aussi efficace et permet une animation un tantinet plus décontractée que dans le métrage précédent. Comprenez par là que les personnages se déforment davantage pour souligner le mouvement et leurs visages dessinent des expressions plus exagérées et explicites. Après le drama, la réalisation est cette fois-ci au service de la comédie légère. Et encore une fois, on peut souligner le travail d’écriture qui a été effectué sur le métrage, puisqu’il y a une morale prépondérante derrière tout ça. On plonge cette fois-ci dans le quotidien de Noel, une business woman moderne, une “office lady” qui vit seule dans un petite appartement de grande ville, très occupée par son travail et ses responsabilités au point qu’elle s’oublie un peu, loin des campagnes au rythme de vie plus humain. Puis elle reçoit un drôle de colis venant de sa mère retirée là où la vie est plus douce : une vieux meuble en bois habité par des esprits malicieux qui vont lui réapprendre à prendre soin d’elle, la vie de famille et les valeurs humaines essentielles que son cycle metro-boulot-dodo la poussait à négliger. On retrouve le thème de l’importance des traditions, appliqué ici à la lettre à l’aide d’une ribambelle de personnages très attachants qui apportent un brin de magie et d’humanité dans le monde froid et mathématique du travail dans les grandes métropoles. Et bien sûr, ce sont les personnages âgées qui cont aptes à communiquer ce savoir aux générations futures, une fable moderne sur l’importance des petites choses.

Kizuna Ichigeki (Ascension, dirigé par Mitsuru Hongo) - On passe encore au niveau supérieur en terme de possibilités offertes par le support animé au travers de ce court métrage. Beaucoup plus léger sur le fond comme la forme, cet OVA est surtout une occasion de se défouler en terme d’animation et de mise en scène, avec des personnages qui se déforment à l’extrême pour coller aux différents plans et une orientation beaucoup plus shōnen que sur les métrages précédents. L’accent est donc ici porté sur l’action pure et dure, et un peu écervelée sur les bords qui éblouit à grands renforts de nekketsu et de séquences animées limpides de type sakuga. Si on aperçoit encore une mention à l’importance du savoir transmis par les anciens (au travers de la pratique des arts martiaux), la morale est ici que c’est la jeunesse qui a le pouvoir de se servir de se savoir pour le développer à son avantage et le transcender totalement (les capacités de Kizuna sont de loin surhumaines). La vie de famille et les rivalités qui motivent la réalisation de soi sont au centre des enjeux d’un court métrage très humoristique et parodique, l’accent est aussi porté sur la transgénérationalité : l’épisode met en avant la jeune Kizuna, son père et son grand père et leur différentes façons de concevoir la pratique des arts martiaux, avec un brin de féminisme puisque la plus douée de la famille est Kizuna, garçon manqué mais bel et bien fille, et un fort encouragement à envoyer valser les règles puisque l’histoire tourne autour du fait que Kizuna n’avait pas l’âge requis pour participer à un tournoi qu’elle a remporté, et qu’on lui réclame son prix qui doit servir à essuyer les dettes de sa famille. L’écriture est globalement plus expédiée que sur les métrages précédents, c’est réellement sur le plan de la mise en scène que Kizuna Ichigeki vaut le coup d’oeil, ce qui m’amène à une autre remarque : le danger de la performance dans l’animation, c’est de faire de l’animation pour l’animation, on aboutit à une coquille vide très jolie mais qu’on oubliera vite avec le recul.

