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Romeo x Juliet, l'amour en noir et blanc

HR

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3158 mots - 16 minutes

Il ya des séries qu’on pense avoir cerné en un clin d’oeil au détour d’une illustration, d’un titre ou d’un synopsis. Romeo et Juliette part boiteuse avec le bagage romantique qu’elle traîne. L’histoire d’un amour impossible souvent érigé au rang d’idéal que le sacrifice de nos tourtereaux a porté à la postérité, une histoire finalement bien gentillette qui cristallise les fantasmes de nombre d’amourettes interdites d’adolescents à fleur de peau. Alors lorsque les japonais décident de s’emparer du mythe, on se dit que toutes les extravagances sont possibles, ce que les premières impressions confirment allègrement : des chevaux ailés, un continent flottant, une Juliette qui prend les armes ? Que reste-il encore de la pièce de Shakespeare, de sa Vérone début Renaissance et de ses guerres de familles intestines ? Est-ce que les libertés prises par cette énième révision lui permettent de tirer son épingle du jeu ? Ou encore, est-ce que le gros “X” collé pour une étrange raison entre les prénoms de nos tourtereaux veut dire que Romeo va enfin faire son affaire à Juliette ? Tant de questions qui trouveront réponse dans le prochain épisode des Feux de l’Amour - pardon, dans Romeo X Juliet.

Romeo x Juliet 1

Romeo x Juliet © Gonzo

Bienvenue à Vérone (air connu)

Première mystère de cette adaptation très libre, l’histoire se déroule dans sa quasi-intégralité dans l’enceinte de la ville de Neo Verona. Pourquoi Neo quand tout a l’air au mieux antique, donc plus vieux que la ville originale ? Apparemment le suffixe “Neo” (“nouveau”) suffit à mettre n’importe-quelle vieillerie au goût du jour, et puis on est plus à un détail abracadabrant près après les chevaux qui transpirent le Friendship is Magic. Nous nous trouvons donc à Neo Verona, ville imposante mêlant architecture antique et renaissance aux couleurs blanches éclatantes et larges parterres de fleurs dans lesquels nos amoureux n’hésiteront pas à se rouler pendant leurs ébats - des fleurs qui, ont le verra, on une signification plus subtile qu’on pourrait le croire. Petite parenthèse, pas sûr que le terme d’oeuvre originale convienne pour la pièce bien connue, puisque Shakespeare s’est inspiré d’un certain Luigi da Porto, qui lui-même trouve l’origine de son oeuvre dans la Divine Comédie et dans tout un tas de mythes antiques qui exposent des histoires d’amours interdits aux conclusions pas très heureuses dans la plus pure tradition de la tragédie grecque. Comme dans cette pièce pas si originale que ça donc, deux familles se tirent la couverture pour gouverner la ville, les Capulet et les Montaigu.

La série animée est beaucoup plus manichéenne de ce côté là, puisque la confrontation des deux familles est expédiée dès les premiers épisodes lors du massacre pur et simple de la première par l’infâme Duc de Montaigu. La seule rescapée, la tendre Juliet, part se réfugier dans les bas quartiers de Neo Verona aux côtés d’une nouvelle résistance autrefois fidèle au blason Capulet. Dorénavant chassée par le Duc de Montaigu, qui tient à écraser toute chance de perdre sa place acquise au prix d’une peinture intégrale des tapis du château Capulet en un séduisant rouge cramoisi, Juliet est contrainte d’adopter l’identité d’un jeune homme appelé Odin. Il n’y a décidément que dans les dessins animés japonais qu’une femme peut passer pour un homme sans que quelqu’un ne lève un sourcil. Confrontée tous les jours à la dictature de Montaigu, Juliet prends les armes et joue au Neo Robin des Bois dans les rues de la cité, et se fait connaître par ses faits d’armes sous le nom d‘“Akai Kaze” (littéralement : le vent rouge). Oui, une identité secrète sur une autre identité secrète, même pas peur. Romeo, quand à lui, et le fils et héritier du Duc de Montaigu, prince naïf tellement lawful good qu’il n’a pas conscience de la cruauté des agissements de son père. La série démarre lors de la première rencontre des amoureux transits : Juliet en tant qu’Akai Kaze, et Romeo en tant que pion aveugle de la dictature qui écrase le peuple. This won’t end well…