Bannou Yasai Ninninman (P.A. Works, dirigé par Masayuki Yoshihara) - Métrage critiqué avec le plus de sévérité sur les quatre productions, c’est aussi celui que j’ai trouvé le moins convainquant, mais tout n’y est pas à jeter. Ou plus spécifiquement, un élément bien précis est à jeter, brûler et écraser en insistant avec le talon, vais on va y revenir après. La réalisation prend cette fois-ci le parti de s’inspirer des cartoons à l’américaine : le charadesign est donc fait de courbes très rondes qui gardent tout de même les physiques typiques des archétypes nippons. L’approche n’est pas déplaisante, d’autant plus qu’elle est servie par une superbe palette de couleur vives et des décors réussis, très soignés et vivants qui flattent la rétine avec leur contraste élevé sans en être irritant. Non, ce qui est réellement irritant ici, c’est une carotte bavarde qui se prend pour un clone de The Mask à enterrer des kilomètres sous terre (quoi que c’est pas forcément une bonne idée, il pourrait en pousser d’autres). Le court métrage nous raconte l’histoire de Mari, jeune fille bien trop âgée pour trier les légumes dans son assiette et refuser d’affronter sa peur panique de traverser un vieux pont (elle a apparemment manqué de tomber dans la rivière étant enfant). Pour l’obliger à grandir, les légumes qu’elle déteste se mettent subitement à parler et prennent la forme de personnages tout droits sortis de l’univers de Tex Avery, déformations stylisées et humour grotesque inclus. L’approche n’est pas vraiment dérangeante, c’est toujours intéressant de voir se croiser ces deux cultures très différentes de l’animation, et ça a donné des perles comme dans les mains d’un certain Osamu Tezuka, mais ici, on obtient un Ninninman insupportable. Le personnage tient à être drôle, alors il en fait beaucoup, beaucoup trop, des tonnes, on a l’impression que l’auteur a voulu caser tout le catalogue des Looney Tunes dans un seul personnage, et mon dieu, je crois que je n’ai jamais eu autant envie de balayer un personnage de mon écran à coups de lance-flammes, je me demande même comment j’ai pu résister au ragequit pur et simple. Plus qu’une référence subtile, la carotte est un amalgame de clichés agaçants, et cerise sur le gâteau elle est bavarde, ce qui ne manquera pas de faire saigner les oreilles les plus délicates vu le timbre très particulier et forcé qu’emploie Toshiyuki Morikawa. Une plaie, à tous les niveaux, et c’est bien dommage parce que c’est l’OVA entier qui en prend du coup pour son grade. Ninninman vous hantera dès que vous y repenserez, planqué dans un coin de votre mémoire pour toujours, tel l’éponge maudite de la saga Chair de Poule, stuff of nightmares je vous dis. En dehors de ça, l’histoire est développée correctement au travers de l’épisode mais reste très prévisible, et je trouve même qu’elle a oublié de boucler la boucle. Lorsqu’on a l’occasion de nous prouver que Mari a enfin dépassé ses peurs et qu’elle peut traverser le vieux pont, rien ne se passe, et je me suis demandé à quoi tout ça avait servi, elle a eu le courage de croquer dans un légume, on conclut donc qu’elle sera capable d’affronter sa peur “un jour”… mouais. L’impression d’avoir été pris pour une poire… voir une carotte, m’est pas mal restée en travers de la gorge. Comme la carotte elle-même.

5. Dororon Enma-kun Meeramera

Printemps 2011, 12 épisodes, Brains Base

Dororon Enma-kun Meeramera

Contrairement au bilan précédent, cette année était placée sous le signe de la comédie. Dororon Enma-kun fait partie de ces gros défouloirs sans queue ni tête que je dévore volontiers de manière régulière, adaptation libertine du manga éponyme de Go Nagai qui date tout de même de 1974. La série sent la vieillerie à plein nez, c’est assumé et ça fait totalement partie de son charme, avec son humour désuet qui plafonne au dessous de la ceinture (à un point où on s’approche largement des frontières du NSFW), des histoires paranormales à coucher dehors et une réalisation bourrée de punch. Si vous cherchez une série pas prise de tête, Dororon Enma-kun Meeramera est faite pour vous. Si vous en attendez un peu plus, vous pourrez toujours vous extasier de ses inceptions humoristiques assez incroyables (sachez que lorsque vous touchez le fond, il y a toujours moyen de descendre plus bas) et d’une belle manière de jouer avec les codes narratifs traditionnels des séries du genre. Seul point noir : seulement 12 épisodes au programme… Personnellement, je serais bien parti pour une croisière débauchée de 52 épisodes, comme à l’ancienne. Cerise sur le gâteau, lorsque j’entends l’op et ses coups de guitare, j’ai du mal à ne pas penser à des choses comme Slayers ou Gokudo. L’op du Katte no Kaizou de Shaft déchaîne aussi pas mal le nostalgia shitstorm, mais la série en elle-même, nettement moins (on reste sous la ceinture, mais plus façon Hen Zemi). J’exige une seconde saison !

4. Black Lagoon : Roberta’s Blood Trail

Été 2010 - Été 2011, 5 OVA, Madhouse

Black Lagoon ~ Roberta's Blood Trail

Je préfère éviter de mettre des suites dans ces bilans des curiosités en règle générale, mais on dira que ça passe pour cette fois, parce que la série d’OVA est passée assez inaperçue, et que c’est parfait pour attendre une troisième saison fantasmée de Black Lagoon (ou une quatrième, si on considère cette série d’OVA comme la troisième). Si ces épisodes portent le nom du personnage de Roberta, elle est loin d’occuper le devant de la scène, c’est même plutôt l’inverse. Transformée en bête sauvage suite à l’assassinat de son maître, elle est là, mais fantomatique, comme une créature dangereuse tapie dans l’ombre, une panthère qui observe patiemment ses proies pour leur sauter à la gorge lorsqu’elle s’y attendent le moins, prédatrice implacable. Avec son ombre toujours présente mais rarement visible directement, elle en devient presque inhumaine, plus menaçante et puissante que jamais, croisement improbable entre un Terminator T-800 et une tigresse aveuglée par la vengeance.

Du coup, la joyeuse équipe du Black Lagoon et autres compatriotes de Roanapura ont champ libre, et les OVA sont riches en character development, avec la totalité du casting qui se croise et s’affronte dans une ville sur le bord de l’implosion. Rock dévoile un visage calculateur surprenant, et une Revy au pied du mur nous dévoile au contraire un brin de ces émotions qu’elle conspue en nous dévoilant quelques détails supplémentaires relatifs à son passé. Comme d’habitude, quelques nouveaux personnages sont introduits pour cet arc et le format long permet d’en dresser un portrait toujours aussi captivant, j’ai beaucoup accroché au personnage de Fabiola, machine à tuer entraînée par Roberta mais assez naïve pour s’amouracher d’un Fernando orphelin bien fataliste. En bref, Black Lagoon au meilleur de sa forme. J’en redemande, et j’attends avec impatience que les projecteurs soient enfin braqués sur Revy. Quelque chose me dit que ça va être sale, mais quelque chose me dit aussi qu’une douce rédemption l’attend au bout du chemin. Les plumes omniprésentes dans les flashbacks, peut-être ? Lorsqu’on y regarde bien (et qu’on passe entre les balles), la belle ne demande qu’à être soulagée de son fardeau.

3. Level E

Hiver 2010/2011, 13 épisodes, Studio Pierrot

Level E

王子と愉快な(?)仲間たち! par ちゅー太 via Pixiv.

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre en démarrant Level E, et les visuels sont tout sauf indicatifs de ce qu’est réellement la série. Avec son blondinet androgyne en tête d’affiche, je me disais que c’était encore une production qui ciblait un public majoritairement fujoshi, mais j’étais loin du compte, très loin. Et si les premiers épisodes écartaient déjà cette idée d’un coup de manche, la suite allait se révéler être encore plus surprenante. Ce serait dommage d’en dire trop et de vous gâcher le plaisir de la découverte, mais Level E est une série qui s’évertue à faire tourner en bourrique ses spectateurs comme ses personnages, elle élève le troll au rang de discipline olympique. Ne vous fiez à rien ni personne, les extra-terrestres sont parmi nous mais c’est un seul d’entre eux qui pose vraiment problème, un idiot dont il paraît qu’il serait héritier du trône de l’univers. Et n’oubliez pas que toute cette mise en scène est une vaste farce qui ne demande qu’à trouver son dindon.

Adaptée d’un manga méconnu de Yoshihiro Togashi (Yū Yū Hakusho, Hunter x Hunter) publié dans le Weekly Shōnen Jump de 1995 à 95, il aura fallu attendre 15 ans pour que l’oeuvre qui a inspiré Gintama soit adaptée au format animé. Ça donne une poignée d’arcs qui mettent en scène des situations et personnages variés mais ont tous la particularité de tourner autour de ce prince extra-terrestre qui a décidé de transformer la Terre en terrain de jeu pour combattre son ennui (mais on s’en sort bien, il a carrément transformé une planète en RPG vivant…). Au grand dam de son garde du corps en chef au ton irremplaçable de Takehito Koyasu, qui perd la tête à force de le materner, il nous embarque dans des intrigues à tiroirs où on ne sait plus vraiment ce qu’on doit prendre au sérieux et ce qui ne l’est pas : on en arrive à baisser notre garde en se prenant au récit d’un arc quand bien même ça nous a valu d’être pris pour une truffe dès l’introduction de la série. Central mais insaisissable, le prince reste à une longueur d’avance du spectateur qui ne peut que foncer tête baissée dans le piège et apprécier d’être remis à sa place d’observateur passif. On est parfois laissés sur notre faim, ou totalement pris au dépourvu, y compris lorsqu’on s’attend à se faire emplumer mais qu’il ne se passe finalement rien (dès lors, le troll vient de l’absence de troll, c’est fort). Entre complot extra-terrestre global, bestiaire alien, parodie de super sentai, de RPG nippon, et quelques parties de baseball (mélangez les mentions à loisir), Level E joue allègrement avec le spectateur pour surprendre… et divertir ? On ne vaut pas mieux que ce prince gâté et capricieux qui s’amuse du malheur des fourmis qui s’agitent sous ses pieds quelque part, c’est du statut de spectateur/lecteur en tant que tel que nous parle Level E, on se divertit bien nous-mêmes à longueur de temps en jouissant d’expériences montées de toutes pièces. Du haut de son trône solitaire, le prince vit la vie par procuration, nous renvoyant au rapport qu’on entretient avec les univers fictifs qui nous entourent.