Romeo x Juliet 2

Friendship is Badass - Romeo x Juliet © Gonzo

Le Rouge et le Noir

Premier constat : la série insiste très fort sur les forces qui empêchent l’amour d’éclore entre Romeo et Juliet. Une simple mésentente entre deux familles ne suffisait pas, pour le public otaque abruti de bons sentiments, les choses doivent être limpides d’entrée de jeu, il faut faire couler les larmes : on a donc un massacre à sang froid, une double (triple) identité et des enjeux politiques oh combien impitoyables comme mur infranchissable que l’attirance spontanée qui unit les personnages aura bien du mal à gravir. Romeo X Juliet, avec un X parce que ça va clasher sévère au départ donc, et encore davantage lorsque les masques vont tomber. On notera au passage que la suppression totale de la lignée Capulet est pratique pour l’intrigue : on ne perdra pas de temps à présenter les mésententes des deux familles avec changements de points de vue et niveaux de gris moraux : le seul qui nous est présenté, c’est celui du Duc de Montaigu, et il est plus noir que noir. Comme beaucoup de grands méchants, Montaigu est dévoré par une intarissable soif de pouvoir. Dans sa folie de Neo monarche tout puissant, le Duc veut régner, régner à tout prix, même s’il doit régner sur un tas de cendre. On peut alors légitimement se demander si un homme qui gouverne un tas de ruines sans vie est encore un roi, ou juste un fou bercé d’illusions. Lentement mais sûrement, Romeo va devoir accepter le véritable visage de son père pour pouvoir vivre librement avec Juliet.

L’acharnement de l’univers qui oppose les personnages nous est présenté de manière très visuelle à l’écran, jusqu’au design des personnages : la couleur dominante chez Juliet est le rouge, la vigueur, la force de caractère - mais aussi le sang de sa famille ; celle de Romeo est le bleu, la douceur, l’eau rafraîchissante - sans oublier la froideur de son père. Beaucoup d’éléments nous rappellent cette dualité tout au long de la série, les fleurs par exemple. Symboles absolu de l’élan romantique, elles se disputent aussi l’affiche avec des Iris blanches qui fleurissent là où l’amour interdit s’exprime, et des roses d’un rouge vif qui envahissent les murs et étouffent sa spontanéité. On apprend plus tard que l’Iris, blason de la famille Capulet, a été brûlée partout dans la cité lors du coup d’état du Duc de Montaigu, dont le blason est une rose, nos amoureux se rencontrant inognito exclusivement dans les rares oasis où des Iris survivent encore, des jardins secrets en altitude entourés de colonnes de marbre. Dans le mille. A plusieurs reprises, la justesse de la série surprend, que ce soit dans cette manière de jouer avec les symboles où lorsqu’elle développe son intrigue très simple le plus naturellement du monde.

Romeo x Juliet 3

Coupé ! Sors de ce buisson Roméo, t’es ridicule ! - Romeo x Juliet © Gonzo

Romeo X Juliet est une série peu originale, mais elle ne rebrousse jamais chemin en cours de route. Les retournements attendus s’immiscent dans l’intrigue et aboutissent à un final particulièrement jouissif. Ce moment où tous les grands moments attendus se déroulent sous vos yeux comme un tapis rouge vers la porte de sortie. Juliet apprend dans l’ombre à être une bonne dirigeante, Romeo découvre que le monde n’est pas aussi joli qu’il aurait voulu le croire, le Duc de Montaigu sera victime de sa propre démence. Mais l’histoire ne s’arrête pas ici. Nos deux neotourtereaux viennent à bout de ce qui les sépare, un happy ending furtif se laisse entrevoir, quand d’inéluctabilité de l’univers revient au galop et les fauche dans leur bonheur tout juste acquis. A ce moment là, la série plonge à pieds joints dans la fantasy pour sa dernière ligne droite, et prend une dimension épique pour le coup réellement surprenante - accompagnée d’un fatalisme qui va en total contre-courant du message que l’histoire nous avait délivré jusqu’à maintenant. L’amour donne la force de tout surmonter… tout, ou presque ?