La réalisation de la série est aussi un de ces points fort, même si ça lui donne parfois l’impression de venir d’une époque révolue de l’animation japonaise, avec ses airs de GTO et son comique seinen assumé. La série vogue largement à contre-courant de la production actuelle, elle était expérimentale en 1995 et le reste toujours aujourd’hui, avec quelques épisodes qui n’hésitent pas à bouleverser momentanément la direction artistique de la série (mentions spéciale aux superbes épisodes 4 et 11). Cette dernière a quand même le mérite d’uniformiser le trait du manga plus aléatoire, si le résultat n’a rien d’original il est soigné et contraste avec les canons actuels en terme de design (on serait proche d’un Black Lagoon, pour comparer avec une série récente). Il n’y aura probablement jamais de suite étant donné que le manga a été adapté de bout en bout avec quelques grands écarts, mais on sent que la série n’a pas dévoilé tout son potentiel, ne serait-ce qu’au niveau des interactions croustillantes entre les personnages (les dépressions nerveuses à répétition de Kraft…), on aimerait aussi les suivre plus longtemps pour voir ce qu’ils deviennent, comme pour Tsutsui et Miho. Le sujet permet des possibilités quasi infinies en terme d’intrigues retorses, mais le tout a comme un air d’aperçu d’une série qui aurait pu être beaucoup plus riche et aboutie, comme l’a été Gintama dans une approche beaucoup plus shōnen. Aussi succincte que soit l’aventure, elle a cependant le mérite d’exister et de jouer de manière intelligente de son support tout en faisant rire et réfléchir. Attention, facepalms consentis au programme.

2. Nichijou

Printemps 2011, 26 épisodes, Kyoto Animation

Nichijou

Nichijou, c’était mon petit plaisir hebdomadaire pendant une bonne partie de l’année dernière. L’humour passe ou casse, personnellement j’ai toujours eu un faible pour le random et son côté imprévisible qui ne l’empêche pas d’explorer des thèmes bien précis (voir Arakawa Under the Bridge en 2010), et je trouve qu’il n’y a rien de plus drôle qu’un bon gros sadisme indélicat. Nichijou m’a un peu rappelé Hare+Guu à ce niveau là (avec une injection de random moins violente, peut-être), avec cette manière qu’ont les personnage de se ridiculiser, de mettre à mal leurs stéréotypes, nos idées reçues et même le langage courant, de prendre les petits drames de la vie à revers pour s’en moquer. Nichijou nous offre une vision édulcorée de ces moments de la vie de tous les jours, un instant de bonheur éphémère qui nous inonde d’une chaleur furtive, ou ces entourloupes de l’univers qui semble parfois nous en vouloir personnellement.

Ces instants brefs ou on combat l’ennui de manière plus ou moins efficace, d’agréables après-midi entre amis, ces petits complexes qui nous rendent attachants, ces moments où on ne se sent pas à notre place, des difficultés scolaires manifestes, l’autorité parentale, une vie de famille étouffante, les amitiés tumultueuses et les rencontres chaotiques, des relations amoureuses compliquées, bref, nul besoin d’être le personnage principal d’une tragédie grecque pour sentir les lourdeurs du quotidien se cumuler sur nos épaules jusqu’à l’insupportable. Nichijou n’a que peu de prétention, et elle met en scène ses personnages avec un certain panache qui exploite de long en large le support animé, mais c’est surtout une série qui m’a permis de prendre du recule sur mes drames intimes, en me disant que je ne suis pas plus à plaindre que le premier venu. KyoAni a de quoi faire question adaptation de licences, mais même si Nichijou va à contre-courant des attentes, le studio m’a offert un interlude plein de fraîcheur et de simplicité que j’ai savouré de la première séquence explosive jusqu’à ses génériques de clôture étonnamment touchants. Le tout servi par une réalisation qui atteint parfois des sommets avec des épisodes découpés en séquences qui tiennent du court métrage à part entière et permettent au staff de s’en donner à coeur joie. Que ça plaise ou pas au reste du monde, je m’en carre.

1. Mawaru Penguindrum

Été 2011, 24 épisodes, Brains Base

Mawaru Penguindrum

乗り換えてみる? par mayo via Pixiv.

Sans surprise. C’est à la fois une série populaire et un véritable OVNI, mais je ne pouvais pas ne pas placer Mawaru Penguindrum et son excentricité en tête des curiosités de l’année passée. J’ai déjà développé mon avis sur la série dans un billet dédié qui devait à la base se limiter au simple résumé ici-même, c’est en tout cas un des rares exemples d’oeuvre qui arrive à être un total outsider par rapport à la production qui l’entoure tout en recevant les éloges qu’elle mérite. Un détail que j’ai noté après coup : le personnage de Momoka me fait énormément penser à Madoka de Mahō Shōjo Madoka Magica, autre série phare de 2011, pas seulement pour leur rapprochement avec un messie martyr, mais aussi physiquement : les deux personnages sont de jeunes filles aux cheveux d’un rose pur, innocent, enfantin, et aux yeux dorés implacables (uniquement après avoir atteint le statut de “déesse” pour Madoka). Drôle de coïncidence. On notera aussi que Sanetoshi lui-même a les cheveux roses, renvoyant à une sorte de version plus âgée (et mâle) de Momoka. Plus ça va, plus les question se multiplient…

Et le reste…

D’autres productions de 2011 me sont passées sous le nez, notamment côté long métrages qui devront attendre une sortie DVD/Bluray pour être appréciés chez nous. C’est notamment le cas de Mardock Scramble : The Second Combustion, second volet de la trilogie amorcée avec le premier film en 2010 à peine sorti chez nous, le long métrage de Madhouse intitulé To Aru Hikuushi e no Tsuioku que je ne manquerai sous aucun prétexte, mais aussi l’adaptation de longue date de Buddha d’Osamu Tezuka. Il y a aussi les films récapitulatifs de S-cry-ed surmontés d’un “Alteration” qui pourront peut-être me rappeler pourquoi j’ai aimé la série à l’époque (alter, alteration, I see what you did there), et je vais probablement me revoir Hoshi wo Ō Kodomo lors de sa sortie chez nous sous le nom de “Voyage vers agartha” avant de me forger un avis définitivement négatif sur le film. Je note pour finir le Onigamiden de Pierrot et Hotaribi no Mori e, l’adaptation du manga de Yuki Midorikawa, dans un coin de ma tête par simple curiosité. Faudrait d’ailleurs que je mette à Natsume Yūshinjō un de ces quatre.

Côté séries, j’ai l’intention de me pencher sur Hōrō Musuko qui me fait envie rapport à sa patte artistique et son thème qui a le potentiel de casser pas mal de préjugés, je me suis lancé dans un visionnage lent de Showa Monogatari qui dépendra de la vitesse de l’unique team de fansub anglaise qui s’est décidé à bosser sur la série (je lui décerne le trophée du grand oublié pour cette année…), je jetterai un oeil à Un-Go un peu plus tard, ainsi que la suite de Last Exile lorsque j’aurai enfin vu la première saison, et je crois que j’aurai fait le tour de ce qui m’intéressait en 2011. Kyōkai Senjō no Horizon pourrait faire un bon défouloir à l’occasion aussi, ça fait longtemps que j’ai pas regardé une série pour avoir une bête dose d’action et d’ecchi (la dernière en date étant Sekirei). Ou alors je jetterai mon dévolu sur Maken-Ki, même si on atteint mon seuil limite de pantsu shots et oppai bondissants dès l’opening… Et je me ferais bien Star Driver pour l’hydromel visuel, mais j’ai l’impression d’avoir vu tout ce qu’il y avait à voir avec quelques extraits HD sur Youtube.

To Aru Hikuushi e no Tsuioku

To Aru Hikuushi e no Tsuioku - Madhouse

… Et la suite ?