Swan Song

An arrière-plan de l’intrigue amoureuse et politique sommeille un élément clé de l’intrigue qu’on aperçoit à de brèves reprises sans jamais vraiment le comprendre. Dans le sous-sol du château, un arbre magique est au centre de toutes les attentions du Duc de Montaigu, l’énigmatique Escalus. Plus loin, lorsque Romeo et Juliet profitent d’un rare instant de liberté au large de la cité, honnêtes vis à vis d’eux-mêmes dans la nature sauvage dénuée de faux-semblants qui les entoure (après-tout, c’est ce moment que choisit le cheval ailé de Romeo pour se trouver une compagne), ils visitent d’anciennes ruines traversées par d’immenses racines désséchées. A ce moment là, ils n’ont pas encore conscience des enjeux réels de leur aventure, ils ne savent pas qu’ils livrent le mauvais combat. Les arbres qui supportent le continent flottant sur lequel trône Neo Verona meurent. Bientôt, le monde tombera en morceaux, la cité remettra de force les pieds sur terre. Escalus est le dernier arbre à supporter péniblement ce bout de terre, et seul le sacrifice de Juliet peut lui permettre de regagner des forces pour faire perdurer cet Eden.

Juliet doit soudainement choisir entre son bonheur et le bien commun, malgré son combat pour avoir le droit d’aimer le monde n’approuve pas sa relation et laisse un Romeo impuissant face à la destinée de sa bien aimée. Le destin d’un individu est-il finalement décidé par ses propres décisions ou laissé au bon vouloir de sa lignée ? Dans le final en grandes pompes de la série, les amoureux décident de se battre pour leur liberté et refusent d’être confrontés à un choix si injuste, un destin personnifié par le personnage d’Ophelia qui sort de nulle part et fait de la figuration pendant une bonne partie de l’histoire. La série nous souffle à l’oreille que le choix du couple a inspiré un certain William Shakespeare pour une de ses futures pièces, le spectacle qui s’est déroulé sous nos yeux témoignant d’histoire vraie habillée de fantastique, comme ces mythes anciens qui mêlent faits historiques avérés et éléments imaginaires à foison. Et c’est dans une ode à la liberté face au destin plus qu’à l’amour que Romeo et Juliet embrassent le même sort que le couple d’adolescents qu’on connait si bien. Mais point de fiole de poison, de fausse morte ou de lettre non délivrée cette fois-ci, on est plutôt dans une scène à gros budget au milieu d’un décor totalement improbable qui laisse rêveur. On est dès lors bien au delà du propos de Romeo et Juliette, et beaucoup plus proche des thématiques classiques des séries animées fantasy, avec des héros qui se battent corps et âmes pour se libérer du fardeau de leur destinée (forcément injuste).

Romeo x Juliet 4

Tybalt, poseur, grand oublié du scénario - Romeo x Juliet © Gonzo

Avec tout ça le reste de la série a comme un air d’introduction au véritable sujet de l’histoire, ou on pourra au contraire reprocher au final de sortir de nulle part pour offrir une tragédie forcée sur lequel le spectateur pourra user ses mouchoirs. Le résultat reste en tout cas diablement efficace lorsqu’on ne réfléchit pas trop, et les thématiques de la série sont si variées qu’on pourra difficilement lui reprocher de se reposer sur ses acquis. Romeo x Juliet fait partie de ces oeuvres curieuses tiraillées entre une banalité affligeante et quantité d’extravagances qui lui donnent un caractère vraiment unique. Globalement, la série fait preuve d’une telle spontanéité que j’ai du mal à en garder un mauvais souvenir. C’est naïf, bourré de bons sentiments, mais ça ne cherche pas à changer le monde, un divertissement simple et honnête qui vous illumine un dimanche, un peu comme ces contes de Noëls pompeux dégoulinants de bons sentiments qu’on ne peut s’empêcher d’apprécier occasionnellement parce qu’ils ont un bon fond.

Sur un air de sonate

Je ne sais pas si j’aurais autant apprécié la série sans l’effort particulier qui a été fourni en terme de réalisation. Gonzo a fait un travail très honorable, et la direction artistique achève de donner à la série un caractère bien à elle, même si elle n’est encore une fois pas originale pour un sou. Si l’envie de coller des gifles aux personnages lors des gros plans sur leurs visages pleins de rougeurs ne manque pas, la mise en scène reste soignée de bout en bout, et une fois qu’on s’habitude au ridicule inhérent de la série, on finit même pas prendre beaucoup de plaisir à poursuivre le visionnage. Les scènes où nos neotourtereaux roucoulent dans leurs oasis fleuris sont particulièrement belles, notamment cette église délabrée envahie de verdure dans laquelle ils jouent au jeu du mariage - une séquence qui pose d’ailleurs la question de l’utilité de la reconnaissance de leur union, on nous refile encore ce cliché idéalisé du mariage traditionnel très apprécié du public japonais, mais ça reste dans les bons sentiments auxquels nous a habitué la série et ça permet aux personnages de sceller leur relation une fois pour toutes. Reste que je me suis souvent demandé pourquoi un terrain si inhabituel a été choisi pour raconter cette histoire, ce à quoi la conclusion a répondu en m’adressant un bras d’honneur cosmique. On ne saura jamais vraiment où on était ni pourquoi, mais le séjour aura eu le mérite d’être plaisant. Regarder, contempler, sortir les mouchoirs, mais ne surtout pas poser de questions. La série est dirigée par Fumitoshi Oizaki, et on ne peut pas dire que ce dernier se soit fait remarquer pour son travail jusqu’à maintenant malgré toute la bonne volonté dont il fait manifestement preuve.