Au risque de répéter ce qui a déjà été dit, je n’ai pas trouvé cette année 2011 bien passionnante même si quelques séries parviennent à la sauver du naufrage. Avec Madoka, Fractale et Ano Hana j’ai l’impression que l’animation japonaise hurle au changement sans vraiment arriver à trouver ses marques, ça m’a fait un peu le même effet qu’Anime no Chikara en 2010 : la démarche est très honnête mais ça se traduit par des coups d’épée dans l’eau, on n’en retient pas grand chose. Mawaru Penguindrum était plus un délire de créateur assumé, et la série réussit à accomplir ce que les autres essayent de produire sans jamais trouver un juste équilibre, c’est peut-être la preuve qu’il vaut mieux miser sur la créativité et aider les auteurs que chercher l’originalité à tout prix. Quand on voit la quantité de séries ecchi et tranche de vie cette année, je peux difficilement leur jeter la pierre, la démarche a au moins le mérite d’exister et de proposer quelque chose de sensiblement différent des productions habituelles… même si c’est finalement mauvais ou décevant.

J’espère que 2012 m’apportera envers et contre tout mon lot de curiosités, de perles dont personne ne veut mais qui savent me séduire. On ne peut pas dire que la saison hivernale clos l’année animée en beauté, même si je me rassure avec Chihayafuru et que quelques OVA comme Gyo sortent du lot. Les choses commencent enfin à devenir intéressantes avec l’épisode 5 d’Another, mais je ne vois pas bien où on peut nous mener avec si peu d’épisodes restants. Je vois aussi un .hack//The Movie ? Mamamia, la licence est encore vivante après Quantum ? Le parti-pris artistique radicalement différent me plaît bien, en tout cas, même si dans l’idéal je trouve qu’un rendu irl live collerait parfaitement avec du CG dans The World, on s’en approche petit à petit ! Le premier film Berserk va aussi probablement égayer tout ça côté films, à croire que je ne vais plus finir par regarder que ça. Le printemps s’annonce déjà plus prometteur, côté films comme séries avec un retour en force de licences à succès (Saint Seiya Omega, Eureka Seven Ao, la remasterisation de Nadia, la suite de Fate Zero, la nouvelle série Yamato 2199, Medaka Box chez Gainax, AKB0048 chez Satelight), des secondes saisons et des productions originales qui ont l’air d’en avoir dans le ventre (Ozuma de Leiji Matsumoto, Zetman, Hyouka chez KyoAni, Sakamichi no Apollon de Shinichiro Watanabe (Cowboy Beebop, Samurai Champloo), Uchuu Kyōdai, Tsuritama chez A-1 Pictures, Kuroko no Basuke, l’intriguant Tasogare Otome x Amnesia - ce genre de trailer me séduit plus que n’importe-quel étalage indécent de moe ou d’ecchi). Je peux dores et déjà décerner le trophée de l’oublié 2012 à l’adaptation TV d’Arashi no Yoru Ni, qui avait déjà donné un très joli film. Côté longs métrages, on a aussi Momo e no Tegami d’Hiroyuki Okiura et le fameux Gothicmade de Mamoru Nagano (Five Star Stories) pourrait aussi pointer le bout de son nez, après de longues années de production. On a aussi un film encore très trouble en collaboration avec Yoshitaka Amano, Deva Zan (malheureusement, le film a l’air d’être tout en CG, ça ne rend pas vraiment justice au trait de l’artiste). Seul regret, il faudra attendre l’été pour retrouver Madhouse, grand absent de cette rentrée animée. A priori, je devrais au moins jeter un oeil à tout ce qui a été précédemment cité ! La suite à la saison prochaine, si j’y survis…

Tasogare Otome

Au printemps 2012, l’animation japonaise vous dévoile ses meilleurs atours…
Tasogare Otome x Amnesia - Silver Link


Gen'

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Sirius Sirius ·  20 février 2012, 19:20

Ton paragraphe sur Tamayura m'a mis une larme à l’œil :')
Sinon je sais pas si ça passerait dans ce que tu appelles des "curiosités" mais le mot me fait penser à un OVA paru au tout début de l'année, Kawamo wo Suberu Kaze. Ça parle d'une femme de 33 ans qui retourne dans sa ville natale, de ses amours d'autrefois et de ses déceptions. Un portrait vraiment poignant dressé avec brio en 25 minutes seulement.

Gen' Gen' ·  20 février 2012, 19:48

Le problème avec ces petites productions, c'est qu'on passe facilement à côté ! En revoyant les images, je me souviens que l'OVA m'intéressait mais je l'avais complètement oublié. Et oui, c'est typiquement le genre de bonne pioche que j'ai en tête lorsque je parle de "curiosités", merci de m'avoir rappelé son existence :)

Je suis toujours en train de regarder Tamayura, mais j'avais quand même envie de mentionner la série, elle m'offre de grands moments de chaleur même si au niveau du rythme ça se rapproche de la tranquillité d'un Aria (Junichi Satō a dirigé la production des deux séries). Et puis je suis fasciné par la vie que le studio arrive à insuffler aux photographies tout au long de la série, les images fixes sont vivantes, pleines de mouvement, un régal.

MimS MimS ·  27 février 2012, 23:54

C'est marrant, je naviguais sur mon propre blog en relisant de vieux articles (2009) que tu avais commenté et en voyant que je pouvais cliquer sur le lien de ton pseudo, je me suis dit "allez, est-ce que lui a continué ce que j'ai arrêté?" avec la certitude que oui et quelle surprise de voir que, non, tu continues bel et bien d'écrire avec toujours cette recherche de qualité indéniable ^^

En tout cas, l'est cool ton article, perso j'ai complètement décroché de l'animation, à part Usagi Drop et Steins;Gate que j'ai adorés, j'ai rien vu et/ou aimé et je pensais pas pouvoir lire des noms d'animé intéressants dans ta liste pourtant je découvre des noms que je n'avais jamais lus, donc merci :3

Bref, perso, j'te souhaite de continuer encore longtemps, mon blog a pris un virage que je n'imaginais pas moi-même, bien loin de la japanime et autres kiffs d'animefan x) (même si j'aime toujours ça et les AMVS aussi! :p)

Gen' Gen' ·  28 février 2012, 12:32

Quand je repense à 2009, j'ai l'impression que c'était hier, mais de l'eau a effectivement coulé sous les ponts depuis, ça remonte à loin...

Le but de ce petit top est de faire découvrir des choses qui pourraient passer inaperçu ou être mal jugées, je suis ravi d'avoir pu titiller l'ancien animefan. Level E pourrait te plaire dans le genre vu le parti-pris proche des productions d'il y a une bonne décennie, c'est le genre de chose que je conseillerais sans problème aux grands blasés de l'animation japonaise qui finissent par ne plus voir que la majorité de la production passable sans faire attention aux petites perles qui sont toujours planquées là, quelque part.

C'est une phrase que je lis assez souvent "j'ai arrêté l'animation japonaise", comme si on devait forcément arrêter à un moment donné, on dit ça un peu comme on arrête la clope. L'idée d'"arrêter" ne m'a jamais vraiment traversé l'esprit, peut-être parce que je ne consomme pas de manière très excessive et qu'il m'arrive de me tourner vers d'autres centres d'intérêt selon la période, je ne frôle jamais l'overdose (je me résigné à l'idée de n'aborder qu'une poignée d'entre eux sur ce blog, histoire de conserver un semblant de ligne éditoriale...). Quelque chose que je lis souvent aussi, c'est "je n'ai plus le temps", mais c'est quelque chose qu'on prend plus qu'on a lorsqu'on parle de loisir, ça veut surtout dire qu'on a plus envie de consacrer du temps à tout ça. Et puis même si les diffusions actuelles ne me disent rien, je pars du principe qu'il y aura toujours assez d'oeuvres à côté desquelles je suis passé, le plus dur étant de faire le tri pour les trouver. Je me vois mal défendre l'intérêt artistique du support si je l'excuse par les errances de ma crise d'adolescence, c'est comme pour les jeux vidéo, ce que ça implique entre l'oeuvre et le "récepteur" m'intéresse trop pour que je puisse les bouder sous couvert de maturité. Bref, j'ai souvent l'occasion d'y réfléchir en voyant le parcours de mes camarades blogueurs, plus ça va, plus je me dis que ça mériterait un billet à part entière... "Les irréductibles gaulois de la culture visuelle moderne"

J'aime bien ce genre de reprises de contact, ça permet de prendre un peu de recul vis à vis de soi-même et de ce qu'on fait. Ton commentaire me motive à écrire pas seulement pour le cercle restreint d'otaques et gamers, mais aussi pour ceux qui sont tombés ici par hasard et auraient envie d'élargir leurs horizons. Merci :)