L’efficacité de la mise en scène vient d’un autre élément clé de la série, et pour moi de loin le meilleur : la musique. Oh, la musique. C’est bien simple : elle est omniprésente. Chaque scène clé est bercée par un morceau dont on attend avec impatience le retour, et ce faisant, en réécoutant la musique à part on revit la série entière en quelques minutes. J’aurais du mal à ne pas être subjectif vis à vis de la musique de Romeo x Juliet, puisque la bande originale est le premier travail d’Hitoshi Sakimoto sur une série animée, sieur qui est encore à ce jour l’un de mes grands compositeurs phares. J’avais longtemps sous-estimé son travail sur cette série, n’accordant pas beaucoup de crédit à quelque chose qui passait pour un gagne-pain forcé. Et puis, qu’est-ce qu’il pouvait tirer de bon des amourettes de Roméo et Juliette de toute façon ? Et pourquoi pas le meilleur ?

A la fin de la série, certains morceaux de la bande originale son entrés dans mes favoris du compositeurs, tout simplement. Les bons sentiments sont toujours là, mais ils sont décuplés par des compositions orchestrales très riches, la série y gagne un second souffle. On voit les ruelles de la grande cité s’agiter à l’écoute de Neo Verona, les sentiments du couple prennent leur envol avec Fureai, les feuilles d’Escalus frissonnent sous le chant d’Inori, sa complainte résonne dans Escalus no Futagoki, le regard torturé de Montaigu se dessine derrière Kyouki, et Kimi no Iru Sekai nous enveloppe de douceur. Seul le générique sous forme de balade me laisse un peu de marbre, j’aurais préféré un thème d’introduction made in Sakimoto, mais peu importe. S’il y a bien quelque chose à retenir dans Romeo x Juliet, c’est sa bande originale, sans elle la série n’aurais pas été la même. Sakimoto et merveilleux font décidément toujours aussi bon ménage. Quand tu vois Romeo conter fleurette à Juliet dans la fameuse scène du balcon, avec cette musique en arrière-plan, t’as juste envie d’y croire. Ce type me ferait avaler n’importe-quoi, c’est fou.

Romeo x Juliet 5

Romeo x Juliet © Gonzo

Happily Ever After

Romeo x Juliet, c’est comme une vieille photographie qui traîne sur un meuble. On a beau se dire qu’on a l’air un peu idiot dessus, que le cadre est loin d’être parfait, ça rappelle de bons souvenirs, et il se produit toujours ce petit pincement nostalgique lorsque notre regard se pose dessus par erreur. L’amour dans Romeo x Juliet est en noir et blanc, que ce soit pour le contraste qu’il évoque ou parce qu’il est symbole d’une idée de l’amour un peu vieillotte, une romance timide qui nous fait croire qu’un pour toujours est possible sans jamais nous permettre de l’atteindre. Mais plus que d’amour, c’est de destin et de libre arbitre que parle la série : de l’héritage de notre sang, de notre pouvoir de faire basculer un status quo et des conséquences de nos actes. D’une certaine idée du désespoir aussi, de la course folle qu’on mène contre le temps en dépit d’une défaite assurée. Un happy ending reste un ending, après tout. Une série moyenne, mais quand même un bon moment pour peu qu’on ne cherche pas la petite bête. To be continued.


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Corti Corti ·  21 janvier 2013, 18:55

J'avais entendu tellement de mal sur cette série que je n'avais jamais songé un seul instant à la regarder.
Là, je lui donnerais ptêt sa chance à l'occasion.

Gemini Gemini ·  21 janvier 2013, 18:59

Pour tout te dire, je suis assez surpris de trouver une critique positive sur cette série, car j'ai l'impression qu'elles sont rares. Hormis concernant la musique ; combien de fans de jeux-vidéo, à l'époque, n'ont regardé Romeo x Juliet que pour son compositeur ? J'en connais.

Romeo x Juliet est une série qui m'a plu, en raison de son univers original, qui permet de ne pas s'enfermer dans une reprise prévisible de la pièce ; n'oublions que le même studio a revisité Le Comte de Monte-Cristo, avec un brio et un culot étonnants. Juliet en femme forte, dont l'identité secrète Akai Kaze rappelle le Chevalier au Ruban de Princesse Saphir, n'est pas non plus pour me déplaire ; j'aime ces personnages féminins qui ne s'en laissent pas compter.
Par contre, le délire de la fin... Je n'y ai pas du tout accroché. Pour moi, c'est le point noir, elle me donne l'impression que les auteurs ne savaient pas comment conclure de manières satisfaisante, et nous sortent cette histoire d'arbre (presque) de nulle part. C'est décevant, et mon opinion globale sur cette série n'est pas aussi bonne qu'elle aurait pu être à cause de cela. Elle m'a plu, mes DVD sont là pour en témoigner, j'ai passé un bon moment, mais la série se ferme sur une note désagréable.

Gen' Gen' ·  21 janvier 2013, 19:53

La série s'appelle Romeo x Juliet, mais c'est en fait un pot pourri bordélique de plein de sources occidentales. Je cite Robin des Bois pour la blague, mais j'irais plutôt chercher les références plus sérieuses du côté de Molière et compagnie. Le délire de la fin ne m'a pas trop gêné, mais ça aurait été beaucoup plus cohérent si ça avait été développé plus tôt dans la série. Ou alors on était parti pour une saison de plus et on a tout rushé au dernier moment.

Je trouve que l'originalité si souvent pointée du doigt est aussi un bon point en tout cas. Sans ça, je vois pas du tout comment la série aurait pu tirer son épingle du jeu, l'histoire d'amour n'est clairement pas ce qui m'a le plus intéressé. Pour la musique, même sans jouer au fanboy de Sakimoto c'est un des exemples de série animée qui utilise magistralement bien sa BO. La preuve : j'ai des scènes de la série en tête lorsque j'entends un morceau.

C'est marrant que tu cites Ribon no Kishin, j'ai découvert ça récemment et ça m'a donné envie de me pencher dessus. Après côté femmes fortes on fait quand même bien plus approfondi que Romeo x Juliet, même sans citer les grands classiques à la Utena/Versaille no Bara. Je repense à Nijuu-Mensou no Musume.

Je trouve quand même les personnages majoritairement plats, y'a bien que Juliet pour remonter le niveau quand elle ne se la joue pas petite chose fragile, j'aime bien ses moments badass alias Akai Kaze. Voir Montaigu quand on comprend un peu ses motivations. Mais ça se regarde tout seul et c'est plein de bonne intentions, je suis prêt à pardonner pas mal de choses pour ça.

Gemini Gemini ·  21 janvier 2013, 20:14

Gen >> Pour Nijuu-Mensou no Musume, je me suis demandé si ce n'était pas handicapant d'avoir une héroïne aussi forte et libre. Car passée sa grande aventure avec Nijuu-Mensou, dans le premier tiers de la série, elle passe tout le reste à s'emmerder royalement... Et nous avec ! En fait, c'est même le seul anime à ma connaissance où l'héroïne est le reflet du spectateur : si elle s'ennuie, alors nous aussi car cela signifie que nous n'avons rien à nous mettre sous la dent d'aussi vibrant et trépidant qu'au début.

Gen' Gen' ·  21 janvier 2013, 20:30

Difficile d'atteindre l'intensité du début en même temps, j'ai bien aimé la série dans sa globalité. Mais c'est vrai que j'ai pas retrouvé le pic de l'épisode 6. Disons que ça manquait de drama par la suite.

MimS MimS ·  14 février 2013, 01:41

Je garde un super souvenir de cet animé moi, après je l'ai vu y'a des années (enfin quand il est sorti quoi) donc je sais pas comment je l'aborderais si je le regardais maintenant mais la manière dont tu en parles est, vis à vis de mes souvenirs, très juste et tu m'as à vrai dire donné envie de le regarder de nouveau.

Sinon, j'aime ton skin façon Penguindrum ;)

Gen' Gen' ·  18 février 2013, 04:04

Merci bien !

Je ne sais pas si j'aurais été critique si j'avais vu la série quelques années plus tôt, mais j'ai passé un bon moment dessus même si c'est pas le genre d'oeuvre qui est vouée à déclencher un bouleversement de paradigme :)

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Source: GenSeiren depuis Twitter


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