MimS MimS ·  28 février 2012, 22:07

Je te rassure, je n'ai en aucun cas arrêté l'animation japonaise, je pense pas pouvoir un jour à vrai dire.
Par contre, j'ai arrêté d'en parler à travers le blog et je ne saurai dire pourquoi mais je me sens plus de parler d'une série comme j'ai pu le faire auparavant sans savoir pourquoi.
Quant à la question du temps, elle est vraie et fausse à la fois. Enfin de mon côté, la raison serait plus la flemme de rattraper mon retard sur telle ou telle série déjà bien engagée et de suite ça crée un effet 'j'ai pas le temps' alors que commencer une série aussitôt qu'elle commence et la suivre semaine après semaine, c'est juste incomparable (pis putain comme c'est agréable de pouvoir revenir sur un épisode avec d'autre spectateurs pendant toute la semaine à élaborer théorie sur théorie :3).

C'est sûr que ce genre de contacts laisse pas indifférent, mine de rien j'ai de suite reconnu ton pseudo et j'me suis senti vieilir, c'est moche :p
Accessoirement, je pense quand même être classable parmi les otaques et, tout jeune certes, gamers : )

Gen' Gen' ·  29 février 2012, 01:15

Oui enfin, ne prend pas ça pour toi, mon esprit a juste vagabondé à ses réflexions habituelles, tu m'as fait repenser à tout ça. Après, alimenter un blog prend aussi un temps fou, et je peux largement comprendre que tout le monde ne s'y aventure pas, je pensais plus à la blasitude qui s'empare très vite des amateurs d'animation nippone. A te lire, je me disais que ce syndrome t'affectait peut-être, mes excuses si j'ai mal interprété tes dires. Ravi d'avoir de tes nouvelles après tout ce temps en tout cas :)

MimS MimS ·  01 mars 2012, 00:48

Au passage, je veux pas spammer ton article mais tant que j'y pense, tu mentionnes l'excellent Mardock Scramble à la fin de ton billet mais, par contre, j'ai pas vu Redline alors que crois moi, c'est une pure perle alors si jamais ça t'a échappé, matte ça! ;)

(Et t'inquiète, je m'étais pas vexé)

Gen' Gen' ·  03 mars 2012, 03:46

Le but n'est pas de citer les immanquables, mais plutôt les choses qui ont fait peu de bruit mais méritent aussi qu'on s'y penche. Le choix reste arbitraire et subjectif, d'où l'idée de "curiosités", je préfère un aperçu de quelques séries moyennes mais séduisantes à un classement du meilleur du meilleur. Redline fait partie de cette seconde catégorie je trouve, on en a déjà pas mal entendu parler. Et je suis plus sensibles aux oeuvres qui sacrifient la forme pour le fond, plutôt que l'inverse...

Aer Aer ·  05 mars 2012, 11:38

"je me suis lancé dans un visionnage lent de Showa Monogatari qui dépendra de la vitesse de l’unique team de fansub anglaise qui s’est décidé à bosser sur la série (je lui décerne le trophée du grand oublié pour cette année…),"

Hyouge Mono.

"J’espère que 2012 m’apportera envers et contre tout mon lot de curiosités, de perles dont personne ne veut mais qui savent me séduire."

Pourquoi tu cherches toujours des séries "dont personne ne veut" ? Ca les rends meilleurs ?

Gen' Gen' ·  05 mars 2012, 13:35

Pas vraiment. Si elles ne ciblent pas un public bien précis dans le grand découpage obligatoire shōnen/shōjo/seinen, elles peuvent proposer quelque chose d'intéressant, qui tente de déborder des frontières d'un genre avec plus ou moins de succès. Level E, c'est très bizarre puisqu'on ne sait pas exactement qui ça cible, mais j'ai trouvé ça assez savoureux à regarder. Après j'ai aussi mentionné Penguindrum, ça transcende les genres mais c'est populaire, l'oubli total n'est pas une nécessité.

Hyouge Mono ouais. Je parle de subjectivité dans mon listing, c'est bien parce que je ne prétends pas être partout en même temps. Je connaissais pas, si ton intervention s'était appuyée sur l'ombre d'un avis sur la série je pourrais avoir envie de la découvrir. Là je suis juste sceptique, je prends ça pour un troll qui contredit pour le plaisir de contredire.

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Source: GenSeiren depuis Twitter


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